"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe St Pie V
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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Dimanche 23 août 2015, Treizième Dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,11-19. 
En ce temps-là, Jésus faisait route vers Jérusalem et passait aux confins de la Samarie et de la Galilée.
Et alors qu'il entrait dans un village, vinrent à sa rencontre dix lépreux, qui se tinrent à distance ;
et, élevant la voix, ils dirent : " Maître Jésus, ayez pitié de nous ! "
Les ayant vus, il leur dit : " Allez vous montrer aux prêtres. " Et, comme ils y allaient, ils furent guéris.
L'un d'entre eux, voyant qu'il était guéri, revint en glorifiant Dieu à haute voix,
tomba à ses pieds la face contre terre et lui rendit grâces. Et c'était un Samaritain.
Prenant la parole, Jésus dit : " Est-ce que les dix n'ont pas été guéris ? Et les neuf, où sont-ils ?
Ne s'est-il trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir rendre gloire à Dieu ? "
Et il lui dit : " Lève-toi, va ; ta foi t'a sauvé. "
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 7, Ch 178, p 148 - CD 7, piste 55 - 
Ils sont toujours dans les montagnes, des montagnes escarpées, sur certains petits chemins où ne passent certes pas des chars, mais seulement des voyageurs à pied ou des gens montés sur des ânes vigoureux de la montagne, plus grands et plus robustes que les ânes que l'on rencontre habituellement dans les régions moins accidentées. Une observation qui à plusieurs paraîtra inutile, mais que je fais quand même. En Samarie il y a des usages différents de ceux des autres lieux, en fait de vêtements et pour beaucoup d'autres choses. Et l'un c'est la quantité de chiens, insolite ailleurs, qui me frappe, comme m'a frappée la présence des porcs dans la Décapole. Beaucoup de chiens peut-être parce que la Samarie a beaucoup de bergers et doit avoir beaucoup de loups dans ces montagnes si sauvages. Beaucoup aussi parce que les bergers, en Samarie, je les vois le plus souvent seuls, tout au plus avec un enfant, faisant paître leurs propres troupeaux, alors qu'ailleurs, la plupart du temps, ils sont à plusieurs pour garder des troupeaux nombreux de quelque riche. Le fait est qu'ici chaque berger a son chien ou plusieurs, selon le nombre de brebis de son troupeau. Une autre caractéristique c'est précisément ces ânes presque aussi grands qu'un cheval, robustes, capables d'escalader ces montagnes avec un lourd chargement sur le bât, même de grosses bûches, forts comme ils en descendent de ces magnifiques montagnes couvertes de bois séculaires. Autre particularité: les manières dégagées des habitants qui, sans être des “pécheurs” comme les jugent les juifs et les galiléens, sont ouverts, francs, sans bigoterie, sans toutes ces histoires qu'ont les autres, et hospitaliers. Cette constatation me fait penser que dans la parabole du bon samaritain, il n'y a pas eu seulement l'intention de faire ressortir que le bon et le mauvais existent partout, dans tous les lieux et chez toutes les races, et même chez les hérétiques il y en a qui peuvent avoir le cœur droit, mais vraiment aussi la description réelle des habitudes samaritaines envers ceux qui ont besoin d'être aidés. Ils se sont arrêtés au Pentateuque - je ne les entends parler que de cela - mais ils le pratiquent, du moins envers le prochain, avec plus de droiture que les autres, avec leurs six-cent-treize articles de préceptes, etc. Les apôtres parlent avec le Maître, et bien qu'ils soient incorrigiblement israélites, ils doivent reconnaître et louer l'esprit qu'ils ont trouvé chez les habitants de Sichem qui, je le comprends par les conversations que j'entends, ont invité Jésus à séjourner au milieu d'eux. “Tu as entendu, hein?” dit Pierre “comme ils ont dit clairement qu'ils connaissent la haine des juifs? Ils ont dit: "Pour Toi et sur Toi il y a plus de haine que pour nous samaritains pour tous ceux que nous sommes et que nous avons été. Leur haine pour Toi est sans bornes".” “Et ce vieillard? Comme il a bien parlé: "C'est juste, au fond, qu'il en soit ainsi, parce que tu n'es pas un homme mais tu es le Christ, le Sauveur du monde et donc tu es le Fils de Dieu, car seul un Dieu peut sauver le monde corrompu. Par conséquent, étant sans limites comme Dieu, sans limites dans ta puissance, dans ta sainteté et dans ton amour, comme sera sans limites ta victoire sur le Mal, ainsi il est naturel que le Mal et la Haine, qui n'est qu'une seule chose avec le Mal, soient sans limites contre Toi". Il a vraiment bien parlé! Et cette raison explique tant de choses!” dit le Zélote. “Qu'explique-t-elle, selon toi? Moi… je dis qu'elle explique seulement que ce sont des sots” dit Thomas expéditif. “Non. La sottise serait encore une excuse, mais ils ne sont pas sots.” “Ils sont ivres alors, ivres de haine” réplique Thomas. “Pas même. L'ivresse cède après s'être déchaînée. Cette rancœur ne cède pas.” “Et plus déchaînée que cela! Et depuis si longtemps… qu'elle aurait dû tomber maintenant.” “Amis, elle n'a pas encore touché le but” dit Jésus avec calme comme si le but de la haine n'était pas son supplice. “Non?! Mais s'ils ne nous laissent jamais en paix?!” “Maître, eux ne sont pas encore convaincus que j'ai dit la vérité. Mais je l'ai dite. Oh! oui, je l'ai dite! Et je dis aussi que si cela avait dépendu de vous, vous seriez tous tombés dans le piège comme y est tombé le Baptiste. Mais ils ne réussiront pas, car je veille…” dit l'Iscariote. Et Jésus le regarde. Et je le regarde, moi aussi, me demandant, et je me le demande depuis quelques jours, si la conduite de l'Iscariote est due à un bon et réel retour sur le chemin du bien et de l'amour pour son Maître, une libération des forces humaines et extra-humaines qui le possédaient, ou si c'est un travail plus raffiné de préparation au coup final, un asservissement plus grand aux ennemis du Christ et à Satan. Mais Judas est un être tellement spécial, qu'il est impossible de le déchiffrer. Seul Dieu peut le comprendre. Et Dieu: Jésus, laisse tomber un voile de miséricorde et de prudence sur toutes les actions et la personnalité de son apôtre… un voile qui se déchirera, en éclairant parfaitement tant de pourquoi, maintenant mystérieux, quand seront ouverts les livres des Cieux. Les apôtres sont tellement préoccupés par l'idée que la haine des ennemis n'a pas encore atteint son but, qu'ils ne parlent plus pendant un moment. Puis Thomas s'adresse encore au Zélote pour lui dire: “Et alors, s'ils ne sont ni ivres ni sots, si leur haine explique tant de choses sans expliquer celle-ci, qu'explique-t-elle alors? Que sont-ils? Tu ne l'as pas dit…” “Que sont-ils? Des possédés. Ils sont ce qu'ils disent de Lui. Cela explique leur acharnement qui ne connaît pas de trêve, qui au contraire croît davantage à mesure que se manifeste sa puissance. Il a bien parlé, ce samaritain. En Lui, Fils du Père et de Marie, Homme et Dieu, existe l'Infinité de Dieu, et infinie est la Haine qui s'oppose à cette Infinité parfaite, même si tout en étant sans limites la Haine n'est pas parfaite, car seul Dieu est parfait dans ses actions. Mais si la Haine pouvait atteindre l'abîme de la perfection, elle descendrait pour l'atteindre, se précipiterait même pour l'atteindre, pour rebondir ensuite, par la violence même de sa chute dans l'abîme infernal, contre le Christ, afin de le blesser avec toutes les armes arrachées à l'abîme infernal. Le firmament, réglé par Dieu, a un seul soleil. Il se lève et rayonne et disparaît, en laissant la place au soleil plus petit qu'est la lune, et celle-ci, après avoir rayonné à son tour, se couche pour céder la place au soleil. Les astres enseignent beaucoup de choses aux hommes, car ils se soumettent aux volontés du Créateur, mais les hommes non. Et c'en est un exemple de vouloir s'opposer au Maître. Qu'arriverait-il si, à une aurore, la lune disait: "Je ne veux pas disparaître, et je reviens par le chemin déjà fait"? Certainement, elle irait heurter le soleil, avec horreur et au détriment de toute la Création. C'est ce qu'eux veulent faire, croyant pouvoir briser le Soleil…” “C'est la lutte des Ténèbres contre la Lumière. Nous la voyons chaque jour dans les aubes et les soirées, les deux forces qui se combattent, qui exercent, tour à tour, leur empire sur la Terre. Mais les ténèbres sont toujours vaincues car elles ne sont jamais absolues. Il émane toujours un peu de lumière, même dans la nuit la plus privée d'étoiles. On dirait que l'air la crée de lui-même dans les espaces infinis du firmament et la répande, même si elle est très limitée, pour persuader les hommes que les astres ne sont pas éteints. Et je dis que pareillement, dans ces ténèbres particulières du Mal contre la Lumière qu'est Jésus, toujours, malgré tous les efforts des Ténèbres, la Lumière sera là pour réconforter ceux qui croient en Elle” dit Jean en souriant à sa pensée, tout recueilli en lui-même comme s'il monologuait. Sa pensée est recueillie par Jacques d'Alphée. “Dans les Livres, le Christ est appelé "Étoile du matin". Lui aussi connaîtra donc une nuit, et - je m'en épouvante - nous aussi la connaîtrons, une nuit, un moment où la Lumière semblera avoir perdu sa force et où les Ténèbres sembleront victorieuses. Mais puisqu'il est appelé "Étoile du matin" d'une manière qui exclut toute limite dans le temps, je dis qu'après la nuit momentanée, Lui sera la Lumière matinale, pure, fraîche, virginale, qui renouvellera le monde, pareille à celle qui succéda au Chaos le premier jour. Oh! oui, le monde sera créé de nouveau dans sa Lumière.” “Et la malédiction sera sur les réprouvés qui auront voulu lever la main pour frapper la Lumière, en répétant les erreurs déjà faites, depuis Lucifer jusqu'aux profanateurs du peuple saint. Jéhovah laisse l'homme libre de ses actions, mais par amour pour l'homme lui-même, Il ne permettra pas que l'Enfer prévale.” “Oh! heureusement qu'après un si long assoupissement des esprits, qui semblait les fermer et les engourdir comme par l'effet d'une vieillesse précoce, la sagesse refleurisse sur nos lèvres! Nous ne semblions plus être nous! Maintenant je retrouve le Zélote, et Jean, les deux frères d'autrefois!” dit l'Iscariote, en se félicitant. “Il ne me semble pas que nous ayons changé au point de ne plus paraître nous-mêmes” dit Pierre. “Si nous sommes changés! Tous. Toi le premier, et puis Simon et les autres, moi y compris. S'il y a quelqu'un qui est à peu près ce qu'il a toujours été, c'est Jean.” “Hum! Je ne sais vraiment pas en quoi…” “En quoi? Nous sommes taciturnes, comme las, indifférents, pensifs… Jamais plus on n'entendait de conversations semblables à celles d'autrefois, semblables à celle de maintenant, qui sont si utiles…” “Pour se disputer” dit le Thaddée en rappelant comme souvent, en effet, elles dégénéraient en prises de becs. “Non. Pour nous former, car nous ne sommes pas tous comme Nathanaël, ni comme Simon, ni comme vous d'Alphée, par naissance et par sagesse, et celui qui l'est moins apprend toujours de celui qui l'est plus” réplique l'Iscariote. “Vraiment… moi je dirais qu'il est par-dessus tout nécessaire de se former en justice, et de cela Simon nous en a donné de magnifiques leçons” dit Thomas. “Moi? Tu y vois mal. Je suis le plus sot de tous” dit Pierre. “Non. Tu es celui qui a le plus changé. Pour cela Judas de Kériot a raison. Il n'y a plus beaucoup en toi du Simon que j'ai connu quand je suis venu avec vous et qui, pardonne-moi, resta quelque temps ce qu'il était. Depuis le moment où je t'ai retrouvé, après la séparation pour les Encénies, tu n'as fait que te transformer. Maintenant tu es… oui, je le dis, plus paternel et en même temps plus austère. Tu compatis avec tous tes pauvres frères, alors qu'avant… Et on le voit, moi du moins, je le vois, que cela te coûte, mais tu te domines. Et tu ne nous inspirais jamais le respect comme maintenant que tu parles peu et que tu ne nous fais que peu de reproches…” “Mais, mon ami! Tu es bien bon de me voir ainsi… Moi, à part l'amour que j'ai pour le Maître, et qui grandit toujours, je n'ai vraiment changé en rien.” “Non. Thomas a raison, tu as beaucoup changé” confirment plusieurs. “Mais, c'est vous qui le dites…” dit Pierre en haussant les épaules. Et il ajoute: “Il n'y a que le jugement du Maître qui serait sûr. Mais je me garde bien de le Lui demander. Il connaît ma faiblesse, et il sait que même une louange intempestive pourrait nuire à mon esprit. Aussi il ne me louerait pas, et il ferait bien. Je comprends de mieux en mieux son cœur et sa méthode et j'en vois toute la justice.” “C'est que tu as l'âme droite et que tu aimes de plus en plus. Ce qui te fait voir et comprendre, c'est ton amour pour Moi. Ton Maître, le véritable et plus grand Maître, qui te fait comprendre ton Maître, c'est l'Amour” dit Jésus qui jusqu'à ce moment a écouté sans parler. “Je crois que… c'est aussi la souffrance que j'ai là-dedans…” “Souffrance? Pourquoi?” demandent quelques-uns. “Oh! pour tant de choses qui, au fond, ne sont qu'une seule chose: tout ce que souffre le Maître… et la pensée de ce qu'il souffrira. On ne peut plus être distraits comme les premiers temps, distraits comme des enfants qui ne savent pas, maintenant que l'on connaît de quoi sont capables les hommes et comme on doit souffrir pour les sauver. Oh! nous croyions tout facile les premiers temps! Nous croyions qu'il suffirait de nous présenter pour que les autres viennent de notre bord! Nous croyions que de conquérir Israël et le monde, ce serait comme… de jeter le filet sur un fond poissonneux. Pauvres de nous! Je pense que si Lui ne réussit pas à faire bonne pêche, nous, nous ne ferons rien. Mais cela n'est rien encore! Je pense qu'eux sont méchants et le font souffrir. Et je crois que c'est là le motif de notre changement en général…” “C'est vrai. Pour mon compte, c'est vrai” confirme le Zélote. “Pour moi aussi, pour moi aussi” disent les autres. “Moi, il y a si longtemps que j'étais inquiet pour cela et j'ai cherché à … avoir des aides valables. Mais ils m'ont trahi… et vous vous ne m'avez pas compris… Et moi, je ne vous ai pas compris. Je croyais que vous étiez comme vous êtes par lassitude de l'esprit, par découragement, par déception…” “Moi, je n'ai jamais espéré des joies humaines et par conséquent je ne suis pas déçu” dit le Zélote. “Mon frère et moi, nous le voudrions victorieux, mais pour sa joie. Nous l'avons suivi par amour de parents avant de le faire comme disciples. Nous l'avons toujours suivi depuis l'enfance, Lui le plus jeune de nous, ses frères, mais toujours tellement plus grand de nous…” dit Jacques, avec son admiration sans bornes pour son Jésus. “Si nous avons une souffrance, c'est que nous tous de sa parenté nous ne l'aimons pas en esprit et avec notre seul esprit. Mais nous ne sommes pas les seuls en Israël à l'aimer mal” dit le Thaddée. Judas l'Iscariote le regarde, et peut-être il parlerait, mais il en est empêché par un cri qui arrive à eux d'un monticule dominant le petit village qu'ils sont en train de côtoyer, en cherchant la route pour y entrer. “Jésus! Rabbi Jésus! Fils de David et notre Seigneur, aie pitié de nous.” “Des lépreux! Allons, Maître, autrement le village va accourir et nous retenir dans ses maisons” disent les apôtres. Mais les lépreux ont l'avantage d'être en avance sur eux, montés sur le chemin, mais à cinquante mètres au moins du village. Ils descendent en boitant et courent vers Jésus en répétant leur cri. “Entrons dans le village, Maître, eux ne peuvent pas y entrer” disent certains apôtres, mais d'autres répliquent: “Déjà des femmes viennent regarder. Si nous entrons, nous éviterons les lépreux, mais pas d'être reconnus et retenus.” Et pendant qu'ils se demandent ce qu'il faut faire, les lépreux s'approchent de plus en plus de Jésus, qui sans souci des mais et des si des apôtres, poursuit son chemin. Les apôtres se résignent à le suivre alors que des femmes, avec des enfants à leurs jupons, et quelques vieillards restés dans le village viennent voir, en se tenant à distance prudente des lépreux, qui cependant s'arrêtent à quelques mètres de Jésus et supplient encore: “Jésus, aie pitié de nous!” Jésus les regarde un instant, puis sans s'approcher de ce groupe de douleur, il demande: “Êtes-vous de ce village?” “Non, Maître, de différents endroits. Mais cette montagne où nous restons donne de l'autre côté sur la route de Jéricho et cet endroit est bon pour nous…” “Allez alors au village le plus proche de votre montagne, et montrez-vous aux prêtres.” Et Jésus reprend sa marche en se déplaçant sur le bord du chemin pour ne pas effleurer les lépreux qui le regardent avancer, sans avoir autre chose qu'un regard d'espoir dans leurs pauvres yeux malades. Et Jésus, arrivé à leur hauteur, lève la main pour les bénir. Les gens du village, déçus, retournent dans leurs maisons… Les lépreux grimpent de nouveau sur la montagne pour aller vers leur grotte ou vers le chemin de Jéricho. “Tu as bien fait de ne pas les guérir. Ceux du village ne nous auraient plus laissé aller…” “Oui, et il faudrait arriver à Ephraïm avant la nuit.” Jésus marche en silence. Désormais le village est caché à la vue par les détours de la route très sinueuse car elle suit les caprices de la montagne au pied de laquelle elle est taillée. Mais une voix les rejoint: “Louange au Dieu Très-Haut et à son vrai Messie. En Lui se trouve toute puissance, sagesse et pitié! Louange au Dieu Très-Haut, qui en Lui nous a accordé la paix. Louez-le, vous tous, hommes de Judée et de Samarie, de la Galilée et d'au-delà du Jourdain, jusqu'aux neiges du très haut Hermon, jusqu'aux pierres brûlées de l'Idumée, jusqu'aux sables baignés par les eaux de la Mer Grande, que résonne la louange au Très-haut et à son Christ. Voici accomplie la prophétie de Balaam. L'Étoile de Jacob resplendit sur le ciel rétabli de la patrie réunie par le vrai Berger. Voilà accomplies aussi les promesses faites aux patriarches! Voici, voici la parole d'Élie qui nous aima. Écoutez-la, ô peuples de Palestine, et comprenez-la. On ne doit plus boiter des deux côtés, mais on doit choisir pour la lumière de l'esprit, et si l'esprit est droit, il fera un bon choix. Lui est le Seigneur, suivez-le! Ah! jusqu'à présent nous avons été punis parce que nous ne nous sommes pas efforcés de comprendre! L'homme de Dieu a maudit le faux autel en prophétisant: "Voici que va naître de la maison de David un Fils appelé Josias qui immolera sur l'autel et consumera les os d'Adam. Et alors l'autel se déchirera jusqu'aux viscères de la Terre et les cendres de l'immolation se répandront au nord et au midi, à l'orient et là où le soleil se couche". Ne faites pas comme le sot d'Ochosias, qui envoyait consulter le dieu d'Acaron alors que le Très-Haut était en Israël. Ne soyez pas inférieurs à l'ânesse de Balaam qui pour son respect à l'esprit de lumière aurait mérité la vie, alors que serait tombé frappé le prophète qui ne voyait pas. Voici la Lumière qui passe parmi nous. Ouvrez les yeux, ô aveugles de l'esprit, et voyez” et l'un des lépreux les suit de plus en plus près même sur la grand-route désormais rejointe, en indiquant Jésus aux pèlerins. Les apôtres, fâchés, se retournent deux ou trois fois en intimant au lépreux, parfaitement guéri, l'ordre de se taire. Et ils vont jusqu'à le menacer la dernière fois. Mais lui, cessant d'élever ainsi la voix pour parler à tout le monde, répond: “Et que voulez-vous? Que je ne glorifie pas les grandes choses que Dieu m'a faites? Voulez-vous que je ne le bénisse pas?” “Bénis-le dans ton cœur et tais-toi” lui répondent-ils, fâchés. “Non, je ne puis me taire. Dieu met les paroles sur mes lèvres” et il reprend à haute voix: “Gens des deux endroits de frontière, gens qui passez par hasard, arrêtez-vous pour adorer Celui qui régnera au nom du Seigneur. Je me moquais de tant de paroles, mais maintenant je les répète car je les vois accomplies. Voici que toutes les nations s'ébranlent et viennent joyeuses vers le Seigneur par les chemins des mers et des déserts, par les collines et les monts. Et nous aussi, peuple qui avons cheminé dans les ténèbres, nous allons marcher vers la grande Lumière qui a surgi, vers la Vie, en sortant de la région de la mort. Loups, léopards et lions que nous étions, nous allons renaître dans l'Esprit du Seigneur et nous nous aimerons en Lui, à l'ombre du Rejeton de Jessé devenu un cèdre sous lequel campent les nations rassemblées par Lui aux quatre coins de la Terre. Voici venir le jour où la jalousie d'Ephraïm prendra fin parce qu'il n'y a plus Israël et Juda, mais un seul Royaume: celui du Christ du Seigneur. Voilà, je chante les louanges du Seigneur qui m'a sauvé et consolé. Voilà, je dis: louez-le et venez boire le salut à la source du Sauveur. Hosanna! Hosanna aux grandes choses que Lui fait! Hosanna au Très-Haut qui a placé au milieu des hommes son Esprit en le revêtant de chair, pour qu'il devienne le Rédempteur!” Il est inépuisable. Les gens viennent plus nombreux, se groupent, encombrent la route. Ceux qui étaient en arrière accourent, ceux qui étaient en avant rebroussent chemin. Les gens d'un petit village, près duquel ils sont maintenant, s'unissent aux passants. “Mais fais-le taire, Seigneur. C'est un samaritain: les gens le disent. Il ne doit pas parler de Toi si tu ne permets même pas que nous te précédions en t'annonçant!” disent les apôtres indisposés. “Mes amis, je répète les paroles de Moïse à Josué, fils de Num, qui se lamentait de ce que Eldad et Madad prophétisaient dans les campements: "Es-tu jaloux pour moi, à ma place? Oh! si le peuple tout entier prophétisait ainsi et si le Seigneur pouvait donner à tous son esprit!" Mais cependant je vais m'arrêter et je vais le renvoyer pour vous faire plaisir.” Et il s'arrête en se retournant et en appelant à Lui le lépreux guéri, qui accourt et se prosterne devant Jésus en baisant la poussière. “Lève-toi. Et les autres où sont-ils? N'étiez-vous pas dix? Les neufs autres n'ont pas éprouvé le besoin de remercier le Seigneur. Et quoi? Sur dix lépreux dont un seul était samaritain, il ne s'est trouvé que cet étranger pour éprouver le besoin de revenir pour rendre gloire à Dieu, avant de se rendre lui-même à la vie et à sa famille? Et on l'appelle "samaritain". Ils ne sont plus ivres alors les samaritains, puisqu'ils voient sans avoir la berlue et accourent sans chanceler sur le chemin du Salut? La Parole parle donc un langage étranger, s'il est compris par les étrangers et pas par ceux de son peuple?” Il tourne ses yeux magnifiques sur une foule de tous les lieux de la Palestine qui se trouve là. Et ces yeux dans leur éclat sont insoutenables… Plusieurs baissent la tête et poussent leurs montures ou s'éloignent… Jésus abaisse les yeux sur le samaritain agenouillé à ses pieds, et son regard devient très doux. Il lève la main, qui pendait le long de son côté, en un geste de bénédiction et dit: “Lève-toi et va-t-en. Ta foi a sauvé en toi quelque chose de plus que ta chair. Avance dans la Lumière de Dieu. Va.” L'homme baise de nouveau la poussière et, avant de se lever, demande: “Un nom, Seigneur. Un nom nouveau, puisque tout est nouveau en moi, et pour toujours.” “Dans quelle terre nous trouvons-nous?” “Dans celle d'Ephraïm.” “Et désormais tu t'appelleras Ephrem, parce que c'est deux fois que la Vie t'a donné la vie. Va.” L'homme se lève et s'en va. Les gens de l'endroit et quelques pèlerins voudraient retenir Jésus, mais Lui les subjugue par son regard qui n'est pas sévère, mais au contraire est très doux quand il les regarde, mais qui doit dégager une puissance car personne ne fait un geste pour le retenir. Et Jésus quitte la route sans entrer dans le petit village, traverse un champ, puis un ruisselet et un sentier, et il monte sur le coteau oriental couvert de bois, et s'y enfonce avec les siens en disant: “Pour ne pas nous tromper, nous allons suivre la route, mais en restant dans le bois. Après cette courbe, la route s'appuie à cette montagne. Nous y trouverons quelque grotte pour dormir, pour franchir à l'aube Ephraïm…”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 9 août 2015, Onzième dimanche après la Pentecôte


L'Évangile de la Messe St Pie V
et "L’Évangile tel qu’il m’a été révélé" de Maria Valtorta.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,31-37.
En ce temps-là, Jésus quitta le pays de Tyr et vint, par Sidon, vers la mer de Galilée, en plein pays de la Décapole.
On lui amena un sourd-muet, et on le pria de lui imposer les mains.
Le tirant à part hors de la foule, il lui mit les doigts dans les oreilles, et de sa salive il toucha sa langue;
puis, levant les yeux au ciel, il poussa un soupir et lui dit : " Ephphatha, " c'est-à-dire : " Ouvre-toi. "
Et ses oreilles s'ouvrirent, et aussitôt le nœud de sa langue se délia, et il parlait distinctement.
Il leur défendit d'en rien dire à personne ; mais plus il le leur défendait, plus ils le publiaient.
Et ravis d'une admiration sans bornes, ils disaient : " Il a fait tout très bien : il a fait entendre les sourds et parler les muets. "
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 5, Ch 29, p 194 - CD 5, piste 73 -
Je ne sais pas où les pèlerins ont passé la nuit. Je sais que de nouveau c'est le matin, qu'ils sont en route, toujours à travers des pays montueux. Jésus a la main bandée et Jacques d'Alphée a le front bandé, alors qu'André boite fortement et Jacques de Zébédée marche sans son sac qu'a pris son frère Jean. Par deux fois Jésus a demandé: “Tu arrives à marcher, André?” “Oui, Maître. Je marche mal à cause du bandage, mais la souffrance n'est pas forte.” Et la seconde fois il ajoute: “Et ta main, Maître?” “Une main n'est pas une jambe. Elle se repose et souffre peu.” “Hum! Peu, je ne le crois pas, gonflée et ouverte jusqu'à l'os comme elle l'est… L'huile fait du bien. Mais peut-être il aurait été préférable si de cet onguent de ta Mère nous nous en étions fait donner un peu par…” “Par ma Mère. Tu as raison” dit vivement Jésus en voyant ce qui va sortir des lèvres de Pierre qui rougit avec confusion en regardant d'un regard si désolé son Jésus qui lui sourit et appuie justement sa main blessée sur l'épaule de Pierre pour l'attirer à Lui. “Tu vas te faire mal à rester ainsi.” “Non, Simon. Tu m'aimes et ton amour est une bonne huile salutaire.” “Oh! alors, si c'est pour cela, tu devrais déjà être guéri! Nous avons tous souffert de te voir ainsi traité, et il y en a qui ont pleuré.” Et Pierre regarde Jean et André… “L'huile et l'eau sont de bons remèdes, mais les larmes d'amour et de pitié sont ce qu'il y a de plus puissant. Et, vous voyez? Je suis bien plus heureux aujourd'hui qu'hier. Car aujourd'hui je sais combien vous êtes obéissants et affectueux pour Moi. Tous” et Jésus les regarde de son suave regard dans lequel désormais il y a habituellement de la tristesse et où luit, ce matin, une faible lueur de joie. “Mais quelles hyènes! Je n'ai jamais vu une haine pareille!” dit Jude d'Alphée. “Ils devaient être tous juifs.” “Non, frère. Ce n'est pas une question de région. La haine est la même partout. Rappelle-toi qu'à Nazareth, il y a plusieurs mois, j'ai été chassé et qu'ils voulaient me lapider. Tu ne t'en souviens pas?” dit Jésus avec calme et cela sert à consoler ceux qui sont juifs des paroles du Thaddée. Ils les a si bien consolés que l'Iscariote dit: “Mais cela, je le dirai. Oh! si je vais le dire! Nous ne faisions rien de mal. Nous n'avons pas réagi et Lui a parlé avec tout son amour, au commencement. Et comme des serpents, ils nous ont lapidés. Je le dirai.” “Et à qui, s'ils sont tous contre nous?” “Moi, je sais à qui. En attendant, dès que je vais voir Etienne ou Hermas, je vais le dire. Gamaliel le saura tout de suite. Mais à Pâque, je le dirai à qui je sais, moi. Je dirai: "Il n'est pas juste d'agir ainsi. Votre fureur est illégale. C'est vous qui êtes coupables, pas Lui".” “Tu ferais mieux de ne pas fréquenter ces seigneurs!… Il me semble que toi aussi tu es coupable à leurs yeux” conseille sagement Philippe. “C'est vrai. Mieux vaut ne pas les fréquenter. Oui, cela vaut mieux. Mais à Etienne je le dirai. Lui est bon et n'empoisonne pas…” “Laisse tomber, Judas. Tu n'améliorerais rien. Moi, j'ai pardonné. N'y pensons plus” dit Jésus d'un ton calme et persuasif. Deux fois, en rencontrant des ruisseaux, aussi bien André que les deux Jacques lavent les bandes qu'ils ont sur leurs contusions. Jésus, non. Il poursuit tranquillement comme s'il ne sentait pas la douleur. Pourtant la douleur doit être sensible si, quand ils s'arrêtent pour manger, il doit demander à André de Lui couper le pain; quand se délie une sandale, il doit demander à Mathieu de la lacer de nouveau… Et surtout, quand en descendant un raccourci à pic, il heurte un tronc parce que son pied a glissé, il ne peut retenir une plainte et le sang qui coule rougit de nouveau la bande. Aussi, à la première maison d'un village où ils arrivent vers le crépuscule, ils s'arrêtent pour demander de l'eau et de l'huile afin de soigner la main qui, une fois enlevées les bandes, apparaît très enflée, bleuâtre au dos et avec une blessure toute rouge au milieu. Pendant qu'ils attendent que la maîtresse de maison accoure avec ce qu'ils désirent, tous se penchent pour observer la main blessée et ils font leurs commentaires. Mais Jean s'écarte pour cacher ses pleurs. Jésus l'appelle: “Viens ici, il n'y a pas grand mal. Ne pleure pas.” “Je le sais. Si je l'avais, je ne pleurerais pas. Mais c'est Toi qui l'as. Et tu ne dis pas tout le mal que te fait cette chère main qui n'a jamais nui à personne” répond Jean auquel Jésus a abandonné sa main blessée que Jean caresse doucement à l'extrémité des doigts, au poignet, tout autour de la partie bleuâtre, et qu'il retourne doucement pour la baiser sur la paume et appuyer sa joue au creux de la main en disant: “Cela brûle!… Oh! comme tu dois souffrir!” et des larmes de pitié coulent sur elle. La femme apporte de l'eau et de l'huile, et avec un linge Jean essaie d'enlever le sang qui souille la main. Avec délicatesse il fait couler l'eau tiède sur la partie blessée, il l'humecte d'huile, la couvre avec des bandes propres et sur la ligature, il dépose un baiser. Jésus lui met l'autre main sur sa tête inclinée. La femme demande: “C'est ton frère?” “Non. C'est mon Maître, notre Maître.” “D'où venez-vous?” demande-t-elle encore aux autres. “De la Mer de Galilée.” “De si loin! Pourquoi?” “Pour prêcher le Salut.” “C'est presque le soir, arrêtez-vous dans ma maison. C'est une maison de pauvres, mais de gens honnêtes. Je puis vous donner du lait dès que mes fils reviendront avec les brebis. Mon homme vous accueillera volontiers.” “Merci, femme. Si le Maître le veut, nous resterons ici.” La femme va à ses occupations pendant que les apôtres demandent à Jésus ce qu'ils doivent faire. “Oui, c'est bien. Demain nous irons à Cédès et puis vers Panéade. J'ai réfléchi, Barthélémy… Il convient de faire comme tu dis. Tu m'as donné un bon conseil. J'espère trouver ainsi d'autres disciples et les envoyer devant Moi, à Capharnaüm. Je sais qu'à Cédès il doit y en avoir maintenant quelques-uns, parmi lesquels les trois bergers libanais.” La femme revient et demande: “Et alors?” “Oui, brave femme, nous restons ici pour la nuit.” “Et pour le souper. Oh! acceptez-le. Cela ne me pèse pas. Et puis nous a été enseignée la miséricorde par certains qui sont disciples de ce Jésus de Galilée, appelé le Messie, qui fait tant de miracles et qui prêche le Royaume de Dieu. Mais ici, il n'est jamais venu, peut-être parce que nous sommes aux confins syro-phéniciens. Mais ses disciples sont venus, et c'est déjà beaucoup. Pour la Pâque nous du village, nous voulons aller tous en Judée pour voir si nous voyons ce Jésus, car nous avons des malades et les disciples en ont guéri quelques-uns, mais les autres non. Et parmi eux, il y a un jeune homme fils d'un frère de la femme de mon beau-frère.” “Qu'a-t-il?” demande Jésus en souriant. “Il est… Il ne parle ni n'entend. Il est né ainsi. Peut-être un démon est entré dans le sein de la mère pour la faire désespérer et souffrir. Mais il est bon, comme s'il n'était pas possédé. Les disciples ont dit que pour lui il faut Jésus de Nazareth parce qu'il doit y avoir quelque chose qui lui manque, et seul ce Jésus… Oh! voici mes enfants et mon époux! Melchias, j'ai accueilli ces pèlerins au nom du Seigneur et j'étais en train de parler de Lévi… Sara, va vite traire le lait et toi, Samuel, descends prendre du vin et de l'huile dans la grotte et apporte des pommes du grenier. Dépêche-toi, Sara, nous allons préparer les lits dans les chambres du haut.” “Ne te fatigue pas, femme. Nous serons bien n'importe où. Pourrais-je voir l'homme dont tu parlais?” “Oui… Mais… Oh! Seigneur! Mais tu es peut-être le Nazaréen?” “C'est Moi.” La femme s'écroule à genoux en criant: “Melchias, Sara, Samuel! Venez adorer le Messie! Quelle journée! Quelle journée! Et moi, je l'ai dans ma maison! Et je Lui parle ainsi! Et je Lui ai apporté de l'eau pour laver sa blessure… Oh!…” elle est étranglée par l'émotion. Mais ensuite elle court à la bassine et la voit vide: “Pourquoi avez-vous jeté cette eau? Elle était sainte! Oh! Melchias! Le Messie chez nous.” “Oui. Mais sois bonne, femme, et n'en parle à personne. Va plutôt prendre le sourd-muet et amène-le ici…” dit Jésus en souriant… …Et vite Melchias revient avec le jeune sourd-muet et avec ses parents et la moitié du village au moins… La mère du malheureux adore Jésus et le supplie. “Oui, ce sera comme tu veux” et il prend par la main le sourd-muet, l'attire un peu en dehors de la foule qui se presse et que les apôtres par pitié pour la main blessée s'efforcent d'écarter. Jésus attire tout près de Lui le sourd-muet, lui met ses index dans les oreilles et la langue sur les lèvres entrouvertes puis, levant les yeux vers le ciel qui s'assombrit, il souffle sur le visage du sourd-muet et il crie à haute voix: “Ouvrez-vous!” et il le laisse aller. Le jeune le regarde un moment alors que la foule chuchote. Il est surprenant le changement du visage d'abord apathique et triste du sourd-muet devenu ensuite surpris et souriant. Il porte les mains à ses oreilles, il les presse, les écarte… Il se convainc qu'il entend vraiment et il ouvre la bouche en disant: “Maman! J'entends! Oh! Seigneur, je t'adore!” La foule est prise par l'enthousiasme habituel et elle l'est d'autant plus qu'elle se demande: “Et comment peut-il savoir parler si jamais il n'a entendu une parole depuis qu'il est né? Un miracle dans le miracle! Il lui a délié la langue et ouvert les oreilles et, en même temps, il lui a appris à parler. Vive Jésus de Nazareth! Hosanna au Saint, au Messie!” Et ils se pressent contre Lui, qui lève sa main blessée pour bénir, pendant que quelques-uns, avertis par la femme de la maison, se lavent le visage et les membres avec les gouttes restées dans la bassine. Jésus les voit et il crie: “A cause de votre foi, soyez tous guéris. Allez dans vos maisons. Soyez bons, honnêtes. Croyez à la parole de l'Évangile et gardez pour vous ce que vous savez jusqu'à ce que ce soit l'heure de le proclamer sur les places et sur les routes de la terre. Ma paix soit avec vous.” Et il entre dans la vaste cuisine où le feu brille et où tremblent les lumières de deux lampes. 
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 2 août 2015, Dixième dimanche après la Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,9-14. 
En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à quelques uns qui se confiaient en leur propre justice, et méprisaient les autres :
" Deux hommes montèrent au temple pour prier, l'un Pharisien et l'autre publicain.
Le Pharisien, s'étant arrêté, priait ainsi en lui-même : " Ô Dieu, je vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ni encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois la semaine ; je paie la dîme de tout ce que j'acquiers. "
Le publicain, se tenant à distance, n'osait pas même lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine en disant : " Ô Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur ! "
Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que celui-là ; car quiconque s'élève sera abaissé, et qui s'abaisse sera élevé.
Extrait de la Traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain Tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 7, Ch 220, p 428 - CD 7 (2ème cd), piste 62 - 
Jésus sort de la maison de Zachée. La matinée est avancée. Il a avec Lui Zachée, Pierre et Jacques d'Alphée. Les autres apôtres sont peut-être déjà dispersés dans la campagne pour annoncer que le Maître est dans la ville. Derrière le groupe de Jésus avec Zachée et les apôtres, il y en a un autre, très… varié pour les physionomies, l'âge, les vêtements. Il n'est pas difficile de déclarer avec certitude que ces hommes appartiennent à des races différentes, peut-être même hostiles entre elles, mais les événements de la vie les ont amenés dans cette ville palestinienne et les ont réunis, pour que de leurs profondeurs, ils. remontent vers la lumière. Ce sont pour la plupart des visages flétris de gens qui ont usé et abusé de la vie de plusieurs manières, des yeux fatigués pour la plupart; chez d'autres: des regards que leur long entraînement à des occupations de… rapine fiscale ou de commandement brutal a rendu rapaces et durs, et parfois cet ancien regard réapparaît de dessous un voile humble et pensif qu'y a mis la nouvelle vie. Et cela se produit particulièrement quand quelqu'un de Jéricho les regarde d'un air méprisant ou murmure quelques insolences à leur adresse; puis leur regard redevient las, humble, et leurs têtes s'abaissent humiliées. Jésus se retourne par deux fois pour les observer et, les voyant en arrière, qui ralentissent leur marche à mesure qu'ils approchent de l'endroit choisi pour parler et déjà plein de gens, il ralentit sa marche pour les attendre, et à la fin il leur dit: “Passez devant Moi, et ne craignez pas. Vous avez défié le monde quand vous faisiez le mal, vous ne devez pas le craindre maintenant que vous vous en êtes dépouillés. Ce qui vous a servi alors pour le maîtriser: l'indifférence du jugement du monde, unique arme pour le lasser de juger, servez-vous en encore maintenant et il se lassera de s'occuper de vous, et il vous absorbera, bien que lentement, pour vous faire disparaître dans la grande masse anonyme qu'est ce misérable monde auquel, en vérité, on donne trop d'importance.” Les hommes, au nombre de quinze, obéissent et passent devant. “Maître, voilà là-bas les malades de la campagne” dit Jacques de Zébédée en allant à la rencontre de Jésus et en Lui montrant un coin attiédi par le soleil. “J'arrive. Les autres, où sont-ils?” “Parmi les gens, mais ils t'ont déjà vu et ils vont arriver. Avec eux il y a aussi Salomon, Joseph d'Emmaüs, Jean d'Éphèse, Philippe d'Arbela. Ils vont chez ce dernier et ils viennent de Joppé, Lidda et Modin. Ils ont avec eux des hommes de la côte et des femmes. Ils te cherchaient même, car ils ne sont pas d'accord entre eux pour le jugement à porter sur une femme. Mais ils vont te parler…” Jésus en effet est bientôt entouré des autres disciples qui le saluent avec vénération. Derrière eux se trouvent ceux qui sont nouvellement attirés à la doctrine de Jésus. Mais Jean d'Éphèse ne s'y trouve pas et Jésus en demande la raison. “Il s'est arrêté avec une femme et les parents de cette dernière dans une maison, loin des gens. Quant à la femme, on ne sait si elle est possédée ou prophétesse. Elle dit des choses merveilleuses au dire de ceux de son pays, mais les scribes qui l'ont entendue l'ont jugée possédée. Les parents ont appelé plusieurs fois les exorcistes, mais ils n'ont pas pu chasser le démon qui la tient et la fait parler. Pourtant l'un d'eux a dit au père de la femme - c'est une veuve vierge restée dans sa famille -: "Pour ta fille il faut le Messie Jésus. Lui comprendra ses paroles et il saura d'où elles viennent. Moi, j'ai essayé d'imposer à l'esprit qui parle en elle de s'en aller au nom de Jésus dit le Christ. Toujours les esprits de ténèbres se sont enfuis quand je me suis servi de ce Nom. Cette fois, non. Je dis à ce sujet: ou c'est Belzébuth en personne qui parle et réussit à résister même à ce Nom que je prononce, ou c'est l'Esprit même de Dieu et qui par conséquent ne craint pas puisqu'il est une seule chose avec le Christ. Je crois plutôt à cette dernière explication qu'à la première. Mais pour en être certain, seul le Christ peut juger. Lui comprendra les paroles et leur origine". Et il a été maltraité par les scribes présents, qui l'ont déclaré possédé lui aussi comme la femme et comme Toi. Pardonne-moi, si je dois le dire… Et des scribes ne nous ont plus lâchés et il y en a de garde auprès de la femme car ils veulent établir si elle a pu être avisée de ton arrivée. En effet elle dit qu'elle connaît ton visage et ta voix et qu'elle te reconnaîtrait entre des milliers, alors qu'il est prouvé qu'elle n'est jamais sortie de son village et même de sa maison depuis l'époque, il y a quinze ans, où son mari mourut la veille de la fête nuptiale; et il est prouvé aussi que tu n'es jamais passé par son village qui est Betléchi. Et les scribes attendent cette dernière preuve pour la déclarer possédée. Veux-tu la voir tout de suite?” “Non. Je dois parler aux gens et la rencontre serait trop bruyante ici au milieu de la foule. Va dire à Jean d'Éphèse et aux parents de la femme, et aux scribes aussi, que je les attends tous au début du coucher du soleil dans les bois le long du fleuve, sur le sentier du gué. Va.” Et Jésus, après avoir congédié Salomon qui a parlé au nom de tous, va trouver les malades qui demandent leur guérison et il les guérit. Il y a une femme âgée ankylosée par l'arthrite, un paralytique, un jeune homme idiot, une fillette que je dirais tuberculeuse, et deux qui ont les yeux malades. La foule pousse de bruyants cris de joie. Mais la série des malades n'est pas encore terminée. Une mère s'avance, défigurée par le chagrin, soutenue par deux amies ou parentes et elle s'agenouille pour dire: “J'ai mon fils qui se meurt. On ne peut l'amener ici… Aie pitié de moi!” “Peux-tu croire sans mesure?” “Tout, ô mon Seigneur!” “Alors, retourne chez toi.” “Chez moi!… Sans Toi!…” La femme le regarde un moment, angoissée, puis elle comprend. Le pauvre visage se transfigure. Elle crie: “J'y vais, Seigneur. Et béni sois-tu et le Très-Haut qui t'a envoyé!” Et elle s'en va en courant plus agile que ses compagnes elles-mêmes… Jésus se tourne vers quelqu'un de Jéricho, un digne habitant. “Cette femme est-elle hébraïque?” “Non. Du moins pas de naissance. Elle vient de Milet. Cependant elle a épousé l'un de nous et, depuis lors, elle partage notre foi.” “Elle a su croire mieux que beaucoup d'hébreux” observe Jésus. Puis, montant en haut du perron d'une maison, il fait son geste habituel d'ouvrir les bras, qui précède son allocution et sert à imposer silence. L'ayant obtenu, il rassemble les plis de son manteau, qui s'était ouvert sur la poitrine quand il faisait son geste, et il le tient de la main gauche, alors qu'il abaisse sa droite, dans le geste de qui fait un serment, en disant: “Écoutez, ô habitants de Jéricho, les paraboles du Seigneur et qu'ensuite chacun les médite dans son cœur et en tire la leçon pour nourrir son esprit. Vous pouvez le faire car ce n'est pas d'hier, ni de la dernière lune, ni même de l'autre hiver que vous connaissez la parole de Dieu. Avant que je sois le Maître, Jean, mon Précurseur, vous avait préparé à ma venue, et depuis que je le suis, mes disciples ont labouré ce sol sept et sept fois pour y semer toute la semence que je leur avais donnée. Vous pouvez donc comprendre la parole et la parabole. A qui comparerai-je ceux qui, après avoir été des pécheurs, se sont ensuite convertis? Je les comparerai à des malades qui guérissent. A qui comparerai-je les autres qui n'ont pas péché publiquement, ou qui, plus rares que des perles noires, n'ont jamais fait, même en secret, des fautes graves? Je les comparerai à des personnes saines. Le monde est composé de ces deux catégories: que ce soit pour l'esprit ou bien pour la chair et le sang. Mais si les comparaisons sont les mêmes, différente est la manière du monde d'en user avec les malades guéris, qui étaient malades dans leur chair, de celle dont il use avec les pécheurs convertis, c'est-à-dire avec les malades de l'esprit qui trouvent la santé. Voici ce que nous voyons: quand un malade, même de la lèpre, qui est le malade le plus dangereux et qu'il faut isoler à cause du danger, obtient la grâce de la guérison, après avoir été examiné par le prêtre et purifié, on l'admet de nouveau dans la société, et ceux de sa ville lui font même fête parce qu'il est guéri, revenu à la vie, à la famille, aux affaires. C'est une grande fête dans la famille et la ville quand quelqu'un qui était lépreux réussit à obtenir grâce et à guérir! C'est à qui parmi les membres de sa famille et les habitants lui apportera une chose ou l'autre, et s'il est seul et sans maison ou sans mobilier, lui offrira un lit ou du mobilier et tout le monde dit: "C'est un privilégié de Dieu. C'est son doigt qui l'a guéri, faisons lui donc honneur et honorons Celui qui l'a créé de nouveau". Et il est juste d'agir ainsi. Et quand, malheureusement au contraire, quelqu'un a les premiers signes de la lèpre, avec quel amour angoissé les parents et les amis le comblent de tendresse, tant qu'il est encore possible de le faire, comme pour lui donner en une seule fois le trésor des affections qu'ils lui auraient données en plusieurs années pour qu'il les emmène avec lui dans son tombeau d'être vivant. Mais pourquoi alors pour les autres malades n'agit-on pas ainsi? Un homme commence à pécher, et les membres de sa famille, et surtout ses concitoyens, le voient. Pourquoi alors ne cherchent-ils pas avec amour à l'arracher au péché? Une mère, un père, une épouse, une sœur encore le font, mais il est déjà difficile que les frères le fassent et je ne dis pas que le fassent les enfants du frère du père ou de la mère. Les concitoyens, enfin, ne savent que critiquer, se moquer, être insolents, se scandaliser, exagérer les péchés du pécheur, le montrer du doigt, le tenir éloigné comme un lépreux, ceux qui sont les plus justes, se rendre ses complices pour jouir à ses dépens, ceux qui ne sont pas justes. Mais ce n'est que bien rarement qu'une bouche, et surtout un cœur, va trouver le malheureux avec pitié et fermeté, avec une patience et un amour surnaturel, et se soucie de freiner la descente dans le péché. Et comment? Ne serait-elle pas plus grave, vraiment grave et mortelle, la maladie de l'esprit? Ne prive-t-elle pas, et pour toujours, du Royaume de Dieu? La première des charités envers Dieu et envers le prochain ne doit-elle pas être ce travail de guérir un pécheur pour le bien de son âme et la gloire de Dieu? Et quand un pécheur se convertit, pourquoi s'obstiner à le juger, à sembler regretter qu'il ait retrouvé la santé spirituelle? Voyez vous démentis vos pronostics d'une damnation certaine de l'un de vos concitoyens? Mais vous devriez en être heureux car Celui qui vous donne le démenti c'est le Dieu miséricordieux, qui vous donne une mesure de sa bonté pour vous faire reprendre courage après vos fautes plus ou moins graves. Et pourquoi persister à vouloir voir souillé, méprisable, digne de rester isolé ce que Dieu et la bonne volonté d'un cœur ont rendu net, admirable, digne de l'estime des frères, et même de leur admiration? Mais vous vous réjouissez bien si votre bœuf, votre âne ou votre chameau, ou une brebis du troupeau ou le pigeon préféré guérit d'une maladie! Vous vous réjouissez bien si un étranger, dont vous vous rappelez à peine le nom pour en avoir entendu parler à l'époque que où il fut isolé comme lépreux, redevient guéri! Et pourquoi alors ne vous réjouissez-vous pas pour ces guérisons de l'esprit, pour ces victoires de Dieu? Le Ciel est dans la jubilation quand un pécheur se convertit. Le Ciel: Dieu, les anges très purs, ceux qui ne savent pas ce que c'est que pécher. Et vous, vous les hommes, voulez-vous être plus intransigeants que Dieu? Rendez, rendez juste votre cœur et reconnaissez la présence du Seigneur, non seulement dans les nuages de l'encens et les cantiques du Temple, dans le lieu où seulement la sainteté du Seigneur, dans le Grand Prêtre, doit entrer et qui devrait être saint, comme son nom l'indique, mais aussi dans le prodige de ces esprits ressuscités, de ces autels à nouveau consacrés sur lesquels l'Amour de Dieu descend avec ses feux pour allumer le sacrifice.” Jésus est interrompu par la mère de tout à l'heure qui veut l'adorer avec des cris de bénédiction. Jésus l'écoute, la bénit et la renvoie chez elle, pour reprendre son discours interrompu. “Et si d'un pécheur qui autrefois vous a donné un spectacle scandaleux, vous recevez maintenant un spectacle édifiant, ne le méprisez pas, mais imitez-le. Car personne n'est tellement parfait qu'il soit impossible qu'un autre l'instruise. Et le Bien est toujours une leçon qu'il faut écouter, même si celui qui le pratique a été autrefois un objet de réprobation. Imitez et aidez. Car en agissant ainsi, vous glorifierez le Seigneur et vous montrerez que vous avez compris son Verbe. Ne soyez pas comme ceux qu'en votre cœur vous critiquez parce que leurs actions ne correspondent pas à leurs paroles. Mais faites en sorte que toutes vos bonnes actions viennent couronner toutes vos bonnes paroles. Et alors vous serez vraiment regardés et écoutés avec bienveillance par l'Éternel. Écoutez cette autre parabole pour comprendre quelles sont les choses qui ont de la valeur aux yeux de Dieu. Elle vous enseignera à vous corriger d'une pensée qui n'est pas bonne et qui est en beaucoup de cœurs. La plupart des hommes se jugent par eux-mêmes, et comme un homme sur mille est vraiment humble, il se produit ainsi que l'homme se juge parfait, lui seul parfait, alors que chez le prochain, il remarque des péchés par centaines. Un jour deux hommes qui étaient allés à Jérusalem pour affaires, montèrent au Temple, comme il convient à tout bon israélite chaque fois qu'il met les pieds dans la Cité Sainte. L'un était pharisien, l'autre publicain. Le premier était venu pour percevoir les revenus de certains magasins et pour faire ses comptes avec ses intendants qui habitaient dans les environs de la ville. L'autre pour verser les impôts perçus et pour demander la pitié au nom d'une veuve qui ne pouvait payer la taxe de sa barque et des filets, car la pêche, faite par l'aîné des fils, suffisait à peine pour donner à manger à ses nombreux autres fils. Avant de monter au Temple, le pharisien était passé chez les tenanciers des magasins et avait jeté un coup d'œil sur ces magasins qu'il avait vu remplis de marchandises et d'acheteurs. Il s'était complu en lui-même, il avait appelé le tenancier du lieu et lui avait dit: "Je vois que ton commerce marche bien". "Oui, grâce à Dieu, je suis content de mon travail. J'ai pu augmenter le stock de marchandises, et j'espère faire encore davantage. J'ai amélioré le magasin, et l'année qui vient je n'aurai pas les dépenses de bancs et d'étagères et j'aurai donc plus de gain". "Bien! Bien! J'en suis heureux! Combien paies-tu pour cet endroit?" "Cent didrachmes par mois. C'est cher, mais la situation est bonne…" "Tu l'as dit. La situation est bonne. Par conséquent je double la redevance". "Mais, seigneur" s'écria le marchand. "De cette manière, tu m'enlèves tout profit!" "C'est juste. Dois-je peut-être t'enrichir, et à mes dépens? Vite. Ou bien tu me donnes deux mille quatre cents didrachmes et tout de suite, ou je te mets dehors, et je prends la marchandise. Le lieu est à moi, et j'en fais ce que je veux". Ainsi fit-il pour le premier, le second, le troisième de ses tenanciers, doublant pour tous la redevance, restant sourd à toute prière. Comme le troisième, chargé de famille voulait résister, il appela les gardes et fit poser les scellés en mettant dehors le malheureux. Puis, dans son palais, il examina les registres des intendants pour trouver de quoi les punir comme paresseux et pour accaparer la part qu'ils s'étaient réservée de droit. L'un d'eux avait son fils mourant et, à cause de ses nombreuses dépenses, il avait vendu une partie de son huile pour payer les remèdes. Il n'avait donc rien à donner au maître exigeant. "Aie pitié de moi, maître. Mon pauvre fils va mourir, et après je ferai des travaux supplémentaires pour te rembourser ce qui te semble juste. Mais maintenant, tu le comprends, je ne puis". "Tu ne peux pas? Je vais te faire voir si tu peux ou si tu ne peux pas". Et étant allé au pressoir avec le pauvre intendant, il enleva le reste d'huile que l'homme s'était réservé pour sa misérable nourriture et pour alimenter la lampe qui lui permettait de veiller son fils pendant la nuit. Le publicain, de son côté, étant allé chez son supérieur et ayant versé les impôts perçus, s'entendit dire: "Mais ici, il manque trois cent soixante as. Comment donc cela?” "Voilà, je vais te le dire. Dans la ville il y a une veuve qui a sept enfants. Le premier seul est en âge de travailler, mais il ne peut aller loin de la rive avec la barque parce que ses bras sont encore faibles pour la rame et la voile et il ne peut payer un garçon de barque. Restant près de la rive, il prend peu de poissons, et sa pêche suffit à peine pour nourrir ces huit malheureuses personnes. Je n'ai pas eu le cœur d'exiger la taxe". "Je comprends, mais la loi c'est la loi. Malheur, si on savait qu'elle a pitié! Tout le monde trouverait des raisons pour ne pas payer. Que le jeune change de métier et vende la barque s'ils ne peuvent pas payer". "C'est leur pain pour l'avenir… et c'est le souvenir du père". "Je comprends, mais on ne peut transiger". "C'est bien. Mais moi, je ne puis penser à huit malheureux privés de leur unique bien. Je paie de ma bourse les trois cent soixante as. Après avoir fait ces choses, les deux montèrent au Temple. En passant dans la salle du Trésor, le pharisien tira avec ostentation de son sein une bourse volumineuse et il la secoua jusqu'à la dernière piécette dans le Trésor. Dans cette bourse se trouvait l'argent pris en plus aux commerçants et le prix de l'huile enlevée à l'intendant et vendue tout de suite à un marchand. Le publicain, de son côté, jeta une poignée de piécettes après avoir pris ce qui lui était nécessaire pour retourner chez lui. L'un et l'autre donnèrent donc ce qu'ils avaient et même, en apparence, le plus généreux était le pharisien car il avait donné jusqu'à la dernière piécette qu'il avait sur lui. Cependant, il faut réfléchir que dans son palais il avait d'autre argent et qu'il avait des crédits ouverts auprès des riches changeurs. De là, ils allèrent devant le Seigneur. Le pharisien tout à fait en avant près de la limite de l'Atrium. des Hébreux, vers le Saint; le publicain tout au fond, presque sous la voûte qui menait dans la Cour des Femmes, et il restait courbé, accablé par la pensée de sa misère par rapport à la Perfection divine. Et ils priaient l'un et l'autre. Le pharisien, tout droit, presque insolent, comme s'il était le maître du lieu et comme si c'était lui qui daignait rendre hommage à un visiteur, disait: "Voici que je suis venu te vénérer dans la Maison qui est notre gloire. Je suis venu bien que je sente que Tu es en moi, car je suis juste. Je sais l'être. Cependant, bien que je sache que e est par mon mérite que je suis tel, je te remercie, comme la loi le prescrit, de ce que je suis. Je ne suis pas rapace, injuste, adultère, pécheur comme ce publicain qui, en même temps que moi, a jeté dans le Trésor une poignée de piécettes. Moi, Tu l'as vu, j'ai donné tout ce que j'avais sur moi. Cet avare, au contraire, a fait deux parts et il t'a donné la plus petite, l'autre certainement il va la garder pour faire bombance et pour les femmes. Mais moi, je suis pur. Je ne me contamine pas, moi. Je suis pur et juste, je jeûne deux fois la semaine, je paie la dîme de tout ce que je possède. Oui, je suis pur, juste et béni car je suis saint. Gardes-en le souvenir, Seigneur". Le publicain, dans son coin éloigné, n'osait pas lever son regard vers les portes précieuses du Temple et, en se frappant la poitrine, il priait ainsi: "Seigneur, je ne suis pas digne de me tenir dans ce lieu. Mais Tu es juste et saint et Tu me le permets encore, car Tu sais que l'homme est pécheur et que s'il ne vient pas vers Toi, il devient un démon. Oh! mon Seigneur! Je voudrais t'honorer nuit et jour et je dois pendant tant d'heures être l'esclave de mon travail: dur travail qui m'humilie, parce qu'il est douleur pour mon prochain le plus malheureux, mais je dois obéir à mes supérieurs parce que c'est mon pain. Fais, ô mon Dieu, que je sache accommoder le devoir envers mes supérieurs, avec la charité envers mes pauvres frères, pour qu'en mon travail je ne trouve pas ma condamnation. Tout travail est saint s'il est fait avec charité. Garde ta charité toujours présente en mon cœur, pour que moi, le misérable que je suis, je sache avoir pitié de ceux qui me sont soumis, comme Tu as pitié de moi, grand pécheur. J'aurais voulu t'honorer davantage, ô Seigneur, tu le sais. Mais j'ai pensé que prendre l'argent destiné au Temple pour soulager huit cœurs malheureux était une chose meilleure que de le verser au Trésor et puis faire verser des larmes de désolation à huit innocents malheureux. Pourtant, si je me suis trompé, fais-moi le comprendre, ô Seigneur, et je te donnerai jusqu'à la dernière piécette et je retournerai au pays à pied en mendiant mon pain. Fais-moi comprendre ta justice. Aie pitié de moi, ô Seigneur, car je suis un grand pécheur". Voilà la parabole. En vérité, en vérité je vous dis que le pharisien sortit du Temple avec un nouveau péché ajouté à ceux déjà faits avant de monter au Moriah, alors que le publicain en sortit justifié et la bénédiction de Dieu l'accompagna à sa maison et y demeura, car il avait été humble et miséricordieux et ses actions avaient été encore plus saintes que ses paroles, alors que le pharisien n'était bon qu'en paroles et extérieurement alors qu'en son intérieur, il était l'ouvrier de Satan et faisait ses œuvres par orgueil et dureté de cœur, et Dieu le haïssait pour ce motif. Celui qui s'exalte sera toujours, tôt ou tard, humilié. Si ce n'est pas ici, ce sera dans l'autre vie. Celui qui s'humilie sera exalté particulièrement là-haut au Ciel où on voit les actions des hommes dans leur véritable vérité. Viens, Zachée. Venez vous qui êtes avec lui et vous, mes apôtres et disciples, et je vous parlerai encore en particulier.” Et s'enveloppant dans son manteau, il revient dans la maison de Zachée.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/
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