"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe St Pie V
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
Print Friendly and PDF

Dimanche 1er novembre 2015, Fête de tous les Saints

 
L'Évangile de la Messe St Pie V 
et "L’Évangile tel qu’il m’a été révélé" de Maria Valtorta.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12. 
En ce temps-là, Jésus, voyant les foules, gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples vinrent à lui.
Alors, prenant la parole, il se mit à les enseigner, en disant :
" Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre !
Heureux ceux qui sont affligés, car ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !
Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
Heureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu !
Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous, lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense est grande dans les cieux ; car c'est ainsi qu'ils ont persécuté les prophètes qui ont été avant vous.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 3, Ch 30, p 150 - CD 3, piste 51 - 
Jésus parle aux apôtres en leur assignant à chacun une place pour diriger et surveiller la foule qui monte dès les premières heures de la matinée, avec des malades portés sur les bras ou sur des brancards ou qui se traînent avec des béquilles. Dans la foule, il y a Etienne et Hermas. L'air est pur et un peu frais mais le soleil a vite fait de tempérer cet air de montagne un peu vif. C'est tout avantage, car le soleil donne à l'air une fraîcheur qui n'est pas désagréable. Les gens s'assoient sur des pierres ou des rochers épars dans la vallée entre les deux cimes. Certains attendent que le soleil ait séché l'herbe humide de rosée pour s'asseoir à même le sol. Il y a une foule nombreuse venue de toutes les régions de Palestine, et de toutes conditions. Les apôtres sont perdus dans la foule, mais comme des abeilles qui vont et viennent du pré au rucher, ils reviennent de temps à autre auprès du Maître, pour le renseigner, pour le questionner, pour avoir le plaisir que le Maître les regarde de près. Jésus monte un peu plus haut que le pré qui est au fond de la vallée, s'adosse à la paroi d'un rocher et commence à parler. “Plusieurs m'ont demandé pendant une année de prédication: "Mais, Toi, qui te dis le Fils de Dieu, dis-nous ce qu'est que le Ciel, ce qu'est que le Royaume, ce qu'est Dieu, car nous avons des idées confuses. Nous savons que le Ciel existe avec Dieu et les anges. Mais personne n'est jamais venu nous dire comment il est, puisque il est fermé aux justes". On m'a même demandé ce qu'est que le Royaume et ce qu'est Dieu. Et je me suis efforcé de vous expliquer ce qu'est que le Royaume et ce qu'est Dieu. Efforcé, non parce qu'il m'était difficile de m'expliquer, mais parce qu'il m'est difficile, pour un ensemble de circonstances, de vous faire accepter une vérité qui se heurte, en ce qui concerne le Royaume, contre tout un édifice d'idées qui se sont accumulées au cours des siècles, et en ce qui concerne Dieu contre la sublimité de sa Nature. D'autres encore m'ont demandé: "C'est bien pour ce qui est du Royaume et ce qui est de Dieu. Mais comment conquiert-on celui-ci et celui-là?" Ici aussi j'ai cherché à vous expliquer patiemment l'âme véritable de la Loi du Sinaï. Celui qui fait sienne cette âme s'approprie le Ciel. Mais pour vous expliquer la Loi de Sinaï il faut aussi faire entendre le ton sévère du Législateur et de son Prophète. S'ils promettent des bénédictions à ceux qui l'observent, ils menacent de peines terribles et de malédictions ceux qui désobéissent. La manifestation du Sinaï fut terrible et cette terreur se reflète dans toute la Loi, se reflète dans tous les siècles et dans toutes les âmes. Mais Dieu n'est pas seulement Législateur. Il est Père. Et un Père d'une immense bonté. Peut-être, et sans aucun doute, vos âmes affaiblies par le péché d'origine, par les passions, par les péchés, par des égoïsmes de toutes sortes les vôtres et ceux d'autrui, ces derniers vous faisant une âme irritée, les vôtres une âme fermée, ne peuvent s'élever à la contemplation des infinies perfections de Dieu et de la bonté, encore moins que de toute autre, parce c'est la vertu qui avec l'amour est le moins le partage des mortels. La bonté! Oh! la douceur d'être bons, sans haine, sans envie, sans orgueil! Avoir des yeux qui ne regardent que pour aimer, des mains qui ne se tendent que pour des gestes d'amour, des lèvres qui ne profèrent que des paroles d'amour, et un cœur, un cœur surtout qui uniquement rempli d'amour force les yeux, les mains, et les lèvres à des actes d'amour! Les plus savants d'entre vous savent de quels dons Dieu avait enrichi Adam, pour lui et pour ses descendants. Même les plus ignorants parmi les fils d'Israël savent qu'il y a en nous un esprit. Seuls les pauvres païens l'ignorent, cet hôte royal, ce souffle vital, cette lumière céleste qui sanctifie et vivifie notre corps. Mais les plus savants savent quels dons avaient été donnés à l'homme, à l'esprit de l'homme. Dieu n'a pas été moins généreux pour l'esprit, que pour la chair et le sang de la créature qu'Il avait faite avec un peu de boue et avec son souffle. Comme Il avait donné les dons naturels de beauté et d'intégrité, d'intelligence et de volonté, le don de s'aimer soi-même et d'aimer les autres, de la même façon Il avait donné les dons moraux avec la soumission des sens à la raison. Ainsi dans la liberté et la maîtrise de soi et de la propre volonté, dont Dieu avait doté Adam, ne s'insinuait pas le pervers esclavage des sens et des passions, mais libre était l'amour de soi, libre la volonté, libre une juste jouissance, qui ne vous fait pas esclaves en vous faisant sentir ce poison que Satan a répandu et qui déborde, en vous amenant hors du lit limpide sur des terrains fangeux, dans des marais malsains où fermentent les fièvres des sens charnels et des sens moraux. Pour que vous sachiez que le désir de la pensée vient aussi du sens. Et ils eurent des dons surnaturels, à savoir la Grâce sanctifiante, le destin supérieur, la vision de Dieu. La Grâce sanctifiante: la vie de l'âme. Cette chose extrêmement spirituelle déposée dans notre âme spirituelle. La Grâce qui nous fait fils de Dieu car elle nous préserve de la mort du péché, et celui qui n'est pas mort "vit" dans la maison du Père: le Paradis; dans mon Royaume: le Ciel. Qu'est-ce que cette Grâce qui sanctifie et qui donne Vie et Royaume? Oh! n'employez pas des flots de paroles! La Grâce c'est l'amour. La Grâce, par conséquent, c'est Dieu. C'est Dieu qui en s'admirant dans la créature qu'Il a créée parfaite s'y aime, s'y contemple, s'y désire, se donne ce qui est sien pour multiplier son avoir, pour jouir de cette multiplication, pour s'aimer en tant d'êtres qui sont d'autres Lui-Même. Oh! fils! Ne frustrez pas Dieu de ce qui est son droit! Ne dépouillez pas Dieu de ce qui est son avoir! Ne décevez pas Dieu en ce qui est son désir! Pensez qu'Il agit par amour. Même si vous n'existiez pas, Lui serait toujours l'Infini et sa puissance n'en serait pas diminuée. Mais Lui, bien qu'étant complet dans sa mesure infinie, sans mesure, veut non pas pour Lui ni en Lui - Il ne le pourrait pas puisque Il est déjà l'Infini - mais pour le Créé, sa créature, Lui veut augmenter l'amour bien que ce Créé contienne déjà ce qui permet de donner la Grâce: l'Amour, pour que vous le portiez en vous à la perfection des saints et pour que vous reversiez ce trésor, tiré du trésor que Dieu vous a donné avec sa Grâce et augmenté de toutes vos œuvres saintes, de toute votre vie héroïque de saints, dans l'Océan infini où Dieu se trouve: dans le Ciel. Divines, divines, divines citernes de L'Amour! C'est ce que vous êtes, et à votre être n'est pas donnée la mort, car vous êtes éternels comme Dieu, étant Dieu. Vous existerez et votre être ne connaîtra pas de fin, parce qu'immortels comme les esprits saints qui vous ont suralimentés, en revenant en vous enrichis de vos propres mérites. Vous vivez et nourrissez, vous vivez et enrichissez, vous vivez et formez cette très sainte chose qui est la Communion des esprits, depuis Dieu, Esprit Très Parfait, jusqu'à ce tout petit qui vient de naître qui prend pour la première fois le sein maternel. Ne me jugez pas mal au fond de votre cœur, vous qui êtes savants! Ne dites pas: "C'est un fou' C'est un menteur! Il faut qu'il soit fou pour parler de la Grâce en nous, puisque la Faute nous en a privés, il ment en nous disant déjà unis à Dieu". Oui, la Faute existe; oui, la séparation existe. Mais devant la puissance du Rédempteur, la Faute, séparation cruelle survenue entre le Père et les fils, croulera comme une muraille secouée par le nouveau Samson. Déjà je l'ai saisie et je la secoue et elle vacille, et Satan tremble de colère et d'impuissance ne pouvant rien contre mon pouvoir et se voyant arracher tant de proies et devenir plus difficile l'entraînement de l'homme au péché. Parce que quand, par mon intermédiaire je vous aurai amené à mon Père, et que par l'effusion de mon sang et par ma douleur vous serez devenus purs et forts, la Grâce reviendra en vous vivante, éveillée, puissante et vous serez des triomphateurs, si vous le voulez. Dieu ne vous fait pas violence dans votre pensée ni non plus dans votre sanctification. Vous êtes libres. Mais Il vous rend la force. Il vous délivre de la domination de Satan. À vous de reprendre le joug infernal, ou de mettre à votre âme des ailes d'ange. Tout dépend de vous pour me prendre comme frère pour que je vous g“ de et vous nourrisse d'une nourriture immortelle. "Comment conquérir Dieu et son Royaume en suivant une autre voie plus douce que la voie sévère du Sinaï?" dites-vous. Il n'y a pas d'autre chemin, il y a celui-ci. Mais cependant ne le regardons pas sous le jour de la menace, mais sous le jour de l'amour. Ne disons pas: "Malheur si je ne fais pas ceci!" en restant tremblants dans l'attente du péché, de n'être pas capable de ne pas pécher. Mais disons: "Bienheureux serai-je si je fais ceci" et avec un élan de joie surnaturelle, joyeux, élançons-nous vers ces béatitudes, qui naissent de l'observation de la Loi comme les roses naissent dans un buisson épineux. "Bienheureux si je suis pauvre en esprit, car alors le Royaume des Cieux est à moi!  Bienheureux si je suis doux, parce que j'aurai la Terre en héritage! 
Bienheureux si je suis capable de pleurer sans me révolter, car je serai consolé! 
Bienheureux si plus que du pain et du vin qui rassasient la chair, j'ai faim de justice. La Justice me rassasiera! 
Bienheureux si je suis miséricordieux, car je profiterai de la divine miséricorde! 
Bienheureux si je suis pur de cœur, car Dieu se penchera sur mon cœur pur, et moi je Le verrai! 
Bienheureux si j'ai l'esprit de paix, car Dieu m'appellera son fils, car je serai dans la paix et dans l'amour, et Dieu est l'Amour qui aime celui qui est semblable à Lui! 
Bienheureux si, par fidélité à la justice, je suis persécuté parce que pour me dédommager des persécutions de la terre, Dieu me donnera le Royaume des Cieux! 
Bienheureux si on m'outrage et si on m'accuse à tort pour savoir être ton fils, ô Dieu! Ce n'est pas la désolation mais la joie que cela doit m'apporter, car cela me mettra au niveau de tes meilleurs serviteurs, les Prophètes, qui furent persécutés pour la même raison et avec lesquels je crois fermement que je partagerai la même récompense, grande, éternelle, dans le Ciel qui m'appartient!" 
Regardons ainsi le chemin du salut, à travers la joie des saints. "Bienheureux serai-je si je suis pauvre en esprit". Oh! fièvre satanique des richesses à quels délires tu conduis les hommes! Les riches, les pauvres. Le riche qui vit pour son or, idole infâme de son esprit en ruines. Le pauvre qui vit de la haine qu'il a pour le riche qui possède l'or, et même s'il ne se rend pas matériellement homicide, il proclame ses anathèmes contre les riches, leur souhaitant toutes sortes de maux. Il ne suffit pas de ne pas commettre le mal, il faut encore ne pas désirer le faire. Celui qui maudit en souhaitant malheurs et mort ne diffère pas beaucoup de celui qui tue matériellement, car il a en lui le désir de voir périr celui qu'il hait. En vérité je vous dis que le désir n'est qu'un acte que l'on retient, comme le fruit d'une conception déjà formé mais non expulsé. Le désir mauvais empoisonne et corrompt, car il dure davantage que l'acte violent. Il s'enracine plus profondément que l'acte lui-même. Celui qui est pauvre en esprit, s'il est matériellement riche ne pèche pas à cause de l'or, mais avec son or il réalise sa sanctification parce qu'il en fait de l'amour. Aimé et béni, il est semblable à ces sources qui sauvent les voyageurs dans les déserts et qui se donnent sans avarice, heureuses de pouvoir se donner pour soulager ceux qui désespèrent. S'il est réellement pauvre, il est joyeux dans sa pauvreté et trouve son pain agréable. Il est joyeux car il échappe à la fièvre de l'or, son sommeil ignore les cauchemars et il se lève bien reposé pour se mettre tranquillement à son travail qui lui est léger parce qu'il le fait sans avidité et sans envie. L'homme peut être riche matériellement avec l'or, moralement par ce qu'il affectionne. Sous le nom d'or, on comprend non seulement les ressources pécuniaires, mais les maisons, les champs, les bijoux, les meubles, les troupeaux, tout ce qui en somme donne l'aisance à la vie. Les richesses morales consistent dans: les liens de parenté ou de mariage, les amitiés, les richesses intellectuelles, les charges publiques. Comme vous le voyez, pour la première catégorie le pauvre peut dire: "Oh! pour moi, il me suffit de ne pas envier celui qui possède et je me contente de la situation qui m'est imposée"; pour la seconde, celui qui est pauvre doit encore se surveiller car le plus misérable des hommes peut devenir coupable si son esprit n'est pas détaché. Celui qui s'attache immodérément à quelque chose, celui-là pèche. Vous direz: "Mais alors, nous devons haïr le bien que Dieu nous a accordé? Mais alors, pourquoi commande-t-Il d'aimer le père, la mère, l'épouse, les enfants et pourquoi dit-Il: 'Tu aimeras ton prochain comme toi-même'? ". Il faut distinguer. Nous devons aimer le père, la mère, l'épouse et le prochain, mais dans la mesure que Dieu nous a fixée: "comme nous-mêmes". Tandis que Dieu doit être aimé par-dessus tout et avec tout nous-mêmes. Nous ne devons pas aimer Dieu comme nous aimons ceux qui nous sont les plus chers: celle-ci parce qu'elle nous a allaités, cette autre parce qu'elle dort sur notre poitrine et qu'elle nous donne des enfants, mais nous devons l'aimer avec tout nous-mêmes: c'est-à-dire avec toute la capacité d'aimer qui existe dans l'homme: amour de fils, amour d'époux, amour d'ami et oh! ne vous scandalisez pas! amour de père. Oui, pour les intérêts de Dieu, nous devons avoir le même soin qu'un père a pour ses enfants pour lesquels il veille avec amour sur ses biens et les développe, et s'occupe et se préoccupe de sa croissance physique et culturelle et de sa réussite dans le monde. L'amour n'est pas un mal et ne doit pas devenir un mal. Les grâces que Dieu nous accorde ne sont pas un mal et ne doivent pas devenir un mal. Elles sont amour. C'est par amour qu'elles sont données. C'est avec amour qu'il faut user de ces richesses d'affections et de biens que Dieu nous accorde. Et seul celui qui ne s'en fait pas des idoles, mais des moyens pour servir Dieu dans la sainteté, montre qu'il n'a pas d'attachement coupable pour ces biens. Il pratique alors la sainte pauvreté d'esprit qui se dépouille de tout pour être plus libre de conquérir le Dieu Saint, Suprême Richesse. Conquérir Dieu, c'est-à-dire posséder le Royaume des Cieux. "Bienheureux serai-je si je suis doux". Cela peut sembler contraster avec les exemples de la vie journalière. Ceux qui manquent de douceur semblent triompher dans les familles, dans les villes et les nations. Mais est-ce un vrai triomphe? Non. C'est la peur qui en apparence tient soumis ceux qui sont accablés par un despote, mais en réalité, ce n'est qu'un voile qui cache le bouillonnement de la révolte contre le tyran. Ils ne possèdent pas les cœurs de leurs familiers, ni de leurs concitoyens, ni de leurs sujets ceux qui sont coléreux et dominateurs. Ils ne soumettent pas les intelligences et les esprits à leurs enseignements ces maîtres du "je l'ai dit et je l'ai dit". Mais ils ne forment que des autodidactes, des gens qui recherchent une clef qui puisse ouvrir les portes closes d'une sagesse ou d'une science dont ils soupçonnent l'existence et qui est opposée à celle qu'on leur impose. Ils n'amènent pas à Dieu ces prêtres qui ne vont pas à la conquête des esprits avec une douceur patiente, humble, aimante, mais qui semblent des guerriers armés qui se lancent à l'attaque, tant ils marchent avec violence et intransigeance contre les âmes... Oh! pauvres âmes! Si elles étaient saintes, elles n'auraient pas besoin de vous, prêtres, pour rejoindre la Lumière. Elles l'auraient déjà en elles. Si elles étaient justes, elles n'auraient pas besoin de vous, juges, pour être retenues par le frein de la justice. Elles l'auraient déjà en elles. Si elles étaient saines, elles n'auraient besoin de personne pour les soigner. Soyez donc doux. Ne mettez pas les âmes en fuite. Attirez-les par l'amour, car la douceur c'est de l'amour tout comme la pauvreté d'esprit. Si vous êtes doux vous aurez la Terre en héritage. Vous amènerez à Dieu ce domaine qui appartenait à Satan. En effet votre douceur, qui est aussi amour et humilité, aura vaincu la Haine et l'Orgueil, en tuant dans les âmes le roi abject de l'orgueil et de la haine, et le monde vous appartiendra et donc appartiendra à Dieu, car vous serez les justes qui reconnaissent Dieu comme le Maître absolu de la création, à qui on doit donner louange et bénédiction et rendre tout ce qui Lui appartient. "Bienheureux serai-je si je sais pleurer sans me révolter". La douleur existe sur la terre, et la douleur arrache des larmes à l'homme. La douleur n'existait pas. Mais l'homme l'a apportée sur la terre, et par la dépravation de son intelligence s'efforce de la faire croître, de toutes les façons. Il y a les maladies, les malheurs qu'amènent la foudre, la tempête, les avalanches, les tremblements de terre, mais voilà que l'homme pour souffrir et surtout pour faire souffrir - car nous voudrions que ce soit non pas nous, mais les autres qui pâtissent des moyens étudiés pour faire souffrir - voilà que l'homme invente des armes meurtrières toujours plus terribles et des tortures morales toujours plus astucieuses. Que de larmes l'homme arrache à l'homme à l'instigation de son roi secret, Satan! Et pourtant, en vérité je vous dis que ces larmes n'amoindrissent pas l'homme mais le perfectionnent. L'homme est un enfant distrait, un étourdi superficiel, un être d'intelligence tardive jusqu'à ce que les larmes en fassent un adulte, réfléchi, intelligent. Seuls ceux qui pleurent ou qui ont pleuré savent aimer et comprendre. Aimer les frères qui pleurent comme lui, les comprendre dans leurs douleurs, les aider avec une bonté qui a éprouvé comme cela fait mal d'être seul quand on pleure. Et ils savent aimer Dieu, car ils ont compris que tout est douleur excepté Dieu, parce qu'ils ont compris que la douleur s'apaise si on pleure sur le cœur de Dieu, parce qu'ils ont compris que les larmes résignées qui ne brisent pas la foi, qui ne rendent pas la prière aride, qui ne connaissent pas la révolte, changent de nature, et de douleur deviennent consolation. Oui. Ceux qui pleurent en aimant le Seigneur seront consolés. "Bienheureux serai-je si j'ai faim et soif de justice". Du moment où il naît jusqu'au moment où il meurt, l'homme est avide de nourriture. Il ouvre la bouche à sa naissance pour saisir le tétin, il ouvre les lèvres pour absorber de quoi se restaurer dans les étreintes de l'agonie. Il travaille pour se nourrir. La terre est pour lui comme un sein gigantesque auquel il demande incessamment sa nourriture pour ce qui meurt. Mais, qu'est l'homme? Un animal? Non, c'est un fils de Dieu. En exil pendant des années plus ou moins nombreuses, mais sa vie n'est pas finie quand il change de demeure. Il y a une vie à l'intérieur de la vie comme dans une noix il y a le cerneau. Ce n'est pas la coque qui est la noix, mais c'est le cerneau intérieur qui est la noix. Si vous semez une coque de noix, rien ne pousse, mais si vous semez la coque avec la pulpe, il naît un grand arbre. Il en est ainsi de l'homme. Ce n'est pas la chair qui devient immortelle, c'est l'âme. Et il faut la nourrir pour l'amener à l'immortalité à laquelle, par amour, elle peut amener la chair dans la résurrection bienheureuse. La nourriture de l'âme, c'est la Sagesse et la Justice. On les absorbe comme un liquide et une nourriture fortifiants. Et plus on s'en nourrit, plus augmente la sainte avidité de posséder la Sagesse et de connaître la Justice. Mais il viendra un jour où l'âme insatiable de cette sainte faim sera rassasiée. Ce jour viendra. Dieu se donnera à son enfant, il l'attachera directement à son sein, et l'enfant au Paradis se rassasiera de la Mère admirable qui est Dieu Lui-même et ne connaîtra jamais plus la faim mais se reposera bienheureux sur le sein divin. Aucune science humaine n'atteint cette science divine. La curiosité de l'intelligence peut être satisfaite, mais pas les besoins de l'esprit. Et même à cause de la différence de saveur, l'esprit éprouve du dégoût et détourne sa bouche du tétin amer, préférant souffrir de faim qu'absorber une nourriture qui n'est pas venue de Dieu. N'ayez aucune crainte, vous qui êtes assoiffés ou affamés de Dieu! Restez fidèles et vous serez rassasiés par Celui qui vous aime. "Bienheureux serai-je si je suis miséricordieux". Qui, d'entre les hommes, peut dire: "Je n'ai pas besoin de miséricorde"? Personne. Or si dans l'ancienne Loi il est dit: "Oeil pour œil et dent pour dent" pourquoi ne devrait-on pas dire dans la nouvelle: "Qui aura été miséricordieux trouvera miséricorde"? Tous ont besoin de pardon. Eh bien: ce n'est pas la formule et la forme d'un rite, qui ne sont que des symboles extérieurs accordés à l'opaque esprit humain, qui obtiennent le pardon. Mais c'est le rite intérieur de l'amour, ou encore de la miséricorde. Que si on a imposé le sacrifice d'un bouc ou d'un agneau et l'offrande de quelques pièces de monnaie, cela fut fait parce qu'à la base de tout mal on trouve encore toujours deux racines: la cupidité et l'orgueil. La cupidité est punie par la dépense qu'il faut faire pour l'offrande, l'orgueil par la confession publique du rite: "Je célèbre ce sacrifice parce que j'ai péché". Et cela se fait aussi pour annoncer les temps et les signes des temps, et le sang répandu est la figure du Sang qui sera répandu pour effacer les péchés des hommes. Bienheureux donc celui qui sait être miséricordieux pour ceux qui sont affamés, nus, sans toit, pour ceux encore plus misérables qui sont ceux qui ont un mauvais caractère qui fait souffrir ceux qui le possèdent et ceux qui vivent avec eux. Ayez de la miséricorde. Pardonnez, compatissez, secourez, instruisez, soutenez. Ne vous enfermez pas dans une tour de cristal en disant: "Moi, je suis pur, et je ne descends pas parmi les pécheurs". Ne dites pas: "Je suis riche et heureux et je ne veux pas entendre parler des misères d'autrui". Pensez que plus vite que la fumée que disperse un grand vent votre richesse peut se dissiper et aussi votre santé, votre aisance familiale. Et rappelez-vous que le cristal fait office de loupe et que ce qui serait passé inaperçu en vous mêlant à la foule, vous ne pourrez plus le tenir caché si vous vous établissez dans une tour de cristal, seuls, séparés, éclairés de tous côtés. Miséricorde pour accomplir un sacrifice secret, continuel, saint d'expiation et obtenir miséricorde. "Bienheureux serai-je si j'ai le cœur pur". Dieu est Pureté. Le Paradis est le Royaume de la Pureté. Rien d'impur ne peut entrer au Ciel où est Dieu. Par conséquent, si vous êtes impurs, vous ne pourrez entrer dans le Royaume de Dieu. Mais, oh! joie! Joie anticipée que Dieu accorde à ses fils! Celui qui est pur possède dès cette terre un commencement de Ciel, car Dieu se penche sur celui qui est pur, et l'homme qui vit sur la terre voit son Dieu. Il ne connaît pas la saveur des amours humaines mais il goûte, jusqu'à l'extase, la saveur de l'amour divin. Il peut dire: "Je suis avec Toi et Tu es en moi. Je te possède donc et je te connais comme l'époux très aimable de mon âme". Et croyez que celui qui possède Dieu subit, inexplicables à lui-même, des changements substantiels qui le rendent saint, sage, fort. Sur ses lèvres s'épanouissent des paroles, et ses actes possèdent une puissance qui n'est pas de la créature, mais de Dieu qui vit en elle. Qu'est la vie de celui qui voit Dieu? Béatitude. Et vous voudriez vous priver d'un pareil don par une fétide impureté? "Bienheureux serai-je si j'ai un esprit pacifique". La paix est une des caractéristiques de Dieu. Dieu n'est que dans la paix. Car la paix est amour alors que la guerre est haine. Satan, c'est la Haine. Dieu, c'est la Paix. Personne ne peut se dire fils de Dieu et Dieu ne peut reconnaître pour son fils un homme qui a un esprit irascible et toujours prêt à déchaîner des tempêtes. Non seulement, mais de même ne peut se dire fils de Dieu celui qui, ne déchaînant pas personnellement des tempêtes, ne contribue pas par sa grande paix à calmer les tempêtes suscitées par d'autres. Le pacifique répand la paix même s'il se tait. Maître de lui-même et j'ose dire maître de Dieu, il la porte comme une lampe porte sa lumière, comme un encensoir répand son parfum, comme une outre porte son liquide, et il produit la lumière parmi les nuées fumantes des rancœurs. Il purifie l'air des miasmes des aigreurs, il calme les flots furieux des procès par cette huile suave qu'est l'esprit de paix qui émane des fils de Dieu. Faites que Dieu et les hommes puissent vous appeler ainsi. "Bienheureux serai-je si je suis persécuté pour mon amour de la Justice ". L'homme est tellement satanisé qu'il hait le bien partout où il se trouve, qu'il hait celui qui est bon, comme si celui qui est bon, jusque par son silence, l'accusait et lui faisait des reproches. En effet la bonté de quelqu'un fait paraître encore plus noire la méchanceté du méchant. En effet la foi du vrai croyant fait ressortir encore plus vivement l'hypocrisie du faux croyant. En effet, il ne peut pas ne pas être détesté par ceux qui sont injustes, celui qui par sa manière de vivre témoigne sans cesse en faveur de la justice. Et alors, voilà qu'on se déchaîne contre ceux qui aiment la justice. Ici, aussi, c'est comme pour les guerres. L'homme progresse dans l'art satanique de persécuter plus qu'il ne progresse dans l'art saint de l'amour. Mais il ne peut que persécuter ce dont la vie est brève. L'éternel qui est dans l'homme échappe aux pièges et acquiert ainsi une vitalité plus vigoureuse du fait de la persécution. La vie s'enfuit par les blessures qui saignent ou pour les privations qui épuisent celui qui est persécuté, mais le sang fait la pourpre du futur roi et les privations sont autant d'échelons pour s'élever jusqu'aux trônes que le Père a préparés pour ses martyrs, auxquels sont réservés les sièges royaux du Royaume des Cieux. "Bienheureux serai-je si on m'outrage et me calomnie". Ne faites que ce qui peut mériter que votre nom soit inscrit dans les livres célestes, là où ne sont pas notés les noms d'après les mensonges des hommes et les louanges décernées à ceux qui les méritent le moins. Mais où, par contre, sont inscrites avec justice et amour les œuvres des bons pour qu'ils puissent recevoir la récompense promise à ceux qui sont bénis de Dieu. Jusqu'à présent on a calomnié et outragé les Prophètes. Mais quand s'ouvriront les portes des Cieux, comme des rois imposants, ils entreront dans la Cité de Dieu et ils seront salués par les anges, chantant de joie. Vous aussi, vous aussi, outragés et calomniés pour avoir appartenu à Dieu, aurez le triomphe céleste et quand le temps sera fini et le Paradis rempli, alors toute larme vous sera chère parce que par elle vous aurez conquis cette gloire éternelle qu'au nom du Père je vous promets. Allez. Demain je vous parlerai encore. Que restent seulement les malades pour que je les secoure dans leurs peines. Que la paix soit avec vous, et que la méditation du salut par le moyen de l'amour vous mette sur la route qui aboutit au Ciel.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 25 octobre 2015, Fête du Christ-Roi

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18,33-37.
En ce temps-là , Pilate dit à Jésus : « Tu es le roi des Juifs ? »
Jésus répondit: « Dis-tu cela de toi-même, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ?»
Pilate répondit: « Est-ce que je suis Juif ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi: qu'as-tu fait ?»
Jésus répondit: « Mon royaume n'est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs, mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas.»
Pilate lui dit: « Tu es donc roi ?» Jésus répondit: « Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité: quiconque est de la vérité écoute ma voix.»
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 9, Ch 22, p 225 - CD 9, piste 84 -
(...) Jésus entre au Prétoire au milieu des dix lanciers qui forment un carré de hallebardes autour de sa personne. Les deux centurions vont en avant. Jésus s'arrête dans un large atrium, au-delà duquel se trouve une cour que l'on entrevoit derrière un rideau que le vent déplace; eux disparaissent derrière une porte. Ils rentrent avec le Gouverneur vêtu d'une toge très blanche sur laquelle il y a pourtant un manteau écarlate. C'est peut-être ainsi qu'ils étaient quand ils représentaient officiellement Rome. Il entre indolemment, avec un sourire sceptique sur son visage rasé, il frotte entre ses mains des feuilles de cédrat et les flaire avec volupté. Il va vers un cadran solaire et se retourne après l'avoir regardé. Il jette des grains d'encens dans un brasier placé aux pieds d'une divinité. Il se fait apporter de l'eau de cédrat et se gargarise. Il regarde sa coiffure toute bouclée dans un miroir de métal très propre. Il semble avoir oublié le condamné qui attend son approbation pour qu'on le tue. Il ferait venir la colère même à des pierres. Comme l'atrium est complètement ouvert par devant et surélevé de trois hautes marches sur le niveau du vestibule, qui s'ouvre sur la rue déjà surélevé de trois autres marches par rapport à celle-ci, les hébreux voient tout parfaitement et frémissent, mais ils n'osent pas se rebeller par peur des lances et des javelots. Finalement, après avoir marché en long et en large dans la vaste pièce, Pilate va directement en face de Jésus, le regarde et demande aux deux centurions: “Celui-ci?” “Celui-ci.” “Que viennent ses accusateurs” et il va s'asseoir sur un siège placé sur une estrade. Sur sa tête les insignes de Rome s'entrecroisent avec leurs aigles dorées et leur sigle puissant. “Ils ne peuvent pas venir. Ils se contaminent.” “Heu!!! Cela vaut mieux. Nous épargnerons des fleuves d'essences pour enlever l'odeur de bouc à l'endroit. Faites-les approcher au moins. Ici dessous, et faites attention qu'ils n'entrent pas puisqu'ils ne veulent pas le faire. Cet homme peut être un prétexte pour une sédition.” Un soldat s'en va porter l'ordre du Procurateur romain. Les autres s'alignent sur le devant de l'atrium à des distances régulières, beaux comme neuf statues de héros. S'avancent les princes des prêtres, les scribes et les anciens et ils saluent avec des courbettes serviles et ils s'arrêtent sur la petite place qui est devant le Prétoire, au-delà des trois gradins du vestibule. “Parlez et soyez brefs. Déjà vous êtes en faute pour avoir troublé la nuit et obtenu par la force l'ouverture des portes. Mais je contrôlerai. Et mandants et mandataires répondront de la désobéissance au décret.” Pilate est allé vers eux, tout en restant dans le vestibule. “Nous venons soumettre à Rome, dont tu représentes le divin empereur, notre jugement sur celui-ci.” “Quelle accusation portez-vous contre Lui? Il me semble inoffensif…” “Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas amené.” Et dans leur désir violent d'accuser, ils s'avancent. “Repoussez cette plèbe! Six pas au-delà des gradins de la place. Les deux centuries aux armes!” Les soldats obéissent rapidement en s'alignant cent sur le gradin extérieur le plus haut, avec le dos tourné au vestibule, et cent sur la petite place sur laquelle s'ouvre le portail d'entrée à la demeure de Pilate. J'ai dit portail d'entrée: je devrais dire andron ou arc de triomphe parce que c'est une très vaste ouverture bornée par une grille, maintenant grande ouverte, qui permet d'entrer dans l'atrium grâce au long couloir du vestibule large au moins de six mètres, de sorte que l'on voit bien ce qui arrive dans l'atrium surélevé. Au-delà du vaste vestibule on voit les figures bestiales des juifs qui regardent menaçantes et sataniques vers l'intérieur, qui regardent au-delà de la barrière armée qui, coude à coude, comme pour une parade, présente deux cents pointes de lances aux lâches assassins. “Quelle accusation portez-vous contre Lui? Je le répète.” “Il a commis un crime contre la Loi des pères.” “Et vous venez me déranger pour cela? Prenez-le vous et jugez-le selon vos lois.” “Nous ne pouvons pas mettre quelqu'un à mort. Nous ne sommes pas savants. Le Droit hébraïque n'est qu'un enfant déficient devant le Droit parfait de Rome. Comme ignorants et comme sujets de Rome, notre maîtresse, nous avons besoin…” “Depuis quand êtes vous miel et beurre?… Mais vous avez dit une vérité, ô maîtres du mensonge! Vous avez besoin de Rome! Oui. Pour vous débarrasser de Lui qui vous gêne. J'ai compris.” Et Pilate rit en regardant le ciel serein qui s'encadre comme un ruban rectangulaire de turquoise foncée entre les blancs murs de marbre de l'atrium. “Dites: en quoi a-t-il commis un crime contre vos lois?” “Nous avons trouvé qu'il mettait le désordre dans notre nation et qu'il empêchait de payer le tribut à César, en se disant le Christ, roi des juifs.” Pilate retourne près de Jésus, qui est au milieu de l'atrium, laissé là par les soldats lié mais sans escorte tant apparaît nettement sa douceur. Et il Lui demande: “Es-tu le roi des juifs?” “Le demandes-tu de toi-même ou parce que d'autres l'insinuent?” “Et que veux que m'importe ton royaume? Suis-je juif, par hasard? Ta nation et ses chefs t'ont livré pour que je juge. Qu'as-tu fait? Je sais que tu es loyal. Parle. Est-ce vrai que tu aspires à régner?” “Mon Royaume n'est pas de ce monde. Si c'était un royaume du monde, mes ministres et mes soldats auraient combattu pour que les juifs ne s'emparent pas de Moi. Mais mon Royaume n'est pas de la Terre et tu sais que je n'aspire pas au pouvoir.” “C'est vrai. Je le sais, on me l'a dit. Mais tu ne nies pas que tu es roi?” “Tu le dis. Je suis Roi. C'est pour cela que je suis venu au monde: pour rendre témoignage à la Vérité. Qui est ami de la vérité écoute ma voix.” “Et qu'est-ce que c'est la vérité? Tu es philosophe? Cela ne sert pas devant de la mort. Socrate est mort quand même.” “Mais cela lui a servi devant la vie, à bien vivre et aussi à bien mourir. Et à entrer dans la seconde vie sans avoir trahi les vertus civiques.” “Par Jupiter!” Pilate le regarde un moment avec admiration, puis il reprend son sarcasme sceptique. Il fait un geste d'ennui, Lui tourne le dos, et revient vers les juifs. “Je ne trouve en Lui aucune faute.” La foule se déchaîne, prise par la panique de perdre sa proie et le spectacle du supplice. Elle crie: “C'est un rebelle!”, “Un blasphémateur!”, “Il encourage le libertinage!”, “Il pousse à la rébellion!”, “Il refuse le respect à César!”, “Il veut se faire passer pour prophète”, “Il fait de la magie”, “C'est un satan”, “Il soulève le peuple avec ses doctrines en les enseignant dans toute le Judée, à laquelle il est venu de la Galilée en enseignant”, “A mort!”, “A mort!” “Il est galiléen? Tu es galiléen?” Pilate revient vers Jésus: “Tu les entends comme ils t'accusent? Disculpe-toi.” Mais Jésus se tait. Pilate réfléchit… Et il décide. “Une centurie, et qu'on le conduise à Hérode. Qu'il le juge, c'est son sujet. Je reconnais le droit du Tétrarque et je souscris à l'avance à son verdict. Qu'on le lui dise. Allez.” Jésus, encadré comme un gredin par cent soldats, traverse de nouveau la ville et rencontre de nouveau Judas Iscariote qu'il avait déjà rencontré une fois près d'un marché. J'avais oublié auparavant de le dire, écœurée par la bagarre de la populace. Même regard de pitié sur le traître… Maintenant il est plus difficile de Lui donner des coups de pieds et de bâtons, mais les pierres et les immondices ne manquent pas et, si les pierres font seulement du bruit sur les casques et les cuirasses des romains, elles laissent des marques quand elles atteignent Jésus qui s'avance avec son seul vêtement, ayant laissé son manteau au Gethsémani. En entrant dans le fastueux palais d'Hérode, il voit Chouza… qui ne peut le regarder et qui fuit pour ne pas le voir dans cet état en se couvrant la tête de son manteau. Le voilà dans la salle, devant Hérode. Et derrière Lui voilà les scribes et les pharisiens, qui ici se sentent à leur aise, qui entrent en qualité de faux accusateurs. Seul le centurion avec quatre soldats l'escortent devant le Tétrarque. Celui-ci descend de son siège et tourne autour de Jésus en écoutant les accusations de ses ennemis. Il sourit et raille. Puis il feint une pitié et un respect qui ne troublent pas le Martyr, comme ne l'ont pas troublé les railleries. “Tu es grand, je le sais. Et je me suis réjoui que Chouza soit ton ami et Manaën ton disciple. Moi… les soucis de l'État… Mais quel désir de te dire: grand… de te demander pardon… L'œil de Jean… sa voix m'accusent et sont toujours devant moi. Tu es le saint qui efface les péchés du monde. Absous-moi, ô Christ.” Jésus se tait. “J'ai entendu qu'ils t'accusent de t'être dressé contre Rome. Mais n'es-tu la verge promise pour frapper Assur?” Jésus se tait. “On m'a dit que tu prophétises la fin du Temple et de Jérusalem. Mais le Temple n'est-il pas éternel comme esprit, puisqu'il est voulu par Dieu qui est éternel?” Jésus se tait. “Tu es fou? Tu as perdu ton pouvoir? Satan te coupe la parole? Il t'a abandonné?” Hérode rit maintenant, mais ensuite il donne un ordre. Et des serviteurs accourent amenant un lévrier dont la jambe est cassée et qui glapit lamentablement, et un palefrenier idiot dont la tête est pleine d'eau, qui bave, un avorton, jouet des serviteurs. Les scribes et les prêtres fuient en criant au sacrilège en voyant le chien sur un brancard. Hérode, faux et railleur, explique: “C'est le préféré d'Hérodiade. Un cadeau de Rome. Il s'est cassé une patte hier et elle pleure. Commande qu'il guérisse. Fais un miracle.” Jésus le regarde avec sévérité et se tait. “Je t'ai offensé? Alors celui-ci. C'est un homme, bien qu'il soit de peu plus qu'une bête. Donne-lui l'intelligence, Toi, Intelligence du Père… N'est-ce pas ce que tu dis?” Et il rit, offensant. Un autre regard plus sévère de Jésus et silence. “Cet homme est trop abstinent et maintenant il est abruti par les mépris. Du vin et des femmes ici, et qu’on le délie.” On le délie. Et pendant que des serviteurs en grand nombre apportent des amphores et des coupes, des danseuses entrent… couvertes de rien. Une frange multicolore de lin ceint pour unique vêtement leur mince personne de la ceinture aux hanches. Rien d'autre. Bronzées parce que africaines, souples comme de jeunes gazelles, elles commencent une danse silencieuse et lascive. Jésus repousse les coupes et il ferme les yeux sans parler. La cour d'Hérode rit devant son indignation. “Prends celle que tu veux. Vis! Apprends à vivre!…” Insinue Hérode. Jésus semble une statue. Les bras croisés, les yeux fermés, il ne bouge pas même quand les danseuses impudiques le frôlent de leurs corps nus. “Suffit. Je t'ai traité en Dieu et tu n'as pas agi en Dieu. Je t'ai traité en homme et tu n'as pas agi en homme. Tu es fou. Un vêtement blanc. Revêtez-le de celui-ci pour que Ponce Pilate sache que le Tétrarque a jugé fou son sujet. Centurion, tu diras au Proconsul que Hérode lui présente humblement son respect et vénère Rome. Allez.” Et Jésus, attaché de nouveau, sort avec une tunique de lin qui Lui arrive aux genoux par dessus son vêtement rouge de laine. Et ils reviennent vers Pilate. Maintenant la centurie fend non sans peine la foule qui ne s'est pas lassée d'attendre devant le palais proconsulaire. Il est étrange de voir une foule si nombreuse en ce lieu et dans le voisinage, alors que le reste de la ville paraît vide. Jésus voit les bergers en groupe et ils sont au complet: Isaac, Jonathas, Lévi, Joseph, Élie, Mathias, Jean, Siméon, Benjamin et Daniel, avec un petit groupe de galiléens où je reconnais Alphée et Joseph d'Alphée, avec deux autres que je ne connais pas, mais que je dirais juifs à cause de leur coiffure. Et plus loin, qui s'est glissé à l'intérieur du vestibule à demi caché derrière une colonne, avec un romain que je dirais un serviteur, il voit Jean. Il sourit à celui-ci et à ceux-là… Ses amis… Mais que sont ces amis si peu nombreux et Jeanne, et Manaën, et Chouza au milieu d'un océan de haine qui bout?… Le centurion salue Ponce Pilate et fait son rapport. “Ici encore?! Ouf! Maudite race! Faites avancer la populace et amenez ici l'Accusé. Heu! Quel ennui!” Il va vers la foule en s'arrêtant toujours au milieu du vestibule. “Hébreux, écoutez. Vous m'avez amené cet homme comme fauteur de troubles. Devant vous je l'ai examiné, et je n'ai trouvé en Lui aucun des crimes dont vous l'accusez. Hérode pas plus que moi n'a rien trouvé. Et il nous l'a renvoyé. Il ne mérite pas la mort. Rome a parlé. Cependant, pour ne pas vous déplaire en vous enlevant votre amusement, je vais vous donner Barabbas. Et Lui, je le ferai frapper par quarante coups de fustigation. Cela suffit.” “Non, non! Pas Barabbas! Pas Barabbas! Pour Jésus la mort! Une mort horrible! Libère Barabbas et condamne le Nazaréen.” “Écoutez! J'ai dit fustigation. Cela ne suffit pas? Je vais le faire flageller alors! C'est atroce, savez-vous? On peut en mourir. Qu'a-t-il fait de mal? Je ne trouve aucune faute en Lui et je le délivrerai.” “Crucifie-le! Crucifie-le! À mort! Tu protèges les criminels! Païen! Satan toi aussi!” La foule s'avance par dessous et le premier rang de soldats se déforme dans le heurt car ils ne peuvent se servir de leurs lances. Mais le second rang, descendant d'un gradin, fait tourner les lances et dégage ses compagnons. “Qu'il soit flagellé” commande Pilate à un centurion. “Combien de coups?” “Autant qu'il te semble… Le tout est d'en finir. Et je suis ennuyé. Va.” Jésus est emmené par quatre soldats dans la cour au-delà de l'atrium. Dans cette cour, toute pavée de marbre de couleur, il y a au milieu une haute colonne semblable à celle du portique. À environ trois mètres du sol elle a un bras de fer qui dépasse d'au moins d'un mètre et se termine en anneau. On y attache Jésus avec les mains jointes au-dessus de la tête, après l'avoir fait déshabiller. Il ne garde qu'un petit caleçon de lin et ses sandales. Les mains, attachées aux poignets, sont élevées jusqu'à l'anneau, de façon que Lui, malgré sa haute taille, n'appuie au sol que la pointe des pieds… Et cette position doit être aussi une torture. J'ai lu, je ne sais où, que la colonne était basse et que Jésus se tenait courbé. Possible. Moi, je dis ce que je vois. Derrière Lui se place une figure de bourreau au net profil hébraïque, devant Lui une autre figure pareille. Ils sont armés d'un fouet fait de sept lanières de cuir, attachées à un manche et qui se terminent par un martelet de plomb. Rythmiquement, comme pour un exercice, ils se mettent à frapper. L'un devant, l'autre derrière, de manière que le tronc de Jésus se trouve pris dans un tourbillon de coups de fouets. Les quatre soldats auxquels il a été remis, indifférents, se sont mis à jouer aux dés avec trois autres soldats qui se sont joints à eux. Et les voix des joueurs suivent la cadence des fouets qui sifflent comme des serpents et puis résonnent comme des pierres jetées sur la peau tendue d'un tambour. Ils frappent le pauvre corps si mince et d'un blanc de vieil ivoire et qui se zèbre d'abord d'un rose de plus en plus vif, puis violet, puis il se couvre de traces d'indigo gonflées de sang, qui se rompent en laissant couler du sang de tous côtés. Ils frappent en particulier le thorax et l'abdomen, mais il ne manque pas de coups donnés aux jambes et aux bras et même à la tête, pour qu'il n'y eût pas un lambeau de la peau qui ne souffrît pas. Et pas une plainte… S'il n'était pas soutenu par les cordes, il tomberait. Mais il ne tombe pas et ne gémit pas. Seulement, après une grêle de coups qu'il a reçus, sa tête pend sur sa poitrine comme s'il s'évanouissait. “Ohé! Arrête-toi! Il doit être tué vivant” crie et bougonne un soldat. Les deux bourreaux s'arrêtent et essuient leur sueur. “Nous sommes épuisés” disent-ils. “Donnez-nous la paie, pour que l'on puisse boire pour se désaltérer…” “C'est la potence que je vous donnerais! Mais prenez…!” et le décurion jette une large pièce à chacun des deux bourreaux. “Vous avez travaillé comme il faut. Il ressemble à une mosaïque. Tito, tu dis que c'était vraiment Lui l'amour d'Alexandre? Alors nous le lui ferons savoir pour qu'il en fasse le deuil. Délions-le un peu.” Ils le délient et Jésus s'abat sur le sol comme s'il était mort. Ils le laissent là, le heurtant de temps en temps de leurs pieds chaussés de caliges pour voir s'il gémit. Mais Lui se tait. “Qu'il soit mort? C'est possible? Il est jeune et c'est un artisan, m'a-t-on dit… et on dirait une dame délicate.” “Maintenant je m'en occupe” dit un soldat. Et il l'assoit, le dos appuyé à la colonne. Où il était, il y a des caillots de sang… Puis il va à une fontaine qui coule sous le portique, remplit d'eau une cuvette et la renverse sur la tête et le corps de Jésus. “Voilà! L'eau fait du bien aux fleurs.” Jésus soupire profondément et il va se lever, mais il reste encore les yeux fermés. “Oh! bien! Allons, mignon! Ta dame t'attend!…” Mais Jésus appuie inutilement les mains au sol pour tenter de se redresser. “Allons! Vite! Tu es faible? Voilà pour te redonner des forces” raille un autre soldat. Et avec le manche de sa hallebarde il Lui donne une volée de coups au visage et il atteint Jésus entre la pommette droite et le nez, qui se met à saigner. Jésus ouvre les yeux, les tourne. Un regard voilé… Il fixe le soldat qui l'a frappé, s'essuie le sang avec la main, et ensuite se lève grâce à un grand effort. “Habille-toi. Ce n'est pas décent de rester ainsi. Impudique!” Et ils rient tous en cercle autour de Lui. Il obéit sans parler. Il se penche, et Lui seul sait ce qu'il souffre en se penchant vers le sol, couvert de contusions comme il l'est et avec des plaies qui lorsque la peau se tend s'ouvrent plus encore et d'autres qui se forment à cause des cloques qui crèvent. Un soldat donne un coup de pied aux vêtements et les éparpille et chaque fois que Jésus les rejoint, allant en titubant où ils sont tombés, un soldat les repousse ou les jette dans une autre direction. Et Jésus, qui éprouve une souffrance aiguë, les suit sans dire un mot pendant que les soldats se moquent de Lui en tenant des propos obscènes. Il peut finalement se revêtir. Il remet aussi le vêtement blanc resté propre dans un coin. Il semble qu'il veuille cacher son pauvre vêtement rouge, qui hier seulement était si beau et qui maintenant est sale et taché par le sang versé au Gethsémani. Et même, avant de mettre sa tunicelle sur la peau, il essuie avec elle son visage mouillé et le nettoie ainsi de la poussière et des crachats. Et lui, le pauvre, le saint visage, apparaît propre, marqué seulement de bleus et de petites blessures. Il redresse sa coiffure tombée en désordre, et sa barbe, par un besoin inné d'être ordonné dans sa personne. Et puis il s'accroupit au soleil, car il tremble, mon Jésus… La fièvre commence à se glisser en Lui avec ses frissons, et aussi se fait sentir la faiblesse venant du sang perdu, du jeûne, du long chemin. On Lui lie de nouveau les mains, et la corde revient scier là où il y a déjà un rouge bracelet de peau écorchée. “Et maintenant? Qu'en faisons-nous? Moi, je m'ennuie!” “Attends. Les juifs veulent un roi, nous allons le leur donner. Celui-là…” dit un soldat. Et il court dehors, certainement dans une cour qui se trouve derrière, d'où il revient avec un fagot de branches d'aubépine sauvage. Elles sont encore flexibles car le printemps garde les branches relativement souples, mais bien dures avec leurs épines longues et pointues. Avec leur dague ils enlèvent les feuilles et les fleurettes, ils plient les branches en forme de cercle et les enfoncent sur la pauvre tête. Mais la couronne barbare Lui retombe sur le cou. “Elle ne tient pas. Plus étroite. Enlève-la.” Ils l'enlèvent et griffent les joues en risquant de l'aveugler et arrachent ses cheveux en le faisant. Ils la resserrent. Maintenant elle est trop étroite et bien qu'ils l'enfoncent en faisant pénétrer les épines dans la tête, elle menace de tomber. Ils l'enlèvent de nouveau en Lui arrachant d'autres cheveux. Ils la modifient de nouveau. Maintenant, elle va bien. Par devant un triple cordon épineux. En arrière, là où les extrémités des branches se croisent, c'est un vrai nœud d'épines qui entrent dans la nuque. “Vois-tu comme tu es bien? Bronze naturel et vrais rubis. Regarde-toi, ô roi, dans ma cuirasse” bougonne celui qui a eu l'idée du supplice. “La couronne ne suffit pas pour faire un roi. Il faut la pourpre et le sceptre. Dans l'écurie il y a un roseau et aux ordures une chlamyde rouge. Prends-les, Cornelius.” Et quand ils les ont, ils mettent le sale chiffon rouge sur les épaules de Jésus. Avant de mettre dans ses mains le roseau, ils Lui en donnent des coups sur la tête en s'inclinant et en saluant: “Salut, roi des juifs” et ils se tordent de rire. Jésus les laisse faire. Il se laisse asseoir sur le “trône”, un bassin retourné, certainement employé pour abreuver les chevaux. Il se laisse frapper, railler, sans jamais parler. Il les regarde seulement… et c'est un regard d'une douceur et d'une souffrance si atroce que je ne puis le soutenir sans m'en sentir blessée au cœur. Les soldats n'arrêtent leurs railleries qu'en entendant la voix âpre d'un supérieur qui demande que l'on traduise devant Pilate le coupable. Coupable! De quoi? Jésus est ramené dans l'atrium maintenant couvert d'un précieux vélarium à cause du soleil. Il a encore la couronne et le roseau et la chlamyde. “Avance que je te montre au peuple.” Jésus, bien que brisé, se redresse avec dignité. Oh! comme il est vraiment roi! “Écoutez, hébreux. L'homme est ici, je l'ai puni. Mais maintenant laissez-le aller.” “Non, non! Nous voulons le voir! Dehors! Que l'on voie le blasphémateur.” “Conduisez-le dehors et veillez à ce que l'on ne le prenne pas.” Et pendant que Jésus sort dans le vestibule et se montre dans le carré des soldats, Ponce Pilate le montre de la main en disant: “Voilà l'homme. Votre roi. Cela ne suffit pas encore?” Le soleil d'une journée accablante, qui maintenant descend presque à pic car on est au milieu entre tierce et sexte, allume et met en relief les regards et les visages. Sont-ils des hommes? Non, des hyènes enragées. Ils crient, montrent le poing, demandent la mort… Jésus est debout. Et je vous assure que jamais il n'a eu la noblesse de maintenant. Pas même quand il faisait les miracles les plus puissants. Noblesse de la souffrance. Mais il est tellement divin qu'il suffirait à le marquer du nom de Dieu. Mais pour dire ce nom il faut être au moins des hommes. Et Jérusalem n'a pas d'hommes aujourd'hui. Elle n'a que des démons. Jésus tourne son regard vers la foule, cherche, trouve dans la mer des visages haineux, les visages amis. Combien? Moins de vingt amis parmi les milliers d'ennemis… Et il incline la tête, frappé par cet abandon. Une larme tombe… une autre… une autre… la vue de ses pleurs ne suscite pas la pitié, mais une haine encore plus forte. On le ramène dans l'atrium. “Donc? Laissez-le aller. C'est justice.” “Non. À mort! Crucifie-le.” “Je vous donne Barabbas.” “Non. Le Christ!” “Et alors chargez-vous-en. Prenez sur vous de le crucifier, car moi je ne trouve aucune faute en Lui, pour le faire.” “Il s'est dit le Fils de Dieu. Notre loi prescrit la mort pour celui qui se rend coupable d'un tel blasphème.” Pilate devient pensif. Il rentre, il s'assoit sur son petit trône. Il met la main à son front, son coude sur son genoux, et il scrute Jésus. “Approche-toi” dit-il. Jésus va au pied de l'estrade. “Est-ce vrai? Réponds.” Jésus se tait. “D'où viens-tu? Qu'est-ce que Dieu?” “C'est le Tout.” “Et puis? Que veut dire le Tout? Qu'est le Tout pour celui qui meurt? Tu es fou… Dieu n'existe pas. Moi, j'existe.” Jésus se tait. Il a laissé tomber la grande parole et puis il recommence à s'envelopper de silence. “Ponce: l'affranchie de Claudia Procula demande à entrer. Elle a un écrit pour toi.” “Domine! Les femmes aussi maintenant! Qu'elle vienne.” Une romaine entre et elle s'agenouille pour présenter une tablette de cire. Ce doit être celle où Procula prie son mari de ne pas condamner Jésus. La femme se retire à reculons pendant que Pilate lit. “On me conseille d'éviter ton homicide. Est-ce vrai que tu es plus qu'un haruspice? Tu me fais peur.” Jésus se tait. “Mais ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te libérer ou de te crucifier?” “Tu n'aurais aucun pouvoir s'il ne t'avait été donné d'en haut. Aussi celui qui m'a mis entre tes mains est plus coupable que toi.” “Qui est-ce? Ton Dieu? J'ai peur…” Jésus se tait. Pilate est sur des charbons ardents: il voudrait et ne voudrait pas. Il craint le châtiment de Dieu, il craint celui de Rome, il craint la vengeance des juifs. Un moment c'est la peur de Dieu qui l'emporte. Il va sur le devant de l'atrium et dit d'une voix tonnante: “Il n'est pas coupable.” “Si tu le dis, tu es ennemi de César. Celui qui se fait roi est son ennemi. Tu veux libérer le nazaréen. Nous le ferons savoir à César.” Pilate est pris par la peur de l'homme. “Vous voulez sa mort, en somme? Soit! Mais que le sang de ce juste ne soit pas sur mes mains” et, s'étant fait apporter un bassin, il se lave les mains en présence du peuple qui paraît pris de frénésie et crie: “Sur nous, sur nous son sang. Qu'il retombe sur nous et sur nos enfants. Nous ne le craignons pas. À la croix! À la croix!” Ponce Pilate retourne sur son trône, il appelle le centurion Longin et un esclave. Il se fait apporter par l'esclave une table sur laquelle il appuie une pancarte et y fait écrire: “Jésus Nazaréen, Roi des juifs.” Et il la montre au peuple. “Non, pas ainsi. Pas roi des Juifs, mais qu'il a dit qu'il serait roi des Juifs.” Ainsi crient plusieurs. “Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit” dit durement Pilate, et debout, il étend les mains les paumes en avant et en bas et ordonne: “Qu'il aille à la croix. Soldat, va, prépare la croix.” Et il descend, sans même plus se retourner vers la foule agitée, ni vers le pâle Condamné. Il sort de l'atrium… Jésus reste au milieu de l'atrium sous la garde des soldats, attendant la croix. Soirée du 7-3-44. A qui puis-je dire ce que je souffre? À personne de cette Terre car ce n'est pas une souffrance de la Terre et elle ne serait pas comprise. C'est une souffrance qui est douceur et une douceur qui est souffrance. Je voudrais souffrir dix fois, cent fois autant. Pour rien au monde je voudrais ne plus souffrir cela. Mais cela n'empêche pas que je souffre comme quelqu'un qu'on prend à la gorge, qu'on serre dans un étau, qu'on brûle dans un four, qu'on transperce jusqu'au cœur. S'il m'était permis de me mouvoir, de m'isoler de tout le monde et de pouvoir, dans le mouvement et le chant, donner un soulagement à mon sentiment, puisque c'est une souffrance de sentiment, j'en serais soulagée. Mais je suis comme Jésus sur la croix. Il ne m'est plus accordé ni mouvement ni solitude et je dois serrer les lèvres pour ne pas donner en pâture aux curieux ma douce agonie. Serrer les lèvres, ce n'est pas une façon de parler! Je dois faire un grand effort pour maîtriser l'impulsion qui me porte à pousser le cri de joie et de peine surnaturelle qui fermente en mon intérieur et monte avec l'impétuosité d'une flamme ou d'un jet d'eau. Les yeux voilés de souffrance de Jésus: Ecce Homo, m'attirent comme un aimant. Il est en face de moi et il me regarde debout sur les gradins du Prétoire, avec sa tête couronnée, les mains liées sur son vêtement blanc de fou avec lequel ils voulaient le ridiculiser et au contraire ils l'ont vêtu d'une candeur digne de l'Innocent. Il ne parle pas. Mais tout en Lui parle et m'appelle et me demande. Que demande-t-il? Que je l'aime. Cela je le sais et le Lui donne au point de me sentir mourir comme si j'avais une lame dans la poitrine. Mais il me demande encore quelque chose que je ne comprends pas, et que je voudrais comprendre. Voilà ma torture. Je voudrais Lui donner tout ce qu'il peut désirer même si je dois mourir de douleur. Et je n'y réussis pas. Son visage douloureux m'attire et me fascine. Il est beau quand il est le Maître ou le Christ ressuscité. Mais cette vue me donne seulement de la joie, alors que cette autre me donne un amour profond, plus profond que ne peut l'être l'amour d'une mère pour son enfant souffrant. Oui, je le comprends. L'amour de compassion c'est la crucifixion de la créature qui suit le Maître jusqu'à la torture finale. C'est un amour despotique qui nous interdit toute pensée qui n'est pas celle de sa douleur. Nous ne nous appartenons plus. Nous vivons pour consoler sa torture et sa torture est notre tourment qui nous tue, pas seulement métaphoriquement. Et pourtant toute larme que nous arrache la douleur est plus précieuse qu'une perle et toute souffrance que nous comprenons ressemble à la sienne plus désirée et plus aimée qu'un trésor. Père, je me suis efforcée de dire ce que j'éprouve. Mais c'est inutile. De toutes les extases que Dieu peut me donner, ce sera toujours celle de sa souffrance qui portera mon âme jusqu'à son septième ciel. Mourir d'amour en regardant mon Jésus qui souffre, je trouve que c'est la plus belle mort.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 18 octobre 2015, Vingt-et-unième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,23-35.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : "Le royaume des cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Quand il se mit à régler les comptes, on lui amena un débiteur de dix mille talents.
Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'on le vendît, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il avait pour que paiement fût fait.
Alors le serviteur, tombé à ses pieds, demeurait prosterné, disant : " Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. "
Touché de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit sa dette.
Ce serviteur, à peine sorti, rencontra un de ses compagnons de service, qui lui devait cent deniers. L'ayant saisi à la gorge, il l'étouffait, disant : " Paie ce que tu dois. "
Son compagnon de service, tombé à ses pieds, le suppliait, disant : " Aie patience envers moi, et je te paierai. "
Mai lui ne voulait pas, et il s'en alla le faire mettre en prison jusqu'à ce qu'il eût payé sa dette.
Ce que voyant, ses compagnons de service furent grandement contristés, et ils vinrent raconter à leur maître ce qui s'était passé.
Alors le maître le fit appeler et lui dit : " Serviteur méchant, je t'ai remis toute cette dette, parce que tu m'as supplié.
Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon de service, comme moi-même j'ai eu pitié de toi ? "
Et son maître irrité le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé toute sa dette.
Ainsi vous traitera mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur. " 
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 4, Ch 142, p 373 - CD 4, (2ème cd) piste 153 -
Une fois les pauvres renvoyés après le repas, Jésus reste avec les apôtres et les disciples dans le jardin de Marie de Magdala. Ils vont s'asseoir à sa limite, justement près des eaux tranquilles du lac sur lequel font voile des barques occupées à la pêche. “Ils vont faire une bonne pêche” commente Pierre qui les observe. “Toi aussi, tu feras une bonne pêche, Simon de Jonas.” “Moi, Seigneur, quand? Tu veux que je sorte pour pêcher pour la nourriture de demain? J'y vais de suite et…” “Nous n'avons pas besoin de nourriture dans cette maison. La pêche que tu feras, c'est dans l'avenir, et dans le domaine spirituel. Et avec toi seront d'excellents pêcheurs, la plus grande partie de ceux-ci.” “Pas tous, Maître?” demande Mathieu. “Pas tous. Mais ceux qui en persévérant deviendront mes prêtres, feront bonne pêche.” “Des conversions, hein?” demande Jacques de Zébédée. “Conversions, pardons, retours à Dieu. Oh! tant de choses.” “Écoute, Maître. Tu nous as dit précédemment que si quelqu'un n'écoute pas son frère, pas même en présence de témoins, que la synagogue le reprenne. Maintenant, si j'ai bien compris ce que tu nous as dit, depuis que nous nous connaissons, il me semble que la synagogue sera remplacée par l'Église, cette chose que tu fonderas. Alors, où irons-nous pour conseiller les frères obstinés?” “Vous irez chez vous, parce que c'est vous qui serez mon Église. Par conséquent, les fidèles viendront à vous ou pour avoir un conseil pour eux-mêmes, ou pour donner un conseil à d'autres. Je vous dis davantage: non seulement vous pourrez donner des conseils, mais vous pourrez aussi absoudre en mon Nom. Vous pourrez délier des chaînes du péché et vous pourrez lier deux personnes qui s'aiment en en faisant une seule chair. Et ce que vous aurez fait, sera valide aux yeux de Dieu comme si Dieu Lui-même l'avait f ait. En vérité, je vous dis: ce que vous aurez lié sur la terre sera lié au Ciel, ce que vous aurez délié sur la terre sera délié au Ciel. Et je vous dis encore, pour vous faire comprendre la puissance de mon Nom, à propos de l'amour fraternel et de la prière: si deux de mes disciples, et je considère maintenant comme tels tous ceux qui croiront au Christ, se réunissent pour demander quelque chose de juste en mon Nom, cela leur sera accordé par mon Père. Car c'est une grande puissance que la prière, une grande puissance que l'union fraternelle, une très grande, une infinie puissance que mon Nom et ma présence parmi vous. Et là où deux ou trois seront réunis en mon Nom, je serai au milieu d'eux et je prierai avec eux, et le Père ne refusera rien à ceux qui prient avec Moi. Car beaucoup n'obtiennent pas parce qu'ils prient seuls, ou pour des motifs illicites, ou par orgueil, ou avec le péché sur leur cœur. Faites-vous un cœur pur pour que je puisse être avec vous et puis priez, et vous serez écoutés.” Pierre est pensif. Jésus le voit et lui en demande la raison. Et Pierre explique: “Je réfléchis à quel grand devoir nous sommes destinés, et j'en ai peur, peur de ne pas savoir bien faire.” “En effet, Simon de Jonas ou Jacques d'Alphée ou Philippe ou d'autres ne sauraient pas bien faire, mais le prêtre Pierre, le prêtre Jacques, le prêtre Philippe ou Thomas, sauront bien faire parce qu'ils agiront en même temps que la Divine Sagesse.” “Et… combien de fois devrons-nous pardonner aux frères? Combien de fois s'ils pèchent contre les prêtres, et combien de fois s'ils pèchent contre Dieu? Parce que si cela se passe comme maintenant, certainement ils pécheront contre nous puisqu'ils pèchent contre Toi, tant et tant de fois. Dis-moi si je dois pardonner toujours ou un certain nombre de fois. Sept fois, ou plus encore, par exemple?” “Je ne te dis pas sept fois mais septante fois sept fois. Un nombre illimité. Car le Père des Cieux vous pardonnera à vous bien des fois, un grand nombre de fois, à vous qui devriez être parfaits. Et comme Il se comporte avec vous, vous devez aussi vous comporter parce que vous représenterez Dieu sur la terre. D'ailleurs, écoutez. Je vais vous raconter une parabole qui sera utile à tous.” Et Jésus, qui était entouré des seuls apôtres en un endroit enclos par des buis, se dirige vers les disciples qui sont, de leur côté, respectueusement groupés sur un emplacement agrémenté d'une vasque pleine d'une eau limpide. Le sourire de Jésus est comme un signal qu'il va parler. Et pendant que Lui va, de son pas lent et allongé, avec lequel il fait beaucoup de chemin en peu de temps, et donc sans hâte, eux se réjouissent tous, et comme des enfants autour de quelqu'un qui leur fait plaisir, ils l'entourent en formant un cercle. Une couronne de visages attentifs jusqu'à ce que Jésus se place contre un grand arbre et commence à parler. “Ce que J'ai d'abord dit au peuple doit être perfectionné pour vous qui êtes choisis parmi eux. Il m'a été demandé par l'apôtre Simon de Jonas: "Combien de fois je dois pardonner? A qui? Pourquoi?" Je lui ai répondu en particulier, et maintenant, je répète pour tous ma réponse parce qu'il est juste que vous le sachiez désormais. Écoutez combien de fois, et comment, et pourquoi il faut pardonner. Il faut pardonner comme Dieu pardonne Lui qui, si on pèche mille fois et si on s'en repent, pardonne mille fois, pourvu qu'Il voie que chez le coupable il n'y a pas la volonté de pécher, la recherche de ce qui fait pécher, mais si au contraire le péché n'est que le fruit d'une faiblesse de l'homme. Dans le cas où l'on persiste volontairement dans le péché, il ne peut y avoir de pardon pour les offenses à la Loi. Mais bien que ces fautes vous affligent vous, individuellement, pardonnez. Pardonnez toujours à qui vous fait du mal. Pardonnez pour être pardonnés, car vous aussi commettez des fautes contre Dieu et vos frères. Le pardon ouvre le Royaume des Cieux, tant à celui qui reçoit le pardon qu'à celui qui l'accorde. Cela ressemble à ce fait survenu entre un roi et ses serviteurs. Un roi voulut faire ses comptes avec ses serviteurs. Il les appela donc l'un après l'autre, en commençant par ceux du plus haut rang. Il en vint un qui lui devait dix mille talents, mais celui-ci n'avait pas de quoi payer les avances que le roi lui avait faites pour pouvoir se construire des maisons et pour des biens de tous genres. C'est qu'en réalité, pour des raisons plus ou moins justes, il n'avait pas employé avec beaucoup de soin la somme reçue pour ces projets. Le roi-maître, indigné de sa paresse et de son manque de parole, commanda qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu'il avait jusqu'à ce qu'il eût payé sa dette. Mais le serviteur se jeta aux pieds du roi et il le priait avec des larmes et des supplications: "Laisse-moi aller. Aie encore un peu de patience et je te rendrai tout ce que je te dois, jusqu'au dernier denier". Le roi ému par tant de douleur - c'était un bon roi - non seulement consentit à sa demande mais, ayant su que parmi les causes de son peu de soin et de l'inobservation des échéances, il y avait aussi les maladies, en arriva à lui faire remise de sa dette. Le sujet s'en alla heureux. En sortant de là pourtant, il trouva sur son chemin un autre sujet, un pauvre sujet auquel il avait prêté cent deniers pris sur les dix mille talents qu'il avait eus du roi. Persuadé de la faveur du souverain, il se crut tout permis et, ayant saisi le malheureux à la gorge, il lui dit: "Rends-moi, tout de suite, ce que tu me dois". Inutilement l'homme se courba en pleurant pour lui baiser les pieds, en gémissant: "Aie pitié de moi qui aie tant de malheurs. Aie encore un peu de patience et je te rendrai tout jusqu'à la dernière piécette". Le serviteur impitoyable appela les soldats et fit conduire le malheureux en prison pour le décider à le payer, sous peine de perdre la liberté ou même la vie. La chose fut connue par les amis du malheureux, qui, tout contristés, allèrent la rapporter au roi et maître. Ce dernier, informé, ordonna de lui amener le serviteur impitoyable, et le regardant sévèrement, il lui dit: "Mauvais serviteur, moi je t'avais aidé précédemment pour que tu deviennes miséricordieux puisque je t’avais rendu riche et que je t'ai aidé encore en te remettant ta dette pour laquelle tu m'avais tant demandé de patienter. Tu n'as pas eu pitié d'un de tes semblables, alors que moi, le roi, j'en avais tant eu pour toi. Pourquoi n'as tu pas fait ce que j'ai fait pour toi?" Et, indigné, il le remit aux gardiens de prison pour qu'ils le gardassent jusqu'à ce qu'il eût tout payé, en disant: "Comme il n'a pas eu pitié de quelqu'un qui lui devait bien peu, alors que moi qui suis roi ai eu tant pitié de lui, de la même façon qu'il ne bénéficie pas de ma pitié". De la même façon mon Père agira avec vous si vous êtes impitoyables pour vos frères, si vous, ayant tant reçu de Dieu, devenez coupables plus que ne l'est un fidèle. Rappelez-vous que vous avez l'obligation d'être plus que tous les autres sans faute. Rappelez-vous que Dieu vous avance un grand trésor mais Il veut que vous Lui en rendiez compte. Rappelez-vous que personne comme vous ne doit savoir pratiquer l'amour et le pardon. Ne soyez pas des serviteurs qui, pour vous, exigez beaucoup et puis ne donnez rien à ceux qui vous demandent. Comme vous faites, ainsi on vous fera. Et il vous sera demandé compte aussi de la conduite des autres entraînés au bien ou au mal par votre exemple. Oh! en vérité, si vous êtes des sanctificateurs, vous posséderez une gloire immense dans les Cieux! Mais de la même façon, si vous êtes causes de la perversion ou même seulement paresseux dans le travail de sanctification, vous serez durement punis. Je vous le dis encore une fois: si quelqu'un de vous ne se sent pas le courage d'être victime de sa propre mission, qu'il s'en aille. Mais qu'il n'y manque pas. Et je dis qu'il n'y manque pas dans les choses vraiment ruineuses pour sa propre formation et celle d'autrui. Et qu'il sache avoir Dieu pour ami, en ayant toujours au cœur le pardon pour les faibles. Alors voilà qu'à chacun de vous qui sait pardonner, il sera, par le Dieu Père, donné le pardon. Le séjour est terminé. Le temps des Tabernacles est proche. Ceux auxquels j'ai parlé en particulier ce matin, à partir de demain iront en me précédant et en m'annonçant aux populations. Que ceux qui restent ne se découragent pas. J'ai gardé certains d'entre eux pour une raison de prudence, non par mépris à leur égard. Ils vont rester avec Moi, et bientôt je les enverrai comme j'envoie les septante-deux premiers. La moisson est abondante, et les ouvriers sont toujours peu nombreux pour le travail à faire. Il y aura donc du travail pour tous. Et ils n'y suffiront pas encore. Donc, sans jalousie, priez le Maître de la moisson qu'Il envoie toujours de nouveaux ouvriers pour sa moisson. Pour le moment, allez. Les apôtres et Moi, en ces jours de repos, nous avons complété votre instruction pour le travail que vous avez à faire, en répétant ce que j'ai dit avant d'envoyer les douze. L'un de vous m'a demandé: "Mais comment je guérirai en ton nom?" Guérissez d'abord l'esprit. Promettez aux infirmes le Royaume de Dieu s'ils savent croire en Moi et, après avoir vu en eux la foi, commandez à la maladie de s'en aller, et elle s'en ira. Et agissez ainsi pour ceux qui ont l'esprit malade. Allumez tout d'abord la Foi. Par une parole assurée communiquez l'Espérance. Je viendrai à mon tour mettre en eux la divine Charité, comme je l'ai mise dans votre cœur après que vous avez cru en Moi et espéré en ma Miséricorde. Et n'ayez peur ni des hommes ni du démon. Ils ne vous feront pas de mal. Les seules choses que vous devez craindre, ce sont la sensualité, l'orgueil, la cupidité. Par elles, vous pourriez vous livrer à Satan et aux hommes-satans, qui existent aussi. Allez donc en me précédant sur les routes du Jourdain. Arrivés à Jérusalem, allez rejoindre les bergers dans la vallée de Bethléem, et venez me trouver avec eux à l'endroit que vous savez. Ensemble, nous célébrerons la fête sainte en revenant ensuite plus affermis que jamais à notre ministère. Allez avec la paix. Je vous bénis au Nom Saint du Seigneur.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 11 octobre 2015, Vingtième Dimanche après la Pentecôte


L'Évangile de la Messe St Pie V
et "L’Évangile tel qu’il m’a été révélé" de Maria Valtorta.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 4,46-53.
En ce temps-là, il y avait un officier royal dont le fils était malade à Capharnaüm.
Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre, pour guérir son fils qui était à la mort.
Jésus lui dit : "Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point."
L'officier du roi lui dit : "Seigneur, venez avant que mon enfant ne meure"
"Va, lui répondit Jésus, ton enfant est plein de vie." Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et partit.
Comme il s'en retournait, ses serviteurs vinrent à sa rencontre, et lui apprirent que son enfant vivait.
Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux, et ils lui dirent : "Hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté."
Le père reconnut que c'était l'heure à laquelle Jésus lui avait dit : "Ton fils est plein de vie", et il crut, lui et toute sa maison. 
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 3, Ch 11, p 41 - CD 3, piste 14 -
Jésus se dirige peut-être vers le lac. Certainement il se rend à Cana en se dirigeant vers la maison de Suzanne. Avec Lui, il y a ses cousins. Ils s'arrêtent dans la maison, se reposent et se restaurent. Les parents et les amis de Cana l'écoutent comme on devrait toujours le faire. Jésus instruit simplement ces bonnes personnes. Il console la peine de l'époux de Suzanne qui doit être malade car elle n'est pas là et j'entends qu'on parle avec insistance de ses souffrances. C'est alors qu'entre un homme bien vêtu qui se prosterne aux pieds de Jésus.
“Qui es-tu? Que veux-tu?”
Pendant que cet homme soupire et pleure, le maître de maison tire Jésus par son vêtement et Lui dit tout bas: “C'est un officier du Tétrarque. Ne t'y fie pas trop.”
“Parle donc. Que veux-tu de Moi?”
“Maître, j'ai appris que tu es revenu. Je t'attendais comme on attend Dieu. Viens tout de suite à Capharnaüm. Mon garçon est couché, tellement malade que ses heures sont comptées. J'ai vu Jean ton disciple. Il m'a appris que tu venais ici. Viens, viens tout de suite, avant qu'il ne soit trop tard. ”
“Comment? Toi qui es le serviteur du persécuteur du saint d'Israël, comment peux-tu croire en Moi? Vous ne croyez pas au Précurseur du Messie. Comment, alors, pouvez-vous croire au Messie?”
“C'est vrai. Nous péchons par incrédulité et par cruauté. Mais aie pitié d'un père! Je connais Chouza et j'ai vu Jeanne. Je l'ai vue avant et après le miracle, et j'ai cru en Toi.”
“Oui, vous êtes une génération tellement incrédule et perverse que sans signes et sans prodiges vous ne croyez pas. Il vous manque la première qualité indispensable pour obtenir le miracle.”
“C'est vrai! C'est tout à fait vrai! Mais, tu le vois... Je crois en Toi à présent et, je t'en prie: viens, viens tout de suite à Capharnaüm. Je te ferai trouver une barque à Tibériade pour que tu viennes plus rapidement. Mais viens avant que mon petit ne meure!” et il pleure, désolé.
“Je ne viens pas pour l'instant. Mais va à Capharnaüm. Dès ce moment ton fils est guéri et il vit.”
“Que Dieu te bénisse, mon Seigneur. Je crois. Mais comme je veux que toute ma maison te fasse fête, viens ensuite à Capharnaüm dans ma maison.”
“Je viendrai. Adieu. La paix soit avec toi.”
L'homme sort en hâte et on entend tout de suite après le trot d'un cheval.
“Mais, il est bien guéri, ce garçon?” demande l'époux de Suzanne.
“Et peux-tu croire que je mente?”
“Non, Seigneur. Mais tu es ici, et le garçon est là-bas.”
“Il n'y a pas de barrière pour mon esprit, ni de distance.”
“Oh! mon Seigneur, Toi qui as changé l'eau en vin à mes noces, change mes pleurs en sourire, alors. Guéris Suzanne.”
“Que me donneras-tu en échange?”
“La somme que tu veux.”
“Je ne souille pas ce qui est saint avec le sang de Mammon. Je demande à ton esprit ce qu'il me donnera.”
“Moi-même, si tu veux.”
“Et si je demandais, sans discussion, un grand sacrifice?”
“Mon Seigneur, je te demande la santé de mon épouse et notre sanctification à tous. Je crois que pour l'obtenir je ne pourrais retenir aucun sacrifice trop grand ... ”
“Tu souffres pour ta femme. Mais si Moi je la ramenais à la vie, en la conquérant pour toujours comme disciple, que dirais-tu?”
“Que... que tu en as le droit... et que... et que j'imiterai Abraham dans la promptitude du sacrifice.”
“Tu as bien parlé. Écoutez tous: le temps de mon Sacrifice s'approche. Comme l'eau, il court rapide et sans arrêt vers l'embouchure. Il me faut accomplir tout ce que je dois. Et la dureté des hommes me ferme un si large champ de mission. Ma Mère et Marie d'Alphée viendront avec Moi quand je m'éloignerai pour aller au milieu des populations qui ne m'aiment pas encore, ou ne m'aimeront jamais. Ma sagesse sait que les femmes pourront aider le Maître dans ce domaine interdit. Je suis venu pour racheter aussi la femme, et dans mon ère, on verra les femmes semblables à des prêtresses servir le Seigneur et les serviteurs de Dieu. J'ai choisi mes disciples. Mais pour choisir les femmes qui ne sont pas libres, je dois les demander à leurs pères et à leurs maris. Le veux-tu?”
“Seigneur... j'aime Suzanne et jusqu'à présent je l'ai aimée plus comme chair que comme esprit. Mais, sous ton enseignement, quelque chose déjà est changé en moi et je vois en ma femme une âme aussi, en plus d'un corps. L'âme appartient à Dieu, et tu es le Messie, Fils de Dieu. Je ne puis te disputer le droit sur ce qui appartient à Dieu. Si Suzanne veut te suivre, je n'y serai pas hostile. Seulement, je t'en prie, opère le miracle de la guérir dans sa chair, et moi dans mes sens ... ”
“Suzanne est guérie. Elle viendra dans quelques heures te dire sa joie. Laisse son âme suivre son impulsion sans parler de ce que je t'ai dit. Tu verras que son âme viendra vers Moi avec la spontanéité de la flamme qui tend vers le haut. Et cela ne fera pas mourir son amour d'épouse, mais il montera au plus haut degré qui est de s'aimer avec ce qu'il y a de meilleur en nous: l'esprit.”
“Suzanne t'appartient, Seigneur. Elle devait mourir lentement, avec de grandes souffrances. Et une fois morte, je l'aurais vraiment perdue sur la terre. Les choses étant comme tu dis, je l'aurai encore à mes côtés pour me conduire sur tes chemins. Dieu me l'a donnée et Dieu me l'enlève. Que le Très-Haut soit béni pour le don qu'Il m'a fait et celui qu'Il me demande.” 
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/