"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe St Pie V
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 4 septembre 2017, Seizième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1-11.
En ce temps-là, Jésus étant entré, un jour de sabbat, dans la maison d'un des principaux Pharisiens, pour y prendre son repas, ceux-ci l'observaient.
Et voici qu'un homme hydropique se trouvait devant lui.
Et Jésus, prenant la parole, dit aux docteurs de la Loi et aux Pharisiens : " Est-il permis de guérir le jour du sabbat, ou non ? "
Mais ils gardaient le silence. L'ayant pris, il le guérit et le congédia.
Puis, il leur dit : " Qui d'entre vous, si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, ne l'en retire pas aussitôt, un jour du sabbat ?"
Et à cela ils ne purent répliquer.
Et il dit une parabole aux invités, ayant remarqué comment ils choisissaient les premières places. Il leur dit :
" Quand tu seras invité par quelqu'un à un repas de noces, ne te mets pas à la première place : un homme plus considérable que toi pourrait avoir été invité par lui,
et celui qui vous aurait invités l'un et l'autre viendrait te dire : " Cède-lui la place, " et alors tu n'aurais, avec confusion, qu'à occuper la dernière place.
Mais, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place ; de cette façon, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : " Mon ami, avance plus haut. " Alors ce sera pour toi un honneur devant tous les convives.
Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. "
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 23, p 159 - CD 5, piste 58 -
Je vois Jésus qui marche rapidement sur une grand-route que le vent froid d'un matin d'hiver balaie et durcit. Les champs, des deux côtés de la route, présentent à peine un timide duvet de moissons qui viennent de percer, un voile fin de verdure qui annonce la promesse du futur pain, mais une promesse vraiment à peine perceptible. Il y a encore, à l'ombre, des sillons dépourvus de cette verdure naissante et bénie, et seuls les sillons qui se trouvent dans les endroits plus ensoleillés ont cette verdure si légère et pourtant déjà joyeuse puisqu'elle parle du printemps qui arrive. Les arbres à fruits sont encore dépouillés sans un bourgeon qui se gonfle sur leurs branches obscures. Seuls les oliviers ont leur couleur éternelle gris-vert, aussi triste sous le soleil d'août que dans la faible clarté de cette matinée d'hiver. Et avec eux montrent leur couleur verte, un vert pâteux de céramiques à peine teintées, les feuilles grasses des cactées. Jésus chemine, comme souvent, à deux ou trois pas en avant de ses disciples. Ils sont tous bien enveloppés dans leurs manteaux de laine. A un certain moment, Jésus s'arrête et se retourne pour interpeller ses disciples: “Connaissez-vous le chemin?” “C'est le chemin, mais ensuite où se trouve la maison, nous ne le savons pas, car elle est à l'intérieur des terres… Peut-être là où se trouve ce bosquet d'oliviers…” “Non. Elle doit être là-bas au fond, au contraire, où se trouvent ces gros arbres dépouillés…” “Il devrait y avoir une route pour les chars…” En somme, ils ne savent rien de précis. On ne voit personne sur la route ou dans les champs. Ils avancent au hasard, en cherchant leur route. Ils trouvent une petite maisonnette de pauvres avec deux ou trois petits champs autour. Une fillette est en train de tirer de l'eau à un puits. “Paix à toi, fillette” dit Jésus en s'arrêtant à la limite de la haie qui a un passage pour la circulation. “Paix à toi. Que veux-tu?” “Un renseignement. Où se trouve la maison d'Ismaël le pharisien?” “Tu es égaré, Seigneur. Il te faut revenir au carrefour et prendre celle qui va vers le couchant du soleil. Mais il faut marcher beaucoup, beaucoup, car tu dois retourner là, au carrefour, et puis marcher, marcher. As-tu mangé? Il fait froid, et avec l'estomac vide, on le sent davantage. Entre, si tu veux. Nous sommes pauvres. Mais Toi aussi tu n'es pas riche. Tu peux t'en arranger. Viens.” Et d'une voix perçante, elle appelle: “Maman!” S'amène sur le seuil une femme d'environ trente-cinq, quarante ans. Son visage est honnête mais un peu triste. Dans ses bras elle a un enfant d'environ trois ans, à peine vêtu. “Entre. Le feu est allumé. Je te donnerai du lait et du pain.” “Je ne suis pas seul, j'ai ces amis.” “Qu'ils entrent tous et la bénédiction de Dieu avec les pèlerins que je loge.” Ils entrent dans une cuisine basse et sombre qu'égaie un feu pétillant. Ils s'assoient çà et là sur des coffres bruts. “Maintenant, je vais préparer… C'est le matin… Je n'ai encore rien mis en ordre… Excusez-moi.” “Tu es seule?” C'est Jésus qui parle. “J'ai un mari et des enfants. Sept. Les deux plus grands sont encore au marché de Naïm. Ils doivent y aller parce que mon mari est malade. Une grande douleur!… Les fillettes m'aident. Celui-ci est le plus petit, mais j'en ai encore un autre à peine plus grand.” Le petit, maintenant vêtu de sa tunique, accourt pieds nus vers Jésus et le regarde avec curiosité. Jésus lui sourit. L'amitié se fait. “Qui es-tu?” demande l'enfant avec confiance. “Je suis Jésus.” La femme se retourne pour le regarder attentivement. Elle est restée avec un pain dans les mains, entre le foyer et la table. Elle ouvre la bouche pour parler, mais ensuite elle se tait. L'enfant continue: “Où vas-tu?” “Sur les chemins du monde.” “Pour quoi faire?” “Pour bénir les enfants qui sont bons et leurs maisons où l'on est fidèle à la Loi.” La femme se retourne pour faire un geste, puis elle fait un signe à Judas Iscariote qui est le plus près d'elle. Lui se penche vers la femme qui demande: “Qui est ton ami?” Et Judas, hautain, (il semble que le Messie soit tel grâce à son mérite et à sa bonté): “C'est le Rabbi de Galilée: Jésus de Nazareth. Tu ne le sais pas, femme?” “La Galilée n'est pas à notre portée et moi, j'ai tant de douleurs!… Mais… pourrais-je le Lui dire?” “Tu le peux” dit avec hauteur Judas. Mais il semble un gros bonnet qui accorde une audience… Jésus continue de parler avec l'enfant qui Lui demande s'il a Lui aussi des enfants. Pendant que la fillette déjà vue et une autre un peu plus grande apportent le lait et la vaisselle, la femme va près de Jésus. Elle reste un peu hésitante, puis elle pousse un cri étouffé: “Jésus, aie pitié de mon mari!” Jésus se lève. Il la domine de sa grande taille, mais il la regarde avec tant de bonté qu'elle s'enhardit. “Que veux-tu que je fasse?” “Il est très malade, Gonflé comme une outre, il ne peut se baisser pour travailler. Il ne trouve pas de repos, car il étouffe et s'agite… Et nous avons des enfants encore petits…” “Tu veux que je le guérisse? Mais pourquoi le veux-tu de Moi?” “Parce que c'est Toi. Je ne te connaissais pas, mais j'ai entendu parler de Toi. Le sort t'a conduit chez moi après que par trois fois je t'ai cherché à Naïm et à Cana. Deux fois il y avait aussi mon mari. Il te cherchait, malgré la souffrance qu'il éprouvait à aller en char… Maintenant aussi il est parti avec son frère… On nous avait rapporté que le Rabbi, ayant quitté Tibériade, allait à Césarée de Philippe. Il y est allé pour t'attendre…” “Je ne suis pas allé à Césarée. Je vais chez le pharisien Ismaël, et puis j'irai vers le Jourdain…” “Toi, qui es bon, chez Ismaël?” “Oui. Pourquoi?” “Parce que… parce que… Seigneur, je sais que tu dis de ne pas juger, de pardonner et de s'aimer. Je ne t'ai jamais vu, mais j'ai cherché à savoir de Toi, le plus que je pouvais, et j'ai prié l'Éternel de pouvoir t'entendre au moins une fois. Je ne veux pas faire une chose qui te déplaise… Mais comment on peut ne pas juger Ismaël et l'aimer? Moi, je n'ai rien de commun avec lui et je n'ai donc rien à lui pardonner. Les insolences, qu'il nous jette à la figure quand il rencontre notre pauvreté sur son chemin, nous les secouons avec la même patience que nous secouons la boue ou la poussière qu'il projette sur nous en passant rapidement avec son bige. Mais l'aimer et ne pas le juger, c'est trop difficile… Il est tellement méchant!” “Il est tellement méchant? Avec qui?” “Avec tout le monde. Il opprime ses serviteurs, il prête avec usure, et il a des exigences cruelles. Il n'aime que lui-même. Il est le plus cruel de la région. Il ne mérite rien, Seigneur.” “Je le sais. Tu dis vrai.” “Et tu vas chez lui?” “Il m'a invité.” “Méfie-toi, Seigneur. Il ne l'aura pas fait par amour. Il ne peut t'aimer. Et Toi… tu ne peux l'aimer.” “Moi, j'aime même les pécheurs, femme. Je suis venu pour sauver celui qui est perdu…” “Mais lui, tu ne le sauveras pas. Oh! pardon d'avoir jugé! Toi, tu sais… Tout est bien de ce que tu fais! Pardonne à ma sotte langue et ne me punis pas.” “Je ne te punis pas, mais ne le fais plus. Aime même les méchants, non pas pour leur méchanceté, mais parce que c'est par l'amour qu'on leur obtient la miséricorde qui les convertit. Tu es bonne et désireuse de l'être encore davantage. Tu aimes la Vérité, et la Vérité qui te parle te dit qu'Elle t'aime, car selon la Loi, tu as de la pitié pour l'hôte et le pèlerin et c'est ainsi que tu as élevé tes enfants. Dieu sera ta récompense. Je dois aller chez Ismaël qui m'a invité pour me présenter à ses nombreux amis qui veulent me connaître. Je ne puis attendre ton mari qui, sache-le, est sur le chemin du retour. Mais dis-lui de souffrir encore un peu et de venir tout de suite chez Ismaël. Viens toi aussi. Je le guérirai.” “Oh! Seigneur!…” la femme est à genoux aux pieds de Jésus et le regarde riant et pleurant. Puis elle dit: “Mais c'est le sabbat, aujourd'hui!…” “Je le sais. J'ai besoin que ce soit le sabbat pour dire quelque chose à ce propos à Ismaël. Tout ce que je fais, je le fais dans un but clair et exempt d'erreur. Sachez-le tous, même vous, mes amis qui avez peur et voudriez que je conforme ma conduite aux convenances humaines pour ne pas en subir de dommage. C'est l'amour qui vous guide, je le sais. Mais vous devez savoir aimer mieux celui que vous aimez, en ne faisant jamais passer l'intérêt divin après l'intérêt de celui que vous aimez. Femme, je pars et je t'attends. Qu'il y ait une paix perpétuelle dans cette maison où on aime Dieu et sa Loi, où on respecte le mariage et où on élève saintement les enfants, où on aime le prochain et où on cherche la Vérité. Adieu.” Jésus met la main sur la tête de la femme et des deux fillettes, puis il se penche pour embrasser les enfants plus petits, et il sort. Maintenant un faible soleil d'hiver tempère la fraîcheur de l'air. Un garçon d'environ quinze ans attend avec un char rustique en très mauvais état. “Je n'ai que cela, Seigneur. Mais tu auras plus vite fait et plus commodément.” “Non, femme. Garde frais le cheval pour venir chez Ismaël. Montre-moi seulement la route la plus courte.” Le garçon se met à côté de Lui et, à travers champs et prés, ils vont vers une ondulation de terrain au-delà de laquelle il y a une vaste cuvette de quelques hectares bien cultivée, au milieu de laquelle se trouve une belle maison, large et basse, entourée d'un jardin bien cultivé. “Voici la maison, Seigneur” dit le garçon. “Si tu n'as plus besoin de moi, je vais rentrer à la maison pour aider la mère.” “Va et sois toujours un bon fils. Dieu est avec toi.” Jésus entre dans la somptueuse maison de campagne d'Ismaël. Des serviteurs, en grand nombre, accourent à la rencontre de l'Hôte, certainement attendu. D'autres vont prévenir le maître qui sort à la rencontre de Jésus en Lui faisant de profondes inclinations. “Sois le bienvenu, Maître, dans ma maison!” “Paix à toi, Ismaël ben Fabi. Tu m'as désiré. Je viens. Pourquoi m'as-tu invité?” “Pour avoir l'honneur de t'avoir et te présenter à mes amis. Je veux qu'ils soient aussi les tiens, comme je veux que tu sois pour moi un ami.” “Je suis ami de tout le monde, Ismaël.” “Je le sais. Mais, tu sais! Il est bien d'avoir des amitiés en haut lieu. La mienne et celle de mes amis sont telles. Toi, pardonne-moi de te le dire, tu négliges trop ceux qui peuvent t'appuyer…” “Et tu es de ceux-ci? Pourquoi?” “Je suis de ceux-ci. Pourquoi? Parce que je t'admire et que je veux que tu sois pour moi un ami.” “Ami! Mais sais-tu, Ismaël, le sens que je donne à ce mot? Pour beaucoup un ami cela veut dire une connaissance, pour d'autres un complice, pour d'autres un serviteur. Pour Moi cela veut dire: fidèle à la Parole du Père. Qui n'est pas cela ne peut être un ami pour Moi, ni Moi pour lui.” “Mais c'est justement parce que je veux être fidèle que je veux ton amitié, Maître. Tu ne le crois pas? Regarde: voici Eléazar qui arrive. Demande-lui comme je t'ai défendu auprès des Anciens. Eléazar, je te salue. Viens, car le Rabbi veut te demander une chose.” Profondes salutations et réciproques coups d'œil investigateurs. “Toi, Eléazar, dis ce que j'ai dit du Maître la dernière fois que nous nous sommes réunis.” “Oh! un véritable éloge! Une défense passionnée! Il m'est alors venu l'envie de t'entendre, tant Ismaël parlait de Toi, Maître, comme du Prophète le plus grand venu au peuple d'Israël. Je me souviens qu'il disait que personne n'avait une parole plus profonde que la tienne, n'exerçait une fascination plus grande, et que si tu sauras mettre en œuvre l'épée, comme tu sais parler, il n'y aura pas de roi plus grand que Toi en Israël.” “Mon Royaume!… Il n'est pas humain, ce Royaume, Eléazar.” “Mais le Roi d'Israël?!” “Que s'ouvrent vos esprit pour comprendre les paroles secrètes. Il viendra le Royaume du Roi des rois. Mais non pas selon les estimations humaines. Non pas pour ce qui périt, mais pour ce qui est éternel. On y arrive non par un chemin fleuri et triomphal, ni sur un tapis empourpré du sang ennemi, mais par le rude chemin du sacrifice et par la douce échelle du pardon et de l'amour. Ce sont les victoires contre nous-mêmes qui nous donneront ce Royaume. Et que Dieu veuille que le plus grand nombre d'israélites puissent me comprendre. Mais il n'en sera pas ainsi. Vous pensez ce qui n'est pas. Dans ma main, il y aura un sceptre et c'est le peuple d'Israël qui l'y aura mis, Royal et Éternel. Aucun roi ne pourra l'enlever à ma Maison. Mais beaucoup en Israël ne pourront le voir sans frémir d'horreur, car il aura un nom qui sera atroce pour eux.” “Tu ne nous crois pas capables de te suivre?” “Si vous le vouliez, vous le pourriez. Mais vous ne le voulez pas. Pourquoi vous ne voulez pas? Vous êtes âgés désormais. L'âge devrait vous donner compréhension et justice. Justice aussi pour vous-mêmes. Les jeunes… pourront se tromper et puis se repentir. Mais vous! La mort est toujours proche pour les plus âgés. Eléazar, tu es moins enveloppé dans les théories que beaucoup de tes semblables. Ouvre ton cœur à la Lumière…” Ismaël revient avec cinq autres pharisiens pompeux. “Venez donc dans la maison” dit le maître. Et, quittant l'atrium garni de sièges et de tapis, ils entrent dans une pièce où on leur apporte des amphores et des bassines pour les ablutions. Puis ils passent dans la salle à manger très richement préparée. “Jésus à côté de moi, entre Eléazar et moi” commande le maître. Et Jésus, qui s'était tenu au fond de la salle près des disciples un peu intimidés et laissés de côté, doit s'asseoir à la place d'honneur. Le repas commence avec de nombreux plats de viandes et de poissons rôtis. Des vins et, me semble-t-il, des sirops, ou au moins des eaux miellées, passent et repassent. Tous essaient de faire parler Jésus. L'un d'eux, un vieillard tout tremblotant, demande d'une voix éraillée de vieillard décrépit: “Maître, est-ce vrai ce qu'on dit, que tu as l'intention de modifier la Loi?” “Je ne changerai pas un iota à la Loi. Au contraire, (et Jésus appuie sur les mots) je suis justement venu pour la rendre de nouveau intègre comme quand elle fut donnée à Moïse.” “Voudrais-tu dire qu'elle a été changée?” “Non, jamais. Uniquement qu'elle a subi le sort de toutes les choses élevées mises dans la main de l'homme.” “Que voudrais-tu dire? Précise.” “Je veux dire que l'homme, par suite de l'ancien orgueil ou pour l'ancien foyer de la triple luxure, a voulu en retoucher les paroles droites et en a fait quelque chose qui opprime les fidèles alors que, pour ceux qui les ont retouchées, ce n'est qu'un amas de phrases… qu'on laisse à l'usage des autres.” “Mais, Maître! Nos rabbins…” “C'est une accusation!” “Ne nous déçois pas dans notre désir de t'être utile!…” “Hé! Hé! Ils ont raison de t'appeler révolté!” “Silence! Jésus est mon hôte. Qu'il parle en toute liberté.” “Nos rabbins, pour commencer, se sont ingéniés et ont peiné dans l'intention sainte de rendre plus facile l'application de la Loi. Dieu Lui-même a commencé cet enseignement quand aux paroles des dix commandements Il a ajouté des explications plus détaillées. Cela pour que l'homme n'eût pas l'excuse de ne pas avoir su comprendre. Œuvre sainte donc celle des maîtres qui ont brisé en morceaux, pour les petits de Dieu, le pain donné par Dieu à l'esprit. Mais sainte quand elle poursuivait un but qui était droit. Il n'en fut pas toujours ainsi. Et maintenant moins que jamais. Mais pourquoi voulez-vous me le faire dire, vous qui vous offensez si je vous énumère les fautes des puissants?” “Des fautes! Des fautes! Nous n'avons que des fautes, nous?” “Je voudrais que vous n'ayez que des mérites!” “Mais nous ne les avons pas. Tu le penses et ton regard le dit. Jésus, ce n'est pas en critiquant que l'on acquiert l'amitié des puissants. Tu ne régneras pas. Tu n'en connais pas l'art.” “Je ne demande pas de régner suivant vos idées, et je ne mendie pas des amitiés. C'est l'amour que je veux, mais un amour honnête et saint. Un amour qui va de Moi à ceux que j'aime, et qui se manifeste en usant à l'égard des pauvres de ce dont je prêche l'usage: la miséricorde.” “Moi, depuis que je t'ai entendu, je ne prête plus à usure” dit l'un. “Et Dieu t'en récompensera.” “Le Seigneur m'est témoin que je n'ai plus frappé mes serviteurs qui auraient mérité le fouet, quand on m'a eu dit une de tes paraboles” dit un autre. “Et moi? C'est plus de dix boisseaux d'orge que j'ai laissés dans les champs pour les pauvres!” dit encore un autre. Les pharisiens se louent copieusement. Ismaël n'a pas parlé. Jésus l'interpelle: “Et toi, Ismaël?” “Oh! moi! J'ai toujours usé de miséricorde. Je n'ai qu'à continuer comme j'ai toujours fait.” “C'est bien pour toi! S'il en est ainsi réellement, tu es l'homme qui ne connaît pas les remords.” “Oh! certainement pas!” Jésus le transperce de son œil de saphir. Eléazar touche le bras de Jésus: “Maître, écoute-moi. J'ai un cas spécial à te soumettre. J'ai acquis récemment une propriété d'un malheureux qui s'est ruiné pour une femme. Il me l'a vendue, mais sans me dire qu'il y avait une vieille servante, sa nourrice, maintenant aveugle et presque idiote. Le vendeur n'en veut pas. Moi… je n'en voudrais pas. Mais, la jeter à la rue… Que ferais-tu, Maître?” “Toi, que ferais-tu si tu devais donner un conseil à un autre?” “Je dirais: "Garde-la. Tu ne te ruineras pas pour un pain".” “Et pourquoi parlerais-tu ainsi?” “Mais!… parce que je pense que c'est ainsi que j'agirais et je voudrais qu'on agisse ainsi à mon égard…” “Tu es très près de la Justice, Eléazar. Agis comme tu conseillerais de le faire et le Dieu de Jacob sera toujours avec toi.” “Merci, Maître.” Les autres bougonnent entre eux. “Qu'avez-vous à murmurer?” demande Jésus. “N'ai-je pas parlé juste? Et lui n'a-t-il pas parlé avec justice? Ismaël, défends tes hôtes, toi qui as toujours agi avec miséricorde.” “Maître, tu parles bien, mais… si on agissait toujours ainsi!… On serait victime des autres.” “Et il vaut mieux, selon toi, que ce soient les autres qui soient nos victimes, n'est-ce pas?” “Je ne dis pas cela. Mais il y a des cas…” “La Loi dit d'avoir miséricorde…” “Oui, pour le frère pauvre, pour l'étranger, le pèlerin, la veuve et l'orphelin. Mais cette vieille, qui est tombée dans les bras d'Eléazar, n'est pas sa sœur, ni pèlerine, ni étrangère, ni orpheline ou veuve. Rien pour lui. Ni plus ni moins qu'un vieux tableau, oublié par le vrai maître dans la propriété vendue. Eléazar pourrait donc la chasser sans scrupules d'aucune sorte. Enfin la responsabilité de la mort de la vieille ne lui reviendrait pas, mais reviendrait à son vrai maître…” “… qui ne peut plus la garder puisqu'il est pauvre lui aussi, et par conséquent lui aussi est exempt d'obligations. De sorte que si la petite vieille meurt de faim, c'est elle qui est coupable, n'est-ce pas?” “C'est cela, Maître. C'est le sort de ceux… qui ne servent plus. Les malades, les vieux, les incapables, sont condamnés à la misère, à la mendicité. Et la mort est ce qu'il y a de meilleur pour eux… C'est ainsi depuis que le monde est monde et il en sera toujours ainsi…” “Jésus, aie pitié de moi!” Un cri de détresse entre par les fenêtres fermées, car la salle est fermée et avec les lampes allumées, peut-être à cause du froid. “Qui m'appelle?” “Quelque importun. Je le ferai chasser. Ou quelque mendiant. Je lui ferai donner un pain.” “Jésus, je suis malade. Sauve-moi!” “Je l'ai dit: un importun. Je punirai les serviteurs pour l'avoir fait passer.” Et Ismaël se lève. Mais Jésus, plus jeune d'au moins vingt ans et qui le dépasse du cou et de la tête, le fait se rasseoir en lui mettant la main sur l'épaule et en commandant: “Reste, Ismaël. Je veux voir celui qui me cherche. Faites-le entrer.” Il entre un homme aux cheveux encore noirs. Il peut avoir environ quarante ans. Mais il est enflé comme un tonneau et jaune comme un citron, avec les lèvres violettes entrouvertes et la bouche haletante. Il est accompagné par la femme de la première partie de la vision. L'homme avance avec peine à cause de la maladie et de la crainte. Il voit qu'on le regarde d'un si mauvais œil! Mais Jésus a quitté sa place et il est allé vers le malheureux en le prenant par la main et en l'amenant au milieu de la salle dans l'espace vide entre les tables disposées en fer à cheval. Exactement sous le lampadaire. “Que veux-tu de Moi?” “Maître… je t'ai tant cherché… depuis si longtemps… Je ne veux rien que la santé… pour mes enfants et ma femme… Toi, tu peux tout… Vois à quoi je suis réduit…” “Et tu crois que je puis te guérir?” “Si je le crois!… Tout pas m'est douloureux… toute secousse pénible… mais pourtant j'ai fait des milles pour te chercher… et puis avec le char je t'ai suivi aussi… mais je ne te rattrapais jamais… Si je le crois!… Je suis étonné de n'être pas encore guéri, depuis que ma main est dans la tienne, car tout en Toi est saint, ô Saint de Dieu.” Le pauvre souffle comme un phoque par l'effort qu'il fait pour tant parler. La femme regarde son mari et Jésus, et elle pleure. Jésus les regarde et il sourit. Puis il se tourne et il demande: “Toi, vieux scribe, (il parle au vieux à la voix chevrotante qui a parlé le premier) réponds-moi: est-il permis de guérir pendant le sabbat?” “Pendant le sabbat il n'est permis de faire aucun travail.” “Même pas de sauver quelqu'un du désespoir? Ce n'est pas un travail manuel.” “Le sabbat est consacré au Seigneur.” “Quelle œuvre plus digne d'un jour sacré que de faire qu'un fils de Dieu dise à son Père: "Je t'aime et te loue parce que Tu m'as guéri"?!” “Il doit le faire, même s'il est malheureux.” “Chanania, sais-tu qu'en ce moment ton bois le plus beau est en train de brûler, et que toute la pente de l'Hermon rougit de l'éclat des flammes?” Le vieil homme bondit comme si un aspic l'avait mordu: “Maître, tu dis la vérité ou bien est-ce une plaisanterie?” “Je dis la vérité. Je vois et je sais.” “Oh! malheureux que je suis! Mon bois le plus beau! Des milliers de sicles en cendre! Malédiction! Maudits soient les chiens qui m'y ont mis le feu! Que leurs viscères brûlent comme mon bois!” Le petit vieux est désespéré. “Ce n'est qu'un bois, Chanania, et tu te plains! Pourquoi ne donnes-tu pas louange au Seigneur, dans ce malheur? Lui ne perd pas du bois qui renaît, mais la vie et le pain de ses enfants, et il devrait donner la louange que toi tu ne donnes pas? Donc scribe, il ne m'est pas permis de le guérir le jour du sabbat?” “Maudit sois-tu, lui et le sabbat! J'ai bien autre chose à penser, moi…” et, bousculant Jésus qui lui avait mis une main sur le bras, il sort furieux et on l'entend brailler de sa voix chevrotante pour avoir son char. “Et maintenant?” demande Jésus en tournant son regard vers les autres. “Et maintenant vous, dites-moi: est-ce permis ou non?” Personne ne répond. Eléazar baisse la tête après avoir entrouvert les lèvres, que pourtant il referme, saisi par le froid qui a envahi la salle. “Eh bien, Moi, je vais parler” dit Jésus. Et son aspect est imposant et sa voix est un tonnerre comme toujours quand il va opérer un miracle. “Je vais parler. Je parle. Je dis: homme, qu'il te soit fait selon ce que tu crois. Tu es guéri. Loue l'Éternel. Va en paix.” L'homme reste interdit. Peut-être pensait-il redevenir d'un coup agile comme autrefois. Et il lui semble qu'il n'est pas guéri. Mais qui sait ce qu'il ressent… Il pousse un cri de joie, se jette aux pieds de Jésus et les baise. “Va, va! Sois toujours bon. Adieu!” L'homme sort suivi de la femme qui, jusqu'au dernier moment, se retourne pour saluer Jésus. “Pourtant, Maître… Dans ma maison… Le jour du sabbat…” “Tu n'approuves pas! Je le sais. Et c'est pour cela que je suis venu. Ami, toi? Non. Mon ennemi. Tu n'es pas sincère avec Moi, ni avec Dieu.” “Tu m'offenses, maintenant?” “Non, je dis la vérité. Tu as dit qu'Eléazar n'est pas tenu de secourir cette petite vieille parce qu'elle n'appartient pas à sa propriété. Mais toi, tu avais deux orphelins dans ta propriété. C'étaient les enfants de deux serviteurs fidèles qui sont morts au travail, l'un avec la faux en main, l'autre tuée par une fatigue excessive. Pour que tu la gardes, elle avait dû ajouter à son service celui de son mari. Tu disais: "J'ai fait un contrat pour deux travailleurs et, pour te garder, j'exige ton travail et celui du mort". Et elle te l'a donné, et elle est morte avec l'enfant qu'elle portait, car cette femme était mère, et elle n'a pas eue la pitié que l'on a pour une bête qui engendre. Où sont maintenant ces deux petits?” “Je ne sais pas… Ils sont disparus, un jour.” “Ne mens pas maintenant. Il suffit d'avoir été cruel. Il ne faut pas ajouter le mensonge pour rendre tes sabbats odieux à Dieu, même s'ils sont exempts d'œuvres serviles. Où sont ces petits?” “Je ne sais pas. Je ne sais plus, crois-le.” “Moi, je le sais. Je les ai trouvés un soir de novembre, froid, pluvieux, sombre. Je les ai trouvés affamés et tremblants, près d'une maison, comme deux petits chiens à la recherche d'une bouchée de pain… Maudits et chassés par un homme qui avait des entrailles de chien, un homme pire qu'un chien, car un chien aurait eu pitié de ces deux orphelins. Et toi et cet homme, vous n'avez pas eu pitié. Leurs parents ne te servaient plus, n'est-ce pas? Ils étaient morts. Les morts ne peuvent que pleurer dans leurs tombeaux, en entendant les sanglots de leurs enfants malheureux dont les autres ne s'occupent pas. Cependant les morts portent à Dieu, par leur esprit, leurs pleurs et ceux de leurs enfants orphelins, et ils disent: "Seigneur, exerce-Toi nos vengeances, puisque le monde opprime quand il ne peut plus exploiter". Les deux petits n'étaient pas encore en âge de te servir, n'est-ce pas? Oui et non, car la petite pouvait servir pour glaner… Et tu les as chassés, en leur refusant même le peu de bien qui appartenait au père et à la mère. Ils pouvaient mourir de faim et de froid comme deux chiens sur un chemin. Ils pouvaient vivre en devenant l'un voleur l'autre une prostituée, car la faim porte au péché. Mais que t'importait? Il y a un moment, tu as cité la Loi à l'appui de tes théories. Et la Loi ne dit-elle pas alors: "Ne faites pas de tort à la veuve et à l'orphelin. Si vous leur faites du tort, leurs voix s'élèveront vers Moi, J'entendrai leurs cris et ma fureur s'enflammera et je vous exterminerai par l'épée, et vos femmes resteront veuves et vos enfants orphelins"? N'est-ce pas ce que dit la Loi? Et alors, pourquoi ne l'observes-tu pas? Tu m'as défendu auprès des autres? Et alors pourquoi ne prends-tu pas, en toi-même, la défense de ma Doctrine? Tu veux être pour Moi un ami? Et alors pourquoi fais-tu le contraire de ce que je dis? L'un de vous est en train de courir à perdre haleine, s'arrachant les cheveux à cause de la ruine de son bois. Et il ne se les arrache pas pour les ruines de son cœur! Et toi, qu'attends-tu pour le faire? Pourquoi voulez-vous vous croire parfaits, vous auxquels le sort a donné une haute situation? Et si vous l'êtes en quelque chose, pourquoi ne cherchez-vous pas à l'être en tout? Pourquoi me haïssez-vous parce que je découvre vos plaies? Je suis le Médecin de votre esprit. Est-ce qu'un médecin peut guérir sans découvrir et nettoyer les plaies? Mais ne savez-vous pas qu'un grand nombre, et cette femme qui est sortie est une de ceux-là, méritent la première place au banquet de Dieu en dépit de leur apparence mesquine! Ce n'est pas l'extérieur, c'est le cœur et l'esprit qui ont de la valeur. Dieu vous voit, du haut de son trône, et Il vous juge. Combien Il en voit qui valent mieux que vous! Par conséquent, écoutez. Prenez toujours comme règle de conduite cela: quand on vous invite à un banquet de noces, choisissez toujours la dernière place. Double honneur vous en reviendra quand le maître vous dira: "Ami, avance". Honneur de mérite et honneur d'humilité. Alors que… O triste moment pour un orgueilleux d'avoir la honte de s'entendre dire: "Va là-bas, au fond, car il y a quelqu'un qui est plus que toi". Et faites la même chose dans le banquet secret de votre esprit pour les noces avec Dieu. Qui s'humilie sera exalté, et qui s'exalte sera humilié. Ismaël, ne me hais pas parce que Moi je te soigne. Moi, je ne te hais pas. Je suis venu pour te guérir. Tu es plus malade que cet homme. Tu m'as invité pour te donner du lustre à toi-même et satisfaire tes amis. Souvent tu invites, mais par orgueil et pour ton plaisir. Ne le fais pas. N'invite pas les riches, les parents, les amis. Mais ouvre ta maison, ouvre ton cœur aux pauvres, aux mendiants, aux estropiés, aux boiteux, aux orphelins et aux veuves. Ils ne te donneront en échange que des bénédictions. Mais Dieu les changera pour toi en grâces. Et à la fin… oh! à la fin, quel sort bienheureux pour tous les miséricordieux qui seront récompensés par Dieu à la résurrection des morts! Malheur à ceux qui caressent seulement une espérance de profit et puis ferment leur cœur au frère qui ne peut plus servir. Malheur à eux! Je ferai les vengeances de ceux qui ont été abandonnés.” “Maître… je… je veux te satisfaire. Je prendrai encore ces enfants.” “Non.” “Pourquoi?” “Ismaël?!…” Ismaël baisse la tête. Il veut faire l'humble. Mais c'est une vipère à laquelle on a pressé le venin et elle ne mord plus parce qu'elle sait qu'elle n'en a plus, mais pourtant elle attend le moment de mordre… Eléazar essaie de ramener la paix en disant: “Bienheureux ceux qui prennent part au banquet de Dieu dans leur esprit et dans le Royaume éternel. Mais crois-le, Maître, c'est la vie qui nous apporte des obstacles. Les charges… les occupations…” Jésus dit la parabole du banquet (Mt 22,2-10; Lc 14,16-24) et pour finir: “Les charges… les occupations, as-tu dit. C'est vrai. C'est pour cela que je t'ai dit, au commencement de ce banquet, que mon Royaume se conquiert par des victoires sur soi-même et non par des victoires sur des champs de bataille. La place au grand Banquet est pour ces humbles de cœur qui savent être grands par leur fidèle amour qui ne mesure pas le sacrifice et qui surmonte tout pour venir à Moi. Même une heure suffit pour changer un cœur. Pourvu que ce cœur le veuille. Et il suffit d'une parole. Je vous en ai tant dit. Et je regarde… Dans un cœur va naître une plante sainte. Dans les autres, des ronces pour Moi et, dans ces ronces, des aspics et des scorpions. Peu importe. Je vais droit mon chemin. Qui m'aime me suive. Je vais en appelant à ma suite. Que ceux qui ont le cœur droit viennent à Moi. Je vais en instruisant. Que ceux qui cherchent la justice s'approchent de la Fontaine. Pour les autres… pour les autres c'est le Père Saint qui les jugera. Ismaël, je te salue. Ne me hais pas. Réfléchis. Et rends-toi compte que j'ai été sévère par amour, non par haine. Paix à cette maison et à ceux qui l'habitent, paix à tous si vous la méritez.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 17 septembre 2017, Quinzième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint saint Luc 7,11-16.
En ce temps-là, Jésus se rendait à une ville, appelée Naïm ; et ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu'une foule nombreuse.
Comme il approchait de la porte de la ville, voilà qu'on emportait un mort, fils unique de sa mère, laquelle était veuve, et une foule considérable de gens de la ville étaient avec elle.
Le Seigneur l'ayant vue, fut touché de compassion pour elle, et il lui dit : " Ne pleurez pas. "
Et s'approchant, il toucha le cercueil, et les porteurs s'arrêtèrent ; et il dit : " Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! "
Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler ; et il le rendit à sa mère.
Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : " Un grand prophète s'est levé parmi nous, " et : " Dieu a visité son peuple. "
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 3, Ch 50, p 290 - CD 3, piste 103 -
Naïm devait avoir une certaine importance au temps de Jésus. La ville n'est pas grande, mais bien construite, enfermée dans l'enceinte de ses murs, elle s'étend sur une colline basse et riante, un contrefort du petit Hermon, dominant de haut une plaine très fertile qui oblique vers le nord-ouest.
On y arrive, en venant d'Endor, après avoir traversé un cours d'eau qui est certainement un affluent du Jourdain. Pourtant, de cet endroit, on ne voit plus le Jourdain, et pas davantage sa vallée, parce que des collines le cachent en faisant vers l'est un arc en forme de point d'interrogation.
Jésus s'y rend par une grand-route qui unit la région du lac à l'Hermon et à ses pays. Derrière Lui marchent de nombreux habitants d'Endor qui n'arrêtent pas de parler entre eux.
La distance qui sépare le groupe apostolique des murs est maintenant très courte: deux cent mètres, au maximum. La grand-route entre directement dans la ville par une porte qui est ouverte en grand, car c'est plein jour. On peut voir ce qui arrive immédiatement après les murs. C'est ainsi que Jésus, qui parlait avec ses apôtres et le nouveau converti, voit venir, dans un grand bruit de pleureuses et un semblable apparat oriental, un cortège funèbre.
“Nous allons voir, Maître?” disent plusieurs. Et déjà parmi les habitants d'Endor, plusieurs se sont précipités pour voir.
“Allons-y” dit Jésus par condescendance.
“Oh! ce doit être un enfant car tu vois combien de fleurs et de rubans il y a sur la litière?” dit Judas de Kérioth à Jean.
“Ou bien c'est une vierge” répond Jean.
“Non, c'est sûrement un jeune garçon à cause des couleurs qu'ils ont mises et puis, il n'y a pas de myrtes...” dit Barthélémy. Le cortège funèbre sort des murs. Ce qu'il y a sur la litière que les porteurs tiennent bien haut sur leurs épaules, il n'est pas possible de le voir. On devine le corps étendu dans ses bandelettes et couvert d'un drap, seulement par la forme qu'il dessine et on se rend compte que c'est un corps qui a déjà atteint son développement complet car il est aussi long que la litière.
A côté une femme voilée, que soutiennent des parents ou des amies, chemine en pleurant. Ce sont les seules vraies larmes dans cette comédie larmoyante. Quand un porteur rencontre une pierre, un trou, une bosse de la route, cela donne une secousse à la litière et la mère gémit: “Oh! non! Allez doucement! Il a tant souffert, mon petit!” et elle lève une main tremblante pour caresser le bord de la litière. Elle ne saurait faire plus et, dans cette impuissance, elle baise les voiles qui flottent et les rubans que le vent soulève parfois et qui viennent effleurer la forme immobile.
“C'est la mère” dit Pierre ému et dans son œil fin et bon brille une larme. Mais il n'est pas le seul à avoir les larmes aux yeux devant ce déchirement. Le Zélote, André, Jean et jusqu'au toujours jovial Thomas ont dans les yeux la lueur d'une larme. Tous, tous sont profondément émus. Judas Iscariote murmure: “Si c'était moi! Oh! ma pauvre mère ... ”
Jésus a dans les yeux une douceur intolérable, tant elle est profonde. Il se dirige vers la litière.
La mère sanglote plus fort car le cortège tourne en direction du tombeau déjà ouvert. Voyant que Jésus va toucher la litière, elle l'écarte violemment. Qui sait ce qu'elle peut craindre dans son délire? Elle crie: “Il est à moi!” et elle regarde Jésus avec des yeux hagards.
“Je le sais, mère. Il est à toi.”
“C'est mon fils unique! Pourquoi la mort pour lui, pour lui qui était bon et qui m'était si cher, ma joie de veuve? Pourquoi?” La foule des pleureuses fait retentir plus haut ses cris funèbres et rétribués pour faire écho à la mère qui continue: “Pourquoi lui et pas moi? Ce n'est pas juste que celle qui a engendré voit périr son fruit. Le fruit doit vivre, car autrement, car autrement à quoi servent ces entrailles qui se déchirent pour mettre au monde un homme?” et elle se frappe le ventre, féroce et désespérée.
“Ne fais pas ainsi! Ne pleure pas, mère” Jésus lui prend les mains dans une étreinte puissante et les retient de sa main gauche pendant qu'avec la droite il touche la litière en disant aux porteurs: “Arrêtez-vous et posez-la à terre.” Les porteurs obéissent et descendent le brancard qui reste soutenu par ses quatre pieds.
Jésus saisit le drap qui couvre le mort et le rejette en arrière, découvrant la dépouille. La mère crie sa douleur en appelant le nom de son fils, je crois: “Daniel!”
Jésus, qui tient toujours les mains de la mère dans la sienne, se redresse, imposant par l'éclat de son regard, avec son visage des miracles les plus puissants et, abaissant sa main droite, il ordonne avec toute la puissance de sa voix: “Jeune homme! Je te le dis: lève-toi!”
Le mort, comme il est, avec ses bandelettes, se lève pour s'asseoir sur la litière et appelle: “Maman!” Il l'appelle avec la voix balbutiante et effrayée d'un enfant terrorisé.
“Il est à toi, femme. Je te le rends au nom de Dieu. Aide-le à se débarrasser du suaire. Et soyez heureux.”
Et Jésus va se retirer. Mais, oui! La foule le bloque à la litière sur laquelle la mère s'est penchée et où elle s'embrouille au milieu des bandelettes pour faire vite, vite, vite, pendant que les lamentations de l'enfant ne cessent d'implorer: “Maman! Maman!”
Le suaire est enlevé, les bandelettes sont enlevées, la mère et le fils peuvent s'embrasser et ils le font sans tenir compte du baume et qu'ensuite la mère essuie du cher visage, des chères mains, avec les bandelettes elles-mêmes. Puis, n'ayant rien pour l'habiller, la mère quitte son manteau et l'en revêt, et tout permet de le caresser...
Jésus la regarde... Il regarde ce groupe affectueux serré contre les bords de la litière qui maintenant n'est plus funèbre et il pleure. Judas Iscariote voit ces larmes et demande: “Pourquoi pleures-tu, Seigneur?”
Jésus tourne vers lui son visage et dit: “Je pense à ma Mère ... ”
Cette brève conversation ramène l'attention de la femme vers son Bienfaiteur. Elle prend son fils par la main et le soutient. En effet il est comme quelqu'un dont le corps supporte un reste de torpeur. Elle s'agenouille en disant: “Toi aussi, mon fils, bénis ce Saint qui t'a rendu à la vie et à ta mère” et elle se penche pour baiser le vêtement de Jésus pendant que la foule chante l'hosanna à Dieu et à son Messie, désormais connu pour ce qu'Il est. En effet les apôtres et les habitants d'Endor se sont chargés de dire qui a accompli le miracle.
Toute la foule maintenant s'écrie: “Que soit béni le Dieu d'Israël! Que soit béni le Messie, son Envoyé! Que soit béni Jésus, fils de David! Un grand Prophète s'est élevé parmi nous! Dieu a vraiment visité son peuple! Alléluia! Alléluia!”
Finalement Jésus peut se dégager de l'étreinte et entrer dans la ville. La foule le suit et le poursuit, exigeante dans son amour.
Un homme accourt et le salue profondément. “Je te prie de rester sous mon toit.”
“Je ne peux. La Pâque m'interdit toute halte sauf celles qui sont fixées d'avance.”
“Dans quelques heures, ce sera le crépuscule et c'est vendredi ... ”
“Justement je dois, avant le crépuscule, avoir achevé mon étape. Je te remercie tout de même, mais ne me retiens pas.”
“Mais, je suis le chef de la synagogue.”
“Et avec cela, tu veux dire que tu en as le droit. Homme: il suffisait que je m'attarde une heure et cette mère n'aurait pas recouvré son fils. Je vais où d'autres malheureux m'attendent. Ne retarde pas leur joie par égoïsme. Je viendrai certainement une autre fois et je resterai avec toi à Naïm. plusieurs jours. Pour l'instant, laisse-moi aller.”
L'homme n'insiste plus. Il dit seulement: “C'est dit. Je t'attends.”
“Oui. La paix soit avec toi et avec les habitants de Naïm. À vous aussi d'Endor, paix et bénédiction. Retournez à vos maisons. Dieu vous a parlé par le miracle. Faites qu'il arrive en vous, à force d'amour, autant de résurrections au Bien qu'il y a de cœurs.”
Un dernier chœur d'hosannas, puis la foule laisse aller Jésus qui traverse en diagonale la ville et sort dans la campagne, vers Esdrelon.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 10 septembre 2017, Quatorzième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,24-33. 
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent.
C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?
Regardez les oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent et n'amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?
Qui de vous, à force de soucis, pourrait ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ?
Et pourquoi vous inquiétez-vous pour le vêtement ? Observez les lis des champs, comment ils croissent : ils ne peinent ni ne filent.
Or je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux.
Si donc Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ?
Ne vous mettez donc point en peine, disant : Que mangerons-nous ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous ?
C'est de tout cela en effet que les païens sont en quête, car votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela.
Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 3, Ch 34, p 194 - CD 3, piste 64 - 
[...]
La vie est ainsi. Elle s'écoule entre le passé et l'avenir, entre le mal et le bien. Au milieu se trouve l'homme avec sa volonté et son libre arbitre; aux extrémités, d'une part Dieu et son Ciel, d'autre part Satan et son Enfer. L'homme peut choisir. Personne ne le force. Qu'on ne me dise pas: "Mais Satan nous tente" pour s'excuser de descendre par le sentier du bas. Dieu aussi nous tente par son amour et cette tentation est bien forte; par ses paroles, et elles sont bien saintes; par ses promesses, et elles sont bien séduisantes! Pourquoi alors se laisser tenter par un seul des deux et Par celui qui mérite le moins qu'on l'écoute? Les paroles, les promesses, l'amour de Dieu ne suffisent-ils pas à neutraliser le poison de Satan? Attention que cela ne tourne pas mal pour vous. Quand quelqu'un est physiquement très sain, il n'est pas à l'abri des contagions, mais il les surmonte facilement. Si au contraire il est déjà malade et par conséquent affaibli, il périt presque certainement avec une nouvelle infection, et s'il survit il est plus malade que la première fois, car il n'a pas dans le sang la force de détruire complètement les germes infectieux. C'est la même chose pour la partie supérieure. Si quelqu'un est moralement et spirituellement sain et fort, croyez bien qu'il n'est pas exempt de la tentation, mais le mal ne s'enracine pas en lui. Quand j'entends quelqu'un me dire: "J'ai fréquenté celui-ci et celui-là, j'ai lu ceci et cela, j'ai essayé d'amener au bien celui-ci et celui-là, mais en réalité le mal qui était dans leur esprit et dans leur cœur, le mal qui était dans le livre est entré en moi", je conclus: "Cela prouve que tu avais déjà créé le terrain favorable à la pénétration. Cela prouve que tu es un faible qui manque de nerf moral et spirituel. Car même de nos ennemis nous devons faire sortir du bien. En observant leurs erreurs, nous devons apprendre à n'y pas tomber. L'homme intelligent ne se laisse pas séduire par la première doctrine qu'il écoute. L'homme qui est tout imprégné d'une doctrine ne peut faire en lui une place pour les autres. Ceci explique les difficultés que l'on rencontre pour essayer de persuader ceux qui sont convaincus par d'autres enseignements de suivre la vraie Doctrine. Mais si tu m'avoues que tu changes de pensée au moindre souffle de vent, je vois que tu es plein de vides, ta force spirituelle est fissurée de partout, les digues qui retiennent ta pensée sont défoncées en mille endroits par où fuient les eaux saines et entrent les eaux corrompues, et tu es tellement sot et apathique que tu ne t'en aperçois même pas et n'y portes aucun remède. Tu es un malheureux". Sachez donc, entre les deux sentiers, choisir le bon et le suivre, en résistant, en résistant, en résistant aux attraits de la sensualité, du monde, de la science et du démon. Les fois mélangées, les compromis, les pactes qui s'opposent l'un à l'autre, laissez-les aux gens du monde. Ils ne devraient pas non plus exister parmi eux si les hommes étaient honnêtes. Mais vous, vous au moins, hommes de Dieu, ne les ayez pas. Vous ne pouvez faire des arrangements ni avec Dieu ni avec Mammon. Ne les ayez pas en vous-mêmes, car ils seraient sans valeur. Vos actions, mélangées de ce qui est bon et de ce qui ne l'est pas, n'auraient aucune valeur. Celles qui sont complètement bonnes seraient annulées par celles qui ne le sont pas. Celles qui sont mauvaises vous feraient tomber directement aux mains de l'Ennemi. Ne les faites donc pas. Mais servez loyalement. Personne ne peut servir deux maîtres dont la pensée est différente. S'il aime l'un, il haïra l'autre et réciproquement. Vous ne pouvez appartenir également à Dieu et à Mammon. L'esprit de Dieu ne peut se concilier avec l'esprit du monde. L'un monte, l'autre descend. L'un sanctifie, l'autre corrompt. Si vous êtes corrompus, comment pouvez-vous agir avec pureté? La sensualité s'enflamme chez ceux qui sont corrompus et, à la suite de la sensualité, les autres désirs malsains. Vous savez déjà comment Eve fut corrompue, et Adam par son intermédiaire. Satan baisa l'œil de la femme et l'ensorcela de telle façon que toute vision jusqu'alors pure prit pour elle un aspect impur et éveilla des curiosités étranges. Puis Satan lui baisa les oreilles et les ouvrit aux paroles d'une science inconnue: la sienne. Même la pensée d'Eve voulut connaître ce qui n'était pas nécessaire. Puis Satan montra à l'œil et à la pensée éveillés au Mal ce que tout d'abord ils n'avaient pas vu ni compris, et tout en Eve s'éveilla et se corrompit. Et la Femme, allant vers l'Homme, révéla son secret et persuada Adam de goûter le nouveau fruit si beau à voir et interdit jusqu'alors. Et elle le baisa et le regarda avec une bouche et des yeux où était déjà le trouble satanique. Et la corruption pénétra en Adam qui vit, et dont l'œil désira le fruit défendu. Il y mordit avec sa compagne, tombant d'une telle hauteur dans la boue. Quand quelqu'un est corrompu, il entraîne l'autre dans la corruption à moins que ce ne soit un saint au vrai sens du mot. Attention à votre regard, hommes, au regard de l'œil et à celui de l'esprit. S'ils sont corrompus, ils ne peuvent que corrompre le reste. L'œil est la lumière du corps, ta pensée est la lumière du cœur. Mais si ton œil n'est pas pur, tout en toi deviendra trouble et les nuées de la séduction créeront en toi des imaginations impures, car par suite de la soumission des organes à la pensée, une pensée corrompue corrompt les sens. Tout est pur en celui qui a une pensée pure qui lui donne un regard pur, et la lumière de Dieu descend en maîtresse là où les sens ne font pas obstacle. Mais si par une mauvaise volonté tu as habitué l'œil à des visions troubles, tout en toi deviendra ténèbres. Inutilement tu regarderas même les choses les plus saintes. Dans la nuit il n'y aura que ténèbres et tu feras des œuvres de ténèbres. Aussi, fils de Dieu, protégez vous-mêmes contre vous-mêmes. Surveillez-vous attentivement contre toutes les tentations. Être tenté n'est pas un mal. C'est par la lutte que l'athlète prépare la victoire. Mais le mal c'est d'être vaincus faute d'entraînement et d'attention. Je sais que tout sert à la tentation. Je sais que la défense énerve. Je sais que la lutte épuise. Mais, allons, pensez à ce que vous procurent ces choses. Et voudriez-vous pour une heure de plaisir, de n'importe quelle espèce, perdre une éternité de paix? Que vous laisse le plaisir de la chair, de l'or et de la pensée? Rien. Qu'acquérez-vous en les repoussant? Tout. Je parle à des pécheurs parce que l'homme est pécheur. Eh bien, dites-moi, en vérité: après avoir satisfait les sens, ou l'orgueil, ou la cupidité, vous êtes-vous sentis plus frais, plus contents, plus tranquilles? Dans l'heure qui suit la satisfaction et qui est toujours une heure de réflexion, vous êtes-vous en réalité sentis sincèrement heureux? Moi, je n'ai pas goûté ce pain de la sensualité. Mais je réponds pour vous: "Non. Flétrissure, mécontentement, incertitude, nausée, peur, agitation. Voilà ce qu'a été le suc que vous a procuré cette heure de plaisir". Cependant, je vous en prie. Lorsque je vous dis: "Ne faites jamais cela", je vous dis aussi: "Ne soyez pas inexorables à ceux qui se trompent". Rappelez-vous que vous êtes tous frères, faits d'une même chair et ayant une même âme. Pensez que nombreuses sont les causes qui amènent quelqu'un à pécher. Soyez miséricordieux envers les pécheurs, relevez-les avec bonté et amenez-les à Dieu en leur montrant que le sentier qu'ils ont suivi est hérissé de dangers pour la chair, pour la pensée et l'esprit. Faites cela et vous en serez grandement récompensés. Parce que le Père qui est aux Cieux est miséricordieux avec les bons et sait rendre au centuple. Je vous dis donc ... ”

 Jésus me dit: “Regarde et écris. C'est l'évangile de la Miséricorde que je donne à tous et spécialement à ceux qui se reconnaîtront dans la pécheresse et que j'invite à suivre dans sa rédemption.”

 Jésus, debout sur un rocher, parle à une foule nombreuse. C'est un endroit alpestre. Une colline solitaire entre deux vallées. Le sommet de la colline est en forme de joug ou plutôt en forme de bosse de chameau, de sorte qu'à peu de mètres de la cime elle offre un amphithéâtre naturel où la voix résonne avec netteté comme dans une salle de concert très bien construite. La colline n'est qu'une fleur. Ce doit être la belle saison. Les moissons des plaines commencent à prendre une couleur blonde et seront bientôt prêtes pour la faux. Au nord une montagne élevée resplendit avec son névé au soleil. Immédiatement au-dessous, à l'orient, la mer de Galilée paraît un miroir brisé dont les innombrables éclats semblent des saphirs embrasés par le soleil. Elle éblouit avec son scintillement azur et or sur lequel ne se reflète que quelques nuages floconneux qui traversent un ciel très pur et les ombres mobiles de quelques voiles. Ce doit être encore les premières heures de la matinée car l'herbe de la montagne a encore quelques diamants de rosée disséminés parmi les tiges. Au-delà du lac de Génésareth il y a des plaines éloignées qui par l'effet d'un léger brouillard, peut-être la rosée qui s'évapore, semblent prolonger le lac mais avec des teintes d'opale veinée de vert, et plus loin encore une chaîne de montagnes dont la côte très capricieuse fait penser à un dessin de nuages sur un ciel serein. Certains sont assis sur l'herbe ou sur des pierres, d'autres sont debout. Le collège apostolique n'est pas au complet. Je vois Pierre et André, Jean et Jacques, et j'entends qu'on appelle les deux autres Nathaël et Philippe. Puis, il y en a un autre qui est ou qui n'est pas dans le groupe. C'est peut-être le dernier arrivé: ils l'appellent Simon. Les autres ne sont pas là, à moins que je ne les distingue pas au milieu de la foule nombreuse. Le discours est déjà commencé depuis un moment. Je comprends qu'il s'agit du sermon sur la montagne. Mais les béatitudes sont déjà énoncées. Je dirais même que le discours approche de sa fin car Jésus dit: "Faites ceci et vous en serez grandement récompensés, car le Père qui est aux Cieux est miséricordieux avec les bons et sait rendre au centuple. Je vous dis donc ... ” Un grand mouvement se produit dans la foule qui se trouve vers le sentier conduisant au plateau. Les gens les plus proches de Jésus se retournent. L'attention se détourne. Jésus cesse de parler et tourne son regard dans la même direction que les autres. Il est sérieux et beau dans son habit bleu foncé, avec les bras croisés sur la poitrine et le soleil qui effleure son visage avec le premier rayon qui passe au-dessus du pic oriental de la colline. “Faites place, plébéiens” crie une coléreuse voix d'homme. “Faites place à la beauté qui passe”... quatre jolis-cœurs tout pomponnés s'avancent et l'un est certainement un romain car il porte la toge. Ils portent en triomphe sur leurs mains croisées Pour faire un siège Marie de Magdala, encore grande pécheresse. Elle rit de sa bouche très belle, elle rejette en arrière sa tête à la chevelure d'or toute en tresses et boucles retenues par des épingles précieuses et par une lame d'or parsemée de perles qui enserre le sommet du front comme un diadème et d'où descendent de légères boucles pour voiler ses yeux splendides rendus encore plus grands et plus séduisants par un savant artifice. Le diadème, ensuite, disparaît derrière les oreilles sous la masse des tresses qui retombent sur le cou très blanc et découvert. Et même... le découvert va bien au-delà du cou. Les épaules sont découvertes jusqu'aux omoplates et la poitrine beaucoup plus encore. Son vêtement est retenu aux épaules par deux chaînettes d'or. Les manches sont inexistantes. Le tout est recouvert, si l'on peut dire, par un voile qui sert uniquement à mettre la peau à l'abri du bronzage. Le vêtement est très léger et la femme se jetant, comme elle fait, par cajolerie, sur l'un ou l'autre de ses adorateurs, semble se jeter nue sur eux. J'ai l'impression que le romain est le préféré, car c'est à lui que s'adressent de préférence les sourires et les coups d'œil et il reçoit plus souvent la tête sur son épaule. “Voilà, la déesse est satisfaite” dit le romain. “Rome a donné une monture à la nouvelle Vénus et là se trouve l'Apollon que tu as voulu voir. Charme-le donc... mais laisse-nous aussi quelques bribes de tes charmes.” Marie rit et d'un mouvement agile et provocant se jette à terre découvrant ses pieds chaussés de sandales blanches avec des boucles d'or et une partie de la jambe. Puis couvrant le tout, le vêtement très ample, de laine fine comme le voile et très blanc, retenu à la taille, mais très bas à la hauteurs des hanches, par une ceinture à boucles d'or dénouées. Et la femme se dresse comme une fleur de chair, une fleur impure, éclose par un sortilège sur le plateau vert où se trouvent quantité de muguets et de narcisses sauvages. Elle est belle plus que jamais. La bouche petite et pourpre semble un œillet qui se détache sur la blancheur d'une dentition parfaite. Le visage et le corps pourraient satisfaire le peintre ou le sculpteur le plus difficile tant pour les teintes que pour les formes. Large de poitrine avec des hanches bien proportionnées, avec une taille naturellement souple et fine en comparaison de la poitrine et des hanches, elle semble une déesse comme l'a dit le romain, une déesse sculptée dans un marbre légèrement rosé sur lequel l'étoffe légère se tend sur les côtés pour retomber ensuite en plis nombreux sur le devant. Tout est étudié pour plaire. Jésus la regarde fixement, et elle soutient effrontément son regard en riant et en se tournant légèrement à cause des chatouilles que le romain lui fait en passant sur ses épaules et sur son sein découverts un brin de muguet cueilli dans l'herbe. Marie, avec un courroux étudié et faux, relève son voile en disant: “Respecte ma candeur” ce qui fait éclater les quatre en un bruyant éclat de rire. Jésus continue de la fixer. Quand le bruit des éclats de rire s'atténue, comme si l'apparition de la femme avait rallumé la flamme du discours qui tombait, Jésus reprend la parole et ne la regarde plus. Mais il regarde ses auditeurs qui paraissent agités et scandalisés par cette aventure. Jésus reprend: “J'ai dit d'être fidèles à la Loi, humbles, miséricordieux, d'aimer non seulement les frères nés des mêmes parents mais tous ceux qui sont pour vous des frères parce qu'ils ont la même origine humaine. Je vous ai dit que le pardon est plus utile que la rancœur, qu'il vaut mieux compatir que d'être inexorables. Mais maintenant je vous dis qu'on ne doit pas condamner si on n'est pas exempt du péché qui nous porterait à condamner. Ne faites pas comme les scribes et les pharisiens qui sont sévères avec tout le monde, mais pas avec eux-mêmes. Ils appellent impur ce qui est extérieur et peut ne souiller que l'extérieur, et ils accueillent l'impureté au plus profond de leur sein, dans leur cœur. Dieu n'est pas avec ceux qui sont impurs, car l'impureté corrompt ce qui est la propriété de Dieu: les âmes, et surtout les âmes des petits qui sont des anges répandus sur la terre. Malheur à ceux qui leur arrachent les ailes avec la cruauté de fauves démoniaques et qui jettent dans la boue ces fleurs du Ciel en leur faisant connaître le goût de la matière! Malheur!... Il vaudrait mieux qu'ils meurent brûlés par la foudre plutôt que d'arriver à un tel péché! Malheur à vous, riches et jouisseurs! Car c'est justement parmi vous que fermente la plus grande impureté à laquelle l'oisiveté et l'argent servent de lit et d'oreiller! Maintenant, vous êtes repus. La nourriture des concupiscences vous arrive jusqu'à la gorge et vous étrangle. Mais vous aurez faim, une faim redoutable et que rien ne rassasiera ni n'adoucira pendant l'éternité. Maintenant vous êtes riches. Que de bien vous pourriez faire avec votre richesse! Mais vous en faites un mal pour vous et pour les autres. Vous connaîtrez une pauvreté atroce un jour, lequel n'aura pas de fin. Maintenant vous riez. Vous vous prenez pour des triomphateurs. Mais vos larmes rempliront les étangs de la Géhenne et elles ne s'arrêteront plus. Où se niche l'adultère? Où se niche la corruption des jeunes filles? Qui a deux ou trois lits de débauche, en plus de son lit d'époux, et sur lesquels il répand son argent et la vigueur d'un corps que Dieu lui a donné sain pour qu'il travaille pour sa famille et non pour qu'il s'épuise en débauches dégoûtantes qui le mettent au-dessous d'une bête immonde? Vous avez appris qu'il a été dit: "Ne commets pas l'adultère". Mais Moi, je vous dis que celui qui aura regardé une femme avec un désir impur, que celle qui est allée vers un homme avec un désir impur, avec cela seulement, a déjà commis l'adultère en son cœur. Aucune raison ne justifie la fornication. Aucune. Ni l'abandon et la répudiation d'un mari. Ni la pitié envers une femme répudiée. Vous n'avez qu'une seule âme. Quand elle est engagée avec une autre par un pacte de fidélité, qu'elle ne mente pas, autrement ce beau corps avec lequel vous péchez ira avec vous, âmes impures, dans des flammes qui ne s'éteindront pas. Mutilez-le plutôt, mais ne le tuez pas pour toujours par la damnation. Redevenez hommes, vous, les riches, sentines vermineuses du vice, redevenez hommes pour ne pas inspirer le dégoût au Ciel ... ” Marie, au commencement, a écouté avec un visage qui était un poème de séduction et d'ironie, éclatant de temps à autre en rires méprisants. Sur la fin du discours elle devient rouge de colère. Elle comprend que, sans la regarder, c'est à elle que Jésus parle. Sa colère s'enflamme toujours plus. Elle se révolte et à la fin elle n'y résiste plus. Elle s'enveloppe méprisante dans son voile et, suivie par les regards de la foule qui la méprise et par la voix de Jésus qui la poursuit, elle se sauve à toutes jambes sur la pente en laissant des morceaux de vêtements aux chardons et aux églantiers qui sont aux bords du sentier. Elle rit de rage et de mépris. Je ne vois rien d'autre. Mais Jésus me dit: “Tu vas encore voir.” Jésus reprend: “Vous êtes indignés de cet événement. Cela fait deux jours que notre refuge, bien au-dessus de la boue, est troublé par le sifflement de Satan. Ce n'est donc plus un refuge, et nous allons le quitter. Mais je veux terminer pour vous ce code du "plus parfait" dans cette ampleur de lumière et d'horizon. Ici, réellement, Dieu apparaît dans sa majesté de Créateur et, en voyant ses merveilles, nous pouvons croire fermement que le Maître c'est Lui et non pas Satan. Le Malin ne pourrait même pas créer un brin d'herbe. Mais Dieu peut tout. Que cela nous réconforte. Mais vous êtes maintenant tous au soleil. Et cela vous gêne. Dispersez-vous alors sur les pentes. Il y a de l'ombre et de la fraîcheur. Prenez votre repas, si vous voulez. Je vous parlerai du même sujet. Plusieurs raisons nous ont retardés. Mais ne le regrettez pas. Ici, vous êtes avec Dieu.” La foule crie: “Oui, oui, avec Toi” et les gens s'en vont sous les bosquets épars du côté de l'orient de façon que le versant de la colline et les branches les abritent du soleil déjà trop chaud. Entre temps, Jésus dit à Pierre de démonter la tente. “Mais... nous partons réellement?” “Oui.” “Parce qu'elle est venue, elle? ... ” “Oui, mais ne le dis à personne et surtout pas au Zélote. Il en resterait affligé à cause de Lazare. Je ne puis permettre que la parole de Dieu soit exposée au mépris des païens ... ” “Je comprends, je comprends ... ” “Alors, comprends aussi une autre chose.” “Laquelle, Maître?” “La nécessité de se taire en certains cas. Je me fie à toi. Tu m'es si cher mais tu es aussi d'une impulsivité qui te fait faire des observations blessantes.” “Je comprends... tu ne veux pas à cause de Lazare et de Simon ... ” “Et pour d'autres encore.” “Tu penses qu'il y en aura aujourd'hui?” “Aujourd'hui, demain et après demain et toujours. Et il sera toujours nécessaire de surveiller l'impulsivité de mon Simon de Jonas. Va, va faire ce que je t'ai dit.” Pierre s'en va, en appelant à son aide ses compagnons. L'Iscariote est resté pensif dans un coin. Jésus l'appelle par trois fois parce qu'il n'entend pas. À la fin, il se retourne: “Tu me veux, Maître?” demande-t-il. “Oui, va toi aussi prendre ta nourriture et aider tes compagnons.” “Je n'ai pas faim. Ni Toi non plus.” “Moi non plus, mais pour des motifs opposés. Tu es troublé, Judas?” “Non, Maître. Fatigué ... ” “Maintenant nous allons sur le lac, et puis en Judée, Judas. Et chez ta mère. Je te l'ai promis ... ” Judas se sent mieux. “Tu viens bien avec moi seul?” “Mais certainement. Aime-moi bien, Judas. Je voudrais que mon amour fût en toi au point de te préserver de tout mal.” “Maître... je suis un homme. Je ne suis pas un ange. J'ai des moments de fatigue. Est-ce un péché d'avoir besoin de dormir?” “Non, si tu dors sur ma poitrine. Regarde là les gens, comme ils sont heureux et comme il est gai d'ici, le paysage. Cependant la. Judée aussi doit être très belle au printemps.” “Très belle, Maître. Seulement, là-bas sur les montagnes qui sont plus élevées qu'ici, le printemps est plus tardif. Mais les fleurs sont très belles. Les pommeraies sont une splendeur. La mienne, grâce aux soins de maman, est une des plus belles. Et quand elle s'y promène avec des colombes qui lui courent après pour avoir du grain, crois bien que c'est une vue apaisante pour le cœur.” “Je le crois. Si ma Mère n'est pas trop fatiguée, j'aurais plaisir à l'amener chez la tienne. Elles s'aimeraient, car elles sont bonnes toutes les deux.” Judas, séduit par cette idée, redevient tranquille. Il oublie son manque d'appétit et sa fatigue et court vers ses compagnons en riant joyeusement. Grand comme il est, il défait sans fatigue les nœuds les plus élevés et il mange son pain et ses olives, joyeux comme un enfant. Jésus le regarde avec compassion et puis se dirige vers ses apôtres. “Voici du pain, Maître, et un œuf. Je me le suis fait donner par ce riche habillé de rouge. Je lui ai dit: "Tu es heureux d'écouter. Lui parle et il est épuisé. Donne-moi un de tes œufs. Cela fera plus de bien à Lui qu'à toi".” “Mais, Pierre!” “Non, Maître! Tu es pâle comme un bébé qui suce un sein épuisé, et tu es en train de devenir maigre comme un poisson après les amours. Laisse-moi faire; je ne veux pas avoir de reproches à me faire. Maintenant, je vais le mettre dans cette cendre chaude. Ce sont les branchages que j'ai brûlés. Tu vas le boire. Je ne sais combien de temps il y a... combien de jours? Des semaines certainement qu'on ne mange que du pain et des olives et un peu de lait... Hum! On dirait qu'on se purge. Et Toi, tu manges moins que tous et tu parles pour tous. Voici l'œuf. Bois-le tant qu'il est tiède. Cela te fera du bien.” Jésus obéit et voyant que Pierre ne mange que du pain, il lui demande: “Et toi? Les olives?” “Chut! Elles vont me servir après. Je les ai promises.” “A qui?” “A des enfants. Pourtant, s'ils ne se tiennent pas tranquilles jusqu'à la fin, je mange les olives et je leur donne les noyaux, c'est-à-dire des claques.” “Mais, très bien!” “Hé! je ne les donnerai jamais. Mais si on ne fait pas ainsi! J'en ai tant reçu, moi aussi, et si on avait dû me donner toutes celles que je méritais pour mes gamineries, j'aurais dû en recevoir dix fois plus! Mais cela fait du bien. C'est parce que j'en ai reçu que je suis ainsi. ” Tout le monde rit de la sincérité de l'apôtre. “Maître, je voudrais te dire qu'aujourd'hui c'est vendredi et que ces gens... je ne sais s'ils pourront se procurer des vivres à temps pour demain ou regagner leurs maisons” dit Barthélémy. “C'est vrai! C'est vendredi!” disent plusieurs. “Peu importe. Dieu y pourvoira, mais nous le leur dirons.” Jésus se lève et va à sa nouvelle place au milieu de la foule éparse parmi les bosquets. “En premier lieu, je vous rappelle que c'est vendredi. Maintenant je vous dis que ceux qui craignent de ne pouvoir regagner à temps leurs maisons ou n'arrivent pas à croire que Dieu donnera demain la nourriture à ses fils, peuvent se retirer tout de suite pour que la nuit ne les surprenne pas en route. ” Sur toute la foule, une cinquantaine de personnes se lèvent. Les autres restent où elles sont. Jésus sourit et commence à parler. “Vous avez appris qu'il a été dit autrefois: "Ne commets pas l'adultère". Ceux parmi vous, qui m'ont entendu dans d'autres endroits, savent que plusieurs fois j'ai parlé de ce péché. Parce que, faites bien attention, ce péché n'intéresse pas une seule personne, mais intéresse deux ou trois personnes. Et je m'explique. Celui qui commet l'adultère pèche pour lui-même, il pèche pour sa complice, il pèche en portant au péché la femme ou le mari trahi qui peuvent en arriver au désespoir ou à pécher eux-mêmes. Ceci pour le péché consommé. Mais je vous dis en plus. Je vous dis: "Non seulement le péché consommé, mais le désir de le consommer est déjà péché". Qu'est-ce que l'adultère? C'est le désir fiévreux de celui ou de celle qui n'est pas à nous. On commence à pécher par le désir, on continue par la séduction, on complète par la persuasion, l'acte couronne le tout. Comment commence-t-on? Généralement par un regard impur. Et cela nous ramène à ce que je disais auparavant. L'œil impur voit ce qui est caché à celui qui est pur, et par l'œil, la soif entre dans le gosier, la faim dans le corps, la fièvre dans le sang. Soif, faim, fièvre charnelle. C'est le commencement du délire. Si l'autre, la personne regardée est honnête, celui qui délire reste seul à se retourner sur des charbons ardents, ou bien il en arrive à calomnier pour se venger. Si elle est malhonnête, elle se fait complice du regard et alors commence la descente vers le péché. Aussi je vous dis: "Celui qui regarde une femme en la désirant, a déjà commis l'adultère car dans sa pensée il a déjà commis l'acte qu'il désire". Plutôt que cela, si ton œil droit est pour toi occasion de scandale, arrache-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi être borgne que de tomber pour toujours dans les ténèbres infernales. Et si ta main droite a péché, coupe-la et jette-la. Il vaut mieux pour toi avoir un membre de moins plutôt que de tomber tout entier dans l'enfer. Il est vrai qu'il est dit que ceux qui sont difformes ne peuvent servir Dieu dans le Temple. Mais après la vie, ceux qui sont difformes de naissance, s'il sont saints ou ceux qui le sont par' vertu, deviendront plus beaux que des anges et serviront Dieu en l'aimant dans la joie du Ciel. Il a été dit aussi: "Que celui qui renvoie sa femme lui donne un libellé de divorce". Mais c'est une chose à réprouver. Elle ne vient pas de Dieu. Dieu dit à Adam: "C'est la compagne que j'ai faite pour toi. Croissez et multipliez-vous sur la terre, remplissez-la et soumettez-la à votre pouvoir". Et Adam, rempli d'une intelligence supérieure car le péché n'avait pas encore troublé sa raison sortie parfaite de Dieu, s'écria: "Voilà enfin l'os de mes os et la chair de ma chair. On l'appellera Virago, c'est-à-dire un autre moi-même parce qu'elle est tirée de l'homme. Pour ce motif, l'homme laissera son père et sa mère et les deux seront une seule chair". Et avec l'éclat d'une splendeur accrue, l'éternelle Lumière approuva avec un sourire ce qu'avait dit Adam et qui devint la loi première, irréformable. Maintenant, si à cause de la dureté toujours plus grande de l'homme, le législateur humain dut faire une nouvelle loi; si à cause de l'inconstance croissante de l'homme, il dut mettre un frein et dire: "Si pourtant tu l'as répudiée, tu ne peux la reprendre", cela n'efface pas la loi première, authentique, née au Paradis Terrestre et approuvée par Dieu. Moi, je vous dis: "Quiconque renvoie sa propre femme, excepté le cas de l'adultère bien établi, l'expose à l'adultère". Parce que, en effet, que fera dans quatre-vingt-dix pour cent des cas la femme répudiée? Elle fera un second mariage. Avec quelles conséquences? Oh! il y en aurait à dire sur ce sujet! Ne savez-vous pas que vous pouvez provoquer des incestes involontaires avec cette manière d'agir? Que de larmes versées pour une luxure! Oui. Une luxure. Cela n'a pas d'autre nom. Soyez francs. On peut tout surmonter quand l'esprit est droit. Mais tout se prête à motiver les satisfactions de la sensualité quand l'esprit est luxurieux. Frigidité de la femme, lourdeur, inaptitude aux affaires, humeur grincheuse, amour du luxe, on peut tout surmonter, même les maladies, même l'irascibilité, si on s'aime saintement. Mais comme après quelque temps on ne s'aime plus comme au premier jour, voilà qu'alors on regarde comme impossible ce qui est plus que possible et l'on jette une pauvre femme à la rue et on l'envoie à sa perdition. Commet l'adultère celui qui répudie sa femme, et celui qui l'épouse après la répudiation. Seule la mort rompt le mariage. Souvenez-vous-en. Et si vous avez fait un choix malheureux, portez-en les conséquences comme une croix. Vous serez deux malheureux mais saints, vous ne ferez pas de vos enfants des êtres plus malheureux, ces innocents qui ont davantage à souffrir de ces situations difficiles. L'amour de vos enfants devrait vous faire réfléchir cent et cent fois, même dans le cas de la mort du conjoint. Oh! si vous savez vous contenter de ce que vous avez eu et auquel Dieu a dit: "Cela suffit"! Si vous saviez, vous veufs et vous veuves, voir dans la mort non pas un amoindrissement mais une élévation à une perfection de procréateurs! Être mère, même pour la mère défunte. Être père, même pour le père disparu. Avoir deux âmes en une, recueillir l'amour des enfants sur les lèvres refroidies de la personne qui meurt et dire: "Pars en paix, sans crainte pour ceux qui sont venus de toi. Je continuerai à les aimer, pour toi et pour moi, de les aimer deux fois, je serai père et mère, et l'infortune de l'orphelin ne pèsera pas sur eux. Ils ne connaîtront pas la jalousie naturelle de l'enfant du conjoint remarié pour celui ou celle qui prend la place sacrée d'une mère, d'un père appelés par Dieu à une autre demeure". Fils, mon enseignement arrive à sa fin, comme va vers sa fin le jour qui déjà décline, avec le soleil, vers l'occident. De cette rencontre sur la montagne, je veux que vous vous rappeliez les paroles. Gravez-les dans vos cœurs. Relisez-les souvent. Qu'elles soient pour vous un guide perpétuel. Et par-dessus tout soyez bons avec ceux qui sont faibles. Ne jugez pas pour n'être pas jugés. Souvenez-vous qu'il pourrait arriver le moment où Dieu vous rappellerait: "C'est ainsi que tu as jugé. Tu savais donc que c'était mal. Tu as donc commis le péché en sachant bien ce que tu faisais. Maintenant subis ta peine". La charité est déjà une absolution. Ayez la charité en vous, pour tous et à tout propos. Si Dieu vous donne tant de secours pour vous garder droits, ne vous enorgueillissez pas. Mais cherchez à monter, si longue que soit l'échelle de la perfection, et tendez la main à ceux qui sont fatigués, ignorants, à ceux qui sont victimes de subites déceptions. Pourquoi regarder avec tant d'attention le fétu dans l'œil de ton frère si tu ne te soucies pas d'abord d'enlever la poutre qui est dans le tien? Comment peux-tu dire à ton prochain: "Laisse-moi enlever ce fétu de ton œil" alors que t'aveugle la poutre qui est dans le tien? Ne sois pas hypocrite, fils. Enlève d'abord la poutre que tu as dans le tien et alors tu pourras enlever le fétu à ton frère sans l'abîmer complètement. Évitez aussi l'imprudence comme le manque de charité. Je vous ai dit: "Tendez la main à ceux qui sont fatigués, ignorants, victimes de déceptions imprévues". Mais, si c'est charité d'instruire les ignorants, d'encourager ceux qui n'en peuvent plus, de donner de nouvelles ailes à ceux qui pour de multiples raisons ont brisé les leurs, c'est une imprudence de dévoiler les vérités éternelles à ceux qui sont infectés par le satanisme. Ils s'en empareront pour jouer aux prophètes, pour se glisser parmi les simples, pour corrompre, détourner, souiller de manière sacrilège les choses de Dieu. Respect absolu, savoir parler et savoir se taire, savoir réfléchir et savoir agir, voilà les vertus du vrai disciple pour faire des prosélytes et servir Dieu. Vous avez une raison et, si vous êtes justes, Dieu vous donnera toutes ses lumières pour guider encore mieux votre raison. Pensez que les vérités éternelles ressemblent à des perles. On n'a jamais vu jeter des perles aux pourceaux qui préfèrent des glands et de puantes eaux de vaisselle aux perles précieuses. Ils les piétineraient sans pitié et après, furieux d'avoir été trompés, ils se retourneraient contre vous pour vous mettre en pièces. Ne donnez pas les choses saintes aux chiens. Ceci pour maintenant et pour plus tard. Je vous ai parlé longuement, mes fils. Écoutez mes paroles. Celui qui les écoute et les met en pratique est comparable à un homme réfléchi qui, voulant construire une maison, choisit un terrain rocheux. Certes il peinera pour faire les fondations. Il lui faudra travailler avec le pic et le ciseau, se durcir les mains et se fatiguer les reins. Mais ensuite il pourra couler la chaux dans les fentes de la roche et y poser les briques serrées comme dans une muraille de forteresse et la maison s'élèvera solide comme une montagne. Que viennent les intempéries, les ouragans, que les pluies fassent déborder les fleuves, que les vents soufflent, que les flots la frappent, la maison résistera à tout. Ainsi en est-il de celui dont la foi a de solides fondations. Au contraire, celui qui écoute sans se laisser pénétrer et ne s'efforce pas de graver mes paroles dans son cœur parce qu'il sait que pour cela il devrait se donner de la peine, éprouver de la souffrance, extirper trop de choses, celui-là est semblable à celui qui par paresse et sottise construit sa maison sur le sable. Sitôt que viennent les intempéries, la maison vite construite aussi vite s'écroule et l'imbécile regarde désolé les décombres et l'anéantissement de son capital. Et ici, il ne reste qu'une ruine qu'on peut réparer en faisant des frais et en se donnant du mal. Mais pour l'édifice d'un esprit qui s'est écroulé parce qu'il était mal bâti, il ne reste plus rien pour la reconstruction. Dans l'autre vie, pas de construction. Malheur à celui qui n'a que des décombres à présenter! J'ai fini. Maintenant je descends vers le lac et je vous bénis au nom du Dieu Un et Trin. Que ma paix soit avec vous.” Mais la foule crie: “Nous venons avec Toi. Laisse-nous venir! Personne n'a des paroles comme les tiennes!” Et ils se mettent à suivre Jésus qui descend non pas du côté par où il est monté, mais par le côté opposé et s'en va directement vers Capharnaüm. La descente est plus abrupte, mais beaucoup plus rapide, et ils ont vite fait d'arriver au pied de la montagne qui débouche dans une plaine verte et fleurie.
(Jésus dit: “Cela suffit pour aujourd'hui. Demain ... ”)
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/