"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe St Pie V
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 13 octobre 2019, Dix-huitième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,1-8.
En ce temps-là , Jésus monta dans une barque, traversa le lac et vint dans sa ville.
Et voilà qu'on lui présentait un paralytique, étendu sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : « Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis. »
Et voici que quelques scribes se dirent en eux-mêmes : « Cet homme blasphème. »
Jésus, ayant connaissance de leurs pensées, leur dit : « Pourquoi pensez-vous à mal dans vos cœurs ?
Lequel est le plus aisé de dire : Tes péchés te sont remis; ou de dire : Lève-toi et marche ?
Mais pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a, sur la terre, le pouvoir de remettre les péchés : Lève-toi, dit-il alors au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison. »
Et il se dressa et s'en retourna dans sa maison.
A cette vue les foules furent saisies de crainte et glorifièrent Dieu d'avoir donné une telle puissance aux hommes.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 1, Ch 64, p 433
  • Ancienne traduction :  Tome 2, Ch 27, p 133        (CD 2 (1er cd), piste 47)
Je vois les rives du lac de Génésareth et je vois les barques des pécheurs tirées sur la rive. Là adossés aux barques se trouvent Pierre et André, occupés à ranger les filets que les commis leur apportent tout dégoûtants après les avoir débarrassés dans le lac des débris qui y sont restés accrochés. À une dizaine de mètres, Jean et Jacques penchés sur leur barque, s’occupent à tout mettre en ordre, aidés par un garçon et par un homme de cinquante à cinquante cinq ans qui, je pense, est Zébédée, car le garçon l’appelle “patron” et il ressemble tout à fait à Jacques.
Pierre et André, les épaules appuyées à la barque, travaillent silencieusement à rattacher les mailles et les flotteurs en position. De temps à autre seulement ils échangent quelques paroles au sujet de leur travail qui, je le comprends a été infructueux.
Pierre ne se plaint pas pour sa bourse vide, ni pour la fatigue inutile, mais il dit: “Cela me déplait… car comment ferons-nous pour donner de la nourriture à ces pauvres gens? Il ne nous arrive que de rares offrandes et, ces 10 deniers et 7 drachmes que nous avons reçus pendant ces quatre jours, je n’y touche pas. Seul le Maître doit nous indiquer à qui doit aller cet argent. Et Lui, ne revient pas avant le Sabbat! Si nous avions fait bonne pêche!… Le menu fretin je l’aurais cuisiné et donné à ces pauvres gens… et si quelqu’un s’était trouvé pour bougonner à la maison, cela ne m’aurait rien fait. Les gens bien portants peuvent aller aux vivres, mais les malades!…”
“Ce paralytique!… Et puis ils ont déjà fait tant de chemin pour l’amener ici…” dit André.
“Écoute, frère. Moi je pense… qu’on peut rester séparés et je ne sais pas pourquoi le Maître ne nous veut pas toujours avec Lui. Au moins… je ne verrai plus ces pauvres gens que je ne puis secourir, et quand je les verrai, je pourrai leur dire: "Lui est ici ".”
“Je suis ici!” Jésus s’est approché en marchant doucement sur le sable mou.
Pierre et André sursautent. Ils poussent un cri: “Oh! Maître!”et ils appellent: “Jacques, Jean! C’est le Maître, venez!”
Les deux accourent et tous se serrent près de Jésus. C’est à qui baise son habit, à qui ses mains, Jean va jusqu’à Lui passer le bras autour de la taille et poser sa tête sur sa poitrine. Jésus le baise sur les cheveux.
“De quoi parliez-vous?”
“Maître… nous disions que nous t’aurions bien voulu ici.”
“Pourquoi? Amis.”
“Pour te voir et jouir de ta vue, et puis pour des pauvres et des malades. Ils t’attendent depuis deux jours et plus… J’ai fait ce que je pouvais. Je les ai mis là, tu vois, dans cette cabane, dans ce champ inculte. C’est là que les artisans qui s’occupent des barques travaillent aux réparations. J’y ai abrité un paralytique, un homme en proie à une forte fièvre, un enfant qui se meurt sur le sein de sa mère. Je ne pouvais les envoyer à ta recherche.”
“Tu as bien fait. Mais comment as-tu pu les secourir eux et ceux qui les ont amenés? Tu m’as dit qu’ils sont pauvres!”
“Certainement, Maître. Les riches ont des chars et des chevaux.
Les pauvres, n’ont que leurs jambes. Ils sont en trop mauvais état pour venir te trouver. J’ai fait comme j’ai pu. Regarde: voici l’obole que j’ai reçue. Je n’y ai pas touché. Tu t’en chargeras.”
“Pierre, tu pouvais la donner toi-même. Bien sûr… mon Pierre, je suis peiné qu’à cause de Moi tu aies eu reproches et fatigues.”
“Non, Seigneur, tu ne dois pas t’en affliger. Moi, je n’en souffre pas. Cela me peine seulement de n’avoir pu avoir plus de charité. Mais crois-le, j’ai fait, nous avons tous fait ce que nous avons pu.”
“Je le sais. Je sais que tu as travaillé pour rien. Mais, en l’absence de la nourriture, ta charité reste: vivante, active, sainte aux yeux de Dieu.”
Des enfants sont accourus en criant: “C’est le Maître! C’est le Maître! Voici Jésus, voici Jésus!” Ils s’attachent à Lui qui les caresse tout en parlant à ses disciples.
“Simon, j’entre dans ta maison. Toi et vous autres allez dire que je suis arrivé et puis, amenez-moi les malades.”
Les disciples s’en vont rapidement dans plusieurs directions. Mais, que Jésus soit arrivé, tout Capharnaüm le sait, grâce aux enfants qui semblent des abeilles sorties de la ruche pour aller aux fleurs: les maisons, dans ces cas, les rues, les places. Ils vont et viennent tout joyeux, portant la nouvelle aux mamans, aux passants, aux vieux qui sont assis au soleil et puis, ils reviennent se faire caresser encore par Celui qui les aime. L’un d’eux, hardi, lui dit: “Parle-nous, parle pour nous, Jésus, aujourd’hui. Nous t’aimons bien, tu sais, et nous sommes meilleurs que les hommes.”
Jésus sourit au petit psychologue et promet: “Je parlerai tout à fait pour vous.” Et suivi par les enfants il va à la maison en saluant avec son salut de paix: “La paix soit dans cette maison.”
Les gens affluent dans la pièce qui est derrière, réservée aux filets, cordages, paniers, rames, voiles et provisions. On voit que Pierre l’a mise à la disposition de Jésus. Il a tout entassé dans un coin pour faire de la place. De là on ne voit pas le lac, on entend seulement le léger clapotement des vagues. On voit par contre le muret verdâtre du jardin avec la vieille vigne et le figuier feuillu. Il y a des gens jusque sur la route, débordant de la pièce dans le jardin, et de là sur le chemin.
Jésus commence à parler. Au premier rang, des gens qui se sont fait donner de la place avec des gestes autoritaires, et grâce à la crainte qu’ils inspirent au peuple, cinq personnages de haut rang. Leurs larges manteaux, leurs riches habits et leur orgueil, tout indique que ce sont des pharisiens et des docteurs. Jésus cependant tient à avoir autour de Lui ses petits. Une couronne de petits visages innocents, aux yeux clairs, aux sourires angéliques qui se dressent pour le contempler. Jésus parle, et tout en parlant, caresse de temps à autre la tête frisée d’un bambin qui s’est assis à ses pieds et tient sa tête appuyée sur ses genoux, avec ses bras croisés. Jésus parle assis sur un grand tas de filets et de paniers.
“"Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, au parterre des parfums, pour se rassasier au milieu des jardins et cueillir des lys… Lui, se rassasie parmi les lys", ce sont les paroles de Salomon de David dont je descends, Moi, Messie d’Israël.
Mon jardin! Quel jardin plus beau et plus digne de Dieu, du Ciel celui dont les fleurs sont les anges que Dieu a créés? Et pourtant non. C’est un autre jardin qu’a voulu le Fils unique du Père, le Fils de l’homme, car pour l’homme, je me suis revêtu de chair sans laquelle je ne pourrais racheter les fautes de la chair de l’homme. Ce jardin aurait pu être de peu inférieur au jardin du Ciel, si, du Paradis terrestre s’étaient répandus, comme les douces abeilles au sortir d’une ruche, les fils d’Adam, les fils de Dieu, pour peupler la terre d’un peuple de saints tout entier destiné au Ciel. Mais l’Ennemi a semé les ronces et les épines au cœur d’Adam, et de là, ronces et épines se sont répandues sur la terre. Ce n’est plus un jardin, mais une forêt sauvage et cruelle où réside la fièvre et où se niche le serpent.
Mais pourtant le Bien-Aimé du Père a encore un jardin sur cette terre où règne Mammon. Le jardin où il va se rassasier de sa céleste nourriture: amour et pureté; le parterre où il cueille les fleurs qui lui sont chères, où ne se trouvent pas les taches de la sensualité, de la convoitise, de l’orgueil. Ceux-ci. (Jésus caresse le plus de bambins qu’il peut, passant la main sur la couronne des petites têtes attentives, une unique caresse qui les effleure et les fait sourire de joie.) Voici mes lys.
Salomon n’eut pas, au milieu de ses richesses un vêtement plus beau que le lys qui parfume la vallée, ni de diadème d’une beauté plus immatérielle et plus resplendissante que celle du lys en son calice au teint de perle. Et pourtant, pour mon cœur, il n’y a pas de lys qui vaille un seul de ces tout petits. Il n’y a pas de parterre, il n’y a pas de jardin de riches, cultivé uniquement de lys, qui vaille autant qu’un seul de ces purs, innocents, sincères et simples enfants.
O hommes! O femmes d’Israël! O vous, grands et humbles pour la fortune et la situation, écoutez! Vous qui êtes ici pour me connaître et m’aimer, sachez donc quelle est la première condition pour être à Moi. Je ne vous dis pas des paroles difficiles. Je ne vous donne pas d’exemples plus difficiles encore. Je vous dis:
"Prenez exemple sur ceux-ci".
Qui d’entre vous n’a pas un fils, un neveu, un petit frère encore enfant, encore tout petit dans sa maison? N’est-il pas un repos, un réconfort, un lien entre les époux, entre les parents, entre les amis, un de ces innocents dont l’âme est pure comme une aube sereine dont le visage dissipe les nuages et fait naître l’espoir, dont les caresses sèchent les larmes et déversent une force vitale? Pourquoi en eux, un tel pouvoir? En eux: faibles, désarmés, encore ignorants? Parce que en eux ils ont Dieu, ils ont la force et la sagesse de Dieu. La vraie sagesse: ils savent aimer et croire. Ils savent croire et vouloir. Ils savent vivre dans cet amour et dans cette foi. Soyez comme eux: simples, purs, aimants, sincères, croyants.
Il n’y a pas de sage en Israël qui soit plus grand que le plus petit de ceux-ci, dont l’âme est à Dieu et à laquelle appartient son Royaume. Bénis du Père, aimés par le Fils du Père, fleurs de mon jardin, que ma paix soit sur vous et sur ceux qui vous imiteront pour mon amour.”
Jésus a fini.
“Maître!” crie Pierre du milieu de la foule, “il y a ici des malades. Deux peuvent attendre que tu sortes, mais celui-ci est bloqué par la foule… et puis il ne peut se tenir debout, et nous ne pouvons passer. Dois-je le renvoyer?”
“Non, descendez-le par le toit.”
“Bien, nous le faisons tout de suite.”
On entend marcher sur le toit de la pièce qui ne faisant pas vraiment partie de la maison n’a pas de terrasse de ciment, mais une sorte de couverture de fascines sur lesquelles il y a quelque chose qui ressemble à des ardoises. Je ne sais quelle pierre ce peut être. On pratique une ouverture et avec des cordes on descend le grabat sur lequel se trouve l’infirme. Il arrive juste devant Jésus. La foule se presse plus encore, pour mieux voir.
“Tu as eu une grande foi comme aussi tes porteurs.”
“Oh! Seigneur! Comment ne pas l’avoir pour Toi?”
“C’est bien, Moi, je te dis: fils (l’homme est jeune) tous tes péchés te sont remis.”
L’homme le regarde en pleurant… Peut-être reste-t-il un peu insatisfait parce qu’il espérait une guérison corporelle. Les pharisiens et les docteurs chuchotent entre eux. Du nez, du front et de la bouche, ils font une grimace dédaigneuse.
“Pourquoi ces murmures, dans vos cœurs, plus encore que sur vos lèvres? D’après vous est-il plus facile de dire au paralytique: "Tes péchés te sont remis", ou bien: "Lève-toi, prends ton grabat et marche"? Vous pensez que Dieu seul peut remettre les péchés, mais vous ne savez pas répondre à ce qu’il y a de plus grand, car cet homme, qui a perdu l’usage de ses facultés corporelles, dépensé toutes ses ressources sans qu’on puisse le guérir. Il n’y a que Dieu qui ait ce pouvoir. Or, pour que vous sachiez que je peux tout, pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a pouvoir sur la chair et sur l’âme, sur la terre et au Ciel, je dis à cet homme: Lève-toi, prends ton lit et marche. Va à ta maison et sois saint”
L’homme se secoue, pousse un cri, se dresse debout, se jette aux pieds de Jésus, les baise et les caresse, pleure et rit à la fois et avec lui ses parents et la foule qui ensuite se range pour qu’il passe en triomphe et le suit en lui faisant fête. La foule, mais pas les cinq orgueilleux qui s’en vont hautains et raides comme des pieux.
De cette façon, la mère peut entrer avec son petit encore à la mamelle, mais absolument squelettique. Elle le tend à Jésus en lui disant seulement: “Jésus, tu les aimes, ces petits. Tu l’as dit. Au nom de ton amour, et de ta Mère!…” et elle pleure.
Jésus prend le poupon vraiment moribond, l’applique contre son cœur. Il le garde un moment contre sa bouche, avec son petit visage de cire, ses lèvres violacées, les paupières déjà closes. Un moment, il le garde ainsi… et quand il le détache de sa barbe blonde, le petit visage est rose, la petite bouche esquisse un sourire enfantin. Ses yeux regardent tout autour de lui, vivants et curieux. Ses mains, d’abord contractées, jouent dans la chevelure et la barbe de Jésus, qui rit.
“Oh! mon fils!” crie la maman bienheureuse.
“Prends-le, femme, sois heureuse et bonne.”
Et la femme prend le bébé revenu à la vie, le serre sur son sein et le petit fait valoir tout de suite ses droits à la nourriture. Il fouille, ouvre et tette, avide et heureux.
Jésus bénit et passe. Il va sur le seuil, où se trouve le malade qui a une forte fièvre.
“Maître, sois bon!”
“Et toi aussi. Consacre à la justice les forces retrouvées.” Il le caresse et sort.
Il va sur la rive, suivi, précédé, béni de nombreuses gens qui le supplient: “Nous, nous ne t’avons pas entendu. Nous ne pouvions pas entrer. Parle à nous aussi.”
Jésus fait signe que oui et comme la foule le serre à l’étouffer il monte sur la barque de Pierre. Cela ne suffit pas. On le suit jusqu’au banc de la barque. “Mets la barque à la mer et écarte-toi un peu.”
C’est la fin de la vision.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 6 octobre 2019, Solennité de Notre-Dame du Saint Rosaire

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,26-38.
En ce temps-là, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie.
Etant entré où elle était, il lui dit :
" Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes. "
Mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation.
L'ange lui dit :
" Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. "
Marie dit à l'ange :
" Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l'homme ? "
L'ange lui répondit :
" L'Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Elisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l'on appelait stérile, car rien ne sera impossible pour Dieu. "
Marie dit alors :
" Voici la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon votre parole ! " 
Et l'ange la quitta. 
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 1, Ch 16, p 108
  • Ancienne traduction :  Tome 1, Ch 23, p 100        (CD 1, piste 34)
Voici ce que je vois: Marie, une très jeune adolescente - quinze ans au plus à la voir - est dans une petite pièce rectangulaire. Une vraie chambre de jeune fille. Contre le plus long des deux murs, se trouve le lit: une couchette basse, sans rebords couverte de nattes ou de tapis. On les dirait étendus sur une table ou une claie à roseaux. Ils sont en effet rigides et ne forment pas de courbes comme il arrive sur nos lits. Sur l’autre mur, une étagère avec une lampe à huile, des rouleaux de parchemin, un travail de couture soigneusement plié que l’on dirait de la broderie. À côté, vers la porte qui est ouverte sur le jardin, mais couverte d’un rideau qu’un vent léger remue, est assise sur un tabouret bas la Vierge. Elle file du lin très blanc et doux comme de la soie. Ses petites mains, un peu moins claires que le lin, font tourner agilement le fuseau. Le petit visage, jeune est si beau, si beau, légèrement courbé, avec un léger sourire, comme si elle caressait ou suivait quelque douce pensée.Un profond silence, dans la petite maison et le jardin. Une paix profonde, tant sur le visage de Marie que dans son environnement. La paix et l’ordre. Tout est propre et en ordre et le milieu très humble en son aspect et dans l’ameublement, presque comme une cellule, a quelque chose d’austère et en même temps de royal à cause de la netteté et du soin avec lequel sont disposées les étoffes sur le lit, les rouleaux, la lumière, le petit broc de cuivre près de la lumière et, avec dedans un faisceau de branches fleuries, branches de pêchers ou de poiriers, je ne sais, mais ce sont certainement des arbres à fruit avec des fleurs légèrement rosées.Marie se met à chanter à voix basse et puis elle élève un peu la voix. Ce n’est pas du grand “chant”, mais c’est déjà une voix qui vibre dans la petite pièce et où on sent vibrer son âme. Je ne comprends pas les paroles, c’est certainement de l’hébreu. Mais comme elle répète fréquemment: “Jéhovah” je comprends qu’il s’agit de quelque chant sacré, peut-être un psaume. Peut-être Marie se rappelle les cantiques du Temple et ce doit être un doux souvenir car elle pose sur son sein les mains qui tiennent le fil et le fuseau et elle lève la tête en l’appuyant en arrière sur le mur; son visage brille de vives couleurs et ses yeux, perdus dans je ne sais quelle douce pensée, sont rendus plus luisants par des pleurs retenus mais qui les font paraître plus grands. Et pourtant ses yeux rient, sourient à une pensé qu’ils suivent et l’abstraient de ce qui l’entoure. Le visage de Marie émerge du vêtement blanc et très simple, rosé et encadré par les tresses qu’elle porte comme une couronne autour de la tête. On dirait une belle fleur.Le chant se change en une prière: “Seigneur, Dieu Très-Haut, ne tarde pas d’envoyer ton Serviteur pour apporter la paix sur la terre. Suscite le temps favorable et la vierge pure et féconde pour l’avènement de ton Christ. Père, Père Saint, accorde à ta servante d’offrir sa vie dans ce but. Accorde-moi de mourir après avoir vu ta Lumière et ta Justice sur la terre et d’avoir vu, accomplie, la Rédemption. O Père Saint envoie à la terre ce qui a fait soupirer les Prophètes. Envoie à ta servante le Rédempteur. Qu’à l’heure où se terminera ma journée s’ouvre pour moi ta demeure parce que ses portes auront déjà été ouvertes par ton Christ, pour tous ceux qui ont espéré en Toi. Viens, viens, ô Esprit du Seigneur. Viens vers tes fidèles qui t’attendent. Viens, Prince de la Paix!…” Marie reste ainsi hors d’elle-même… Le rideau remue plus fort, comme si quelqu’un, par derrière faisait un courant d’air ou le secouait pour l’écarter. Et une lumière blanche de perle, associée à l’argent pur, rend plus clairs les murs légèrement jaunes, plus vives les couleurs des étoffes, plus spirituel le visage levé de Marie. Dans la lumière, et sans que la tenture soit écartée sur le mystère qui s’accomplit même elle ne remue plus: elle pend absolument rigide contre les montants, comme si c’était un mur qui isole l’intérieur de l’extérieur - dans cette lumière se prosterne l’Archange. Il doit nécessairement prendre un aspect humain. Mais cet aspect transcende l’humain. De quelle chair est formée cette figure très belle et fulgurante? De quelle substance Dieu l’a-t-elle matérialisée pour la rendre sensible aux sens de la Vierge? Seul Dieu peut posséder ces substances et s’en servir si parfaitement. C’est un visage, c’est un corps, ce sont des yeux, une bouche, des cheveux et des mains comme les nôtres, mais ce n’est pas notre opaque matière. C’est une lumière qui a pris la couleur de la chair, des yeux, de la chevelure, des lèvres, une lumière qui se meut et sourit et regarde et parle. “Salut, Marie, pleine de Grâce, salut!” La voix est un doux accord comme de perles qui tombent sur un métal précieux.Marie tressaille et baisse les yeux. Et elle tressaille davantage quand elle voit cette créature de lumière agenouillée à un mètre environ de distance d’elle, les mains croisées sur la poitrine la regardant avec un infini respect. Marie se dresse debout et se serre contre le mur. Elle devient pâle, puis rouge. Son visage exprime étonnement, effarement. Elle serre inconsciemment les mains sur son sein, en les cachant sous ses longues manches. Elle se courbe presque pour cacher le plus possible son corps. Une attitude de suave pudeur. “Non. Ne crains pas. Le Seigneur est avec Toi! Tu es bénie entre toutes les femmes.” Mais Marie continue à craindre. D’où est venu cet être extraordinaire? Est-ce un envoyé de Dieu ou du Trompeur?“Ne crains pas, Marie!” répète l’Archange. “Je suis Gabriel, l’Ange de Dieu. Le Seigneur m’a envoyé vers Toi. Ne crains pas parce que tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Et maintenant, tu vas concevoir dans ton sein et enfanteras un Fils et tu Lui donneras comme nom "Jésus". Il sera grand. On l’appellera le Fils du Très-Haut (et il le sera en réalité) et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David son père et il régnera éternellement sur la maison de Jacob et son Règne n’aura jamais de fin. Comprends, ô sainte Vierge, aimée du Seigneur, sa Fille bénie, appelée à être la Mère de son Fils, quel Fils tu engendreras.” “Comment cela peut-il se faire si je ne connais point d’homme? Est-ce que le Seigneur Dieu n’accueille pas l’offrande de sa servante et ne me veut pas vierge par amour pour Lui?” “Non, ce ne sera pas par œuvre d’homme que tu seras Mère, ô Marie. Tu es l’éternelle Vierge, la Sainte de Dieu. L’Esprit Saint descendra sur Toi et la puissance du Très-Haut te couvriras de son ombre. Pour cela, on appellera Saint celui qui naîtra de toi, Saint et Fils de Dieu, Tout est possible au Seigneur notre Dieu. Elisabeth, stérile, a conçu dans sa vieillesse un fils qui sera le Prophète de ton Fils, celui qui Lui préparera le chemin. Le Seigneur lui a enlevé son opprobre et son souvenir restera parmi les peuples uni à ton nom, comme le nom de sa créature à celui de ton Saint, et jusqu’à la fin des siècles les nations vous proclameront bienheureuses pour la grâce du Seigneur venue jusqu’à vous et jusqu’à toi spécialement, venue aux nations par ton intermédiaire. Elisabeth en est à son sixième mois et le poids qu’elle porte fait monter en elle la joie et la fera monter davantage quand elle connaîtra ta propre joie. Rien n’est impossible à Dieu, Marie, pleine de Grâce. Que dois-je dire à mon Seigneur? Ne te laisse pas troubler par aucune pensée. Le Seigneur veillera sur tes intérêts si tu te fies à Lui. Le monde, le Ciel, l’Éternel attendent ta parole!” Marie, croisant à son tour ses mains sur sa poitrine et se courbant en une profonde inclination dit: “Voici la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon sa parole.” L’Ange étincelle de joie. Il adore, parce que certainement il voit l’Esprit de Dieu s’abaisser sur la Vierge, toute courbée dans son consentement. Puis il disparaît, sans remuer la tenture qu’il laisse tirée sur le Mystère saint.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 29 septembre 2019, Dédicace de Saint Michel Archange

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Matthieu 18,1-10.
En ce temps-là, les disciples s'approchèrent de Jésus, et lui dirent : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ?
Alors ayant fait venir un enfant, il le plaça au milieu d'eux
et dit : Je vous le dis, en vérité, si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.
Celui donc qui se fera humble comme ce petit enfant est le plus grand dans le royaume des cieux.
Et celui qui reçoit en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il reçoit.
Mais celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu'on lui suspende une meule à âne autour du cou et qu'on le précipite au fond de la mer.
Malheur au monde à cause des scandales ! C'est une nécessité qu'il arrive des scandales ; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive !
Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi : il vaut mieux pour toi entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d'être jeté, ayant deux mains ou deux pieds, dans le feu éternel.
Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; il vaut mieux pour toi entrer borgne dans la vie, que d'être jeté, ayant deux yeux, dans la géhenne du feu.
Prenez garde de mépriser aucun de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux.
Extrait de la Bible catholique traduite par le chanoine Crampon. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 5, Ch 352, p 410
  • Ancienne traduction :  Tome 5, Ch 40, p 273        (CD 5 (2ème cd) pistes 1)
Au début c'est une conversation sans façon, familière, mais ensuite elle prend le ton d'une instruction. Jésus le dit même ouvertement: “Venez et écoutez. D'ici peu, nous nous séparerons et je veux vous instruire encore pour vous mieux former.
Aujourd'hui je vous ai entendu discuter et ce n'était pas toujours avec charité. Aux premiers d'entre vous, j'ai déjà donné l'instruction. Mais je veux vous la donner à vous aussi, et elle ne fera pas de mal à ceux qui sont les premiers s'ils l'entendent de nouveau. Maintenant le petit Benjamin n'est pas ici contre mes genoux. Il dort dans son lit et il fait ses rêves innocents. Mais peut-être son âme candide est-elle de même parmi nous. Mais supposez que lui, ou quelqu'autre enfant, soit ici pour vous servir d'exemple. Vous, dans votre cœur, vous avez tous une idée fixe: être le premier dans le Royaume des Cieux; une curiosité: savoir qui sera ce premier; et enfin un danger: le désir encore humain de s'entendre répondre: "Tu es le premier dans le Royaume des Cieux" par des compagnons complaisants, ou par le Maître, surtout par le Maître, dont vous connaissez la véracité et la connaissance de l'avenir.
N'est-ce pas ainsi? Les questions tremblent sur vos lèvres et vivent au fond de votre cœur. Le Maître, pour votre bien, accepte cette curiosité bien qu'il ait horreur de céder aux curiosités humaines. Votre Maître n'est pas un charlatan que l'on interroge pour deux piécettes au milieu du vacarme d'un marché. Ce n'est pas quelqu'un possédé par l'esprit du Python qui se procure de l'argent en faisant le devin, pour répondre aux esprits étroits des hommes qui veulent connaître l'avenir pour savoir comment "se diriger". L'homme ne peut se diriger par lui-même. C'est Dieu qui le dirige si l'homme a foi en Lui! Et il ne sert à rien de connaître l'avenir, ou de croire qu'on le connaît, si ensuite on n'a pas le moyen de changer l'avenir prophétisé. Il n'y a qu'un moyen: prier le Père et Seigneur pour que sa miséricorde nous aide. En vérité je vous dis qu'une prière confiante peut changer un châtiment en bénédiction. Mais celui qui a recours aux hommes pour pouvoir, en tant qu'homme, et avec des moyens humains, changer l'avenir, ne sait pas du tout prier ou sait très mal prier.
Moi, cette fois-ci, parce que cette curiosité peut vous donner un bon enseignement, j'y réponds, bien que j'aie horreur des questions curieuses et irrespectueuses. Vous vous demandez: "Qui parmi nous est le plus grand dans le Royaume des Cieux?"
Moi, je supprime la limite du "parmi nous" et j'élargis la question aux limites du monde entier, présent et futur, et je réponds:
Le plus grand dans le Royaume des Cieux, c'est le plus petit parmi les hommes, c'est-à-dire celui que les hommes considèrent comme "le plus petit". Celui qui est simple, humble, confiant, ignorant, par conséquent l'enfant, ou celui qui sait se refaire une âme d'enfant. Ce n'est pas la science, ni la puissance, ni la richesse, ni l'activité, même si elle est bonne, qui vous rendront "le plus grand" dans le Royaume bienheureux. Mais d'être comme des tout petits par l'amour, l'humilité, la simplicité, la foi.
Observez comme m'aiment les enfants et imitez-les. Comme ils croient en Moi, et imitez-les. Comme ils se souviennent de ce que je dis, et imitez-les. Comme ils font ce que j'enseigne, et imitez-les. Comme ils ne s'enorgueillissent pas de ce qu'ils font, et imitez-les. Comme ils n'ont pas de jalousie pour Moi ni pour leurs compagnons, et imitez-les. En vérité je vous dis que, si vous ne changez pas votre manière de penser, d'agir et d'aimer, et si vous ne vous refaites pas sur le modèle des tout petits, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Eux savent ce que vous savez, ce qu'il y a d'essentiel dans ma doctrine. Mais avec quelle différence ils pratiquent ce que j'enseigne! Vous, vous dites pour toute bonne action que vous accomplissez: "J'ai fait". L'enfant dit: "Jésus, je me suis souvenu de Toi aujourd'hui, et à cause de Toi j'ai obéi, j'ai aimé, j'ai contenu un désir de me battre… et je suis content parce que Toi, je le sais, tu sais quand je suis bon et tu en es content". Et encore considérez les enfants quand ils agissent mal. Avec quelle humilité ils me l'avouent: "Aujourd'hui j'ai été méchant. Et cela me déplaît parce que je t'ai donné de la douleur". Ils ne cherchent pas d'excuses. Ils savent que je sais, ils croient, ils souffrent de ma douleur.
Oh! ils sont chers à mon cœur, les enfants, en qui il n'y a pas d'orgueil, pas de duplicité, pas de luxure! Moi, je vous le dis: devenez semblables à des petits, si vous voulez entrer dans mon Royaume. Aimez les petits comme l'exemple angélique que vous pouvez encore avoir. Vous devriez être comme des anges. Pour vous excuser, vous pourriez dire: "Nous ne voyons pas les anges". Mais Dieu vous donne les enfants comme modèles et eux, vous les avez parmi vous. Et si vous voyez un enfant abandonné matériellement, ou abandonné moralement, et qui peut périr, accueillez-le en mon Nom, parce qu'eux sont très aimés de Dieu. Et quiconque accueille un enfant en mon Nom, m'accueille Moi-même, parce que je suis dans l'âme des enfants, qui est innocente. Et celui qui m'accueille, accueille Celui qui m'a envoyé, le Seigneur Très-haut.
Et gardez-vous de scandaliser un de ces petits dont l'œil voit Dieu. On ne doit jamais donner de scandale à personne. Mais malheur, trois fois malheur, à celui qui déflore la candeur ignorante des enfants! Laissez-les anges, le plus que vous pouvez. Trop répugnants sont le monde et la chair pour l'âme qui vient des Cieux! Et l'enfant, par son innocence, est encore tout âme. Respectez l'âme de l'enfant et son corps lui-même, comme vous respectez un lieu sacré. Sacré est aussi l'enfant car il a Dieu en lui. En tout corps se trouve le temple de l'Esprit, mais le temple de l'enfant est le plus sacré et le plus profond, et il est au-delà du double Voile. Ne remuez même pas les voiles de la sublime ignorance de la concupiscence par le vent de vos passions. Je voudrais un enfant dans toute famille, au milieu de toute réunion de personnes, pour qu'il serve de frein aux passions des hommes.
L'enfant sanctifie, restaure et rafraîchit par le seul rayonnement de ses yeux sans malice. Mais malheur à ceux qui enlèvent sa sainteté à l'enfant par leur scandaleuse manière d'agir! Malheur à ceux qui par leur conduite licencieuse transmettent leur malice aux enfants! Malheur à ceux qui par leurs propos et leur ironie blessent la foi que les enfants ont en Moi! Il vaudrait mieux qu'à tous ceux-là on attache à leur cou une meule de moulin, et qu'on les jette à la mer pour qu'ils s'y noient avec leurs scandales. Malheur au monde pour les scandales qu'il donne aux innocents! Car, s'il est inévitable qu'il arrive des scandales, malheur à l'homme qui les provoque par sa faute!
Personne n'a le droit de faire violence à son corps et à sa vie, car la vie et le corps viennent de Dieu, et Lui seul a le droit d'en prendre une partie ou le tout. Mais pourtant je vous dis que si votre main vous scandalise, il vaut mieux que vous la coupiez, que si votre pied vous porte à donner du scandale, il est bien que vous le coupiez. Il vaut mieux pour vous entrer manchots ou boiteux dans la Vie que d'être jetés au feu éternel avec les deux mains et les deux pieds. Et s'il ne suffit pas d'un pied ou d'une main coupés, faites couper aussi l'autre main ou l'autre pied, pour ne plus donner de scandale et pour avoir le temps de vous repentir avant d'être jetés là où le feu ne s'éteint pas et ronge comme un ver pour l'éternité. Et si c'est votre œil qui est pour vous occasion de scandale, arrachez-le. Il vaut mieux être borgne que d'être dans l'enfer avec les deux yeux. Avec un seul œil ou même sans aucun, arrivés au Ciel, vous verrez la Lumière, alors qu'avec les deux yeux scandaleux, vous verrez dans l'enfer les ténèbres et l'horreur. Et rien d'autre.
Rappelez-vous tout cela. Ne méprisez pas les petits, ne les scandalisez pas, ne vous moquez pas d'eux. Ils sont plus que vous, car leurs anges ne cessent de voir Dieu qui leur dit les vérités qu'ils doivent révéler aux enfants et à ceux qui ont un cœur d'enfant.
Et vous, comme des enfants, aimez-vous entre vous, sans disputes, sans orgueil. Restez en paix entre vous. Ayez un esprit de paix pour tous. Vous êtes frères, au nom du Seigneur, et non pas ennemis. Il n'y a pas, il ne doit pas y avoir d'ennemis pour les disciples de Jésus. L'unique Ennemi, c'est Satan. Pour lui, soyez des ennemis implacables, entrez en lutte contre lui et contre les péchés qui amènent Satan dans les cœurs. Soyez infatigables dans le combat contre le mal quelque soit la forme qu'il prenne.
Et patients. Il n'y a pas de limite pour le travail de l'apôtre, car le travail du Mal ne connaît pas de limites. Le démon ne dit jamais: "Assez. Maintenant je suis fatigué et je me repose". Lui, il est inlassable. Il passe, agile comme la pensée, et plus encore, d'un homme à un autre. Il essaie, il attaque, il séduit, il tourmente, il n'accorde aucun répit. Il assaille traîtreusement et il abat, si l'on n'est pas plus que vigilant. Parfois il s'installe en conquérant à cause de la faiblesse de celui qu'il assaille. D'autres fois, il entre en ami, parce que la manière de vivre de la proie qu'il recherche est déjà telle qu'elle est une alliance avec l'Ennemi. Une autre fois, chassé par quelqu'un, il cherche et tombe sur une proie plus facile, pour se venger de l'échec que lui a fait subir Dieu ou un serviteur de Dieu. Mais vous, vous devez dire ce que lui dit: "Pour moi, pas de repos". Lui ne se repose pas pour peupler l'enfer. Vous ne devez pas vous reposer afin de peupler le Paradis. Ne lui donnez pas de répit. Je vous prédis que plus vous le combattrez, plus il vous fera souffrir, mais vous ne devez pas en tenir compte. Lui peut parcourir la terre, mais il n'entre pas dans le Ciel. Là, il ne vous causera plus d'ennuis. Et là seront tous ceux qui l'auront combattu…”
Jésus s'interrompt brusquement et demande: “Mais, en somme, pourquoi ennuyez-vous toujours Jean? Que veulent-ils de toi?”
Jean rougit comme une flamme, et Barthélémy, Thomas, l'Iscariote baissent la tête en se voyant découverts.
“Eh bien?” demande impérieusement Jésus.
“Maître, mes compagnons veulent que je te dise une chose.”
“Dis-la, donc.”
“Aujourd'hui, pendant que tu étais chez ce malade et que nous allions à travers le pays comme tu l'avais dit, nous avons vu un homme qui n'est pas ton disciple, et que nous n'avons même jamais remarqué parmi ceux qui écoutent tes enseignements, qui chassait des démons en ton Nom dans un groupe de pèlerins qui allaient à Jérusalem. Et il réussissait, il a guéri quelqu'un qui avait un tremblement lui interdisant tout travail, et il a rendu la parole à une fillette qui avait été assaillie dans le bois par un démon qui avait pris la forme d'un chien et qui lui avait lié la langue. Lui disait: "Va-t-en, démon maudit, au nom du Seigneur Jésus, le Christ, Roi de la souche de David, Roi d'Israël. Lui est Sauveur et Vainqueur. Fuis devant son Nom!" et le démon s'enfuyait réellement. Nous nous sommes fâchés et lui l'avons interdit. Il nous a dit: "Qu'est-ce que je fais de mal? J'honore le Christ en débarrassant son chemin des démons qui ne sont pas dignes de le voir". Nous lui avons répondu: "Tu n'es pas exorciste en Israël, et tu n'es pas disciple du Christ. Il ne t'est pas permis de le faire". Il a dit: "Il est toujours permis de faire le bien" et il s'est révolté contre notre injonction en disant: "Et je continuerai à faire ce que je fais". Voilà, ils voulaient que je te dise cela, surtout maintenant que tu as dit qu'au Ciel il y aura tous ceux qui ont combattu Satan.”
“C'est bien. Cet homme sera de ceux-ci. Il l'est. Il avait raison et vous, vous aviez tort. Infinis sont les chemins du Seigneur, et il n'est pas dit que seuls ceux qui prennent le chemin direct arriveront au Ciel. En tout lieu et en tout temps, et de mille manières, il y aura des créatures qui viendront à Moi, et peut-être même par une route qui au début était mauvaise. Mais Dieu verra la droiture de leur intention et les amènera au bon chemin. De même il y en aura qui, par l'ivresse de la triple concupiscence, sortiront de la bonne route et prendront une route qui les éloigne ou même qui les déroute complètement. Vous ne devez donc jamais juger vos semblables. Dieu seul voit. Faites en sorte, vous, de ne pas sortir de la bonne voie, où la volonté de Dieu, plutôt que la vôtre, vous a mis. Et quand vous voyez quelqu'un qui croit en mon Nom et opère par lui, ne l'appelez pas étranger, ennemi, sacrilège. C'est bien un de mes sujets, ami et fidèle, puisqu'il croit en mon Nom spontanément et mieux que plusieurs d'entre vous, pour cela mon Nom sur ses lèvres opère des prodiges semblables aux vôtres et peut-être davantage. Dieu l'aime parce qu'il m'aime et il finira de l'amener au Ciel. Personne, s'il fait des prodiges en mon Nom, ne peut être pour Moi un ennemi et dire du mal de Moi. Mais, par son activité, il apporte au Christ honneur et témoignage de foi. En vérité je vous dis que croire en mon Nom suffit déjà pour sauver sa propre âme. Car mon Nom est Salut. Aussi je vous dis: si vous le rencontrez encore, ne lui faites pas de défense, mais au contraire appelez-le "frère" parce qu'il l'est réellement, même s'il est en dehors de l'enceinte de mon Bercail. Qui n'est pas contre Moi est avec Moi. Celui qui n'est pas contre vous est pour vous.”
“Nous avons péché, Seigneur?” demande Jean contrit.
“Non. Vous avez agi par ignorance mais sans malice. Il n'y a donc pas de faute. Pourtant, à l'avenir, ce serait une faute parce que maintenant vous savez. Et maintenant allons dans nos maisons. La paix soit avec vous.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 22 septembre 2019, Quinzième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Luc 7,11-16.
En ce temps-là, Jésus se rendait à une ville, appelée Naïm ; et ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu'une foule nombreuse.
Comme il approchait de la porte de la ville, voilà qu'on emportait un mort, fils unique de sa mère, laquelle était veuve, et une foule considérable de gens de la ville étaient avec elle.
Le Seigneur l'ayant vue, fut touché de compassion pour elle, et il lui dit : " Ne pleurez pas. "
Et s'approchant, il toucha le cercueil, et les porteurs s'arrêtèrent ; et il dit : " Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! "
Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler ; et il le rendit à sa mère.
Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : " Un grand prophète s'est levé parmi nous, " et : " Dieu a visité son peuple. "
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 3, Ch 189
  • Ancienne traduction :  Tome 3, Ch 50, p 290        (CD 3, piste 103)
Naïm devait avoir une certaine importance au temps de Jésus. La ville n'est pas grande, mais bien construite, enfermée dans l'enceinte de ses murs, elle s'étend sur une colline basse et riante, un contrefort du petit Hermon, dominant de haut une plaine très fertile qui oblique vers le nord-ouest.
On y arrive, en venant d'Endor, après avoir traversé un cours d'eau qui est certainement un affluent du Jourdain. Pourtant, de cet endroit, on ne voit plus le Jourdain, et pas davantage sa vallée, parce que des collines le cachent en faisant vers l'est un arc en forme de point d'interrogation.
Jésus s'y rend par une grand-route qui unit la région du lac à l'Hermon et à ses pays. Derrière Lui marchent de nombreux habitants d'Endor qui n'arrêtent pas de parler entre eux.
La distance qui sépare le groupe apostolique des murs est maintenant très courte: deux cent mètres, au maximum. La grand-route entre directement dans la ville par une porte qui est ouverte en grand, car c'est plein jour. On peut voir ce qui arrive immédiatement après les murs. C'est ainsi que Jésus, qui parlait avec ses apôtres et le nouveau converti, voit venir, dans un grand bruit de pleureuses et un semblable apparat oriental, un cortège funèbre.
“Nous allons voir, Maître?” disent plusieurs. Et déjà parmi les habitants d'Endor, plusieurs se sont précipités pour voir.
“Allons-y” dit Jésus par condescendance.
“Oh! ce doit être un enfant car tu vois combien de fleurs et de rubans il y a sur la litière?” dit Judas de Kérioth à Jean.
“Ou bien c'est une vierge” répond Jean.
“Non, c'est sûrement un jeune garçon à cause des couleurs qu'ils ont mises et puis, il n'y a pas de myrtes...” dit Barthélémy. Le cortège funèbre sort des murs. Ce qu'il y a sur la litière que les porteurs tiennent bien haut sur leurs épaules, il n'est pas possible de le voir. On devine le corps étendu dans ses bandelettes et couvert d'un drap, seulement par la forme qu'il dessine et on se rend compte que c'est un corps qui a déjà atteint son développement complet car il est aussi long que la litière.
A côté une femme voilée, que soutiennent des parents ou des amies, chemine en pleurant. Ce sont les seules vraies larmes dans cette comédie larmoyante. Quand un porteur rencontre une pierre, un trou, une bosse de la route, cela donne une secousse à la litière et la mère gémit: “Oh! non! Allez doucement! Il a tant souffert, mon petit!” et elle lève une main tremblante pour caresser le bord de la litière. Elle ne saurait faire plus et, dans cette impuissance, elle baise les voiles qui flottent et les rubans que le vent soulève parfois et qui viennent effleurer la forme immobile.
“C'est la mère” dit Pierre ému et dans son œil fin et bon brille une larme. Mais il n'est pas le seul à avoir les larmes aux yeux devant ce déchirement. Le Zélote, André, Jean et jusqu'au toujours jovial Thomas ont dans les yeux la lueur d'une larme. Tous, tous sont profondément émus. Judas Iscariote murmure: “Si c'était moi! Oh! ma pauvre mère ... ”
Jésus a dans les yeux une douceur intolérable, tant elle est profonde. Il se dirige vers la litière.
La mère sanglote plus fort car le cortège tourne en direction du tombeau déjà ouvert. Voyant que Jésus va toucher la litière, elle l'écarte violemment. Qui sait ce qu'elle peut craindre dans son délire? Elle crie: “Il est à moi!” et elle regarde Jésus avec des yeux hagards.
“Je le sais, mère. Il est à toi.”
“C'est mon fils unique! Pourquoi la mort pour lui, pour lui qui était bon et qui m'était si cher, ma joie de veuve? Pourquoi?” La foule des pleureuses fait retentir plus haut ses cris funèbres et rétribués pour faire écho à la mère qui continue: “Pourquoi lui et pas moi? Ce n'est pas juste que celle qui a engendré voit périr son fruit. Le fruit doit vivre, car autrement, car autrement à quoi servent ces entrailles qui se déchirent pour mettre au monde un homme?” et elle se frappe le ventre, féroce et désespérée.
“Ne fais pas ainsi! Ne pleure pas, mère” Jésus lui prend les mains dans une étreinte puissante et les retient de sa main gauche pendant qu'avec la droite il touche la litière en disant aux porteurs: “Arrêtez-vous et posez-la à terre.” Les porteurs obéissent et descendent le brancard qui reste soutenu par ses quatre pieds.
Jésus saisit le drap qui couvre le mort et le rejette en arrière, découvrant la dépouille. La mère crie sa douleur en appelant le nom de son fils, je crois: “Daniel!”
Jésus, qui tient toujours les mains de la mère dans la sienne, se redresse, imposant par l'éclat de son regard, avec son visage des miracles les plus puissants et, abaissant sa main droite, il ordonne avec toute la puissance de sa voix: “Jeune homme! Je te le dis: lève-toi!”
Le mort, comme il est, avec ses bandelettes, se lève pour s'asseoir sur la litière et appelle: “Maman!” Il l'appelle avec la voix balbutiante et effrayée d'un enfant terrorisé.
“Il est à toi, femme. Je te le rends au nom de Dieu. Aide-le à se débarrasser du suaire. Et soyez heureux.”
Et Jésus va se retirer. Mais, oui! La foule le bloque à la litière sur laquelle la mère s'est penchée et où elle s'embrouille au milieu des bandelettes pour faire vite, vite, vite, pendant que les lamentations de l'enfant ne cessent d'implorer: “Maman! Maman!”
Le suaire est enlevé, les bandelettes sont enlevées, la mère et le fils peuvent s'embrasser et ils le font sans tenir compte du baume et qu'ensuite la mère essuie du cher visage, des chères mains, avec les bandelettes elles-mêmes. Puis, n'ayant rien pour l'habiller, la mère quitte son manteau et l'en revêt, et tout permet de le caresser...
Jésus la regarde... Il regarde ce groupe affectueux serré contre les bords de la litière qui maintenant n'est plus funèbre et il pleure. Judas Iscariote voit ces larmes et demande: “Pourquoi pleures-tu, Seigneur?”
Jésus tourne vers lui son visage et dit: “Je pense à ma Mère ... ”
Cette brève conversation ramène l'attention de la femme vers son Bienfaiteur. Elle prend son fils par la main et le soutient. En effet il est comme quelqu'un dont le corps supporte un reste de torpeur. Elle s'agenouille en disant: “Toi aussi, mon fils, bénis ce Saint qui t'a rendu à la vie et à ta mère” et elle se penche pour baiser le vêtement de Jésus pendant que la foule chante l'hosanna à Dieu et à son Messie, désormais connu pour ce qu'Il est. En effet les apôtres et les habitants d'Endor se sont chargés de dire qui a accompli le miracle.
Toute la foule maintenant s'écrie: “Que soit béni le Dieu d'Israël! Que soit béni le Messie, son Envoyé! Que soit béni Jésus, fils de David! Un grand Prophète s'est élevé parmi nous! Dieu a vraiment visité son peuple! Alléluia! Alléluia!”
Finalement Jésus peut se dégager de l'étreinte et entrer dans la ville. La foule le suit et le poursuit, exigeante dans son amour.
Un homme accourt et le salue profondément. “Je te prie de rester sous mon toit.”
“Je ne peux. La Pâque m'interdit toute halte sauf celles qui sont fixées d'avance.”
“Dans quelques heures, ce sera le crépuscule et c'est vendredi ... ”
“Justement je dois, avant le crépuscule, avoir achevé mon étape. Je te remercie tout de même, mais ne me retiens pas.”
“Mais, je suis le chef de la synagogue.”
“Et avec cela, tu veux dire que tu en as le droit. Homme: il suffisait que je m'attarde une heure et cette mère n'aurait pas recouvré son fils. Je vais où d'autres malheureux m'attendent. Ne retarde pas leur joie par égoïsme. Je viendrai certainement une autre fois et je resterai avec toi à Naïm. plusieurs jours. Pour l'instant, laisse-moi aller.”
L'homme n'insiste plus. Il dit seulement: “C'est dit. Je t'attends.”
“Oui. La paix soit avec toi et avec les habitants de Naïm. À vous aussi d'Endor, paix et bénédiction. Retournez à vos maisons. Dieu vous a parlé par le miracle. Faites qu'il arrive en vous, à force d'amour, autant de résurrections au Bien qu'il y a de cœurs.”
Un dernier chœur d'hosannas, puis la foule laisse aller Jésus qui traverse en diagonale la ville et sort dans la campagne, vers Esdrelon.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 15 septembre 2019, Quatorzième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,24-33. 
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent.
C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?
Regardez les oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent et n'amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?
Qui de vous, à force de soucis, pourrait ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ?
Et pourquoi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Observez les lis des champs, comment ils croissent : ils ne peinent ni ne filent.
Or je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux.
Si donc Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ?
Ne vous mettez donc point en peine, disant : Que mangerons-nous ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous ?
C'est de tout cela en effet que les païens sont en quête, car votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela.
Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 3, Ch 173, p 122
  • Ancienne traduction :  Tome 3, Ch 34, p 194        (CD 3, piste 64)
[...]
La vie est ainsi. Elle s'écoule entre le passé et l'avenir, entre le mal et le bien. Au milieu se trouve l'homme avec sa volonté et son libre arbitre; aux extrémités, d'une part Dieu et son Ciel, d'autre part Satan et son Enfer. L'homme peut choisir. Personne ne le force. Qu'on ne me dise pas: "Mais Satan nous tente" pour s'excuser de descendre par le sentier du bas. Dieu aussi nous tente par son amour et cette tentation est bien forte; par ses paroles, et elles sont bien saintes; par ses promesses, et elles sont bien séduisantes! Pourquoi alors se laisser tenter par un seul des deux et Par celui qui mérite le moins qu'on l'écoute? Les paroles, les promesses, l'amour de Dieu ne suffisent-ils pas à neutraliser le poison de Satan? Attention que cela ne tourne pas mal pour vous. Quand quelqu'un est physiquement très sain, il n'est pas à l'abri des contagions, mais il les surmonte facilement. Si au contraire il est déjà malade et par conséquent affaibli, il périt presque certainement avec une nouvelle infection, et s'il survit il est plus malade que la première fois, car il n'a pas dans le sang la force de détruire complètement les germes infectieux. C'est la même chose pour la partie supérieure. Si quelqu'un est moralement et spirituellement sain et fort, croyez bien qu'il n'est pas exempt de la tentation, mais le mal ne s'enracine pas en lui. Quand j'entends quelqu'un me dire: "J'ai fréquenté celui-ci et celui-là, j'ai lu ceci et cela, j'ai essayé d'amener au bien celui-ci et celui-là, mais en réalité le mal qui était dans leur esprit et dans leur cœur, le mal qui était dans le livre est entré en moi", je conclus: "Cela prouve que tu avais déjà créé le terrain favorable à la pénétration. Cela prouve que tu es un faible qui manque de nerf moral et spirituel. Car même de nos ennemis nous devons faire sortir du bien. En observant leurs erreurs, nous devons apprendre à n'y pas tomber. L'homme intelligent ne se laisse pas séduire par la première doctrine qu'il écoute. L'homme qui est tout imprégné d'une doctrine ne peut faire en lui une place pour les autres. Ceci explique les difficultés que l'on rencontre pour essayer de persuader ceux qui sont convaincus par d'autres enseignements de suivre la vraie Doctrine. Mais si tu m'avoues que tu changes de pensée au moindre souffle de vent, je vois que tu es plein de vides, ta force spirituelle est fissurée de partout, les digues qui retiennent ta pensée sont défoncées en mille endroits par où fuient les eaux saines et entrent les eaux corrompues, et tu es tellement sot et apathique que tu ne t'en aperçois même pas et n'y portes aucun remède. Tu es un malheureux". Sachez donc, entre les deux sentiers, choisir le bon et le suivre, en résistant, en résistant, en résistant aux attraits de la sensualité, du monde, de la science et du démon. Les fois mélangées, les compromis, les pactes qui s'opposent l'un à l'autre, laissez-les aux gens du monde. Ils ne devraient pas non plus exister parmi eux si les hommes étaient honnêtes. Mais vous, vous au moins, hommes de Dieu, ne les ayez pas. Vous ne pouvez faire des arrangements ni avec Dieu ni avec Mammon. Ne les ayez pas en vous-mêmes, car ils seraient sans valeur. Vos actions, mélangées de ce qui est bon et de ce qui ne l'est pas, n'auraient aucune valeur. Celles qui sont complètement bonnes seraient annulées par celles qui ne le sont pas. Celles qui sont mauvaises vous feraient tomber directement aux mains de l'Ennemi. Ne les faites donc pas. Mais servez loyalement. Personne ne peut servir deux maîtres dont la pensée est différente. S'il aime l'un, il haïra l'autre et réciproquement. Vous ne pouvez appartenir également à Dieu et à Mammon. L'esprit de Dieu ne peut se concilier avec l'esprit du monde. L'un monte, l'autre descend. L'un sanctifie, l'autre corrompt. Si vous êtes corrompus, comment pouvez-vous agir avec pureté? La sensualité s'enflamme chez ceux qui sont corrompus et, à la suite de la sensualité, les autres désirs malsains. Vous savez déjà comment Eve fut corrompue, et Adam par son intermédiaire. Satan baisa l'œil de la femme et l'ensorcela de telle façon que toute vision jusqu'alors pure prit pour elle un aspect impur et éveilla des curiosités étranges. Puis Satan lui baisa les oreilles et les ouvrit aux paroles d'une science inconnue: la sienne. Même la pensée d'Eve voulut connaître ce qui n'était pas nécessaire. Puis Satan montra à l'œil et à la pensée éveillés au Mal ce que tout d'abord ils n'avaient pas vu ni compris, et tout en Eve s'éveilla et se corrompit. Et la Femme, allant vers l'Homme, révéla son secret et persuada Adam de goûter le nouveau fruit si beau à voir et interdit jusqu'alors. Et elle le baisa et le regarda avec une bouche et des yeux où était déjà le trouble satanique. Et la corruption pénétra en Adam qui vit, et dont l'œil désira le fruit défendu. Il y mordit avec sa compagne, tombant d'une telle hauteur dans la boue. Quand quelqu'un est corrompu, il entraîne l'autre dans la corruption à moins que ce ne soit un saint au vrai sens du mot. Attention à votre regard, hommes, au regard de l'œil et à celui de l'esprit. S'ils sont corrompus, ils ne peuvent que corrompre le reste. L'œil est la lumière du corps, ta pensée est la lumière du cœur. Mais si ton œil n'est pas pur, tout en toi deviendra trouble et les nuées de la séduction créeront en toi des imaginations impures, car par suite de la soumission des organes à la pensée, une pensée corrompue corrompt les sens. Tout est pur en celui qui a une pensée pure qui lui donne un regard pur, et la lumière de Dieu descend en maîtresse là où les sens ne font pas obstacle. Mais si par une mauvaise volonté tu as habitué l'œil à des visions troubles, tout en toi deviendra ténèbres. Inutilement tu regarderas même les choses les plus saintes. Dans la nuit il n'y aura que ténèbres et tu feras des œuvres de ténèbres. Aussi, fils de Dieu, protégez vous-mêmes contre vous-mêmes. Surveillez-vous attentivement contre toutes les tentations. Être tenté n'est pas un mal. C'est par la lutte que l'athlète prépare la victoire. Mais le mal c'est d'être vaincus faute d'entraînement et d'attention. Je sais que tout sert à la tentation. Je sais que la défense énerve. Je sais que la lutte épuise. Mais, allons, pensez à ce que vous procurent ces choses. Et voudriez-vous pour une heure de plaisir, de n'importe quelle espèce, perdre une éternité de paix? Que vous laisse le plaisir de la chair, de l'or et de la pensée? Rien. Qu'acquérez-vous en les repoussant? Tout. Je parle à des pécheurs parce que l'homme est pécheur. Eh bien, dites-moi, en vérité: après avoir satisfait les sens, ou l'orgueil, ou la cupidité, vous êtes-vous sentis plus frais, plus contents, plus tranquilles? Dans l'heure qui suit la satisfaction et qui est toujours une heure de réflexion, vous êtes-vous en réalité sentis sincèrement heureux? Moi, je n'ai pas goûté ce pain de la sensualité. Mais je réponds pour vous: "Non. Flétrissure, mécontentement, incertitude, nausée, peur, agitation. Voilà ce qu'a été le suc que vous a procuré cette heure de plaisir". Cependant, je vous en prie. Lorsque je vous dis: "Ne faites jamais cela", je vous dis aussi: "Ne soyez pas inexorables à ceux qui se trompent". Rappelez-vous que vous êtes tous frères, faits d'une même chair et ayant une même âme. Pensez que nombreuses sont les causes qui amènent quelqu'un à pécher. Soyez miséricordieux envers les pécheurs, relevez-les avec bonté et amenez-les à Dieu en leur montrant que le sentier qu'ils ont suivi est hérissé de dangers pour la chair, pour la pensée et l'esprit. Faites cela et vous en serez grandement récompensés. Parce que le Père qui est aux Cieux est miséricordieux avec les bons et sait rendre au centuple. Je vous dis donc ... ”

 Jésus me dit: “Regarde et écris. C'est l'évangile de la Miséricorde que je donne à tous et spécialement à ceux qui se reconnaîtront dans la pécheresse et que j'invite à suivre dans sa rédemption.”

 Jésus, debout sur un rocher, parle à une foule nombreuse. C'est un endroit alpestre. Une colline solitaire entre deux vallées. Le sommet de la colline est en forme de joug ou plutôt en forme de bosse de chameau, de sorte qu'à peu de mètres de la cime elle offre un amphithéâtre naturel où la voix résonne avec netteté comme dans une salle de concert très bien construite. La colline n'est qu'une fleur. Ce doit être la belle saison. Les moissons des plaines commencent à prendre une couleur blonde et seront bientôt prêtes pour la faux. Au nord une montagne élevée resplendit avec son névé au soleil. Immédiatement au-dessous, à l'orient, la mer de Galilée paraît un miroir brisé dont les innombrables éclats semblent des saphirs embrasés par le soleil. Elle éblouit avec son scintillement azur et or sur lequel ne se reflète que quelques nuages floconneux qui traversent un ciel très pur et les ombres mobiles de quelques voiles. Ce doit être encore les premières heures de la matinée car l'herbe de la montagne a encore quelques diamants de rosée disséminés parmi les tiges. Au-delà du lac de Génésareth il y a des plaines éloignées qui par l'effet d'un léger brouillard, peut-être la rosée qui s'évapore, semblent prolonger le lac mais avec des teintes d'opale veinée de vert, et plus loin encore une chaîne de montagnes dont la côte très capricieuse fait penser à un dessin de nuages sur un ciel serein. Certains sont assis sur l'herbe ou sur des pierres, d'autres sont debout. Le collège apostolique n'est pas au complet. Je vois Pierre et André, Jean et Jacques, et j'entends qu'on appelle les deux autres Nathaël et Philippe. Puis, il y en a un autre qui est ou qui n'est pas dans le groupe. C'est peut-être le dernier arrivé: ils l'appellent Simon. Les autres ne sont pas là, à moins que je ne les distingue pas au milieu de la foule nombreuse. Le discours est déjà commencé depuis un moment. Je comprends qu'il s'agit du sermon sur la montagne. Mais les béatitudes sont déjà énoncées. Je dirais même que le discours approche de sa fin car Jésus dit: "Faites ceci et vous en serez grandement récompensés, car le Père qui est aux Cieux est miséricordieux avec les bons et sait rendre au centuple. Je vous dis donc ... ” Un grand mouvement se produit dans la foule qui se trouve vers le sentier conduisant au plateau. Les gens les plus proches de Jésus se retournent. L'attention se détourne. Jésus cesse de parler et tourne son regard dans la même direction que les autres. Il est sérieux et beau dans son habit bleu foncé, avec les bras croisés sur la poitrine et le soleil qui effleure son visage avec le premier rayon qui passe au-dessus du pic oriental de la colline. “Faites place, plébéiens” crie une coléreuse voix d'homme. “Faites place à la beauté qui passe”... quatre jolis-cœurs tout pomponnés s'avancent et l'un est certainement un romain car il porte la toge. Ils portent en triomphe sur leurs mains croisées Pour faire un siège Marie de Magdala, encore grande pécheresse. Elle rit de sa bouche très belle, elle rejette en arrière sa tête à la chevelure d'or toute en tresses et boucles retenues par des épingles précieuses et par une lame d'or parsemée de perles qui enserre le sommet du front comme un diadème et d'où descendent de légères boucles pour voiler ses yeux splendides rendus encore plus grands et plus séduisants par un savant artifice. Le diadème, ensuite, disparaît derrière les oreilles sous la masse des tresses qui retombent sur le cou très blanc et découvert. Et même... le découvert va bien au-delà du cou. Les épaules sont découvertes jusqu'aux omoplates et la poitrine beaucoup plus encore. Son vêtement est retenu aux épaules par deux chaînettes d'or. Les manches sont inexistantes. Le tout est recouvert, si l'on peut dire, par un voile qui sert uniquement à mettre la peau à l'abri du bronzage. Le vêtement est très léger et la femme se jetant, comme elle fait, par cajolerie, sur l'un ou l'autre de ses adorateurs, semble se jeter nue sur eux. J'ai l'impression que le romain est le préféré, car c'est à lui que s'adressent de préférence les sourires et les coups d'œil et il reçoit plus souvent la tête sur son épaule. “Voilà, la déesse est satisfaite” dit le romain. “Rome a donné une monture à la nouvelle Vénus et là se trouve l'Apollon que tu as voulu voir. Charme-le donc... mais laisse-nous aussi quelques bribes de tes charmes.” Marie rit et d'un mouvement agile et provocant se jette à terre découvrant ses pieds chaussés de sandales blanches avec des boucles d'or et une partie de la jambe. Puis couvrant le tout, le vêtement très ample, de laine fine comme le voile et très blanc, retenu à la taille, mais très bas à la hauteurs des hanches, par une ceinture à boucles d'or dénouées. Et la femme se dresse comme une fleur de chair, une fleur impure, éclose par un sortilège sur le plateau vert où se trouvent quantité de muguets et de narcisses sauvages. Elle est belle plus que jamais. La bouche petite et pourpre semble un œillet qui se détache sur la blancheur d'une dentition parfaite. Le visage et le corps pourraient satisfaire le peintre ou le sculpteur le plus difficile tant pour les teintes que pour les formes. Large de poitrine avec des hanches bien proportionnées, avec une taille naturellement souple et fine en comparaison de la poitrine et des hanches, elle semble une déesse comme l'a dit le romain, une déesse sculptée dans un marbre légèrement rosé sur lequel l'étoffe légère se tend sur les côtés pour retomber ensuite en plis nombreux sur le devant. Tout est étudié pour plaire. Jésus la regarde fixement, et elle soutient effrontément son regard en riant et en se tournant légèrement à cause des chatouilles que le romain lui fait en passant sur ses épaules et sur son sein découverts un brin de muguet cueilli dans l'herbe. Marie, avec un courroux étudié et faux, relève son voile en disant: “Respecte ma candeur” ce qui fait éclater les quatre en un bruyant éclat de rire. Jésus continue de la fixer. Quand le bruit des éclats de rire s'atténue, comme si l'apparition de la femme avait rallumé la flamme du discours qui tombait, Jésus reprend la parole et ne la regarde plus. Mais il regarde ses auditeurs qui paraissent agités et scandalisés par cette aventure. Jésus reprend: “J'ai dit d'être fidèles à la Loi, humbles, miséricordieux, d'aimer non seulement les frères nés des mêmes parents mais tous ceux qui sont pour vous des frères parce qu'ils ont la même origine humaine. Je vous ai dit que le pardon est plus utile que la rancœur, qu'il vaut mieux compatir que d'être inexorables. Mais maintenant je vous dis qu'on ne doit pas condamner si on n'est pas exempt du péché qui nous porterait à condamner. Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens qui sont sévères avec tout le monde, mais pas avec eux-mêmes. Ils appellent impur ce qui est extérieur et peut ne souiller que l'extérieur, et ils accueillent l'impureté au plus profond de leur sein, dans leur cœur. Dieu n'est pas avec ceux qui sont impurs, car l'impureté corrompt ce qui est la propriété de Dieu: les âmes, et surtout les âmes des petits qui sont des anges répandus sur la terre. Malheur à ceux qui leur arrachent les ailes avec la cruauté de fauves démoniaques et qui jettent dans la boue ces fleurs du Ciel en leur faisant connaître le goût de la matière! Malheur!... Il vaudrait mieux qu'ils meurent brûlés par la foudre plutôt que d'arriver à un tel péché! Malheur à vous, riches et jouisseurs! Car c'est justement parmi vous que fermente la plus grande impureté à laquelle l'oisiveté et l'argent servent de lit et d'oreiller! Maintenant, vous êtes repus. La nourriture des concupiscences vous arrive jusqu'à la gorge et vous étrangle. Mais vous aurez faim, une faim redoutable et que rien ne rassasiera ni n'adoucira pendant l'éternité. Maintenant vous êtes riches. Que de bien vous pourriez faire avec votre richesse! Mais vous en faites un mal pour vous et pour les autres. Vous connaîtrez une pauvreté atroce un jour, lequel n'aura pas de fin. Maintenant vous riez. Vous vous prenez pour des triomphateurs. Mais vos larmes rempliront les étangs de la Géhenne et elles ne s'arrêteront plus. Où se niche l'adultère? Où se niche la corruption des jeunes filles? Qui a deux ou trois lits de débauche, en plus de son lit d'époux, et sur lesquels il répand son argent et la vigueur d'un corps que Dieu lui a donné sain pour qu'il travaille pour sa famille et non pour qu'il s'épuise en débauches dégoûtantes qui le mettent au-dessous d'une bête immonde? Vous avez appris qu'il a été dit: "Ne commets pas l'adultère". Mais Moi, je vous dis que celui qui aura regardé une femme avec un désir impur, que celle qui est allée vers un homme avec un désir impur, avec cela seulement, a déjà commis l'adultère en son cœur. Aucune raison ne justifie la fornication. Aucune. Ni l'abandon et la répudiation d'un mari. Ni la pitié envers une femme répudiée. Vous n'avez qu'une seule âme. Quand elle est engagée avec une autre par un pacte de fidélité, qu'elle ne mente pas, autrement ce beau corps avec lequel vous péchez ira avec vous, âmes impures, dans des flammes qui ne s'éteindront pas. Mutilez-le plutôt, mais ne le tuez pas pour toujours par la damnation. Redevenez hommes, vous, les riches, sentines vermineuses du vice, redevenez hommes pour ne pas inspirer le dégoût au Ciel ... ” Marie, au commencement, a écouté avec un visage qui était un poème de séduction et d'ironie, éclatant de temps à autre en rires méprisants. Sur la fin du discours elle devient rouge de colère. Elle comprend que, sans la regarder, c'est à elle que Jésus parle. Sa colère s'enflamme toujours plus. Elle se révolte et à la fin elle n'y résiste plus. Elle s'enveloppe méprisante dans son voile et, suivie par les regards de la foule qui la méprise et par la voix de Jésus qui la poursuit, elle se sauve à toutes jambes sur la pente en laissant des morceaux de vêtements aux chardons et aux églantiers qui sont aux bords du sentier. Elle rit de rage et de mépris. Je ne vois rien d'autre. Mais Jésus me dit: “Tu vas encore voir.” Jésus reprend: “Vous êtes indignés de cet événement. Cela fait deux jours que notre refuge, bien au-dessus de la boue, est troublé par le sifflement de Satan. Ce n'est donc plus un refuge, et nous allons le quitter. Mais je veux terminer pour vous ce code du "plus parfait" dans cette ampleur de lumière et d'horizon. Ici, réellement, Dieu apparaît dans sa majesté de Créateur et, en voyant ses merveilles, nous pouvons croire fermement que le Maître c'est Lui et non pas Satan. Le Malin ne pourrait même pas créer un brin d'herbe. Mais Dieu peut tout. Que cela nous réconforte. Mais vous êtes maintenant tous au soleil. Et cela vous gêne. Dispersez-vous alors sur les pentes. Il y a de l'ombre et de la fraîcheur. Prenez votre repas, si vous voulez. Je vous parlerai du même sujet. Plusieurs raisons nous ont retardés. Mais ne le regrettez pas. Ici, vous êtes avec Dieu.” La foule crie: “Oui, oui, avec Toi” et les gens s'en vont sous les bosquets épars du côté de l'orient de façon que le versant de la colline et les branches les abritent du soleil déjà trop chaud. Entre temps, Jésus dit à Pierre de démonter la tente. “Mais... nous partons réellement?” “Oui.” “Parce qu'elle est venue, elle? ... ” “Oui, mais ne le dis à personne et surtout pas au Zélote. Il en resterait affligé à cause de Lazare. Je ne puis permettre que la parole de Dieu soit exposée au mépris des païens ... ” “Je comprends, je comprends ... ” “Alors, comprends aussi une autre chose.” “Laquelle, Maître?” “La nécessité de se taire en certains cas. Je me fie à toi. Tu m'es si cher mais tu es aussi d'une impulsivité qui te fait faire des observations blessantes.” “Je comprends... tu ne veux pas à cause de Lazare et de Simon ... ” “Et pour d'autres encore.” “Tu penses qu'il y en aura aujourd'hui?” “Aujourd'hui, demain et après demain et toujours. Et il sera toujours nécessaire de surveiller l'impulsivité de mon Simon de Jonas. Va, va faire ce que je t'ai dit.” Pierre s'en va, en appelant à son aide ses compagnons. L'Iscariote est resté pensif dans un coin. Jésus l'appelle par trois fois parce qu'il n'entend pas. À la fin, il se retourne: “Tu me veux, Maître?” demande-t-il. “Oui, va toi aussi prendre ta nourriture et aider tes compagnons.” “Je n'ai pas faim. Ni Toi non plus.” “Moi non plus, mais pour des motifs opposés. Tu es troublé, Judas?” “Non, Maître. Fatigué ... ” “Maintenant nous allons sur le lac, et puis en Judée, Judas. Et chez ta mère. Je te l'ai promis ... ” Judas se sent mieux. “Tu viens bien avec moi seul?” “Mais certainement. Aime-moi bien, Judas. Je voudrais que mon amour fût en toi au point de te préserver de tout mal.” “Maître... je suis un homme. Je ne suis pas un ange. J'ai des moments de fatigue. Est-ce un péché d'avoir besoin de dormir?” “Non, si tu dors sur ma poitrine. Regarde là les gens, comme ils sont heureux et comme il est gai d'ici, le paysage. Cependant la. Judée aussi doit être très belle au printemps.” “Très belle, Maître. Seulement, là-bas sur les montagnes qui sont plus élevées qu'ici, le printemps est plus tardif. Mais les fleurs sont très belles. Les pommeraies sont une splendeur. La mienne, grâce aux soins de maman, est une des plus belles. Et quand elle s'y promène avec des colombes qui lui courent après pour avoir du grain, crois bien que c'est une vue apaisante pour le cœur.” “Je le crois. Si ma Mère n'est pas trop fatiguée, j'aurais plaisir à l'amener chez la tienne. Elles s'aimeraient, car elles sont bonnes toutes les deux.” Judas, séduit par cette idée, redevient tranquille. Il oublie son manque d'appétit et sa fatigue et court vers ses compagnons en riant joyeusement. Grand comme il est, il défait sans fatigue les nœuds les plus élevés et il mange son pain et ses olives, joyeux comme un enfant. Jésus le regarde avec compassion et puis se dirige vers ses apôtres. “Voici du pain, Maître, et un œuf. Je me le suis fait donner par ce riche habillé de rouge. Je lui ai dit: "Tu es heureux d'écouter. Lui parle et il est épuisé. Donne-moi un de tes œufs. Cela fera plus de bien à Lui qu'à toi".” “Mais, Pierre!” “Non, Maître! Tu es pâle comme un bébé qui suce un sein épuisé, et tu es en train de devenir maigre comme un poisson après les amours. Laisse-moi faire; je ne veux pas avoir de reproches à me faire. Maintenant, je vais le mettre dans cette cendre chaude. Ce sont les branchages que j'ai brûlés. Tu vas le boire. Je ne sais combien de temps il y a... combien de jours? Des semaines certainement qu'on ne mange que du pain et des olives et un peu de lait... Hum! On dirait qu'on se purge. Et Toi, tu manges moins que tous et tu parles pour tous. Voici l'œuf. Bois-le tant qu'il est tiède. Cela te fera du bien.” Jésus obéit et voyant que Pierre ne mange que du pain, il lui demande: “Et toi? Les olives?” “Chut! Elles vont me servir après. Je les ai promises.” “A qui?” “A des enfants. Pourtant, s'ils ne se tiennent pas tranquilles jusqu'à la fin, je mange les olives et je leur donne les noyaux, c'est-à-dire des claques.” “Mais, très bien!” “Hé! je ne les donnerai jamais. Mais si on ne fait pas ainsi! J'en ai tant reçu, moi aussi, et si on avait dû me donner toutes celles que je méritais pour mes gamineries, j'aurais dû en recevoir dix fois plus! Mais cela fait du bien. C'est parce que j'en ai reçu que je suis ainsi. ” Tout le monde rit de la sincérité de l'apôtre. “Maître, je voudrais te dire qu'aujourd'hui c'est vendredi et que ces gens... je ne sais s'ils pourront se procurer des vivres à temps pour demain ou regagner leurs maisons” dit Barthélémy. “C'est vrai! C'est vendredi!” disent plusieurs. “Peu importe. Dieu y pourvoira, mais nous le leur dirons.” Jésus se lève et va à sa nouvelle place au milieu de la foule éparse parmi les bosquets. “En premier lieu, je vous rappelle que c'est vendredi. Maintenant je vous dis que ceux qui craignent de ne pouvoir regagner à temps leurs maisons ou n'arrivent pas à croire que Dieu donnera demain la nourriture à ses fils, peuvent se retirer tout de suite pour que la nuit ne les surprenne pas en route. ” Sur toute la foule, une cinquantaine de personnes se lèvent. Les autres restent où elles sont. Jésus sourit et commence à parler. “Vous avez appris qu'il a été dit autrefois: "Ne commets pas l'adultère". Ceux parmi vous, qui m'ont entendu dans d'autres endroits, savent que plusieurs fois j'ai parlé de ce péché. Parce que, faites bien attention, ce péché n'intéresse pas une seule personne, mais intéresse deux ou trois personnes. Et je m'explique. Celui qui commet l'adultère pèche pour lui-même, il pèche pour sa complice, il pèche en portant au péché la femme ou le mari trahi qui peuvent en arriver au désespoir ou à pécher eux-mêmes. Ceci pour le péché consommé. Mais je vous dis en plus. Je vous dis: "Non seulement le péché consommé, mais le désir de le consommer est déjà péché". Qu'est-ce que l'adultère? C'est le désir fiévreux de celui ou de celle qui n'est pas à nous. On commence à pécher par le désir, on continue par la séduction, on complète par la persuasion, l'acte couronne le tout. Comment commence-t-on? Généralement par un regard impur. Et cela nous ramène à ce que je disais auparavant. L'œil impur voit ce qui est caché à celui qui est pur, et par l'œil, la soif entre dans le gosier, la faim dans le corps, la fièvre dans le sang. Soif, faim, fièvre charnelle. C'est le commencement du délire. Si l'autre, la personne regardée est honnête, celui qui délire reste seul à se retourner sur des charbons ardents, ou bien il en arrive à calomnier pour se venger. Si elle est malhonnête, elle se fait complice du regard et alors commence la descente vers le péché. Aussi je vous dis: "Celui qui regarde une femme en la désirant, a déjà commis l'adultère car dans sa pensée il a déjà commis l'acte qu'il désire". Plutôt que cela, si ton œil droit est pour toi occasion de scandale, arrache-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi être borgne que de tomber pour toujours dans les ténèbres infernales. Et si ta main droite a péché, coupe-la et jette-la. Il vaut mieux pour toi avoir un membre de moins plutôt que de tomber tout entier dans l'enfer. Il est vrai qu'il est dit que ceux qui sont difformes ne peuvent servir Dieu dans le Temple. Mais après la vie, ceux qui sont difformes de naissance, s'il sont saints ou ceux qui le sont par' vertu, deviendront plus beaux que des anges et serviront Dieu en l'aimant dans la joie du Ciel. Il a été dit aussi: "Que celui qui renvoie sa femme lui donne un libellé de divorce". Mais c'est une chose à réprouver. Elle ne vient pas de Dieu. Dieu dit à Adam: "C'est la compagne que j'ai faite pour toi. Croissez et multipliez-vous sur la terre, remplissez-la et soumettez-la à votre pouvoir". Et Adam, rempli d'une intelligence supérieure car le péché n'avait pas encore troublé sa raison sortie parfaite de Dieu, s'écria: "Voilà enfin l'os de mes os et la chair de ma chair. On l'appellera Virago, c'est-à-dire un autre moi-même parce qu'elle est tirée de l'homme. Pour ce motif, l'homme laissera son père et sa mère et les deux seront une seule chair". Et avec l'éclat d'une splendeur accrue, l'éternelle Lumière approuva avec un sourire ce qu'avait dit Adam et qui devint la loi première, irréformable. Maintenant, si à cause de la dureté toujours plus grande de l'homme, le législateur humain dut faire une nouvelle loi; si à cause de l'inconstance croissante de l'homme, il dut mettre un frein et dire: "Si pourtant tu l'as répudiée, tu ne peux la reprendre", cela n'efface pas la loi première, authentique, née au Paradis Terrestre et approuvée par Dieu. Moi, je vous dis: "Quiconque renvoie sa propre femme, excepté le cas de l'adultère bien établi, l'expose à l'adultère". Parce que, en effet, que fera dans quatre-vingt-dix pour cent des cas la femme répudiée? Elle fera un second mariage. Avec quelles conséquences? Oh! il y en aurait à dire sur ce sujet! Ne savez-vous pas que vous pouvez provoquer des incestes involontaires avec cette manière d'agir? Que de larmes versées pour une luxure! Oui. Une luxure. Cela n'a pas d'autre nom. Soyez francs. On peut tout surmonter quand l'esprit est droit. Mais tout se prête à motiver les satisfactions de la sensualité quand l'esprit est luxurieux. Frigidité de la femme, lourdeur, inaptitude aux affaires, humeur grincheuse, amour du luxe, on peut tout surmonter, même les maladies, même l'irascibilité, si on s'aime saintement. Mais comme après quelque temps on ne s'aime plus comme au premier jour, voilà qu'alors on regarde comme impossible ce qui est plus que possible et l'on jette une pauvre femme à la rue et on l'envoie à sa perdition. Commet l'adultère celui qui répudie sa femme, et celui qui l'épouse après la répudiation. Seule la mort rompt le mariage. Souvenez-vous-en. Et si vous avez fait un choix malheureux, portez-en les conséquences comme une croix. Vous serez deux malheureux mais saints, vous ne ferez pas de vos enfants des êtres plus malheureux, ces innocents qui ont davantage à souffrir de ces situations difficiles. L'amour de vos enfants devrait vous faire réfléchir cent et cent fois, même dans le cas de la mort du conjoint. Oh! si vous savez vous contenter de ce que vous avez eu et auquel Dieu a dit: "Cela suffit"! Si vous saviez, vous veufs et vous veuves, voir dans la mort non pas un amoindrissement mais une élévation à une perfection de procréateurs! Être mère, même pour la mère défunte. Être père, même pour le père disparu. Avoir deux âmes en une, recueillir l'amour des enfants sur les lèvres refroidies de la personne qui meurt et dire: "Pars en paix, sans crainte pour ceux qui sont venus de toi. Je continuerai à les aimer, pour toi et pour moi, de les aimer deux fois, je serai père et mère, et l'infortune de l'orphelin ne pèsera pas sur eux. Ils ne connaîtront pas la jalousie naturelle de l'enfant du conjoint remarié pour celui ou celle qui prend la place sacrée d'une mère, d'un père appelés par Dieu à une autre demeure". Fils, mon enseignement arrive à sa fin, comme va vers sa fin le jour qui déjà décline, avec le soleil, vers l'occident. De cette rencontre sur la montagne, je veux que vous vous rappeliez les paroles. Gravez-les dans vos cœurs. Relisez-les souvent. Qu'elles soient pour vous un guide perpétuel. Et par-dessus tout soyez bons avec ceux qui sont faibles. Ne jugez pas pour n'être pas jugés. Souvenez-vous qu'il pourrait arriver le moment où Dieu vous rappellerait: "C'est ainsi que tu as jugé. Tu savais donc que c'était mal. Tu as donc commis le péché en sachant bien ce que tu faisais. Maintenant subis ta peine". La charité est déjà une absolution. Ayez la charité en vous, pour tous et à tout propos. Si Dieu vous donne tant de secours pour vous garder droits, ne vous enorgueillissez pas. Mais cherchez à monter, si longue que soit l'échelle de la perfection, et tendez la main à ceux qui sont fatigués, ignorants, à ceux qui sont victimes de subites déceptions. Pourquoi regarder avec tant d'attention le fétu dans l'œil de ton frère si tu ne te soucies pas d'abord d'enlever la poutre qui est dans le tien? Comment peux-tu dire à ton prochain: "Laisse-moi enlever ce fétu de ton œil" alors que t'aveugle la poutre qui est dans le tien? Ne sois pas hypocrite, fils. Enlève d'abord la poutre que tu as dans le tien et alors tu pourras enlever le fétu à ton frère sans l'abîmer complètement. Évitez aussi l'imprudence comme le manque de charité. Je vous ai dit: "Tendez la main à ceux qui sont fatigués, ignorants, victimes de déceptions imprévues". Mais, si c'est charité d'instruire les ignorants, d'encourager ceux qui n'en peuvent plus, de donner de nouvelles ailes à ceux qui pour de multiples raisons ont brisé les leurs, c'est une imprudence de dévoiler les vérités éternelles à ceux qui sont infectés par le satanisme. Ils s'en empareront pour jouer aux prophètes, pour se glisser parmi les simples, pour corrompre, détourner, souiller de manière sacrilège les choses de Dieu. Respect absolu, savoir parler et savoir se taire, savoir réfléchir et savoir agir, voilà les vertus du vrai disciple pour faire des prosélytes et servir Dieu. Vous avez une raison et, si vous êtes justes, Dieu vous donnera toutes ses lumières pour guider encore mieux votre raison. Pensez que les vérités éternelles ressemblent à des perles. On n'a jamais vu jeter des perles aux pourceaux qui préfèrent des glands et de puantes eaux de vaisselle aux perles précieuses. Ils les piétineraient sans pitié et après, furieux d'avoir été trompés, ils se retourneraient contre vous pour vous mettre en pièces. Ne donnez pas les choses saintes aux chiens. Ceci pour maintenant et pour plus tard. Je vous ai parlé longuement, mes fils. Écoutez mes paroles. Celui qui les écoute et les met en pratique est comparable à un homme réfléchi qui, voulant construire une maison, choisit un terrain rocheux. Certes il peinera pour faire les fondations. Il lui faudra travailler avec le pic et le ciseau, se durcir les mains et se fatiguer les reins. Mais ensuite il pourra couler la chaux dans les fentes de la roche et y poser les briques serrées comme dans une muraille de forteresse et la maison s'élèvera solide comme une montagne. Que viennent les intempéries, les ouragans, que les pluies fassent déborder les fleuves, que les vents soufflent, que les flots la frappent, la maison résistera à tout. Ainsi en est-il de celui dont la foi a de solides fondations. Au contraire, celui qui écoute sans se laisser pénétrer et ne s'efforce pas de graver mes paroles dans son cœur parce qu'il sait que pour cela il devrait se donner de la peine, éprouver de la souffrance, extirper trop de choses, celui-là est semblable à celui qui par paresse et sottise construit sa maison sur le sable. Sitôt que viennent les intempéries, la maison vite construite aussi vite s'écroule et l'imbécile regarde désolé les décombres et l'anéantissement de son capital. Et ici, il ne reste qu'une ruine qu'on peut réparer en faisant des frais et en se donnant du mal. Mais pour l'édifice d'un esprit qui s'est écroulé parce qu'il était mal bâti, il ne reste plus rien pour la reconstruction. Dans l'autre vie, pas de construction. Malheur à celui qui n'a que des décombres à présenter! J'ai fini. Maintenant je descends vers le lac et je vous bénis au nom du Dieu Un et Trin. Que ma paix soit avec vous.” Mais la foule crie: “Nous venons avec Toi. Laisse-nous venir! Personne n'a des paroles comme les tiennes!” Et ils se mettent à suivre Jésus qui descend non pas du côté par où il est monté, mais par le côté opposé et s'en va directement vers Capharnaüm. La descente est plus abrupte, mais beaucoup plus rapide, et ils ont vite fait d'arriver au pied de la montagne qui débouche dans une plaine verte et fleurie.
(Jésus dit: “Cela suffit pour aujourd'hui. Demain ... ”)
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 8 septembre 2019, Treizième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,11-19. 
En ce temps-là, Jésus faisait route vers Jérusalem et passait aux confins de la Samarie et de la Galilée.
Et alors qu'il entrait dans un village, vinrent à sa rencontre dix lépreux, qui se tinrent à distance ;
et, élevant la voix, ils dirent : " Maître Jésus, ayez pitié de nous ! "
Les ayant vus, il leur dit : " Allez vous montrer aux prêtres. " Et, comme ils y allaient, ils furent guéris.
L'un d'entre eux, voyant qu'il était guéri, revint en glorifiant Dieu à haute voix,
tomba à ses pieds la face contre terre et lui rendit grâces. Et c'était un Samaritain.
Prenant la parole, Jésus dit : " Est-ce que les dix n'ont pas été guéris ? Et les neuf, où sont-ils ?
Ne s'est-il trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir rendre gloire à Dieu ? "
Et il lui dit : " Lève-toi, va ; ta foi t'a sauvé. "
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta
  • Traduction de 2017 : Tome 7, Ch 483, p 431
  • Ancienne traduction :  Tome 7, Ch 178, p 148        (CD 7, piste 55)
Ils sont toujours dans les montagnes, des montagnes escarpées, sur certains petits chemins où ne passent certes pas des chars, mais seulement des voyageurs à pied ou des gens montés sur des ânes vigoureux de la montagne, plus grands et plus robustes que les ânes que l'on rencontre habituellement dans les régions moins accidentées. Une observation qui à plusieurs paraîtra inutile, mais que je fais quand même. En Samarie il y a des usages différents de ceux des autres lieux, en fait de vêtements et pour beaucoup d'autres choses. Et l'un c'est la quantité de chiens, insolite ailleurs, qui me frappe, comme m'a frappée la présence des porcs dans la Décapole. Beaucoup de chiens peut-être parce que la Samarie a beaucoup de bergers et doit avoir beaucoup de loups dans ces montagnes si sauvages. Beaucoup aussi parce que les bergers, en Samarie, je les vois le plus souvent seuls, tout au plus avec un enfant, faisant paître leurs propres troupeaux, alors qu'ailleurs, la plupart du temps, ils sont à plusieurs pour garder des troupeaux nombreux de quelque riche. Le fait est qu'ici chaque berger a son chien ou plusieurs, selon le nombre de brebis de son troupeau. Une autre caractéristique c'est précisément ces ânes presque aussi grands qu'un cheval, robustes, capables d'escalader ces montagnes avec un lourd chargement sur le bât, même de grosses bûches, forts comme ils en descendent de ces magnifiques montagnes couvertes de bois séculaires. Autre particularité: les manières dégagées des habitants qui, sans être des “pécheurs” comme les jugent les juifs et les galiléens, sont ouverts, francs, sans bigoterie, sans toutes ces histoires qu'ont les autres, et hospitaliers. Cette constatation me fait penser que dans la parabole du bon samaritain, il n'y a pas eu seulement l'intention de faire ressortir que le bon et le mauvais existent partout, dans tous les lieux et chez toutes les races, et même chez les hérétiques il y en a qui peuvent avoir le cœur droit, mais vraiment aussi la description réelle des habitudes samaritaines envers ceux qui ont besoin d'être aidés. Ils se sont arrêtés au Pentateuque - je ne les entends parler que de cela - mais ils le pratiquent, du moins envers le prochain, avec plus de droiture que les autres, avec leurs six-cent-treize articles de préceptes, etc. Les apôtres parlent avec le Maître, et bien qu'ils soient incorrigiblement israélites, ils doivent reconnaître et louer l'esprit qu'ils ont trouvé chez les habitants de Sichem qui, je le comprends par les conversations que j'entends, ont invité Jésus à séjourner au milieu d'eux. “Tu as entendu, hein?” dit Pierre “comme ils ont dit clairement qu'ils connaissent la haine des juifs? Ils ont dit: "Pour Toi et sur Toi il y a plus de haine que pour nous samaritains pour tous ceux que nous sommes et que nous avons été. Leur haine pour Toi est sans bornes".” “Et ce vieillard? Comme il a bien parlé: "C'est juste, au fond, qu'il en soit ainsi, parce que tu n'es pas un homme mais tu es le Christ, le Sauveur du monde et donc tu es le Fils de Dieu, car seul un Dieu peut sauver le monde corrompu. Par conséquent, étant sans limites comme Dieu, sans limites dans ta puissance, dans ta sainteté et dans ton amour, comme sera sans limites ta victoire sur le Mal, ainsi il est naturel que le Mal et la Haine, qui n'est qu'une seule chose avec le Mal, soient sans limites contre Toi". Il a vraiment bien parlé! Et cette raison explique tant de choses!” dit le Zélote. “Qu'explique-t-elle, selon toi? Moi… je dis qu'elle explique seulement que ce sont des sots” dit Thomas expéditif. “Non. La sottise serait encore une excuse, mais ils ne sont pas sots.” “Ils sont ivres alors, ivres de haine” réplique Thomas. “Pas même. L'ivresse cède après s'être déchaînée. Cette rancœur ne cède pas.” “Et plus déchaînée que cela! Et depuis si longtemps… qu'elle aurait dû tomber maintenant.” “Amis, elle n'a pas encore touché le but” dit Jésus avec calme comme si le but de la haine n'était pas son supplice. “Non?! Mais s'ils ne nous laissent jamais en paix?!” “Maître, eux ne sont pas encore convaincus que j'ai dit la vérité. Mais je l'ai dite. Oh! oui, je l'ai dite! Et je dis aussi que si cela avait dépendu de vous, vous seriez tous tombés dans le piège comme y est tombé le Baptiste. Mais ils ne réussiront pas, car je veille…” dit l'Iscariote. Et Jésus le regarde. Et je le regarde, moi aussi, me demandant, et je me le demande depuis quelques jours, si la conduite de l'Iscariote est due à un bon et réel retour sur le chemin du bien et de l'amour pour son Maître, une libération des forces humaines et extra-humaines qui le possédaient, ou si c'est un travail plus raffiné de préparation au coup final, un asservissement plus grand aux ennemis du Christ et à Satan. Mais Judas est un être tellement spécial, qu'il est impossible de le déchiffrer. Seul Dieu peut le comprendre. Et Dieu: Jésus, laisse tomber un voile de miséricorde et de prudence sur toutes les actions et la personnalité de son apôtre… un voile qui se déchirera, en éclairant parfaitement tant de pourquoi, maintenant mystérieux, quand seront ouverts les livres des Cieux. Les apôtres sont tellement préoccupés par l'idée que la haine des ennemis n'a pas encore atteint son but, qu'ils ne parlent plus pendant un moment. Puis Thomas s'adresse encore au Zélote pour lui dire: “Et alors, s'ils ne sont ni ivres ni sots, si leur haine explique tant de choses sans expliquer celle-ci, qu'explique-t-elle alors? Que sont-ils? Tu ne l'as pas dit…” “Que sont-ils? Des possédés. Ils sont ce qu'ils disent de Lui. Cela explique leur acharnement qui ne connaît pas de trêve, qui au contraire croît davantage à mesure que se manifeste sa puissance. Il a bien parlé, ce samaritain. En Lui, Fils du Père et de Marie, Homme et Dieu, existe l'Infinité de Dieu, et infinie est la Haine qui s'oppose à cette Infinité parfaite, même si tout en étant sans limites la Haine n'est pas parfaite, car seul Dieu est parfait dans ses actions. Mais si la Haine pouvait atteindre l'abîme de la perfection, elle descendrait pour l'atteindre, se précipiterait même pour l'atteindre, pour rebondir ensuite, par la violence même de sa chute dans l'abîme infernal, contre le Christ, afin de le blesser avec toutes les armes arrachées à l'abîme infernal. Le firmament, réglé par Dieu, a un seul soleil. Il se lève et rayonne et disparaît, en laissant la place au soleil plus petit qu'est la lune, et celle-ci, après avoir rayonné à son tour, se couche pour céder la place au soleil. Les astres enseignent beaucoup de choses aux hommes, car ils se soumettent aux volontés du Créateur, mais les hommes non. Et c'en est un exemple de vouloir s'opposer au Maître. Qu'arriverait-il si, à une aurore, la lune disait: "Je ne veux pas disparaître, et je reviens par le chemin déjà fait"? Certainement, elle irait heurter le soleil, avec horreur et au détriment de toute la Création. C'est ce qu'eux veulent faire, croyant pouvoir briser le Soleil…” “C'est la lutte des Ténèbres contre la Lumière. Nous la voyons chaque jour dans les aubes et les soirées, les deux forces qui se combattent, qui exercent, tour à tour, leur empire sur la Terre. Mais les ténèbres sont toujours vaincues car elles ne sont jamais absolues. Il émane toujours un peu de lumière, même dans la nuit la plus privée d'étoiles. On dirait que l'air la crée de lui-même dans les espaces infinis du firmament et la répande, même si elle est très limitée, pour persuader les hommes que les astres ne sont pas éteints. Et je dis que pareillement, dans ces ténèbres particulières du Mal contre la Lumière qu'est Jésus, toujours, malgré tous les efforts des Ténèbres, la Lumière sera là pour réconforter ceux qui croient en Elle” dit Jean en souriant à sa pensée, tout recueilli en lui-même comme s'il monologuait. Sa pensée est recueillie par Jacques d'Alphée. “Dans les Livres, le Christ est appelé "Étoile du matin". Lui aussi connaîtra donc une nuit, et - je m'en épouvante - nous aussi la connaîtrons, une nuit, un moment où la Lumière semblera avoir perdu sa force et où les Ténèbres sembleront victorieuses. Mais puisqu'il est appelé "Étoile du matin" d'une manière qui exclut toute limite dans le temps, je dis qu'après la nuit momentanée, Lui sera la Lumière matinale, pure, fraîche, virginale, qui renouvellera le monde, pareille à celle qui succéda au Chaos le premier jour. Oh! oui, le monde sera créé de nouveau dans sa Lumière.” “Et la malédiction sera sur les réprouvés qui auront voulu lever la main pour frapper la Lumière, en répétant les erreurs déjà faites, depuis Lucifer jusqu'aux profanateurs du peuple saint. Jéhovah laisse l'homme libre de ses actions, mais par amour pour l'homme lui-même, Il ne permettra pas que l'Enfer prévale.” “Oh! heureusement qu'après un si long assoupissement des esprits, qui semblait les fermer et les engourdir comme par l'effet d'une vieillesse précoce, la sagesse refleurisse sur nos lèvres! Nous ne semblions plus être nous! Maintenant je retrouve le Zélote, et Jean, les deux frères d'autrefois!” dit l'Iscariote, en se félicitant. “Il ne me semble pas que nous ayons changé au point de ne plus paraître nous-mêmes” dit Pierre. “Si nous sommes changés! Tous. Toi le premier, et puis Simon et les autres, moi y compris. S'il y a quelqu'un qui est à peu près ce qu'il a toujours été, c'est Jean.” “Hum! Je ne sais vraiment pas en quoi…” “En quoi? Nous sommes taciturnes, comme las, indifférents, pensifs… Jamais plus on n'entendait de conversations semblables à celles d'autrefois, semblables à celle de maintenant, qui sont si utiles…” “Pour se disputer” dit le Thaddée en rappelant comme souvent, en effet, elles dégénéraient en prises de becs. “Non. Pour nous former, car nous ne sommes pas tous comme Nathanaël, ni comme Simon, ni comme vous d'Alphée, par naissance et par sagesse, et celui qui l'est moins apprend toujours de celui qui l'est plus” réplique l'Iscariote. “Vraiment… moi je dirais qu'il est par-dessus tout nécessaire de se former en justice, et de cela Simon nous en a donné de magnifiques leçons” dit Thomas. “Moi? Tu y vois mal. Je suis le plus sot de tous” dit Pierre. “Non. Tu es celui qui a le plus changé. Pour cela Judas de Kériot a raison. Il n'y a plus beaucoup en toi du Simon que j'ai connu quand je suis venu avec vous et qui, pardonne-moi, resta quelque temps ce qu'il était. Depuis le moment où je t'ai retrouvé, après la séparation pour les Encénies, tu n'as fait que te transformer. Maintenant tu es… oui, je le dis, plus paternel et en même temps plus austère. Tu compatis avec tous tes pauvres frères, alors qu'avant… Et on le voit, moi du moins, je le vois, que cela te coûte, mais tu te domines. Et tu ne nous inspirais jamais le respect comme maintenant que tu parles peu et que tu ne nous fais que peu de reproches…” “Mais, mon ami! Tu es bien bon de me voir ainsi… Moi, à part l'amour que j'ai pour le Maître, et qui grandit toujours, je n'ai vraiment changé en rien.” “Non. Thomas a raison, tu as beaucoup changé” confirment plusieurs. “Mais, c'est vous qui le dites…” dit Pierre en haussant les épaules. Et il ajoute: “Il n'y a que le jugement du Maître qui serait sûr. Mais je me garde bien de le Lui demander. Il connaît ma faiblesse, et il sait que même une louange intempestive pourrait nuire à mon esprit. Aussi il ne me louerait pas, et il ferait bien. Je comprends de mieux en mieux son cœur et sa méthode et j'en vois toute la justice.” “C'est que tu as l'âme droite et que tu aimes de plus en plus. Ce qui te fait voir et comprendre, c'est ton amour pour Moi. Ton Maître, le véritable et plus grand Maître, qui te fait comprendre ton Maître, c'est l'Amour” dit Jésus qui jusqu'à ce moment a écouté sans parler. “Je crois que… c'est aussi la souffrance que j'ai là-dedans…” “Souffrance? Pourquoi?” demandent quelques-uns. “Oh! pour tant de choses qui, au fond, ne sont qu'une seule chose: tout ce que souffre le Maître… et la pensée de ce qu'il souffrira. On ne peut plus être distraits comme les premiers temps, distraits comme des enfants qui ne savent pas, maintenant que l'on connaît de quoi sont capables les hommes et comme on doit souffrir pour les sauver. Oh! nous croyions tout facile les premiers temps! Nous croyions qu'il suffirait de nous présenter pour que les autres viennent de notre bord! Nous croyions que de conquérir Israël et le monde, ce serait comme… de jeter le filet sur un fond poissonneux. Pauvres de nous! Je pense que si Lui ne réussit pas à faire bonne pêche, nous, nous ne ferons rien. Mais cela n'est rien encore! Je pense qu'eux sont méchants et le font souffrir. Et je crois que c'est là le motif de notre changement en général…” “C'est vrai. Pour mon compte, c'est vrai” confirme le Zélote. “Pour moi aussi, pour moi aussi” disent les autres. “Moi, il y a si longtemps que j'étais inquiet pour cela et j'ai cherché à … avoir des aides valables. Mais ils m'ont trahi… et vous vous ne m'avez pas compris… Et moi, je ne vous ai pas compris. Je croyais que vous étiez comme vous êtes par lassitude de l'esprit, par découragement, par déception…” “Moi, je n'ai jamais espéré des joies humaines et par conséquent je ne suis pas déçu” dit le Zélote. “Mon frère et moi, nous le voudrions victorieux, mais pour sa joie. Nous l'avons suivi par amour de parents avant de le faire comme disciples. Nous l'avons toujours suivi depuis l'enfance, Lui le plus jeune de nous, ses frères, mais toujours tellement plus grand de nous…” dit Jacques, avec son admiration sans bornes pour son Jésus. “Si nous avons une souffrance, c'est que nous tous de sa parenté nous ne l'aimons pas en esprit et avec notre seul esprit. Mais nous ne sommes pas les seuls en Israël à l'aimer mal” dit le Thaddée. Judas l'Iscariote le regarde, et peut-être il parlerait, mais il en est empêché par un cri qui arrive à eux d'un monticule dominant le petit village qu'ils sont en train de côtoyer, en cherchant la route pour y entrer. “Jésus! Rabbi Jésus! Fils de David et notre Seigneur, aie pitié de nous.” “Des lépreux! Allons, Maître, autrement le village va accourir et nous retenir dans ses maisons” disent les apôtres. Mais les lépreux ont l'avantage d'être en avance sur eux, montés sur le chemin, mais à cinquante mètres au moins du village. Ils descendent en boitant et courent vers Jésus en répétant leur cri. “Entrons dans le village, Maître, eux ne peuvent pas y entrer” disent certains apôtres, mais d'autres répliquent: “Déjà des femmes viennent regarder. Si nous entrons, nous éviterons les lépreux, mais pas d'être reconnus et retenus.” Et pendant qu'ils se demandent ce qu'il faut faire, les lépreux s'approchent de plus en plus de Jésus, qui sans souci des mais et des si des apôtres, poursuit son chemin. Les apôtres se résignent à le suivre alors que des femmes, avec des enfants à leurs jupons, et quelques vieillards restés dans le village viennent voir, en se tenant à distance prudente des lépreux, qui cependant s'arrêtent à quelques mètres de Jésus et supplient encore: “Jésus, aie pitié de nous!” Jésus les regarde un instant, puis sans s'approcher de ce groupe de douleur, il demande: “Êtes-vous de ce village?” “Non, Maître, de différents endroits. Mais cette montagne où nous restons donne de l'autre côté sur la route de Jéricho et cet endroit est bon pour nous…” “Allez alors au village le plus proche de votre montagne, et montrez-vous aux prêtres.” Et Jésus reprend sa marche en se déplaçant sur le bord du chemin pour ne pas effleurer les lépreux qui le regardent avancer, sans avoir autre chose qu'un regard d'espoir dans leurs pauvres yeux malades. Et Jésus, arrivé à leur hauteur, lève la main pour les bénir. Les gens du village, déçus, retournent dans leurs maisons… Les lépreux grimpent de nouveau sur la montagne pour aller vers leur grotte ou vers le chemin de Jéricho. “Tu as bien fait de ne pas les guérir. Ceux du village ne nous auraient plus laissé aller…” “Oui, et il faudrait arriver à Ephraïm avant la nuit.” Jésus marche en silence. Désormais le village est caché à la vue par les détours de la route très sinueuse car elle suit les caprices de la montagne au pied de laquelle elle est taillée. Mais une voix les rejoint: “Louange au Dieu Très-Haut et à son vrai Messie. En Lui se trouve toute puissance, sagesse et pitié! Louange au Dieu Très-Haut, qui en Lui nous a accordé la paix. Louez-le, vous tous, hommes de Judée et de Samarie, de la Galilée et d'au-delà du Jourdain, jusqu'aux neiges du très haut Hermon, jusqu'aux pierres brûlées de l'Idumée, jusqu'aux sables baignés par les eaux de la Mer Grande, que résonne la louange au Très-haut et à son Christ. Voici accomplie la prophétie de Balaam. L'Étoile de Jacob resplendit sur le ciel rétabli de la patrie réunie par le vrai Berger. Voilà accomplies aussi les promesses faites aux patriarches! Voici, voici la parole d'Élie qui nous aima. Écoutez-la, ô peuples de Palestine, et comprenez-la. On ne doit plus boiter des deux côtés, mais on doit choisir pour la lumière de l'esprit, et si l'esprit est droit, il fera un bon choix. Lui est le Seigneur, suivez-le! Ah! jusqu'à présent nous avons été punis parce que nous ne nous sommes pas efforcés de comprendre! L'homme de Dieu a maudit le faux autel en prophétisant: "Voici que va naître de la maison de David un Fils appelé Josias qui immolera sur l'autel et consumera les os d'Adam. Et alors l'autel se déchirera jusqu'aux viscères de la Terre et les cendres de l'immolation se répandront au nord et au midi, à l'orient et là où le soleil se couche". Ne faites pas comme le sot d'Ochosias, qui envoyait consulter le dieu d'Acaron alors que le Très-Haut était en Israël. Ne soyez pas inférieurs à l'ânesse de Balaam qui pour son respect à l'esprit de lumière aurait mérité la vie, alors que serait tombé frappé le prophète qui ne voyait pas. Voici la Lumière qui passe parmi nous. Ouvrez les yeux, ô aveugles de l'esprit, et voyez” et l'un des lépreux les suit de plus en plus près même sur la grand-route désormais rejointe, en indiquant Jésus aux pèlerins. Les apôtres, fâchés, se retournent deux ou trois fois en intimant au lépreux, parfaitement guéri, l'ordre de se taire. Et ils vont jusqu'à le menacer la dernière fois. Mais lui, cessant d'élever ainsi la voix pour parler à tout le monde, répond: “Et que voulez-vous? Que je ne glorifie pas les grandes choses que Dieu m'a faites? Voulez-vous que je ne le bénisse pas?” “Bénis-le dans ton cœur et tais-toi” lui répondent-ils, fâchés. “Non, je ne puis me taire. Dieu met les paroles sur mes lèvres” et il reprend à haute voix: “Gens des deux endroits de frontière, gens qui passez par hasard, arrêtez-vous pour adorer Celui qui régnera au nom du Seigneur. Je me moquais de tant de paroles, mais maintenant je les répète car je les vois accomplies. Voici que toutes les nations s'ébranlent et viennent joyeuses vers le Seigneur par les chemins des mers et des déserts, par les collines et les monts. Et nous aussi, peuple qui avons cheminé dans les ténèbres, nous allons marcher vers la grande Lumière qui a surgi, vers la Vie, en sortant de la région de la mort. Loups, léopards et lions que nous étions, nous allons renaître dans l'Esprit du Seigneur et nous nous aimerons en Lui, à l'ombre du Rejeton de Jessé devenu un cèdre sous lequel campent les nations rassemblées par Lui aux quatre coins de la Terre. Voici venir le jour où la jalousie d'Ephraïm prendra fin parce qu'il n'y a plus Israël et Juda, mais un seul Royaume: celui du Christ du Seigneur. Voilà, je chante les louanges du Seigneur qui m'a sauvé et consolé. Voilà, je dis: louez-le et venez boire le salut à la source du Sauveur. Hosanna! Hosanna aux grandes choses que Lui fait! Hosanna au Très-Haut qui a placé au milieu des hommes son Esprit en le revêtant de chair, pour qu'il devienne le Rédempteur!” Il est inépuisable. Les gens viennent plus nombreux, se groupent, encombrent la route. Ceux qui étaient en arrière accourent, ceux qui étaient en avant rebroussent chemin. Les gens d'un petit village, près duquel ils sont maintenant, s'unissent aux passants. “Mais fais-le taire, Seigneur. C'est un samaritain: les gens le disent. Il ne doit pas parler de Toi si tu ne permets même pas que nous te précédions en t'annonçant!” disent les apôtres indisposés. “Mes amis, je répète les paroles de Moïse à Josué, fils de Num, qui se lamentait de ce que Eldad et Madad prophétisaient dans les campements: "Es-tu jaloux pour moi, à ma place? Oh! si le peuple tout entier prophétisait ainsi et si le Seigneur pouvait donner à tous son esprit!" Mais cependant je vais m'arrêter et je vais le renvoyer pour vous faire plaisir.” Et il s'arrête en se retournant et en appelant à Lui le lépreux guéri, qui accourt et se prosterne devant Jésus en baisant la poussière. “Lève-toi. Et les autres où sont-ils? N'étiez-vous pas dix? Les neufs autres n'ont pas éprouvé le besoin de remercier le Seigneur. Et quoi? Sur dix lépreux dont un seul était samaritain, il ne s'est trouvé que cet étranger pour éprouver le besoin de revenir pour rendre gloire à Dieu, avant de se rendre lui-même à la vie et à sa famille? Et on l'appelle "samaritain". Ils ne sont plus ivres alors les samaritains, puisqu'ils voient sans avoir la berlue et accourent sans chanceler sur le chemin du Salut? La Parole parle donc un langage étranger, s'il est compris par les étrangers et pas par ceux de son peuple?” Il tourne ses yeux magnifiques sur une foule de tous les lieux de la Palestine qui se trouve là. Et ces yeux dans leur éclat sont insoutenables… Plusieurs baissent la tête et poussent leurs montures ou s'éloignent… Jésus abaisse les yeux sur le samaritain agenouillé à ses pieds, et son regard devient très doux. Il lève la main, qui pendait le long de son côté, en un geste de bénédiction et dit: “Lève-toi et va-t-en. Ta foi a sauvé en toi quelque chose de plus que ta chair. Avance dans la Lumière de Dieu. Va.” L'homme baise de nouveau la poussière et, avant de se lever, demande: “Un nom, Seigneur. Un nom nouveau, puisque tout est nouveau en moi, et pour toujours.” “Dans quelle terre nous trouvons-nous?” “Dans celle d'Ephraïm.” “Et désormais tu t'appelleras Ephrem, parce que c'est deux fois que la Vie t'a donné la vie. Va.” L'homme se lève et s'en va. Les gens de l'endroit et quelques pèlerins voudraient retenir Jésus, mais Lui les subjugue par son regard qui n'est pas sévère, mais au contraire est très doux quand il les regarde, mais qui doit dégager une puissance car personne ne fait un geste pour le retenir. Et Jésus quitte la route sans entrer dans le petit village, traverse un champ, puis un ruisselet et un sentier, et il monte sur le coteau oriental couvert de bois, et s'y enfonce avec les siens en disant: “Pour ne pas nous tromper, nous allons suivre la route, mais en restant dans le bois. Après cette courbe, la route s'appuie à cette montagne. Nous y trouverons quelque grotte pour dormir, pour franchir à l'aube Ephraïm…”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/
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