"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe St Pie V
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 22 mai 2022 - Cinquième dimanche après Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,23-30
En ce temps-là , Jésus dit à ses disciples : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose au Père en mon nom, il vous le donnera.
Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en mon nom: demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite.
Je vous ai dit ces choses en paraboles. L'heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais je vous parlerai ouvertement du Père.
En ce jour-là , vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis point que je prierai le Père pour vous.
Car le Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti du Père.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde et je vais au Père.»
Ses disciples lui dirent; »Voilà que vous parlez ouvertement et sans vous servir d'aucune figure.
Maintenant nous voyons que vous savez toutes choses, et que vous n'avez pas besoin que personne vous interroge; c'est pourquoi nous croyons que vous êtes sorti de Dieu.»
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 9, Ch 600, p 516
  • Ancienne traduction :  Tome 9, Ch 19, p 187
  • CD 9, piste 70
  • USB Tome 9, piste 70
[La concordance avec l’Évangile de ce dimanche nous renvoi au texte, très riche, que nous avons déjà lu la semaine dernière]
C'est l'heure de partir. Levez-vous, et écoutez les ultimes paroles. Je suis la vraie Vigne et c'est mon Père qui la cultive. Tout sarment qui ne porte pas de fruit Lui le coupe et celui qui porte du fruit Il le taille pour qu'il en porte encore plus. Vous êtes déjà purifiés par ma parole. Demeurez en Moi et Moi en vous pour continuer à être tels. Le sarment détaché de la vigne ne peut faire de fruit. Il en est ainsi pour vous si vous ne restez pas en Moi. Je suis la Vigne et vous les sarments. Celui qui reste uni à Moi porte des fruits abondants. Mais si l'un se détache, il devient un rameau sec que l'on jette au feu et que l'on brûle, car sans l'union avec Moi, vous ne pouvez rien faire. Restez donc en Moi, et que mes paroles restent en vous, puis demandez ce que vous voulez et cela vous sera fait. Mon Père sera toujours d'autant plus glorifié que vous porterez davantage de fruit et que vous serez davantage mes disciples.
Comme le Père m'a aimé, il en est de même pour Moi avec vous. Demeurez dans mon amour qui sauve. En m'aimant vous serez obéissants, et l'obéissance fait croître l'amour réciproque. Ne dites pas que je me répète. Je connais votre faiblesse, et je veux que vous vous sauviez. Je vous ai dit ces choses pour que la joie que j'ai voulu vous donner soit en vous et soit complète. Aimez-vous, aimez-vous! C'est mon nouveau commandement. Aimez-vous réciproquement plus que chacun de vous ne s'aime lui-même. Il n'y a pas de plus grand amour que celui de qui donne sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis et Moi, je donne ma vie pour vous. Faites ce que je vous enseigne et commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, alors que vous, vous savez ce que je fais. Vous savez tout de Moi. Je vous ai manifesté non seulement Moi-même, mais aussi le Père et le Paraclet, et tout ce que j'ai entendu de Dieu. Ce n'est pas vous qui vous êtes choisis. Mais c'est Moi qui vous ai choisis et je vous ai élus pour que vous alliez parmi les peuples et que vous fassiez du fruit en vous et dans les cœurs de ceux qui seront évangélisés, et que votre fruit demeure, et que le Père vous donne tout ce que vous demanderez en mon nom.
Ne dites pas: "Et alors si tu nous as choisis, pourquoi as-tu choisi un traître? Si tu connais tout, pourquoi as-tu fait cela?" Ne vous demandez pas non plus qui est celui-là. Ce n'est pas un homme, c'est Satan. Je l'ai dit à l'ami fidèle et je l'ai laissé dire par le fils aimé. C'est Satan. Si Satan ne s'était pas incarné, l'éternel singe de Dieu, en une chair mortelle, ce possédé n'aurait pas pu se soustraire à mon pouvoir de Jésus. J'ai dit: "possédé". Non. Il est beaucoup plus: il est anéanti en Satan.”
“Pourquoi, Toi qui as chassé les démons, ne l'as-tu pas délivré?” demande Jacques d'Alphée.
“Le demandes-tu par amour pour toi, craignant de l'être? Ne le crains pas.”
“Moi alors?”
“Moi?”
“Moi?”
“Taisez-vous. Je ne dis pas ce nom. J'use de miséricorde, et vous, faites la même chose.”
“Mais pourquoi ne l'as-tu pas vaincu? Tu ne le pouvais pas?”
“Je le pouvais. Mais pour empêcher Satan de s'incarner pour me tuer, j'aurais dû exterminer la race humaine avant la Rédemption. Qu'aurais-je racheté alors?”
“Dis-le-moi, Seigneur, dis-le-moi!” Pierre s'est glissé à genoux et secoue Jésus avec frénésie, comme s'il était en proie au délire. “Est-ce moi? Est-ce moi? Je m'examine? Il ne me semble pas. Mais Toi… Tu as dit que je te renierai… Et je tremble… Oh! quelle horreur si c'était moi!…”
“Non, Simon de Jonas, pas toi.”
“Pourquoi m'as-tu enlevé mon nom de "Pierre"? Je suis donc redevenu Simon? Tu le vois? Tu le dis!… C'est moi! Mais comment ai-je pu? Dites-le… dites-le vous… Quand est-ce que j'ai pu devenir traître?… Simon?… Jean?… Mais parlez!…”
“Pierre, Pierre, Pierre! Je t'appelle Simon parce que je pense à notre première rencontre quand tu étais Simon. Et je pense comment tu as toujours été loyal dès le premier moment. Ce n'est pas toi. Je te le dis Moi: Vérité.”
“Qui alors?”
“Mais c'est Judas de Kériot! Tu ne l'as pas encore compris?” crie le Thaddée qui n'arrive plus à se contenir.
“Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant? Pourquoi?” crie aussi Pierre.
“Silence. C'est Satan. Il n'a pas d'autre nom. Où vas-tu, Pierre?”
“Le chercher.”
“Dépose tout de suite ce manteau et cette arme. Ou bien je dois te chasser et te maudire?”
“Non, non! Oh! mon Seigneur! Mais moi… mais moi… Je suis peut-être malade de délire, moi? Oh! Oh!” Pierre pleure après s'être jeté par terre aux pieds de Jésus.
“Je vous donne le commandement de vous aimer et de pardonner. Avez-vous compris? Si dans le monde il y a aussi la haine, qu'en vous il n'y ait que l'amour. Pour tous. Combien de traîtres vous trouverez sur votre route! Mais vous ne devez pas haïr et rendre le mal pour le mal. Autrement le Père vous haïra. Avant vous, j'ai été haï et trahi, Moi. Et pourtant, vous le voyez, je ne hais pas. Le monde ne peut aimer ce qui n'est pas comme lui. Il ne vous aimera donc pas. Si vous lui apparteniez il vous aimerait, mais vous n'êtes pas du monde, car je vous ai pris du milieu du monde, et c'est pour cela que vous êtes haïs.
Je vous ai dit: le serviteur n'est pas plus que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. S'ils m'ont écouté, ils vous écouteront vous aussi. Mais ils feront tout à cause de mon nom parce qu'ils ne connaissent pas, ne veulent pas connaître Celui qui m'a envoyé. Si je n'étais pas venu et si je n'avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais maintenant leur péché est sans excuse. Ils ont vu mes œuvres, entendu mes paroles, et pourtant ils m'ont haï, et avec Moi le Père, parce que le Père et Moi, nous sommes une seule Unité avec l'Amour. Mais il était écrit: "Tu m'as haï sans raison". Cependant quand sera venu le Consolateur, l'Esprit de vérité qui procède du Père, ce sera Lui qui rendra témoignage de Moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage parce que dès le début vous avez été avec Moi.
Ceci je vous le dis pour que, quand ce sera l'heure, vous ne soyez pas abattus et scandalisés. Il va venir le temps où ils vous chasseront des synagogues et où celui qui vous tuera pensera rendre ainsi un culte à Dieu. Ils n'ont connu ni le Père ni Moi. C'est là leur excuse. Je ne vous ai pas dit ces choses en les développant autant avant maintenant, parce que vous étiez comme des enfants à peine nés. Mais maintenant la mère vous quitte. Je m'en vais. Vous devez vous accoutumer à une autre nourriture. Je veux que vous la connaissiez.
Personne ne me demande plus: "Où vas-tu?" La tristesse vous rend muets. Et pourtant, c'est un bien pour vous aussi que je m'en aille, autrement le Consolateur ne viendra pas. C'est Moi qui vous l'enverrai. Et quand Il sera venu, par le moyen de la sagesse et de la parole, les œuvres et l'héroïsme qu'Il versera en vous, Il convaincra le monde de son péché déicide et de la justice de ma sainteté. Et le monde sera nettement divisé en réprouvés, ennemis de Dieu, et en croyants. Ces derniers seront plus ou moins saints, selon leur volonté. Mais le jugement du prince du monde et de ses serviteurs sera fait. Je ne puis vous en dire davantage car vous ne pouvez encore comprendre. Mais Lui, le Divin Paraclet, vous donnera la Vérité entière car Il ne parlera pas de Lui-même, mais Il dira tout ce qu'Il aura entendu de l'esprit de Dieu et Il vous annoncera l'avenir. Il prendra ce qui vient de Moi, c'est-à-dire de ce qui encore appartient au Père, et vous le dira.
Encore un peu de temps pour se voir, ensuite vous ne me verrez plus. Et ensuite encore un peu de temps, et puis vous me verrez.
Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. Écoutez une parabole. La dernière de votre Maître.
Quand une femme a conçu et arrive à l'heure de l'enfantement, elle est dans une grande affliction car elle souffre et gémit. Mais quand son petit enfant est venu au jour, et qu'elle le serre sur son cœur, toute peine cesse et la tristesse se change en joie parce qu'un homme est venu au monde.
Ainsi pour vous. Vous pleurerez et le monde rira de vous, mais ensuite votre tristesse se changera en joie. Une joie que le monde ne connaîtra jamais. Vous êtes tristes maintenant, mais quand vous me reverrez, votre cœur deviendra plein d'une joie que personne n'aura plus le pouvoir de vous ravir. Une joie tellement pleine qu'elle estompera tout besoin de demander à la fois pour l'esprit et pour le cœur et pour la chair. Vous vous repaîtrez seulement de ma vue, oubliant toute autre chose. Mais justement, à partir de ce moment-là vous pourrez tout demander en mon nom, et cela vous sera donné par le Père pour que vous ayez toujours plus de joie. Demandez, demandez. Et vous recevrez.
L'heure vient où je pourrai vous parler ouvertement du Père. Ce sera parce que vous aurez été fidèles dans l'épreuve et tout sera surmonté. Votre amour sera parfait du fait qu'il vous aura donné la force dans l'épreuve. Et ce qui vous manquera, je vous l'ajouterai en le prenant de mon immense trésor et en disant: "Père, tu le vois. Ils m'ont aimé en croyant que je suis venu de Toi". Descendu dans le monde, maintenant je le quitte et je vais au Père, et je prierai pour vous.”
“Oh! maintenant, tu t'expliques. Maintenant nous savons ce que tu veux dire et que tu sais tout et que tu réponds sans que personne t'interroge. Vraiment tu viens de Dieu!”
“Vous croyez maintenant? À la dernière heure? Cela fait trois ans que je vous parle! Mais déjà en vous opère le Pain qui est Dieu et le Vin qui est Sang qui n'est pas venu de l'homme et vous donne le premier frisson de la déification. Vous deviendrez des dieux si vous persévérez dans mon amour et dans ma possession. Non pas comme l'a dit Satan à Adam et Eve, mais comme je vous le dis. C'est le vrai fruit de l'arbre du Bien et de la Vie. Le Mal est vaincu en qui s'en nourrit, et la Mort est morte. Qui en mange vivra éternellement et deviendra "dieu" dans le Royaume de Dieu. Vous serez des dieux si vous restez en Moi. Et pourtant voilà… bien qu'ayant en vous ce Pain et ce Sang, puisque arrive l'heure où vous serez dispersés, vous vous en irez pour votre compte et vous me laisserez seul… Mais je ne suis pas seul. J'ai le Père avec Moi. Père, Père! Ne m'abandonne pas! Je vous ai tout dit… Pour vous donner la paix, ma paix. Vous serez encore opprimés. Mais ayez foi. J'ai vaincu le monde.”
Jésus se lève, ouvre les bras en croix et dit avec un visage lumineux la sublime prière au Père. Jean la rapporte intégralement.
Les apôtres pleurent plus ou moins ouvertement et bruyamment.
Pour finir, ils chantent un hymne.
Jésus les bénit, puis il ordonne: “Mettons nos manteaux maintenant et partons. André, dis au chef de maison de laisser tout ainsi, par ma volonté. Demain… cela vous fera plaisir de revoir ce lieu.” Jésus le regarde. Il paraît bénir les murs, le mobilier, tout. Puis il prend son manteau et s'éloigne, suivi des disciples. Près de Lui se trouve Jean auquel il s'appuie.
“Tu ne salues pas la Mère?” Lui demande le fils de Zébédée.
“Non. Tout est déjà fait. Ne faites pas de bruit.”
Simon, qui a allumé une torche à la lampe, éclaire le vaste corridor qui va à la porte. Pierre ouvre avec précaution le portail et ils sortent tous sur le chemin et puis, faisant jouer une clef, ils ferment du dehors et ils se mettent en route.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 15 mai 2022 - Quatrième dimanche après Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,5-14. 
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Je m'en vais à Celui qui m'a envoyé et aucun de vous ne me demande : Où allez-vous ?
Mais parce que je vous ai dit ces choses, la tristesse a rempli votre cœur.
Cependant je vous dis la vérité : il vous est bon que je m'en aille ; car, si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas en vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai.
Et quand il sera venu, il convaincra le monde au sujet du péché, de la justice et du jugement :
Au sujet du péché, parce qu'ils n'ont pas cru en moi ;
Au sujet de la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus ;
Au sujet du jugement, parce que le Prince de ce monde est déjà jugé.
J'ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les porter à présent.
Quand le Consolateur, l'Esprit de vérité, sera venu, il vous guidera dans toute la vérité. Car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.
Celui-ci me glorifiera, parce qu'il recevra de ce qui est à moi, et il vous l'annoncera.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 9, Ch 600, p 521
  • Ancienne traduction :  Tome 9, Ch 19, p 186
  • CD 9, piste 70
  • USB Tome 9, piste 70
C'est l'heure de partir. Levez-vous, et écoutez les ultimes paroles. Je suis la vraie Vigne et c'est mon Père qui la cultive. Tout sarment qui ne porte pas de fruit Lui le coupe et celui qui porte du fruit Il le taille pour qu'il en porte encore plus. Vous êtes déjà purifiés par ma parole. Demeurez en Moi et Moi en vous pour continuer à être tels. Le sarment détaché de la vigne ne peut faire de fruit. Il en est ainsi pour vous si vous ne restez pas en Moi. Je suis la Vigne et vous les sarments. Celui qui reste uni à Moi porte des fruits abondants. Mais si l'un se détache, il devient un rameau sec que l'on jette au feu et que l'on brûle, car sans l'union avec Moi, vous ne pouvez rien faire. Restez donc en Moi, et que mes paroles restent en vous, puis demandez ce que vous voulez et cela vous sera fait. Mon Père sera toujours d'autant plus glorifié que vous porterez davantage de fruit et que vous serez davantage mes disciples.
Comme le Père m'a aimé, il en est de même pour Moi avec vous. Demeurez dans mon amour qui sauve. En m'aimant vous serez obéissants, et l'obéissance fait croître l'amour réciproque. Ne dites pas que je me répète. Je connais votre faiblesse, et je veux que vous vous sauviez. Je vous ai dit ces choses pour que la joie que j'ai voulu vous donner soit en vous et soit complète. Aimez-vous, aimez-vous! C'est mon nouveau commandement. Aimez-vous réciproquement plus que chacun de vous ne s'aime lui-même. Il n'y a pas de plus grand amour que celui de qui donne sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis et Moi, je donne ma vie pour vous. Faites ce que je vous enseigne et commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, alors que vous, vous savez ce que je fais. Vous savez tout de Moi. Je vous ai manifesté non seulement Moi-même, mais aussi le Père et le Paraclet, et tout ce que j'ai entendu de Dieu. Ce n'est pas vous qui vous êtes choisis. Mais c'est Moi qui vous ai choisis et je vous ai élus pour que vous alliez parmi les peuples et que vous fassiez du fruit en vous et dans les cœurs de ceux qui seront évangélisés, et que votre fruit demeure, et que le Père vous donne tout ce que vous demanderez en mon nom.
Ne dites pas: "Et alors si tu nous as choisis, pourquoi as-tu choisi un traître? Si tu connais tout, pourquoi as-tu fait cela?" Ne vous demandez pas non plus qui est celui-là. Ce n'est pas un homme, c'est Satan. Je l'ai dit à l'ami fidèle et je l'ai laissé dire par le fils aimé. C'est Satan. Si Satan ne s'était pas incarné, l'éternel singe de Dieu, en une chair mortelle, ce possédé n'aurait pas pu se soustraire à mon pouvoir de Jésus. J'ai dit: "possédé". Non. Il est beaucoup plus: il est anéanti en Satan.”
“Pourquoi, Toi qui as chassé les démons, ne l'as-tu pas délivré?” demande Jacques d'Alphée.
“Le demandes-tu par amour pour toi, craignant de l'être? Ne le crains pas.”
“Moi alors?”
“Moi?”
“Moi?”
“Taisez-vous. Je ne dis pas ce nom. J'use de miséricorde, et vous, faites la même chose.”
“Mais pourquoi ne l'as-tu pas vaincu? Tu ne le pouvais pas?”
“Je le pouvais. Mais pour empêcher Satan de s'incarner pour me tuer, j'aurais dû exterminer la race humaine avant la Rédemption. Qu'aurais-je racheté alors?”
“Dis-le-moi, Seigneur, dis-le-moi!” Pierre s'est glissé à genoux et secoue Jésus avec frénésie, comme s'il était en proie au délire. “Est-ce moi? Est-ce moi? Je m'examine? Il ne me semble pas. Mais Toi… Tu as dit que je te renierai… Et je tremble… Oh! quelle horreur si c'était moi!…”
“Non, Simon de Jonas, pas toi.”
“Pourquoi m'as-tu enlevé mon nom de "Pierre"? Je suis donc redevenu Simon? Tu le vois? Tu le dis!… C'est moi! Mais comment ai-je pu? Dites-le… dites-le vous… Quand est-ce que j'ai pu devenir traître?… Simon?… Jean?… Mais parlez!…”
“Pierre, Pierre, Pierre! Je t'appelle Simon parce que je pense à notre première rencontre quand tu étais Simon. Et je pense comment tu as toujours été loyal dès le premier moment. Ce n'est pas toi. Je te le dis Moi: Vérité.”
“Qui alors?”
“Mais c'est Judas de Kériot! Tu ne l'as pas encore compris?” crie le Thaddée qui n'arrive plus à se contenir.
“Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant? Pourquoi?” crie aussi Pierre.
“Silence. C'est Satan. Il n'a pas d'autre nom. Où vas-tu, Pierre?”
“Le chercher.”
“Dépose tout de suite ce manteau et cette arme. Ou bien je dois te chasser et te maudire?”
“Non, non! Oh! mon Seigneur! Mais moi… mais moi… Je suis peut-être malade de délire, moi? Oh! Oh!” Pierre pleure après s'être jeté par terre aux pieds de Jésus.
“Je vous donne le commandement de vous aimer et de pardonner. Avez-vous compris? Si dans le monde il y a aussi la haine, qu'en vous il n'y ait que l'amour. Pour tous. Combien de traîtres vous trouverez sur votre route! Mais vous ne devez pas haïr et rendre le mal pour le mal. Autrement le Père vous haïra. Avant vous, j'ai été haï et trahi, Moi. Et pourtant, vous le voyez, je ne hais pas. Le monde ne peut aimer ce qui n'est pas comme lui. Il ne vous aimera donc pas. Si vous lui apparteniez il vous aimerait, mais vous n'êtes pas du monde, car je vous ai pris du milieu du monde, et c'est pour cela que vous êtes haïs.
Je vous ai dit: le serviteur n'est pas plus que le maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. S'ils m'ont écouté, ils vous écouteront vous aussi. Mais ils feront tout à cause de mon nom parce qu'ils ne connaissent pas, ne veulent pas connaître Celui qui m'a envoyé. Si je n'étais pas venu et si je n'avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais maintenant leur péché est sans excuse. Ils ont vu mes œuvres, entendu mes paroles, et pourtant ils m'ont haï, et avec Moi le Père, parce que le Père et Moi, nous sommes une seule Unité avec l'Amour. Mais il était écrit: "Tu m'as haï sans raison". Cependant quand sera venu le Consolateur, l'Esprit de vérité qui procède du Père, ce sera Lui qui rendra témoignage de Moi, et vous aussi, vous me rendrez témoignage parce que dès le début vous avez été avec Moi.
Ceci je vous le dis pour que, quand ce sera l'heure, vous ne soyez pas abattus et scandalisés. Il va venir le temps où ils vous chasseront des synagogues et où celui qui vous tuera pensera rendre ainsi un culte à Dieu. Ils n'ont connu ni le Père ni Moi. C'est là leur excuse. Je ne vous ai pas dit ces choses en les développant autant avant maintenant, parce que vous étiez comme des enfants à peine nés. Mais maintenant la mère vous quitte. Je m'en vais. Vous devez vous accoutumer à une autre nourriture. Je veux que vous la connaissiez.
Personne ne me demande plus: "Où vas-tu?" La tristesse vous rend muets. Et pourtant, c'est un bien pour vous aussi que je m'en aille, autrement le Consolateur ne viendra pas. C'est Moi qui vous l'enverrai. Et quand Il sera venu, par le moyen de la sagesse et de la parole, les œuvres et l'héroïsme qu'Il versera en vous, Il convaincra le monde de son péché déicide et de la justice de ma sainteté. Et le monde sera nettement divisé en réprouvés, ennemis de Dieu, et en croyants. Ces derniers seront plus ou moins saints, selon leur volonté. Mais le jugement du prince du monde et de ses serviteurs sera fait. Je ne puis vous en dire davantage car vous ne pouvez encore comprendre. Mais Lui, le Divin Paraclet, vous donnera la Vérité entière car Il ne parlera pas de Lui-même, mais Il dira tout ce qu'Il aura entendu de l'esprit de Dieu et Il vous annoncera l'avenir. Il prendra ce qui vient de Moi, c'est-à-dire de ce qui encore appartient au Père, et vous le dira.
Encore un peu de temps pour se voir, ensuite vous ne me verrez plus. Et ensuite encore un peu de temps, et puis vous me verrez.
Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. Écoutez une parabole. La dernière de votre Maître.
Quand une femme a conçu et arrive à l'heure de l'enfantement, elle est dans une grande affliction car elle souffre et gémit. Mais quand son petit enfant est venu au jour, et qu'elle le serre sur son cœur, toute peine cesse et la tristesse se change en joie parce qu'un homme est venu au monde.
Ainsi pour vous. Vous pleurerez et le monde rira de vous, mais ensuite votre tristesse se changera en joie. Une joie que le monde ne connaîtra jamais. Vous êtes tristes maintenant, mais quand vous me reverrez, votre cœur deviendra plein d'une joie que personne n'aura plus le pouvoir de vous ravir. Une joie tellement pleine qu'elle estompera tout besoin de demander à la fois pour l'esprit et pour le cœur et pour la chair. Vous vous repaîtrez seulement de ma vue, oubliant toute autre chose. Mais justement, à partir de ce moment-là vous pourrez tout demander en mon nom, et cela vous sera donné par le Père pour que vous ayez toujours plus de joie. Demandez, demandez. Et vous recevrez.
L'heure vient où je pourrai vous parler ouvertement du Père. Ce sera parce que vous aurez été fidèles dans l'épreuve et tout sera surmonté. Votre amour sera parfait du fait qu'il vous aura donné la force dans l'épreuve. Et ce qui vous manquera, je vous l'ajouterai en le prenant de mon immense trésor et en disant: "Père, tu le vois. Ils m'ont aimé en croyant que je suis venu de Toi". Descendu dans le monde, maintenant je le quitte et je vais au Père, et je prierai pour vous.”
“Oh! maintenant, tu t'expliques. Maintenant nous savons ce que tu veux dire et que tu sais tout et que tu réponds sans que personne t'interroge. Vraiment tu viens de Dieu!”
“Vous croyez maintenant? À la dernière heure? Cela fait trois ans que je vous parle! Mais déjà en vous opère le Pain qui est Dieu et le Vin qui est Sang qui n'est pas venu de l'homme et vous donne le premier frisson de la déification. Vous deviendrez des dieux si vous persévérez dans mon amour et dans ma possession. Non pas comme l'a dit Satan à Adam et Eve, mais comme je vous le dis. C'est le vrai fruit de l'arbre du Bien et de la Vie. Le Mal est vaincu en qui s'en nourrit, et la Mort est morte. Qui en mange vivra éternellement et deviendra "dieu" dans le Royaume de Dieu. Vous serez des dieux si vous restez en Moi. Et pourtant voilà… bien qu'ayant en vous ce Pain et ce Sang, puisque arrive l'heure où vous serez dispersés, vous vous en irez pour votre compte et vous me laisserez seul… Mais je ne suis pas seul. J'ai le Père avec Moi. Père, Père! Ne m'abandonne pas! Je vous ai tout dit… Pour vous donner la paix, ma paix. Vous serez encore opprimés. Mais ayez foi. J'ai vaincu le monde.”
Jésus se lève, ouvre les bras en croix et dit avec un visage lumineux la sublime prière au Père. Jean la rapporte intégralement.
Les apôtres pleurent plus ou moins ouvertement et bruyamment.
Pour finir, ils chantent un hymne.
Jésus les bénit, puis il ordonne: “Mettons nos manteaux maintenant et partons. André, dis au chef de maison de laisser tout ainsi, par ma volonté. Demain… cela vous fera plaisir de revoir ce lieu.” Jésus le regarde. Il paraît bénir les murs, le mobilier, tout. Puis il prend son manteau et s'éloigne, suivi des disciples. Près de Lui se trouve Jean auquel il s'appuie.
“Tu ne salues pas la Mère?” Lui demande le fils de Zébédée.
“Non. Tout est déjà fait. Ne faites pas de bruit.”
Simon, qui a allumé une torche à la lampe, éclaire le vaste corridor qui va à la porte. Pierre ouvre avec précaution le portail et ils sortent tous sur le chemin et puis, faisant jouer une clef, ils ferment du dehors et ils se mettent en route.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 8 mai 2022 - Solennité de Ste Jeanne d'Arc, vierge, patronne secondaire de la France (propre de France)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,24-27.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il se renonce, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive.
Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra ; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera.
Quel profit en effet aura l'homme, s'il gagne le monde entier, mais perd son âme ? Ou que donnera l'homme en échange de son âme ?
Car le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 5, Ch 346, p 357
  • Ancienne traduction : Tome 5, Ch 34, p 223
  • CD 5 (1er CD), piste 85
  • USB Tome 5, piste 85
Jésus a dû quitter la ville de Césarée de Philippe dès les premières lueurs du matin, car maintenant elle est déjà loin avec ses montagnes, et la plaine entoure de nouveau Jésus qui se dirige vers le lac de Méron pour aller ensuite vers celui de Génésareth. Il a avec Lui tous les apôtres et les disciples qui étaient à Césarée. Mais une caravane si nombreuse sur la route n'étonne personne, car on rencontre déjà d'autres caravanes qui se dirigent vers Jérusalem, des caravanes d'israélites ou de prosélytes qui viennent de tous les lieux de la Diaspora et qui désirent rester quelque temps dans la Cité Sainte pour entendre les rabbis et respirer longuement l'air du Temple.
Ils avancent rapidement, sous un soleil déjà haut sur l'horizon, mais qui ne gêne pas encore car c'est un soleil de printemps qui joue avec les feuilles nouvelles et les branches fleuries et qui fait naître des fleurs, des fleurs, des fleurs, de tous côtés. La plaine, qui précède le lac, n'est qu'un tapis fleuri et l'œil, en se tournant vers les collines qui l'entourent, les voit couvertes des touffes blanches, légèrement rosées, ou franchement roses, ou roses presque rouges, des différents arbres fruitiers ou bien, en passant près des rares maisons des paysans ou près des maréchaleries çà et là le long de la route, il se réjouit des premiers rosiers fleuris dans les jardins, le long des haies ou contre les murs des maisons.
“Les jardins de Jeanne doivent être tout en fleurs” fait remarquer Simon le Zélote.
“Le jardin de Nazareth aussi doit paraître un panier plein de fleurs. Marie est la douce abeille qui va d'un rosier à l'autre, et de ceux-ci aux jasmins qui ne vont pas tarder de fleurir, aux lys dont les boutons paraissent déjà sur les tiges, et elle cueillera le rameau d'amandier comme elle le fait toujours, et même elle cueillera le rameau du poirier ou du grenadier pour le mettre dans l'amphore dans sa petite pièce. Quand nous étions enfants nous lui demandions chaque année: "Pourquoi gardes-tu toujours un rameau de l'arbre en fleurs et qu'au contraire tu n'y mets pas les premières roses?" Et elle répondait: "Parce que sur ces pétales je vois écrit un ordre qui me vint de Dieu et que je sens l'odeur pure de la brise céleste". Tu t'en souviens, Jude?” demande Jacques d'Alphée à son frère.
“Oui, je m'en souviens. Et je me rappelle que, devenu homme, j'attendais avec anxiété le printemps pour voir Marie se déplacer dans son jardin sous les nuées de ses arbres en fleurs et à travers les haies des premières roses. Je n'ai jamais vu de spectacle plus beau que celui de cette éternelle jeune fille glissant parmi les fleurs, au milieu des vols de colombes…”
“Oh! allons vite la voir, Seigneur! Que moi aussi je voie tout cela!” supplie Thomas.
“Nous n'avons qu'à accélérer la marche et reposer très peu la nuit, pour arriver à temps à Nazareth” répond Jésus.
“Tu me fais ce plaisir, Seigneur?”
“Oui, Thomas. Nous irons tous à Bethsaïda, et puis à Capharnaüm, et là nous nous séparerons, nous pour aller en barque à Tibériade et puis à Nazareth. De cette façon nous tous, sauf les juifs, nous prendrons des vêtements plus légers. L'hiver est fini.”
“Oui, et nous allons dire à la Colombe: "Lève-toi vite, ô ma bien-aimée, et viens car l'hiver est passé, la pluie est finie, il y a des fleurs sur la terre… Debout, ô mon amie, et viens, colombe qui restes cachée, montre-moi ton visage, et fais-moi entendre ta voix".”
“Bravo, Jean! Tu sembles un amoureux qui chante sa chanson à sa belle!” dit Pierre.
“Je le suis. Je le suis de Marie. Je ne vois pas d'autre femme qui éveille mon amour. Il n'y a que Marie, que j'aime de tout moi-même.”
“Je le disais moi aussi, il y a un mois. N'est-ce pas, Seigneur?” dit Thomas.
“Je crois que nous sommes tous énamourés d'elle. Un amour si élevé, si céleste!… Tel qu'il n'y a que cette Femme qui puisse l'inspirer. Et l'âme aime complètement son âme, l'esprit aime et admire son intelligence, l'œil l'admire et se complaît dans sa grâce pure qui donne une affection sans trouble, tout comme quand on regarde une fleur… Marie, la Beauté de la terre et, je crois, la Beauté du Ciel…” dit Mathieu.
“C'est vrai! C'est vrai! Tous nous voyons en Marie ce qu'il y a de plus doux dans la femme. À la fois l'enfant pure et la mère très douce. Et on ne sait pas si on l'aime plus pour l'une ou l'autre de ces grâces…” dit Philippe.
“On l'aime parce que c'est "Marie". Voilà!” dit Pierre sentencieusement.
Jésus les a entendus parler et il dit: “Vous avez tous bien parlé. Simon Pierre a très bien parlé. On aime Marie parce que c'est "Marie". Je vous ai dit, en allant à Césarée, que seuls ceux qui uniront une foi parfaite à un amour parfait arriveront à connaître le vrai sens des mots: "Jésus, le Christ, le Verbe, le Fils de Dieu et le Fils de l'homme". Mais maintenant aussi je vous dis qu'il y a un autre nom lourd de sens. Et c'est celui de ma Mère. Seulement ceux qui uniront une foi parfaite à un amour parfait arriveront à connaître le vrai sens du nom "Marie", de la Mère du Fils de Dieu. Et le vrai sens commencera à apparaître clairement aux vrais croyants et aux vrais aimants dans une heure redoutable de déchirement, quand celle qui a enfanté sera suppliciée avec celui qui est né d'elle, quand la Rédemptrice rachètera avec le Rédempteur, aux yeux de tout le monde et pour tous les siècles des siècles.”
“Quand?” demande Barthélémy alors qu'ils se sont arrêtés sur les bords d'un gros ruisseau où boivent de nombreux disciples.
“Arrêtons-nous ici pour partager le pain. Le soleil est au midi. Ce soir nous serons au lac de Méron et nous pourrons raccourcir le chemin avec de petites barques” répond évasivement Jésus.
Tous s'assoient sur l'herbe, tendre et attiédie par le soleil, des bords du ruisseau, et Jean dit: “C'est dommage d'abîmer ces petites fleurs si gentilles. On dirait des morceaux de ciel tombés ici sur les prés.” Il y a des centaines et des centaines de myosotis.
“Elles renaîtront plus belles demain” dit Jacques à son frère pour le consoler. “Elles ont fleuri afin de faire au-dessus des mottes une salle de banquet pour le Seigneur.”
Jésus offre et bénit la nourriture et tous se mettent à manger allègrement. Les disciples, comme autant de tournesols, regardent tous vers Jésus qui est assis au milieu de la rangée de ses apôtres. Le repas est vite fini, assaisonné de sérénité et d'eau pure. Mais, comme Jésus reste assis, personne ne bouge. Les disciples aussi s'approchent pour entendre ce que dit Jésus que ses apôtres interrogent, et ils l'interrogent encore sur ce qu'il a dit avant de sa Mère.
“Oui. Parce qu'être ma Mère selon la chair, se serait déjà une grande chose. Pensez que l'on se rappelle Anne d'Elcana parce que mère du prophète Samuel. Mais lui n'était qu'un prophète, et pourtant on se souvient de sa mère parce qu'elle l'a engendré. Par conséquent le souvenir de Marie serait accompagné des plus grands éloges parce qu'elle a donné au monde Jésus le Sauveur. Mais ce serait peu par rapport à ce que Dieu exige d'elle pour compléter la mesure requise pour la rédemption du monde. Marie ne décevra pas le désir de Dieu. Elle ne l'a jamais déçu. Depuis la requête d'un amour total a celle d'un sacrifice total, elle s'est donnée et elle se donnera. Et quand elle aura consommé le plus grand sacrifice, avec Moi, pour Moi, et pour le monde, alors les vrais fidèles et les vrais aimants comprendront le vrai sens de son Nom. Et dans les siècles des siècles, il sera accordé de le savoir à tout véritable fidèle, à tout véritable aimant. Le Nom de la Grande Mère, de la sainte Nourrice qui allaitera dans les siècles des siècles les enfants du Christ par ses pleurs, pour les faire croître à la Vie des Cieux.”
“Pleurer, Seigneur? Elle doit pleurer ta Mère?” demande l'Iscariote.
“Toute mère pleure, et la mienne pleurera plus que toute autre.”
“Mais pourquoi? J'ai fait quelquefois pleurer ma mère parce que je ne suis pas toujours un bon fils. Mais Toi! Tu ne donneras jamais de douleur à ta Mère.”
“Non. En effet je ne lui donne pas de douleur en tant que Fils, mais je lui en donnerai en tant que Rédempteur. Il y en aura deux qui feront verser à ma Mère des pleurs qui n'auront pas de fin: Moi pour sauver l'Humanité, et l'Humanité par son continuel péché. Tout homme qui a vécu, vit ou vivra coûte des larmes à Marie.”
“Mais pourquoi?” demande Jacques de Zébédée, étonné.
“Parce que tout homme me coûte des tortures à Moi, pour le racheter.”
“Mais comment peux-tu dire cela de ceux qui sont morts ou de ceux qui ne sont pas encore nés? Te feront souffrir ceux qui sont vivants, les scribes, les pharisiens, les sadducéens, par leurs accusations, leurs jalousies, leurs méchancetés, mais rien de plus” affirme, sûr de lui, Barthélémy.
“Jean-Baptiste a été tué aussi… et ce n'est pas le seul prophète qu'Israël ait tué, et le seul prêtre du Vouloir éternel, tué parce qu'il était mal vu de ceux qui désobéissent à Dieu.”
“Mais Toi, tu es plus qu'un prophète et plus que le Baptiste lui-même, ton Précurseur. Tu es le Verbe de Dieu. La main d'Israël ne se lèvera pas sur Toi” dit Jude Thaddée.
“Tu le crois, mon frère? Tu es dans l'erreur” lui répond Jésus.
“Non. Cela ne peut être! Cela ne peut arriver! Dieu ne le permettra pas! Ce serait avilir pour toujours son Christ!” Jude Thaddée est si agité qu'il se lève.
Jésus aussi l'imite et il regarde fixement son visage pâle, ses yeux sincères. Il dit lentement: “Et pourtant il en sera ainsi” et il abaisse son bras droit qu'il tenait levé, comme pour jurer.
Tous se lèvent et se serrent encore davantage autour de Lui, une couronne de visages affligés, mais plus encore incrédules, et des murmures circulent dans le groupe: “Certainement… si c'était ainsi… le Thaddée aurait raison.”
“Ce qui est arrivé au Baptiste, c'est mal. Mais cela a exalté l'homme, héroïque jusqu'à la fin. Si cela arrivait au Christ, il en serait diminué.”
“Christ peut être persécuté, mais pas avili.”
“L'onction de Dieu est sur Lui.”
“Qui pourrait croire encore, s'il te voyait à la merci des hommes?”
“Nous ne le permettrons pas.”
Le seul qui se tait est Jacques d'Alphée. Son frère l'attaque: “Tu ne parles pas? Tu ne réagis pas? Tu n'entends pas? Défends le Christ contre Lui-même!”
Jacques, pour toute réponse, porte les mains à son visage et il s'écarte un peu en pleurant.
“C'est un sot!” prononce son frère.
“Peut-être moins que tu ne penses” lui répond Hermastée, et il continue: “Hier, en expliquant la prophétie, le Maître a parlé d'un corps décomposé qui se recompose et d'un corps qui par lui-même ressuscite. Je pense que quelqu'un ne peut ressusciter si d'abord il n'est pas mort.”
“Mais il peut être mort de mort naturelle, de vieillesse. Et c'est déjà beaucoup pour le Christ!” réplique le Thaddée, et plusieurs lui donnent raison.
“Oui, mais alors ce ne serait pas un signe donné à cette génération qui est beaucoup plus vieille que Lui” observe Simon le Zélote.
“Bien! Mais il n'est pas dit qu'il parle de Lui-même” réplique le Thaddée, entêté dans son amour et dans son respect.
“Personne, s'il n'est pas le Fils de Dieu, ne peut par lui-même se ressusciter, de même que personne, s'il n'est pas le Fils de Dieu, ne peut être né comme il est né. Moi, je le dis. Moi qui ai vu la gloire de sa naissance” dit Isaac sûr de lui dans son témoignage.
Jésus, les bras croisés, les a écoutés parler en les regardant à tour de rôle. Maintenant il fait signe qu'il va parler et il dit: “Le Fils de l'homme sera livré aux mains des hommes parce qu'il est le Fils de Dieu, mais parce qu'Il est aussi le Rédempteur de l'homme. Et il n'y a pas de rédemption sans souffrance. Ma souffrance atteindra le corps, la chair et le sang, pour réparer les péchés de la chair et du sang. Elle sera morale pour réparer les péchés de l'âme et des passions. Elle sera spirituelle pour réparer les fautes de l'esprit. Elle sera complète. Aussi, à l'heure fixée, je serai pris dans Jérusalem, et après avoir beaucoup souffert, de la part des Anciens et des Grands Prêtres, des scribes et des pharisiens, je serai condamné à une mort infamante. Et Dieu laissera faire parce qu'il doit en être ainsi, car je suis l'Agneau qui expie pour les péchés du monde entier. Et dans une mer d'angoisse, que partagera ma Mère et quelques autres personnes, je mourrai sur le gibet. Trois jours après, par ma seule volonté divine, je ressusciterai pour une vie éternelle et glorieuse comme Homme et je serai de nouveau Dieu au Ciel avec le Père et l'Esprit. Mais auparavant je devrai souffrir toutes sortes d'opprobres et avoir le cœur transpercé par le Mensonge et la Haine.”
Un chœur de cris scandalisés s'élève dans l'air tiède et parfumé du printemps.
Pierre, le visage effrayé, et scandalisé lui aussi, prend Jésus par le bras et l'amène un peu à part en Lui disant doucement à l'oreille: “Oh! Seigneur! Ne dis pas cela. Ce n'est pas bien. Tu vois? Eux se scandalisent. Tu tombes dans leur estime. Pour aucune raison tu ne dois permettre cela; mais aussi, une pareille chose ne t'arrivera jamais. Pourquoi donc l'envisager comme vraie? Tu dois monter toujours davantage dans l'estime des hommes si tu veux t'affirmer, et tu dois terminer, peut-être, par un dernier miracle comme celui de réduire en cendres tes ennemis. Mais ne jamais t'avilir et te rendre pareil à un malfaiteur que l'on punit.” Et Pierre paraît un maître ou un père affligé qui fait des reproches pleins d'un amour angoissé à un fils qui a dit une sottise.
Jésus, qui s'était un peu penché pour écouter le murmure de Pierre, se redresse sévère, avec des éclairs dans les yeux, mais des éclairs de courroux, et il crie fort pour que tous entendent et que la leçon serve à tous: “Va loin de Moi, toi qui en ce moment es un satan qui me conseille de manquer à l'obéissance envers mon Père!
C'est pour cela que je suis venu! Non pour les honneurs! Toi, en me conseillant l'orgueil, la désobéissance, la dureté sans charité, tu tentes de m'amener au mal. Va! Tu es pour Moi un scandale! Tu ne comprends pas que la grandeur réside non dans les honneurs mais dans le sacrifice et que ce n'est rien de paraître un ver pour les hommes si Dieu nous regarde comme des anges? Toi, homme sot, tu ne comprends pas ce qui est grandeur pour Dieu et raison de Dieu et tu vois, juges, entends, parles, avec ce qui est de l'homme.”
Le pauvre Pierre reste anéanti sous ce reproche sévère; il s'écarte mortifié et il pleure… Et ce ne sont pas les larmes de joie de quelques jours auparavant, mais les larmes de désolation de quelqu'un qui comprend qu'il a péché et qu'il a fait souffrir celui qu'il aime. Et Jésus le laisse pleurer. Il se déchausse, relève le vêtement et passe à gué le ruisseau. Les autres l'imitent en silence. Personne n'ose dire un seul mot. En arrière de tous, se trouve le pauvre Pierre qu'Isaac et le Zélote essaient en vain de consoler. André se retourne plusieurs fois pour le regarder, et puis il murmure quelque chose à Jean qui est tout affligé. Mais Jean secoue la tête en signe de refus.
Alors André se décide. Il court en avant, rejoint Jésus, l'appelle doucement avec une crainte visible: “Maître! Maître!…”
Jésus le laisse appeler plusieurs fois. À la fin, il se retourne, l'air sévère et il demande: “Que veux-tu?”
“Maître, mon frère est affligé… il pleure…”
“Il l'a mérité.”
“C'est vrai, Seigneur. Mais lui, c'est toujours un homme… Il ne peut pas toujours bien parler.”
“En effet aujourd'hui il a très mal parlé” répond Jésus. Mais il est déjà moins sévère et un éclair souriant adoucit son œil divin.
André s'enhardit et prolonge sa plaidoirie en faveur de son frère: “Mais tu es juste et tu sais que c'est son amour pour Toi qui l'a fait errer…”
“L'amour doit être lumière et non pas ténèbres. Il l'a rendu ténèbres et s'en est enveloppé l'esprit.”
“C'est vrai, Seigneur. Mais les bandes on peut les enlever quand on veut. Ce n'est pas comme d'avoir l'esprit ténébreux. Les bandes, c'est l'extérieur. L'esprit, c'est l'intérieur, le noyau vivant… L'intérieur de mon frère est bon.”
“Qu'il enlève alors les bandes qu'il s'est mises.”
“Certainement il le fera, Seigneur! Il y est déjà occupé. Retourne-toi et regarde comme il est défiguré par les larmes que tu ne consoles pas. Pourquoi es-tu si sévère avec lui?”
“C'est parce qu'il a le devoir d'être "le premier" comme je lui ai fait l'honneur de l'être. Celui qui reçoit beaucoup doit donner beaucoup…”
“Oh! Seigneur! C'est vrai, oui. Mais ne te souviens-tu pas de Marie de Lazare? De Jean d'Endor? D'Aglaé? De la Belle de Corozaïn? De Lévi? À eux tu as tout donné… et eux ne t'avaient donné que l'intention de se racheter… Seigneur!… Tu m'as écouté pour la Belle de Corozaïn et pour Aglaé… Ne m'écouterais-tu pas pour ton et mon Simon qui a péché par amour pour Toi?”
Jésus abaisse ses yeux sur le doux qui se fait audacieux et pressant en faveur de son frère, comme il le fut, silencieusement, pour Aglaé et la Belle de Corozaïn, et son visage resplendit de lumière: “Va appeler ton frère” dit-il “et amène-le ici.”
“Oh! merci, mon Seigneur! J'y vais…” et il s'éloigne, en courant rapide comme l'hirondelle.
“Viens, Simon. Le Maître n'est plus en colère contre toi. Viens, il veut te le dire.”
“Non, non. Moi, j'ai honte… Il y a trop peu de temps qu'il m'a fait des reproches… Il me veut pour m'en faire encore…”
“Comme tu le connais mal! Allons, viens! Tu crois que je pourrais t'amener pour te faire encore souffrir? Si je n'étais pas certain que c'est une joie qui t'attend, je n'insisterais pas. Viens.”
“Mais que vais-je Lui dire?” dit Pierre en se mettant en route un peu à regret, freiné par ses sentiments humains, excité par son esprit qui ne peut se passer de la condescendance de Jésus et de son amour. “Que vais-je Lui dire?” continue-t-il à demander.
“Mais rien! Montre-lui ton visage, et cela suffira” dit André pour encourager son frère.
Tous les disciples, à mesure que les deux les dépassent, regardent les deux frères et sourient, comprenant ce qui arrive.
Ils rejoignent Jésus. Mais Pierre s'arrête au dernier moment. André ne fait pas d'histoires. En le poussant énergiquement comme il le fait à la barque pour la pousser au large, il le pousse en avant. Jésus s'arrête… Pierre lève son visage… Jésus abaisse le sien… Ils se regardent… Deux grosses larmes roulent sur les joues toutes rougies de Pierre…
“Viens ici, grand enfant irréfléchi, que je te serve de père en essuyant ces larmes” dit Jésus, et il lève la main sur laquelle est encore la marque du coup de pierre de Giscala, et il essuie avec les doigts ces deux larmes.
“Oh! Seigneur! M'as-tu pardonné?” demande Pierre en tremblant, en prenant la main de Jésus dans les siennes et en le regardant avec deux yeux de chien fidèle qui veut se faire pardonner par son maître fâché.
“Je ne t'ai jamais condamné…”
“Mais avant…”
“Je t'ai aimé. C'est amour de ne pas permettre qu'en toi prennent racine des déviations de sentiment et de sagesse. Tu dois être le premier en tout, Simon Pierre.”
“Alors… alors tu m'aimes bien encore? Tu me veux encore? Ce n'est pas que je veuille la première place, tu sais? Il me suffit même d'avoir la dernière, mais être avec Toi, à ton service… et mourir à ton service, Seigneur, mon Dieu!”
Jésus lui passe son bras autour des épaules et le serre tout contre Lui. Alors Simon, qui n'a pas quitté l'autre main de Jésus, la couvre de baisers… heureux. Et il murmure: “Combien j'ai souffert!… Merci, Jésus.”
“Remercie ton frère, plutôt. Et sache à l'avenir porter ton fardeau avec justice et héroïsme. Attendons les autres. Où sont-ils?”
Ils se sont arrêtés où ils étaient quand Pierre a rejoint Jésus, pour laisser au Maître la liberté de parler à son apôtre mortifié. Jésus leur fait signe d'avancer. Et avec eux, se trouvent quelques paysans qui avaient laissé leur travail dans les champs pour venir interroger les disciples.
Jésus a toujours la main sur l'épaule de Pierre et il dit: “Par ce qui est arrivé, vous avez compris que c'est une chose sévère que d'être à mon service. C'est à lui que j'ai adressé le reproche, mais il était pour tous, parce que les mêmes pensées étaient dans la plus grande partie de vos cœurs, ou bien formées ou en germe. De cette façon je les ai brisées, et celui qui les cultive encore montre qu'il ne comprend pas ma Doctrine, ma Mission, ma Personne.
Je suis venu pour être le Chemin, la Vérité et la Vie. Je vous donne la Vérité par ce que j'enseigne. Je vous aplanis le Chemin par mon sacrifice, je vous le trace, je vous l'indique. Mais la Vie, je vous la donne par ma mort. Et souvenez-vous que quiconque répond à mon appel et se met dans mes rangs pour coopérer à la rédemption du monde doit être prêt à mourir pour donner aux autres la Vie. Ainsi quiconque veut venir à ma suite doit être prêt à se renoncer, à renier son vieux lui-même avec ses passions, ses tendances, ses habitudes, ses traditions, ses pensées, et me suivre avec son nouveau lui-même.
Que chacun prenne sa croix comme Moi je la prendrai. Qu'il la prenne même si elle lui semble trop infamante. Qu'il laisse le poids de sa croix écraser son lui-même humain pour libérer son lui-même spirituel, auquel la croix ne fait pas horreur mais au contraire est un point d'appui et un objet de vénération, car l'esprit sait et se souvient. Et qu'il me suive avec sa croix. Est-ce qu'à la fin du chemin l'attendra la mort ignominieuse comme elle m'attend? Il n'importe. Qu'il ne s'afflige pas, mais au contraire qu'il se réjouisse, car l'ignominie de la terre se changera en une grande gloire au Ciel, alors que ce sera un déshonneur d'être lâche en face des héroïsmes spirituels. Vous ne cessez de dire que vous voulez me suivre jusqu'à la mort. Suivez-moi alors, et je vous conduirai au Royaume par un chemin âpre mais saint et glorieux, au terme duquel vous conquerrez la Vie qui ne change pas pour l'éternité. Cela sera "vivre". Suivre, au contraire, les chemins du monde et de la chair, c'est "mourir". De cette façon si quelqu'un veut sauver sa vie sur la terre il la perdra, tandis que celui qui perdra sa vie sur la terre à cause de Moi et par amour pour mon Évangile, la sauvera. Mais réfléchissez: à quoi servira à l'homme de gagner le monde entier si ensuite il perd son âme?
Et encore gardez-vous bien, maintenant et à l'avenir, d'avoir honte de mes paroles et de mes actions. Cela aussi serait "mourir". En effet celui qui aura honte de Moi et de mes paroles au milieu de cette génération sotte, adultère et pécheresse, dont j'ai parlé, et espérant en tirer protection et avantages la flattera en me reniant, Moi et ma Doctrine, et en jetant les paroles qu'il a eues dans les gueules immondes des pores et des chiens pour avoir en récompense des excréments en guise de paiement, celui-là sera jugé par le Fils de l'homme quand il viendra dans la gloire de son Père et avec les anges et les saints pour juger le monde. Lui alors rougira de tous ces adultères et fornicateurs, de ces lâches et de ces usuriers et il les chassera de son Royaume, parce qu'il n'y a pas de place dans la Jérusalem céleste pour les adultères, les lâches, les fornicateurs, les blasphémateurs et les voleurs. Et en vérité je vous dis qu'il y a ici certains de ceux qui sont présents parmi ceux et celles qui sont mes disciples qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu se fonder le Royaume de Dieu, avec son Roi qui aura reçu la couronne et l'onction.”
Ils reprennent leur marche en parlant avec animation pendant que le soleil descend lentement dans le ciel…
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 1er mai 2022 - Saint Joseph Artisan, époux de la Bse vierge Marie

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,54-58.
En ce temps-là , étant venu dans son pays, Jésus les instruisait dans leurs synagogues, de sorte qu'ils étaient dans l'admiration et disaient : « D'où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles ?
N'est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Judas ?
Et ses sœurs, ne sont-elles pas toutes chez nous ? D'où lui vient donc tout cela ? »
Et il était pour eux une pierre d'achoppement. Mais Jésus leur dit : « Un prophète n'est sans honneur que dans sa patrie et dans sa maison. »
Et il ne fit pas là beaucoup de miracles à cause de leur incrédulité.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 4, Ch 246, p 141
  • Ancienne traduction :  Tome 4, Ch 109, p 126
  • CD 4 (1er cd), piste 53
  • USB Tome 4, piste 53
De nouveau la synagogue de Nazareth, le jour du sabbat, cependant.
Jésus a lu l'apologue contre Abimélech et termine avec les paroles: “"qu'il sorte de lui un feu, et qu'il dévore les cèdres du Liban".” Puis il rend le rouleau au chef de la synagogue.
“Le reste, tu ne le lis pas? Ce serait bon pour faire comprendre l'apologue” Lui dit ce dernier.
“Ce n'est pas nécessaire. Le temps d'Abimélech est très lointain. J'applique au moment présent l'apologue antique.
Écoutez, gens de Nazareth.
Vous connaissez déjà, par les enseignements du chef de votre synagogue, les applications de l'apologue contre Abimélech. En effet, il a été instruit en son temps par un rabbi et celui-ci par un autre encore et ainsi de suite au cours des siècles, et toujours avec la même méthode et les mêmes conclusions.
De Moi, vous entendrez une autre application. Et je vous prie, du reste, de savoir appliquer votre intelligence et ne pas être comme les cordes disposées sur la poulie du puits, et qui tant qu'elles ne sont pas usées vont de la poulie à l'eau, de l'eau à la poulie sans jamais pouvoir changer. L'homme n'est pas un cordage lié, ni un instrument mécanique. L'homme est pourvu d'un cerveau intelligent et il doit s'en servir par lui-même selon les besoins et les circonstances.
Car si la lettre de la parole est éternelle, les circonstances sont changeantes. Malheureux les maîtres qui ne savent pas vouloir la fatigue et la satisfaction d'en faire sortir à chaque fois un enseignement nouveau, c'est-à-dire l'esprit que les paroles anciennes et sages contiennent toujours. Ils seront semblables à l'écho qui ne peut que répéter dix et dix fois un seul mot sans rien y mettre du leur.
Les arbres, c'est-à-dire l'humanité représentée par le bois où se trouvent les arbres, les arbustes et les herbes, éprouvent le besoin d'être conduits par quelqu'un qui se charge de toutes les gloires mais aussi, et cela pèse bien davantage, de toutes les charges de l'autorité, d'être responsable du bonheur ou du malheur de ses sujets, le responsable auprès des sujets, auprès des peuples voisins et, ce qui est redoutable, auprès de Dieu. Car les couronnes, ou les hautes situations sociales quelles qu'elles soient, sont données par les hommes, c'est vrai, mais avec la permission de Dieu, sans l'agrément duquel aucune force humaine ne peut s'imposer. C'est ce qui explique les changements impensables et imprévus de dynasties qui semblaient éternelles et de puissances qui semblaient intouchables et qui, quand elles dépassèrent la mesure dans leur rôle de punitions ou d'épreuves pour les peuples, ont été renversées par eux avec la permission de Dieu, réduites à n'être plus rien que poussière, parfois fanges d'égout.
J'ai dit: les peuples sentent le besoin d'élire quelqu'un qui se charge de toutes les responsabilités, envers les sujets, envers les nations voisines et envers Dieu, ce qui est le plus redoutable de tout.
Le jugement de l'histoire est terrible, et c'est en vain que les intérêts des peuples cherchent à le changer, car les événements et les peuples futurs le rendront à sa vérité première, terrible, mais plus dur est le jugement de Dieu qui ne subit aucunes pressions et qui n'est pas sujet à des changements d'humeur ou de jugement, comme trop souvent les hommes le sont, et encore moins sujet à des erreurs de jugement. Il faudrait donc que ceux qui sont élus pour être les chefs de peuples et les créateurs de l'histoire agissent avec la justice héroïque qui est propre aux saints pour n'être pas déshonorés dans les siècles futurs et punis par Dieu dans les siècles des siècles.
Mais, revenons à l'apologue d'Abimélech.
Les arbres donc voulurent élire un roi et allèrent trouver l'olivier. Mais ce dernier, arbre sacré et consacré à des usages surnaturels à cause de l'huile qui brûle devant le Seigneur et a une place prépondérante dans les dîmes et les sacrifices, qui fournit son huile pour former le baume saint pour l'onction de l'autel, des prêtres et des rois, et descend avec des propriétés, je dirais de thaumaturgie, dans les corps ou sur les corps malades, celui-ci répondit: "Comment puis-je manquer à ma vocation sainte et surnaturelle pour m'abaisser aux choses de la terre?"
Oh! la douce réponse de l'olivier!
Pourquoi n'est-elle pas apprise et pratiquée par tous ceux que Dieu choisit pour une sainte mission, au moins par eux, je dis au moins? Parce que, en vérité, il faudrait bien qu'elle soit dite par tout homme pour répondre aux suggestions du démon, étant donné que tout homme est roi et fils de Dieu, doué d'une âme qui le rend tel, royal, filialement divin, appelé à un destin surnaturel. Il a une âme qui est un autel et une demeure. L'autel de Dieu, la demeure où le Père des Cieux descend pour recevoir l'amour et le respect de celui qui est fils et sujet. Tout homme a une âme, et toute âme, étant un autel, fait de l'homme qui la contient un prêtre, gardien de l'autel, et il est dit dans le Lévitique: "Que le prêtre ne se contamine pas".
L'homme donc aurait le devoir de répondre à la tentation du Démon, du monde et de la chair: "Puis-je cesser d'être spirituel pour m 1 occuper de choses matérielles et qui portent au péché?"
Les arbres allèrent alors trouver le figuier en l'invitant à régner sur eux. Mais le figuier répondit: "Comment puis-je renoncer à ma douceur et à mes fruits si savoureux pour devenir votre roi?"
Nombreux sont ceux qui se tournent vers celui qui est doux pour l'avoir comme roi, pas tant par admiration pour sa douceur que parce qu'ils espèrent qu'à force d'être doux il finira par devenir un roi de comédie duquel on peut attendre tout consentement et avec lequel on peut se permettre toutes libertés.
Mais la douceur n'est pas la faiblesse, c'est la bonté. Elle est juste, intelligente, ferme. Ne confondez jamais la douceur avec la faiblesse. La première est une vertu, la seconde un défaut. Et parce qu'elle est une vertu, elle communique à celui qui la possède une droiture de conscience qui lui permet de résister aux sollicitations et aux séductions humaines, attentives à le tourner vers leurs intérêts, qui ne sont pas les intérêts de Dieu. Elle demeure à tout prix fidèle à sa destinée.
Celui qui est doux ne rejettera jamais avec âpreté les réprimandes d'autrui. Il ne repoussera jamais avec dureté celui qui le réclame. Mais en pardonnant et en souriant, il dira toujours: "Frère, laisse-moi à ma douce destinée. Je suis ici pour te consoler et t'aider, mais je ne peux devenir un roi tel que tu l'envisages parce que je me soucie et me préoccupe d'une seule royauté, pour mon âme et la tienne: de celle de l'esprit".
Les arbres allèrent trouver la vigne et lui demandèrent d'être leur roi. Mais la vigne répondit: "Comment puis-je, moi, renoncer à être l'allégresse et la force pour devenir votre roi?"
Être roi, à cause de la responsabilité et des remords, car plus rare que le diamant noir est le roi qui ne pèche pas et ne se crée pas des remords, cela amène toujours à s'obscurcir l'esprit. La puissance séduit tant qu'elle brille de loin comme un phare, mais quand on l'a rejointe, on voit que ce n'est qu'une lumière de luciole et non d'étoile.
Et encore: la puissance n'est qu'une force liée par les mille cordages des mille intérêts qui s'agitent autour d'un roi. Intérêts des courtisans, intérêts des alliés, intérêts personnels et de la parenté. Combien de rois se jurent, pendant que l'huile les consacre: "Moi, je serai impartial" et ensuite, ils ne savent pas l'être? Comme un arbre puissant qui ne se révolte pas au premier embrassement du lierre tendre ou fin en disant: "Il est si faible qu'il ne peut me nuire" et même il se plaît à en être enguirlandé et d'en être le protecteur qui le soutient quand il s'élève, souvent je pourrais dire: toujours, le roi cède au premier embrassement d'un intérêt courtisan, allié, personnel ou de parenté qui se tourne vers lui, et il se plaît à en être un munificent protecteur. "C'est si peu de chose!" dit-il quand la conscience lui crie: "Gare à toi!" et il pense que cela ne peut pas lui nuire ni dans sa puissance, ni dans son renom. L'arbre aussi le croit. Mais un jour vient où, branche après branche, croissant en force et en longueur, croissant par sa voracité de sucer la sève du sol et de monter à la conquête de la lumière et du soleil, le lierre embrasse tout entier l'arbre puissant, l'accable, l'étouffe, le tue. Et il était si faible! Et lui était si fort!
Pour les rois aussi, c'est la même chose. Un premier compromis avec sa propre mission, un premier haussement d'épaules à la voix de la conscience parce que les louanges sont douces, parce que l'air de protecteur que l'on recherche est agréable, et il vient un moment où le roi ne règne pas mais où règnent les intérêts des autres et ils l'emprisonnent, le bâillonnent jusqu'à l'étouffer, et ils le suppriment si, devenus plus forts que lui, ils voient qu'il n'est pas pressé de mourir.
L'homme ordinaire aussi, toujours roi en son esprit, se perd s'il accepte une royauté inférieure, par orgueil, par avidité. Et il perd sa sérénité spirituelle qui lui vient de l'union avec Dieu. Car le Démon, le monde et la chair peuvent donner un pouvoir et une jouissance illusoires, mais aux dépens de l'allégresse spirituelle qui lui vient de l'union avec Dieu. Allégresse et force des pauvres en esprit, vous méritez bien que l'homme sache dire: "Et comment puis-je accepter de devenir roi dans mon être inférieur si, en arrivant à m'allier avec vous, je perds la force et la joie intérieure et le Ciel et sa royauté vraie?"
Et ils peuvent dire encore ces bienheureux pauvres en esprit qui ne visent qu'à posséder le Royaume des Cieux et méprisent toute richesse qui n'est pas ce royaume, et ils peuvent dire aussi: "Et comment pourrions-nous en venir à amoindrir notre mission qui est de faire mûrir des sucs fortifiants et porteurs de joie, pour cette humanité, notre sœur qui vit dans le désert aride de l'animalité et qui a besoin d'être désaltérée pour ne pas mourir, pour être nourrie de sucs vitaux comme un enfant privé de nourrice? Nous Sommes les nourrices de l'humanité qui a perdu le sein de Dieu, qui erre, stérile et malade, qui en arriverait à la mort désespérée, au noir scepticisme, si elle ne nous trouvait pas nous qui, par le joyeux labeur de ceux qui sont libres de toute attache terrestre, nous ne leur donnions pas la certitude qu'il existe une Vie, une Joie, une Liberté, une Paix. Nous ne pouvons renoncer à cette charité pour un intérêt mesquin".
Les arbres s'en allèrent alors vers la ronce. Elle ne les repoussa pas mais leur imposa un pacte sévère: "Si vous me voulez pour roi, venez au-dessous de moi. Mais, si vous ne voulez pas le faire, après m'avoir élue, je ferai de toute épine un tourment ardent et je vous brûlerai tous, même les cèdres du Liban".
Voici la royauté que pourtant le monde regarde comme vraie! L'humanité corrompue prend la tyrannie et la férocité pour la vraie royauté, alors que l'on considère la douceur et la bonté comme de la sottise et de la bassesse.
L'homme ne se soumet pas au Bien, mais il se soumet au Mal. Il en est séduit et en conséquence il en est brûlé.
C'est l'apologue d'Abimélech.
Mais Moi, je vous en propose un autre, non pas lointain et pour des faits lointains, mais voisin, présent.
Les animaux pensèrent à élire un roi et comme ils étaient astucieux pensèrent choisir un animal qui ne leur donnât pas la crainte d'être fort ou féroce.
Ils écartèrent donc le lion et tous les félins. Ils déclarèrent ne pas vouloir des aigles à cause de leurs becs, ni d'aucun oiseau de proie. Ils se défièrent du cheval qui, grâce à sa rapidité, pouvait les rattraper et voir ce qu'ils faisaient. Ils se défièrent encore plus de l'âne dont ils connaissaient la patience, mais aussi les subites furies et les puissants sabots. Ils étaient horrifiés à l'idée d'avoir pour roi la guenon parce que trop intelligente et vindicative. Avec l'excuse que le serpent s'était prêté à Satan pour séduire l'homme, ils déclarèrent ne pas en vouloir pour roi malgré ses couleurs gracieuses et l'élégance de ses mouvements. En réalité, ils n'en voulurent pas parce qu'ils connaissaient sa marche silencieuse, la grande puissance de ses muscles, l'action redoutable de son venin. Se donner pour roi un taureau ou un autre animal armé de cornes pointues? Fi donc! "Le diable aussi en a" dirent-ils. Mais ils pensaient: "Si un jour nous nous révoltons, il va nous exterminer avec ses cornes".
Après des recherches inutiles, ils virent un agnelet grassouillet et blanc qui gambadait joyeusement dans un pré vert et qui s'alimentait à la mamelle gonflée de sa mère. Il n'avait pas de cornes, mais il avait des yeux doux comme un ciel d'avril. Il était doux et simple. Il était content de tout: de l'eau d'un petit ruisseau où il buvait en y plongeant son petit museau rose; des fleurs de goûts différents qui plaisaient à son œil et à son palais; de l'herbe touffue où il était agréable de se coucher quand il était rassasié; et des nuées qui paraissaient être d'autres agneaux qui s'ébattaient là-haut, au-dessus des prés azurés et qui l'invitaient à jouer en courant dans le pré, comme eux dans le ciel, et surtout des caresses de la mère qui lui permettait encore de téter son lait tiède, pendant qu'elle léchait la blanche toison avec sa langue rose; du bercail bien protégé et à l'abri du vent, de la litière douce et parfumée sur laquelle il était agréable de dormir près de sa mère.
"Il est facile à contenter. Il est sans armes ni venin. Il est naïf. Faisons-le roi". Et ils le firent roi. Et ils s'en glorifiaient parce qu'il était beau et bon, admiré des peuples voisins, aimé de ses sujets à cause de sa patiente douceur.
Le temps passa et l'agneau devint mouton et il dit: "Maintenant c'est le moment de gouverner réellement. Maintenant je possède pleinement la connaissance de ma mission. La volonté de Dieu qui a permis que je fusse élu roi, m'a formé à cette mission en me donnant la capacité de régner. Il est donc juste que je l'exerce d'une manière parfaite, même pour ne pas négliger les dons de Dieu".
Voyant des sujets qui faisaient des choses contraires à l'honnêteté des mœurs, ou à la charité, ou à la douceur, ou à la loyauté, à la tempérance, à l'obéissance, au respect, à la prudence et ainsi de suite, il éleva la voix pour les réprimander.
Ses sujets se gaussèrent de son bêlement sage et doux qui ne faisait pas peur comme le rugissement des félins, ni comme le cri des vautours quand ils descendent d'un vol rapide sur leur proie, ni comme le sifflement du serpent, et ni même comme l'aboiement du chien qui inspire la crainte.
L'agneau devenu mouton ne se borna pas à bêler, mais il alla trouver les coupables pour les ramener à leur devoir. Mais le serpent se glissa dans ses pattes. L'aigle s'éleva dans les hauteurs en le laissant en plan. Les félins, d'un coup de patte feutrée, le bousculèrent en le menaçant: "Tu vois ce qu'il y a dans notre patte feutrée qui pour l'instant te bouscule seulement? Les griffes". Les chevaux, et tous les coureurs en général, se mirent à courir au galop autour de lui, en le tournant en ridicule. Les éléphants massifs et autres pachydermes, d'un coup de museau, le jetèrent çà et là, pendant que les guenons du haut des arbres lui lançaient des projectiles.
L'agneau devenu mouton finit par s'inquiéter et il dit: "Je ne voulais pas me servir de mes cornes ni de ma force car, moi aussi, j'ai une force dans ce cou et on la prendra comme modèle pour abattre les obstacles en temps de guerre. Je ne voulais pas m'en servir, parce que je voulais user d'amour et de persuasion, mais puisque vous m'attaquez avec ces armes, voilà que je vais user de ma force parce que, si vous manquez à votre devoir envers moi et envers Dieu, moi, je ne veux pas manquer à mon devoir envers Dieu et envers vous. J'ai été mis à cette place, par vous et par Dieu, pour vous conduire à la Justice et au Bien. Et je veux que règnent ici la Justice et le Bien, c'est-à-dire l'Ordre".
Et il se servit de ses cornes pour punir, légèrement parce qu'il était bon, un roquet têtu qui continuait à importuner ses voisins et puis, de son cou puissant, il défonça la porte d'une tanière où un porc goulu et égoïste avait accumulé des vivres au détriment des autres, et il abattit aussi le buisson de lianes choisi par deux singes luxurieux pour leurs amours illicites.
"Ce roi est devenu trop puissant. Il veut vraiment régner. Il veut absolument que nous vivions en sages. Cela ne nous plaît pas. Il faut le détrôner" décidèrent-ils.
Mais un astucieux petit singe leur conseilla: "Ne le faisons que sous l'apparence d'un juste motif. Autrement nous ferions piètre figure auprès des peuples et nous serions odieux à Dieu. Épions donc chaque action de l'agneau devenu mouton pour pouvoir l'accuser avec un semblant de justice".
"J'y pense, moi" dit le serpent.
"Et moi aussi" dit la guenon.
L'un, en se glissant dans les herbes, l'autre, en restant en haut des arbres ne perdirent plus de vue l'agneau devenu mouton. Chaque soir, quand lui se retirait pour se reposer des fatigues de la mission et réfléchir sur les mesures à adopter et les paroles à employer pour dompter la révolte et triompher des péchés de ses sujets, ceux-ci, à part quelques rares personnes honnêtes et fidèles, se réunissaient pour écouter le rapport des deux espions et des deux traîtres.
Car c'était bien cela qu'ils étaient.
Le serpent disait à son roi: "Je te suis parce que je t'aime et si je voyais qu'on t'attaque, je veux pouvoir te défendre".
La guenon disait à son roi: "Comme je t'admire! Je veux t'aider. Regarde: d'ici je vois qu'au-delà du pré on est en train de pécher. Cours!" et ensuite, elle disait à ses compagnons: "Aujourd'hui aussi, il a pris part au banquet de certains pécheurs. Il a feint d'y aller pour les convertir mais ensuite, en réalité, il a été complice de leur ripaille".
Et le serpent rapportait: "Il est allé jusqu'en dehors de son peuple, fréquentant les papillons, les mouches et les limaces visqueuses. C'est un infidèle. Il entretient des relations avec des étrangers immondes".
Ainsi parlaient-ils aux dépens de l'innocent, s'imaginant que celui-ci ne savait rien.
Mais l'esprit du Seigneur, qui l'avait formé pour sa mission, l'éclairait aussi sur les complots de ses sujets. Il aurait pu s'enfuir, indigné, en les maudissant. Mais l'agneau était doux et humble de cœur. Il aimait. Il avait le tort d'aimer, et il avait le tort encore plus grand de persévérer, en aimant et pardonnant, dans sa mission, au prix de sa vie, pour accomplir la volonté de Dieu.
Oh! quels torts que ceux-là, auprès des hommes! Impardonnables! Et ils l'étaient tant qu'ils lui valurent la condamnation.
"Qu'il soit tué! Pour qu'on soit délivré de son oppression".
Et le serpent se chargea de le tuer, parce que le serpent est toujours le traître…
C'est le second apologue. A toi de le comprendre, peuple de Nazareth! Quant à Moi, à cause de l'amour qui m'attache à toi, je te souhaite d'en rester au moins à l'hostilité, et de ne pas aller au-delà. L'amour de la terre où je suis venu tout enfant, où j'ai grandi en vous aimant et en recevant de l'amour, me fait vous dire à vous tous: "Ne soyez pas plus qu'hostiles. N'agissez pas de façon que l'histoire dise: 'C'est de Nazareth qu'est venu le traître qui l'a livré et aussi ses juges iniques' ".
Adieu. Soyez droits dans vos jugements et constants dans votre volonté. La première chose, pour vous tous, mes concitoyens. La seconde pour ceux d'entre vous qui sont troublés par des pensées qui ne sont pas honnêtes. Je pars… La paix soit avec vous.”
Et Jésus, au milieu d'un silence pénible, rompu seulement par deux ou trois voix qui l'approuvent, sort, triste, la tête baissée, de la synagogue de Nazareth. Il est suivi par les apôtres.
Tout à fait en queue sont les fils d'Alphée et leurs yeux ne sont certainement pas les yeux d'un doux agneau… Ils regardent sévèrement la foule hostile et Jude Thaddée n'hésite pas à se planter droit en face de son frère Simon et à lui dire: “Je croyais avoir un frère plus honnête et ayant plus de caractère.”
Simon baisse la tête et se tait, mais l'autre frère, encouragé par les autres de Nazareth, dit: “Tu n'a pas honte d'offenser ton frère aîné!”
“Non. J'ai honte de vous, de vous tous. Ce n'est pas une marâtre, mais une marâtre dépravée qu'est Nazareth pour le Messie. Écoutez pourtant ma prophétie. Vous pleurerez des larmes, assez pour alimenter une fontaine, mais elles ne suffiront pas à effacer des livres de l'histoire le vrai nom de cette cité et le vôtre. Vous savez lequel? "Sottise". Adieu.”
Jacques ajoute un salut plus large en leur souhaitant la lumière de la sagesse et ils sortent avec Alphée de Sara et deux jeunes garçons, si je les reconnais bien, ce sont les deux âniers qui escortèrent les ânes qui avaient servi pour aller à la rencontre de Jeanne de Chouza mourante.
La foule, restée interdite, murmure: “Mais d'où Lui vient tant de sagesse?”
“Et les miracles d'où en a-t-il le pouvoir? Car, pour en faire, il en f ait . Toute la Palestine en parle.”
“N'est-ce pas le fils de Joseph le menuisier? Nous l'avons tous vu à son établi de Nazareth faire des tables et des lits, et ajuster des roues et des serrures. Il n'est même pas allé à l'école et sa Mère seule fut sa maîtresse.”
“Un scandale aussi cela que notre père a critiqué” dit Joseph d'Alphée.
“Mais tes frères aussi ont terminé l'école avec Marie de Joseph.”
“Hé! mon père fut faible avec son épouse…” répond encore Joseph.
“Et aussi le frère de ton père, alors?”
“Aussi.”
“Mais est-ce bien le fils du menuisier?”
“Et tu ne le vois pas?”
“Oh! il y en a tant qui se ressemblent! Moi je pense que c'est quelqu'un qui veut se faire passer pour lui.”
“Et alors où est Jésus de Joseph?”
“Crois-tu que sa Mère ne le connaît pas?”
“Il a ici ses frères et ses sœurs et tous l'appellent parent. N'est-ce pas vrai, peut-être, vous deux?”
Les deux aînés d'Alphée font signe que oui.
“Alors il est devenu fou ou possédé, car ce qu'il dit ne peut venir d'un menuisier.”
“Il faudrait ne pas l'écouter. Sa prétendue doctrine c'est du délire ou de la possession.”
Jésus s'est arrêté sur la place, attendant Alphée de Sara qui parle avec un homme. Et pendant qu'il attend, un des deux âniers qui était resté près de la porte de la synagogue Lui rapporte les calomnies qu'on y a dites.
“Ne t'en afflige pas. Un prophète généralement n'est pas honoré dans sa patrie et dans sa maison. L'homme est sot au point de croire que, pour être prophètes, il faut être des êtres pour ainsi dire étrangers à la vie. Et les concitoyens et ceux de la famille plus que tous connaissent et se rappellent le caractère humain de leur concitoyen et parent, mais la vérité triomphera. Et maintenant je te salue. La paix soit avec toi.”
“Merci, Maître, d'avoir guéri ma mère.”
“Tu le méritais parce que tu as su croire. Mon pouvoir, ici, est impuissant, car il n'y a pas de foi. Allons, amis. Demain à l'aube nous partirons.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 24 avril 2022 - Dimanche in Albis (de Quasimodo) - Octave de Pâques

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31.
En ce temps-là, le soir de ce même jour, le premier de la semaine, les portes de la maison, où se trouvaient les disciples, étant fermées par crainte des Juifs, Jésus vint et se tint au milieu d'eux disant : "La Paix soit avec vous !" Ayant ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Il leur dit une seconde fois : "Paix avec vous !" Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie." Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : "Recevez l'Esprit-Saint." "Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus." Mais Thomas, l'un des douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : "Nous avons vu le Seigneur." Mais il leur dit : "Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point." Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et se tenant au milieu d'eux, il leur dit : "Paix avec vous !" Puis il dit à Thomas : "Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois plus incrédule, mais croyant." Thomas lui répondit : "Mon Seigneur, et mon Dieu !" Jésus lui dit : "Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru." Jésus a fait encore en présence de ses disciples beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-ci ont été écrits, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 10, Ch 627, p 287
  • Ancienne traduction :  Tome 10, Ch 13, p 65
  • CD 10, piste 22
  • USB Tome 10, piste 22
Ils sont rassemblés au Cénacle. La soirée doit être bien avancée car aucun bruit ne vient plus de la rue ni de la maison. Je pense que ceux aussi qui étaient venus avant se sont tous retirés ou dans leurs propres maisons ou pour dormir, fatigués par tant d'émotions. Les dix de leur côté, après avoir mangé des poissons, dont il reste encore quelques-uns sur un plateau posé sur la crédence, sont en train de parler sous la lumière d'une seule flamme du lampadaire la plus proche de la table. Ils y sont encore assis autour et ils ont des conversations morcelées. Ce sont presque des monologues car il semble que chacun, plutôt qu'avec son compagnon, parle avec lui-même. Et les autres le laissent parler, en parlant peut-être à leur tour de toute autre chose. Pourtant ces conversations décousues, qui donnent l'impression des rayons d'une roue démontée, on sent qu'elles se rapportent à un seul sujet qui en est le centre bien qu'ainsi éparpillées, et que c'est Jésus. “Je ne voudrais pas que Lazare ait mal entendu et que les femmes aient compris mieux que lui…” dit Jude d'Alphée. “A quelle heure la romaine dit-elle l'avoir vu?” demande Mathieu. Personne ne lui répond. “Demain je vais à Capharnaüm” dit André. “Quelle merveille! Agir de telle façon que ce soit juste à ce moment-là que sort la litière de Claudia!” dit Barthélemy. “Nous avons mal fait, Pierre, de nous éloigner tout de suite ce matin… Si nous étions restés nous l'aurions vu comme la Magdeleine” dit Jean en soupirant. “Moi, je ne comprends pas comment il peut être à Emmaüs et en même temps dans le palais. Et être ici, chez sa Mère, et en même temps chez la Magdeleine et chez Jeanne…” se dit à lui-même Jacques de Zébédée. “Il ne viendra pas. Je n'ai pas suffisamment pleuré pour le mériter… Il a raison. Je dis qu'il me fait attendre pendant trois jours à cause de mes trois reniements. Mais comment, comment ai-je pu faire cela?” “Comme il était transfiguré, Lazare! Je vous dis qu'il paraissait, lui, un soleil. Je pense qu'il lui est arrivé comme à Moïse après avoir vu Dieu. Et tout de suite - n'est-ce pas, vous qui étiez là? -tout de suite après avoir offert sa vie!” dit le Zélote. Personne ne l'écoute. Jacques d'Alphée se tourne vers Jean et dit: “Comment a-t-il dit à ceux d'Emmaüs? Il me semble qu'il nous a excusé, n'est-ce pas? N'a-t-il pas dit que tout est arrivé à cause de notre erreur d'israélites sur la façon de comprendre son Royaume?” Jean ne l'écoute pas. Il se tourne pour regarder Philippe et dit à l'air… car il ne parle pas à Philippe: “Pour moi, il me suffit de savoir qu'il est ressuscité. Et puis… Et puis que mon amour soit toujours plus fort. Vous avez vu, hein! Si vous regardez de près il est allé en proportion de l'amour que nous avons eu: la Mère, Marie-Magdeleine, les enfants, ma mère et la tienne, et puis Lazare et Marthe… Quand à Marthe? Je dis quand elle a entonné le psaume de David: "Le Seigneur est mon berger. Il ne me manquera rien. Il m'a mis dans un lieu d'abondants pâturages. Il m'a conduit aux eaux qui désaltèrent. Il a appelé mon âme à Lui…" Tu te souviens comment elle nous a fait sursauter avec ce chant inattendu? Et ces paroles sont en relation avec ce qu'elle a dit: "Il a appelé mon âme à Lui". En effet Marthe semble avoir retrouvé sa route… Avant elle était égarée, elle, la courageuse! Peut-être qu'en l'appelant il lui a dit l'endroit où il la veut. C'est même certain, car s'il lui a donné rendez-vous il doit savoir où elle sera. Qu'aura-t-il voulu dire en disant: "l'accomplissement des noces"?” Philippe, qui l'a regardé un moment et puis l'a laissé monologuer, dit en gémissant: “Moi je ne saurai pas quoi Lui dire s'il vient… Je me suis enfui… et je sens que je vais fuir. D'abord, c'était par peur des hommes. Maintenant, c'est par peur de Lui.” “Tous disent qu'il est très beau. Peut-il jamais être plus beau qu'il ne l'était déjà?” se demande Barthélemy. “Moi, je Lui dirai: "Tu m'as pardonné sans me parler quand j'étais publicain. Pardonne-moi aussi maintenant par ton silence car ma lâcheté ne mérite pas que tu me parles"“ dit Mathieu. “Longin dit qu'il s'est demandé: "Dois-je Lui demander de guérir ou de croire"? Mais son cœur a dit: "De croire" et alors la Voix a dit: "Viens à Moi" et il a senti la volonté de croire et en même temps la guérison. C'est exactement ce qu'il m'a dit” affirme Jude d'Alphée. “Moi, je suis toujours arrêté à la pensée que Lazare a été récompensé tout de suite à cause de son offrande… J'ai dit, moi aussi: "Ma vie pour ta gloire". Mais il n'est pas venu” dit en soupirant le Zélote. “Que dis-tu, Simon? Toi qui es cultivé, dis-moi: que dois-je Lui dire pour Lui faire comprendre que je l'aime et que je Lui demande pardon? Et toi, Jean? Tu as parlé beaucoup avec la Mère, aide-moi. Ce n'est pas de la pitié de laisser seul le pauvre Pierre!” Jean est ému de compassion pour son compagnon humilié et il dit: “Mais… mais moi, je Lui dirais simplement: "Je t'aime". Dans l'amour est compris aussi le désir du pardon et le repentir. Pourtant… je ne sais pas. Simon, que dis-tu?” Et le Zélote: “Moi je dirais ce qui était le cri des miraculés: "Jésus, aie pitié de moi!". Je dirais: "Jésus" et c'est tout, car il est bien plus que le Fils de David!” “C'est bien ce que je pense et ce qui me fait trembler. Oh! je me cacherai la tête… Ce matin aussi j'avais peur de le voir et…” “… et puis tu es entré le premier. Mais ne crains pas ainsi. On dirait que tu ne le connais pas” lui dit Jean pour l'encourager. La pièce s'illumine vivement comme par un éclair éblouissant. Les apôtres se cachent le visage, craignant que ce soit la foudre, mais ils n'entendent pas de bruit et ils lèvent la tête. Jésus est au milieu de la pièce, près de la table. Il ouvre les bras en disant: “La Paix soit avec vous.” Personne ne répond. Les uns sont plus pâles, d'autres plus rouges, ils le fixent tous, craintifs et suggestionnés, fascinés et en même temps comme pris par le désir de fuir. Jésus fait un pas en avant en souriant davantage. “Mais ne craignez pas ainsi! C'est Moi. Pourquoi êtes-vous ainsi troublés? Ne me désiriez-vous pas? Ne vous avais-je pas fait dire que je serais venu? Ne vous l'avais-je pas dit dès le soir de Pâque?” Personne n'ose parler. Pierre pleure déjà et Jean sourit déjà pendant que les deux cousins, les yeux brillants et remuant les lèvres sans réussir à parler, semblent deux statues représentant le désir. “Pourquoi avez-vous dans vos cœurs des pensées si opposées entre le doute et la foi, entre l'amour et la crainte? Pourquoi voulez-vous être encore chair et non pas esprit, et avec celui-ci seulement, voir, comprendre, juger, agir? Sous la flamme de la douleur ne s'est-il pas brûlé entièrement le vieux moi et n'a-t-il pas surgi le nouveau moi d'une vie nouvelle? Je suis Jésus. Votre Jésus ressuscité, comme il vous l'avait dit. Regardez. Toi qui as vu mes blessures et vous qui ignorez ma torture. Car ce que vous savez est bien différent de la connaissance exacte qu'en a Jean. Viens, toi, le premier. Tu es déjà tout à fait pur, si pur que tu peux me toucher sans crainte. L'amour, l'obéissance, la fidélité t'avaient déjà rendu pur. Mon Sang, dont tu as été tout inondé quand tu m'as déposé de la Croix, a fini de te purifier. Regarde. Ce sont de vraies mains et de vraies blessures. Observe mes pieds. Vois comment cette marque est celle du clou? Oui, c'est vraiment Moi et non pas un fantôme. Touchez-moi. Les spectres n'ont pas de corps. Moi, j'ai une vraie chair sur un vrai squelette.” Il met sa main sur la tête de Jean qui a osé aller près de Lui: “Tu sens? Elle est chaude et lourde.” Il lui souffle sur le visage: “Et ceci c'est la respiration.” “Oh! mon Seigneur!” Jean murmure doucement, ainsi… “Oui, votre Seigneur. Jean, ne pleure pas de crainte et de désir. Viens vers Moi. Je suis toujours Celui qui t'aime. Assoyons-nous, comme toujours, à la table. N'avez-vous rien à manger? Donnez-le moi donc.” André et Mathieu, avec des mouvements de somnambules, prennent sur les crédences les pains et les poissons, et un plateau avec un rayon de miel à peine entamé dans un coin. Jésus offre la nourriture et mange et il donne à chacun un peu de ce qu'il mange. Et il les regarde, si bon mais si majestueux, qu'ils en sont paralysés. Le premier qui ose parler c'est Jacques, frère de Jean: “Pourquoi nous regardes-tu ainsi?” “Parce que je veux vous connaître.” “Tu ne nous connais pas encore?” “Comme vous ne me connaissez pas. Si vous me connaissiez, vous sauriez qui je suis et vous trouveriez les mots pour me dire votre tourment. Vous vous taisez, comme en face d'un étranger puissant que vous craignez. Tout à l'heure vous parliez… Cela fait presque quatre jours que vous vous parlez à vous-mêmes en disant: "Je Lui dirai ceci…" en disant à mon Esprit: "Reviens, Seigneur, que je puisse te dire ceci". Maintenant je suis venu et vous vous taisez? Suis-je tellement changé que je ne vous paraisse plus Moi? Ou bien êtes-vous tellement changés que vous ne m'aimez plus?” Jean, assis près de son Jésus, fait son acte habituel de mettre la tête sur sa poitrine en murmurant: “Moi je t'aime, mon Dieu” mais il se raidit pour s'interdire cet abandon par respect pour le resplendissant Fils de Dieu. En effet Jésus semble dégager une lumière tout en étant d'une Chair semblable à la nôtre. Mais Jésus l'attire sur son Cœur et alors Jean ouvre les digues à ses pleurs bienheureux. C'est le signal pour tous de le faire. Pierre, deux places après Jean, glisse entre la table et son siège et il pleure en criant: “Pardon, pardon! Enlève-moi de cet enfer où je suis depuis tant d'heures. Dis-moi que tu as vu mon erreur pour ce qu'elle a été. Pas de l'esprit, mais de la chair qui a dominé le cœur. Dis-moi que tu as vu mon repentir… Il durera jusqu'à la mort. Mais Toi… mais Toi dis-moi que comme Jésus je ne dois pas te craindre… et moi, et moi je chercherai de faire si bien que je me ferai pardonner même par Dieu… et mourir… ayant seulement un grand purgatoire à faire.” “Viens ici, Simon de Jonas.” “J'ai peur.” “Viens ici. Ne sois pas plus lâche.” “Je ne mérite pas de venir près de Toi.” “Viens ici. Que t'a dit la Mère? "Si tu ne le regardes pas sur ce suaire, tu n'auras pas le courage de le regarder jamais plus". Oh! homme sot! Ce Visage ne t'a-t-il pas dit, par son regard douloureux, que je te comprenais et que je te pardonnais? Et pourtant je l'ai donné ce linge, pour réconfort, pour guide, pour absolution, pour bénédiction… Mais que vous a fait Satan pour vous aveugler à ce point? Maintenant Moi, je te dis: si tu ne me regardes pas maintenant que sur ma gloire j'ai encore étendu un voile pour me mettre à la portée de votre faiblesse, tu ne pourras jamais plus venir sans peur à ton Seigneur. Et que t'arrivera-t-il alors? Tu as péché par présomption. Veux-tu maintenant pécher de nouveau par obstination? Viens, te dis-je.” Pierre se traîne sur ses genoux, entre la table et les sièges, avec les mains sur son visage en pleurs. Jésus l'arrête, quand il est à ses pieds, en lui mettant la main sur la tête. Pierre, en pleurant plus fort, prend cette main et la baise dans un vrai sanglot sans frein. Il ne sait dire que: “Pardon! Pardon!” Jésus se dégage de son étreinte et, en faisant levier de sa main sous le menton de l'apôtre, il l'oblige à lever la tête et fixe ses yeux rougis, brûlés, déchirés par le repentir avec ses yeux brillants et sereins. Il semble vouloir lui transpercer l'âme, puis il dit: “Allons. Enlève l'opprobre de Judas. Baise-moi où il m'a baisé. Lave, avec ton baiser, la marque de la trahison.” Pierre lève la tête pendant que Jésus se penche encore davantage, et il effleure sa joue… puis il incline la tête sur les genoux de Jésus, et il reste ainsi… comme un vieil enfant qui a fait du mal, mais qui est pardonné. Les autres, maintenant qu'ils voient la bonté de leur Jésus, retrouvent un peu de hardiesse et ils s'approchent comme ils peuvent. Viennent d'abord ses cousins… Ils voudraient dire tant de choses et n'arrivent à rien dire. Jésus les caresse et leur donne du courage par son sourire. Mathieu vient avec André. Mathieu en disant: “Comme à Capharnaüm…” et André: “Moi, moi… je t'aime, moi.” Barthélemy vient en gémissant: “Je n'ai pas été sage, mais sot. Lui est sage” et il montre le Zélote auquel Jésus sourit déjà. Jacques de Zébédée vient et murmure à Jean: “Dis-le-lui, toi…” Jésus se tourne et dit: “Tu l'as dit depuis quatre soirs et depuis autant de temps j'ai eu de la compassion pour toi.” Philippe, en dernier lieu, vient tout courbé, mais Jésus le force à lever la tête et lui dit: “Pour prêcher le Christ, il faut davantage de courage.” Maintenant ils sont tous autour de Jésus. Ils s'enhardissent tout doucement. Ils retrouvent ce qu'ils ont perdu ou craint d'avoir perdu pour toujours. Affleurent de nouveau la confiance, la tranquillité et, bien que Jésus soit si majestueux qu'il tient ses apôtres dans un respect nouveau, ils trouvent finalement le courage de parler. C'est son cousin Jacques qui dit en soupirant: “Pourquoi nous as-tu fait cela, Seigneur? Tu savais que nous ne sommes rien et que toute chose vient de Dieu. Pourquoi ne nous as-tu pas donné la force d'être à tes côtés?” Jésus le regarde et sourit. “Maintenant tout est arrivé. Et tu ne dois plus rien souffrir, mais ne me demande plus cette obéissance. Chaque heure m'a vieilli d'un lustre et tes souffrances que l'amour et Satan augmentaient également, dans mon imagination, de cinq fois ce qu'elles ont été, ont vraiment consumé toutes mes forces. Il ne m'est resté rien d'autre pour continuer à obéir que de tenir, comme quelqu'un qui se noie avec les mains blessées, ma force avec la volonté comme des dents qui serrent une planche, pour ne pas périr… Oh! ne demande plus cela à ton lépreux!” Jésus regarde Simon le Zélote et sourit. “Seigneur, tu sais ce que voulait mon cœur. Mais, ensuite, je n'ai plus eu de cœur… comme s'ils me l'avaient arraché les gredins qui t'ont pris… et il m'est resté un trou d'où fuyaient toutes mes pensées antérieures. Pourquoi as-tu permis cela, Seigneur?” demande André. “Moi… tu parles de cœur? Moi je dis que j'ai été quelqu'un qui n'a plus de raison, comme quelqu'un qui reçoit un coup de massue sur la nuque. Quand la nuit venue je me suis trouvé à Jéricho… Oh! Dieu! Dieu!… Mais un homme peut-il périr ainsi? Je crois que c'est ainsi la possession. Maintenant je comprends ce qu'est cette chose redoutable!…” Philippe écarquille encore les yeux en se rappelant sa souffrance. “Tu as raison, Philippe. Moi je regardais en arrière. Je suis âgé et non dépourvu de sagesse, et je ne savais plus rien de ce que j'avais su jusqu'à cette heure. Je regardais Lazare, si déchiré mais si sûr, et je me disais: "Comment peut-il se faire que lui sache encore trouver une raison et moi plus rien?"“ dit Barthélemy. “Moi aussi, je regardais Lazare. Et, puisque je sais à peine ce que tu nous as expliqué, je ne pensais pas au savoir, mais je disais: "Si au moins j'avais le même cœur!" Au contraire je n'avais que douleur, douleur, douleur. Lazare avait la douleur et la paix… Pourquoi tant de paix pour lui?” Jésus regarde tour à tour d'abord Philippe, puis Barthélemy, puis Jacques de Zébédée. Il sourit et se tait. Jude dit: “Moi j'espérais arriver à voir ce que certainement Lazare voyait. Aussi je restais toujours près de lui… Son visage!… Un miroir. Un peu avant le tremblement de terre de Vendredi il était comme quelqu'un qui meurt broyé, et puis il devint tout d'un coup majestueux dans sa douleur. Vous rappelez-vous quand il dit: "Le devoir accompli donne la paix"? Nous crûmes nous tous que c'était seulement un reproche pour nous ou une approbation pour lui-même. Maintenant je pense qu'il le disait pour Toi. C'était un phare dans nos ténèbres Lazare. Combien tu lui as donné, Seigneur!” Jésus sourit et se tait. “Oui. La vie. Et peut-être avec elle tu lui as donné une âme différente. Pourquoi, enfin, lui est-il différent de nous? En effet, il n'est plus un homme. Il est déjà quelque chose de plus qu'un homme et, à cause de ce qu'il était dans le passé, il aurait dû être encore moins parfait d'esprit que nous. Mais lui s'est fait, et nous… Seigneur, mon amour a été vide comme certains épis. Il n'a donné que de la balle” dit André. Et Mathieu: “Moi, je ne puis rien demander. Car j'ai déjà tant eu avec, ma conversion. Mais, oui! J'aurais voulu avoir ce qu'a eu Lazare. Une âme donnée par Toi, car je pense moi aussi comme André…” “La Magdeleine et Marthe ont été aussi des phares. Serait-ce la race. Vous ne les avez pas vues. L'une était pitié et silence. L'autre! Oh! si nous avons été tous un faisceau autour de la Bénie, c'est parce que Marie de Magdala nous a groupés par les flammes de son courageux amour. Oui, j'ai dit: la race. Mais je dois dire: l'amour. Ils nous ont dépassés en fait d'amour. C'est pour cela qu'ils ont été ce qu'ils ont été” dit Jean. Jésus sourit et continue de se taire. “Ils en ont été grandement récompensés pourtant…” “C'est à eux que tu es apparu.” “A tous les trois.” “A Marie, tout de suite après ta Mère…” Il est visible que les apôtres ont un regret pour ces apparitions privilégiées. “Marie te sait ressuscité depuis déjà tant d'heures. Et nous, c'est seulement maintenant que nous pouvons te voir…” “Il n'y a plus de doutes en elles. En nous, au contraire, voilà… c'est seulement maintenant que nous sentons que rien n'est fini. Pourquoi à elles, Seigneur, si tu nous aimes encore et si tu ne nous repousses pas?” demande Jude d'Alphée. “Oui. Pourquoi aux femmes, et en particulier à Marie? Tu as même touché son front et elle dit qu'il lui semble porter une couronne éternelle. Et à nous, tes apôtres, rien…”Jésus ne sourit plus. Son visage n'est pas troublé, mais il ne sourit plus. Il regarde sérieusement Pierre qui a parlé le dernier, reprenant de la hardiesse à mesure que sa peur se dissipe, et il dit: “J'avais douze apôtres. Et je les aimais de tout mon Cœur. Je les avais choisis, et comme une mère j'avais pris soin de les faire grandir dans ma Vie. Je n'avais pas de secrets pour eux. Je leur disais tout, je leur expliquais tout, je leur pardonnais tout. Leurs idées humaines, leurs étourderies, leurs entêtements… tout. Et j'avais des disciples. Des disciples riches et des pauvres. J'avais des femmes au passé ténébreux ou de faible constitution. Mais les préférés, c'était les apôtres. Mon heure est venue. L'un m'a trahi et livré aux bourreaux. Trois ont dormi pendant que je suais du sang. Tous, sauf deux, ont fui par lâcheté. Un m'a renié par peur bien qu'il eût l'exemple de l'autre, jeune et fidèle. Et, comme si cela ne suffisait pas, j'ai eu parmi les douze le suicide d'un désespéré et un qui a tant douté de mon pardon qu'il n'a cru que difficilement, et grâce à la parole maternelle, à la Miséricorde de Dieu. En sorte que si j'avais regardé ma troupe, et si j'avais attaché sur elle un regard humain, j'aurais dû dire: "A part Jean, fidèle par amour, et Simon, fidèle à l'obéissance, je n'ai plus d'apôtres". C'est cela que j'aurais dû dire pendant que je souffrais dans l'enceinte du Temple, au Prétoire, dans les rues et sur la Croix. J'avais des femmes… L'une d'elles, la plus coupable dans le passé, a été, comme Jean l'a dit, la flamme qui a soudé les fibres brisées des cœurs. Cette femme c'est Marie de Magdala. Tu m'as renié et tu as fui. Elle a bravé la mort pour rester près de Moi. Insultée, elle a découvert son visage, prête à recevoir les crachats et les gifles en pensant qu'elle ressemblait ainsi davantage à son Roi crucifié. Méprisée, au fond des cœurs, à cause de sa foi tenace en ma Résurrection, elle a su continuer à croire. Déchirée, elle a agi. Désolée, ce matin, elle a dit: "Je me dépouille de tout, mais donnez-moi mon Maître". Peux-tu encore demander: "Pourquoi à elle?" J'avais des disciples pauvres, des bergers. Je les ai peu approchés, et pourtant comme ils ont su me confesser par leur fidélité! J'avais des disciples timides, comme toutes les femmes de ce pays. Et pourtant elles ont su quitter leurs maisons et venir dans la marée d'un peuple qui me blasphémait, pour me donner le secours que mes apôtres m'avaient refusé. J'avais des païennes qui admiraient le "philosophe". J'étais cela pour elles. Mais elles ont su s'abaisser aux usages hébreux, les puissantes romaines, pour me dire, à l'heure de l'abandon d'un monde ingrat: "Nous sommes pour Toi des amies". J'avais le visage couvert de crachats et de sang. Les larmes et la sueur coulaient sur mes blessures. La saleté et la poussière m'incrustaient la peau. Quelle est la main qui m'a essuyé? La tienne? Ou la tienne? Ou la tienne? Aucune de vos mains. Celui-ci était près de la Mère. Celui-ci rassemblait les brebis dispersées. Vous. Et si mes brebis étaient dispersées comment pouvaient-elles me donner du secours? Tu cachais ton visage par peur du mépris du monde pendant que ton Maître était couvert par le mépris de tout le monde, Lui qui était innocent. J'avais soif. Oui. Sache aussi cela. Je mourais de soif. Je n'avais plus que fièvre et douleur. Le Sang avait déjà coulé au Gethsémani, tiré par la douleur d'être trahi, abandonné, renié, frappé, submergé par le nombre infini des fautes et par la rigueur de Dieu. Et il avait coulé au Prétoire… Qui a pensé à me donner une goutte pour mon gosier brûlé? Une main d'Israël? Non. La pitié d'un païen. La même main qui, par un décret éternel, m'ouvrit la poitrine pour montrer que mon Cœur avait déjà une blessure mortelle, et c'était celle que l'absence d'amour, la lâcheté, la trahison, m'avaient faite. Un païen. Je vous le rappelle: "J'ai eu soif et tu m'as donné à boire". Il n'y en eut pas un pour me réconforter dans tout Israël. Ou par impossibilité de le faire, comme la Mère et les femmes fidèles, ou par mauvaise volonté. Et un païen trouva pour l'inconnu la pitié que mon peuple m'avait refusée. Il trouvera au Ciel la gorgée qu'il m'a donnée. En vérité, je vous le dis: j'ai refusé tout réconfort, car quand on est Victime, il ne faut pas adoucir son sort, mais je n'ai pas voulu repousser le païen dans l'offrande duquel j'ai goûté le miel de tout l'amour qui me sera donné par les gentils pour compenser l'amertume que m'a donnée Israël. Il ne m'a pas enlevé la soif. Mais le découragement, oui. C'est pour cela que j'ai pris cette gorgée ignorée. Pour attirer à Moi celui qui déjà penchait vers le Bien. Que le Père le bénisse pour sa pitié! Vous ne parlez plus? Pourquoi ne me demandez-vous pas encore pourquoi j'ai agi ainsi? Vous n'osez pas le demander? Je vais vous le dire. Je vais tout vous dire des pourquoi de cette heure. Qui êtes-vous? Mes continuateurs. Oui. Vous l'êtes malgré votre égarement. Que devez-vous faire? Convertir le monde au Christ. Convertir! C'est la chose la plus difficile et la plus délicate, mes amis. Le dédain, le dégoût, l'orgueil, le zèle exagéré sont tous très nuisibles pour réussir. Mais comme rien ni personne ne vous auraient amené à la bonté, à la condescendance, à la charité, pour ceux qui sont dans les ténèbres, il a été nécessaire - vous comprenez? - il a été nécessaire que vous ayez, une bonne fois, brisé votre orgueil d'hébreux, de mâles, d'apôtres, pour faire place à la vraie sagesse de votre ministère, à la douceur, à la pitié, à l'amour sans arrogance ni dégoût. Vous voyez que tous vous ont surpassé dans la foi et dans l'action parmi ceux que vous regardiez avec mépris ou une compassion orgueilleuse. Tous. Et l'ancienne pécheresse. Et Lazare, trempé d'une culture profane, le premier qui a pardonné et guidé en mon Nom. Et les femmes païennes. Et la faible épouse de Chouza. Faible? En réalité, elle vous surpasse tous! Première martyre de ma foi. Et les soldats de Rome. Et les bergers. Et l'hérodien Manaën. Et jusqu'au rabbin Gamaliel. Ne sursaute pas, Jean. Crois-tu que mon Esprit était dans les ténèbres? Tous. Et cela pour que demain, en vous rappelant votre erreur, vous ne fermiez pas votre cœur à ceux qui viennent à la Croix. Je vous le dis. Et déjà je sais que, bien que je vous le dise, vous ne le ferez que quand la Force du Seigneur vous pliera comme des brindilles à ma Volonté, qui est d'avoir des chrétiens de toute la Terre. J'ai vaincu la Mort, mais elle est moins dure que le vieil hébraïsme. Mais je vous plierai. Toi, Pierre, au lieu de rester en pleurs et humilié, toi qui dois être la Pierre de mon Église, grave ces amères vérités dans ton cœur. La myrrhe sert à préserver de la corruption. Imprègne-toi donc de myrrhe. Et quand tu voudras fermer ton cœur et l'Église à quelqu'un d'une autre foi, rappelle-toi que ce n'est pas Israël, pas Israël, pas Israël, mais Rome qui m'a défendu et a voulu avoir pitié. Rappelle-toi que ce n'est pas toi, mais une pécheresse qui a su rester au pied de la Croix et a mérité de me voir la première. Et pour ne pas mériter le blâme sois l'imitateur de ton Dieu. Ouvre ton cœur et l'Église en disant: "Moi, le pauvre Pierre, je ne puis mépriser car si je méprise je serai méprisé par Dieu et mon erreur redeviendra vivante à ses yeux". Malheur si je ne t'avais pas brisé ainsi! Ce n'est pas un berger mais un loup que tu serais devenu.” Jésus se lève avec la plus grande majesté. “Mes fils, je vous parlerai encore pendant le temps que je resterai parmi vous. Mais pour l'instant je vous absous et vous pardonne. Après l'épreuve qui, si elle a été humiliante et cruelle, a été aussi salutaire et nécessaire, que vienne en vous la paix du pardon. Et avec elle dans vos cœurs redevenez mes amis fidèles et courageux. Le Père m'a envoyé dans le monde. Je vous envoie dans le monde pour continuer mon évangélisation. Des misères de toutes sortes viendront à vous pour vous demander du soulagement. Soyez bons en pensant à votre misère quand vous êtes restés sans votre Jésus. Soyez éclairés. Dans les ténèbres, il n'est pas permis de voir. Soyez purs pour donner la pureté. Soyez amour pour aimer. Puis viendra Celui qui est Lumière, Purification et Amour. Mais, en attendant, pour vous préparer à ce ministère, je vous communique l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez leurs péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Que votre expérience vous rende justes pour juger. Que l'Esprit Saint vous rende saints pour sanctifier. Que la volonté sincère de surmonter votre manque vous rende héroïques pour la vie qui vous attend. Ce que j'ai encore à dire, je vous le dirai quand l'absent sera revenu. Priez pour lui. Restez dans ma paix et sans agitation de doute sur mon amour.” Et Jésus disparaît comme il était entré, laissant une place vide entre Jean et Pierre. Il disparaît dans une lueur qui fait fermer les yeux tant elle est forte. Et quand les yeux éblouis se rouvrent, ils trouvent seulement que la paix de Jésus est restée, flamme qui brûle et qui soigne et consume les amertumes du passé dans un désir unique: servir.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/