"Lisez cette œuvre et faites-la lire"
Jésus (Chapitre 38, Volume 10 ) à propos de
l’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

L'Évangile de la Messe St Pie V
et l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta.
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La Fille du Temple - La première bande dessinée de la série Ictus sur la vie de Jésus d'après l’Évangile tel qu'il m'a été révélé de Maria Valtorta

Voici la première bande dessinée de la série Ictus, C'est une publication d'une qualité exceptionnelle ! Découvrez, ci-dessous, quelques planches en avant première (cliquez sur les images pour les agrandir).
Vous pouvez la commander directement par téléphone au 05 65 78 01 95 (tarif : 14€50 + port 5,50€).
Textes : Maria Valtorta adaptée par Luc Borza,
Dessins de Bruno Martineau, couleur Guillaume Bonamy
Parution officielle en février 2016.
ISBN : 9782364633667

Dimanche 31 janvier 2016, Dimanche de la Sexagésime

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,4-15.
En ce temps-là, comme une foule nombreuse se rassemblait, et que de toutes les villes on venait à Jésus, il dit en parabole :
" Le semeur sortit pour semer sa semence ; et, pendant qu'il semait, du grain tomba le long du chemin ; il fut foulé aux pieds, et les oiseaux du ciel le mangèrent.
D'autre tomba sur de la pierre, et, après avoir poussé, se dessécha, parce qu'il n'avait pas d'humidité.
D'autre tomba dans les épines, et les épines poussant avec, l'étouffèrent.
D'autre tomba dans la bonne terre, et, après avoir poussé, donna du fruit au centuple. " Parlant ainsi, il clamait : " Qui a des oreilles pour entendre, entende ! "
Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole :
" A vous, leur dit-il, il a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, pour que regardant ils ne voient point, et qu'écoutant ils ne comprennent point.
Voici ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu.
Ceux qui sont le long du chemin sont ceux qui ont entendu ; ensuite le diable vient, et il enlève la parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et ne se sauvent.
Ceux qui sont sur de la pierre sont ceux qui, en entendant la parole, l'accueillent avec joie ; mais ils n'ont point de racine : ils croient pour un temps, et ils se retirent à l'heure de l'épreuve.
Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais vont et se laissent étouffer par les sollicitudes, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils n'arrivent point à maturité.
Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, après avoir entendu la parole avec un cœur noble et bon, la gardent et portent du fruit grâce à la constance.
Extrait de la traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 3, Ch 39, p 224 - CD 3 (1er CD), piste 76 -
Jésus me dit en me montrant le cours du Jourdain, ou plutôt l'endroit où il débouche dans le lac de Tibériade, là où s'étend la cité de Bethsaïda sur la rive droite du fleuve par rapport à celui qui regarde le nord: Maintenant la ville ne semble plus être sur les rives du lac mais un peu vers l'intérieur dans les terres et cela déconcerte les spécialistes. On doit chercher l'explication dans le fait que de ce côté le lac a été comblé par vingt siècles d'alluvions apportées par le fleuve et par les éboulis descendus des collines de Bethsaïda. La ville était alors exactement à l'embouchure du fleuve dans le lac et même les barques les plus petites, aux saisons où les eaux du fleuve étaient plus hautes, remontaient sur un assez long parcours jusqu'à la hauteur de Corozaïn, le fleuve lui-même qui servait cependant toujours de port et d'abri aux barques de Bethsaïda aux jours de tempête sur le lac. Ceci n'est pas pour toi à qui la chose importe peu, mais pour les docteurs difficiles. Et maintenant va de l'avant.”

Les barques des apôtres, après avoir parcouru la portion assez courte du lac qui sépare Capharnaüm de Bethsaïda, amarrent dans cette ville. Mais d'autres barques les ont suivies et beaucoup de gens en descendent et s'unissent à ceux venus de Bethsaïda pour saluer le Maître qui entre dans la maison de Pierre où... se trouve de nouveau son épouse qui a préféré vivre seule plutôt que d'entendre les plaintes constantes de sa mère envers son mari.
Les gens, au dehors, réclament à grands cris le Maître. Cela ennuie Pierre qui monte sur la terrasse et harangue ses concitoyens ou du moins, leur dit qu'il faudrait un peu de respect et de politesse. Lui, maintenant qu'il l'a dans sa maison, voudrait bien jouir un peu paisiblement de la présence du Maître. Au contraire, il n'a pas le temps et le plaisir de Lui offrir seulement un peu d'hydromel parmi les nombreuses choses qu'il a dit à sa femme d'apporter, et il grommelle quelque peu.
Jésus le regarde en souriant et hoche la tête en disant: “On dirait que tu ne me vois jamais et qu'il est exceptionnel de se trouver ensemble!”
“Mais il en est ainsi! Quand nous sommes par le monde, sommes-nous par hasard Toi et moi? Jamais de la vie! Entre Toi et moi, il y a le monde avec ses malades, avec ceux qui sont dans l'affliction, avec les auditeurs, les curieux, les calomniateurs, les ennemis, mais nous ne sommes jamais Toi et moi. Aujourd'hui, au contraire, tu es avec moi, dans ma maison et ils devraient le comprendre!” Il est vraiment fâché.
“Mais je ne vois pas de différence, Simon. Mon amour est le même. Ma parole est la même. Que je te la dise à toi en privé, ou que je la dise pour tous, n'est-ce pas la même chose?”
Pierre avoue alors sa grande peine: “C'est que je suis têtu et que je suis facilement distrait. Quand tu parles sur une place, sur une montagne, au milieu d'une si grande foule, moi, je ne sais pourquoi, je comprends tout mais je ne me rappelle de rien. Je l'ai dit aussi aux compagnons et ils m'ont donné raison. Les autres, je veux dire le peuple qui t'écoute, te comprend et se souvient de ce que tu dis. Combien de fois nous avons entendu quelqu'un avouer: "Je n'ai plus fait cette chose parce que tu l'as dit", ou encore: "Je suis venu parce qu'une fois je t'ai entendu dire telle autre chose dont mon esprit a été frappé". Nous, au contraire... hum! c'est comme un courant d'eau qui passe sans s'arrêter. La rive ne l'a plus, cette eau qui est passée. Il en vient d'autre, toujours d'autre, et toujours tant. Mais elle passe, passe, passe... Et moi, je pense avec terreur que, s'il en est comme tu dis, que viendra le moment que tu ne seras plus là pour jouer le rôle du fleuve et... et moi... Qu'aurai-je à donner à ceux qui ont soif, si je ne garde pas une seule goutte de ce que tu me donnes?”
Les autres aussi appuient les plaintes de Pierre, se lamentant de ne jamais rien retrouver de ce qu'ils entendent quand ils voudraient le retrouver pour répondre aux nombreuses personnes qui les interrogent.
Jésus sourit et répond: “Mais il ne me semble pas. Les gens sont très contents de vous aussi ... ”
“Oh! oui! Pour ce que nous faisons! Te faire de la place, et pour cela jouer des coudes, porter les malades, recueillir les oboles et dire: "Oui, le Maître c'est celui-ci!" C'est du propre, en vérité!”
“Ne te rabaisse pas trop, Simon.”
“Je ne me rabaisse pas, je me connais.”
“C'est la plus difficile des sagesses. Mais je veux t'enlever cette grande peur. Quand j'ai parlé et que vous n'avez pu tout comprendre et retenir, demandez-moi sans craindre de paraître ennuyeux ou de me décourager. Nous avons toujours des heures d'intimité. Ouvrez-moi alors votre cœur. Je donne tant à tant de gens. Et que ne vous donnerais-je pas à vous que j'aime comme Dieu ne le pourrait davantage? Tu as parlé du courant qui passe sans que la rive n'en garde rien. Un jour viendra où tu t'apercevras que chaque flot t'a déposé une semence et que chaque semence t'a donné une plante. Tu trouveras à ta portée fleurs et plantes pour tous les cas, et tu seras étonné de toi-même en disant: "Mais, que m'a fait le Seigneur?" car alors tu seras racheté de l'esclavage du péché et tes vertus actuelles se seront élevées à une haute perfection.”
“Tu le dis, Seigneur, et je me repose sur cette parole.”
“Maintenant allons trouver ceux qui nous attendent. Venez. Paix à toi, femme. Je serai ton hôte ce soir.”
Ils sortent, et Jésus se dirige vers le lac pour n'être pas bousculé par la foule. Pierre a soin d'éloigner la barque de quelques mètres de la rive de façon que tous puissent entendre la voix de Jésus, mais qu'il y ait un peu d'espace entre Lui et les auditeurs.
“De Capharnaüm jusqu'ici, j'ai réfléchi à ce que j'allais vous dire. Et j'ai trouvé des indications dans les événements de la matinée.
Vous avez vu venir vers Moi trois hommes. L'un spontanément, l'autre parce que je le sollicitais, le troisième pris par un enthousiasme soudain. Et vous avez vu aussi que des trois je n'en ai pris que deux. Pourquoi? Est-ce que par hasard j'ai vu un traître dans le troisième? Non, en vérité. Mais il n'était pas préparé. Apparemment paraissait moins préparé celui qui est à côté de Moi, qui allait ensevelir son père. Au contraire le moins préparé c'était le troisième. Le second était si préparé, à son insu, qu'il a su accomplir un sacrifice vraiment héroïque. L'héroïsme pour suivre Dieu est toujours la preuve d'une forte préparation spirituelle. Cela explique certains faits surprenants survenus autour de Moi. Les plus préparés à recevoir le Christ, quelles que soient leur caste et leur culture, viennent à Moi avec une promptitude et une foi absolue. Les moins préparés m'observent comme un homme qui sort de l'ordinaire ou bien ils m'étudient avec méfiance et curiosité ou bien encore ils m'attaquent et me dénigrent par des accusations variées. Les différents comportements sont en proportion de l'impréparation des esprits.
Dans le peuple élu, on devrait trouver partout des esprits prompts à recevoir ce Messie dans l'attente duquel les Patriarches et les Prophètes se sont consumés d'angoisse, ce Messie venu finalement précédé et accompagné de tous les signes annoncés par les Prophètes, ce Messie dont la physionomie spirituelle se dessine toujours plus claire à travers les miracles visibles sur les corps et sur les éléments et à travers les miracles invisibles sur les consciences qui se convertissent et sur les gentils qui se tournent vers le Vrai Dieu. Mais il n'en est pas ainsi, au contraire. La promptitude à suivre le Messie est fortement contrée justement chez les enfants de ce peuple et, chose douloureuse à dire, elle l'est d'autant plus qu'on s'élève dans les classes de sa société. Je ne le dis pas pour vous scandaliser mais pour vous amener à prier et à réfléchir. Pourquoi cela arrive-t-il? Pourquoi les gentils et les pécheurs font plus de chemin sur ma route? Pourquoi eux accueillent ce que je dis et les autres pas? Parce  que les enfants d'Israël sont ancrés ou plutôt sont incrustés comme des huîtres perlières sur le banc où elles sont nées. Parce qu'ils sont saturés, remplis, gonflés de leur sagesse et ne savent pas faire place à la mienne en rejetant le superflu pour accueillir le nécessaire. Les autres ne subissent pas cet esclavage. Ce sont de pauvres païens ou de pauvres pécheurs qu'aucune ancre ne maintient en place, semblables à des bateaux en dérive. Ce sont des pauvres qui n'ont pas de trésors à eux mais seulement des fardeaux d'erreurs et de péchés. Ils s'en défont joyeusement dès qu'ils arrivent à comprendre ce qu'est la Bonne Nouvelle et ils en goûtent le miel fortifiant bien différent de la dégoûtante mixture de leurs péchés.
Écoutez, et peut-être vous comprendrez mieux comme peuvent être différents les fruits d'un même travail.
Un semeur s'en alla semer. Ses champs étaient nombreux et de différentes valeurs. Certains étaient un héritage de son père et la négligence y avait laissé proliférer les plantes épineuses. D'autres, c'était lui qui les avait acquis: il les avait achetés tels quels à un homme négligent et les avait laissés dans cet état. D'autres encore étaient coupés de routes car cet homme aimait le confort et il ne voulait pas faire beaucoup de chemin pour aller d'une pièce à l'autre. Enfin il y en avait quelques uns, les plus proches de la maison auxquels il avait consacré tous ses soins pour avoir une vue agréable devant sa demeure. Ces derniers étaient bien débarrassés des cailloux, des ronces, du chiendent et d'autres encore.
L'homme prit donc son sac de grains de semence, les meilleurs des grains, et il commença l'ensemencement. Le grain tomba dans la bonne terre ameublie, labourée, propre, bien fumée des champs les plus proches de la maison. Il tomba sur les champs coupés de chemins et de sentiers, en y amenant de plus la crasse de poussières arides sur la terre fertile. Une autre partie tomba sur les champs où l'ineptie de l'homme avait laissé proliférer les plantes épineuses. Maintenant la charrue les avait bousculées, il semblait qu'elles n'existaient plus, mais elles étaient toujours là parce que seul le feu, la radicale destruction des mauvaises plantes les empêche de renaître. Le reste de la semence tomba sur les champs achetés depuis peu et qu'il avait laissés comme ils étaient sans les défricher en profondeur, sans les débarrasser de toutes les pierres répandues dans le sol qui y faisait un pavage où les racines tendres ne pouvaient pénétrer. Et puis, après avoir tout emblavé, il revint à la maison et dit: "Oh! c'est bien! Maintenant je n'ai plus qu'à attendre la récolte". Et puis il se délectait parce qu'au fil des jours il voyait lever épais le grain dans les champs proches de la maison, et cela poussait... oh! le soyeux tapis! et puis les épis... oh! quelle mer! puis les blés blondissaient et chantaient, en battant épi contre épi, un hosanna au soleil. L'homme disait: "Tous les autres champs vont être comme ceux-ci! Préparons les faux et les greniers. Que de pain! Que d'or!" Et il se délectait...
Il coupa le grain des champs les plus proches et puis passa à ceux hérités de son père, mais laissés sans culture. Et il en resta bouche bée. Le grain avait abondamment poussé car les champs étaient bons et la terre, amendée par le père, était grasse et fertile. Mais sa fertilité avait agi aussi sur les plantes épineuses, bousculées mais toujours vivaces. Elles avaient repoussé et avaient formé un véritable plafond de ramilles hérissées de ronces au travers duquel le grain n'avait pu sortir qu'avec quelques rares épis. Le reste était mort presque entièrement, étouffé.
L'homme se dit: "J'ai été négligent à cet endroit, mais ailleurs il n'y avait pas de ronces, cela ira mieux". Et il passa aux champs récemment acquis. Sa stupeur fit croître sa peine. Maigres et maintenant desséchées les feuilles du blé gisaient comme du foin sec répandu de partout. Du foin sec. "Mais comment? Mais comment?" disait l'homme en gémissant. "Et pourtant, ici il n'y a pas d'épines! Et pourtant la semence était la même! Et pourtant le blé avait poussé épais et beau! On le voit aux feuilles bien formées et nombreuses. Pourquoi alors tout est-il mort sans faire d'épis?" Et avec douleur il se mit à creuser le sol pour voir s'il trouvait des nids de taupes ou autres fléaux. Insectes et rongeurs non, il n'y en avait pas. Mais, que de pierres, que de pierres! Un amas de pierraille. Les champs en étaient littéralement pavés et le peu de terre qui les recouvrait n'était qu'un trompe-l’œil. Oh! s'il avait creusé le terrain quand c'était le moment! Oh! s'il avait creusé avant d'accepter ces champs et de les  acheter comme un bon terrain! Oh! si au moins, après avoir fait l'erreur de les acheter au prix proposé sans s'assurer de leur qualité, il les avait améliorés en se fatiguant! Mais désormais c'était trop tard et les regrets étaient inutiles.
L'homme se releva humilié et il se rendit aux champs qu'il avait coupés de petits chemins pour sa commodité... Et il déchira ses vêtements de douleur. Ici, il n'y avait rien, absolument rien... La terre foncée du champ était couverte d'une légère couche de poussière blanche... L'homme tomba sur le sol en gémissant: "Mais ici, pourquoi? Ici il n'y a pas d'épines ni de pierres, car ce sont nos champs. L'aïeul, le père, moi-même, nous les avons toujours possédés et pendant des lustres et des lustres nous les avons rendus fertiles. J'y ai ouvert les chemins, j'ai enlevé de la terre aux champs, mais cela ne peut les avoir rendus stériles à ce point..." Il pleurait encore quand une réponse à ses plaintes douloureuses lui fut donnée par une bande de nombreux oiseaux qui s'abattaient des sentiers sur le champ et du champ sur les sentiers pour chercher, chercher, chercher des graines, des graines, des graines... Le champ, devenu un canevas de sentiers sur les bords desquels était tombé du grain, avait attiré une foule d'oiseaux qui avaient mangé d'abord le grain tombé sur les chemins et puis celui du champ jusqu'au dernier grain.
Ainsi l'ensemencement, le même pour tous les champs, avait donné ici le cent pour un, ailleurs soixante, ailleurs trente, ailleurs rien. Entende qui a des oreilles pour entendre. La semence c'est la Parole: elle est la même pour tous. Les endroits où elle tombe: ce sont vos cœurs. Que chacun en fasse l'application et comprenne.
La paix soit avec vous. ”
Puis, se tournant vers Pierre, il lui dit: “Remonte aussi haut que tu peux et amarre de l'autre côté.”
Et pendant que les deux barques avancent un peu sur le fleuve pour s'arrêter ensuite près de la rive, Jésus s'assoit et demande au nouveau disciple: “Qui reste-t-il maintenant chez toi?”
“Ma mère avec mon frère aîné marié depuis cinq ans. Mes sœurs sont dispersées dans la région. Mon père était très bon et ma mère le pleure, désolée.” Le jeune homme s'arrête brusquement car il sent un sanglot qui lui monte du cœur.
Jésus le prend par la main et lui dit: “J'ai connu Moi aussi cette douleur et j'ai vu pleurer ma Mère. Je te comprends donc bien ... ”
Le frottement de la barque sur le gravier interrompt la conversation et l'on débarque. Ici, ce ne sont plus les collines basses de Bethsaïda qui plongent pour ainsi dire leurs nez dans le lac, mais une plaine avec de riches moissons s'étend sur cette rive en face de Bethsaïda vers le nord.
“Nous allons à Méron?” demande Pierre.
“Non. Nous prenons ce sentier à travers champs.”
Les champs, beaux et bien entretenus, montrent leurs épis, encore tendres mais déjà formés. Ils sont tous au même niveau et avec le léger ondoiement que leur imprime un vent frais qui vient du nord, ils semblent former un autre petit lac où font office de voiles les arbres qui se dressent ça et là pleins de pépiements d'oiseaux.
“Ces champs ne sont pas comme ceux de la parabole” observe le cousin Jacques.
“Non, assurément! Les oiseaux ne les ont pas dévastés, il n'y a pas d'épines ni de cailloux. Un beau grain! D'ici un mois il sera déjà blond... et d'ici deux mois il sera prêt pour la faux et le grenier” dit Judas Iscariote.
“Maître... je te rappelle ce que tu as dit chez moi. Tu as si bien parlé. Mais je commence à avoir dans la tête des nuages embrouillés comme là-haut...” dit Pierre.
“Ce soir je te l'expliquerai. Maintenant nous sommes en vue de Corozaïn.” Jésus fixe le nouveau disciple et lui dit: “On donne à celui qui donne et la possession n'enlève pas le mérite du cadeau. Conduis-moi à votre tombeau et chez ta mère.”
Le jeune homme s'agenouille en baisant tout en larmes la main de Jésus.
“Lève-toi. Allons. Mon esprit a ressenti ton chagrin. Je veux par mon amour te fortifier dans l'héroïsme. ”
“Isaac, l'Adulte, m'avait raconté à quel point tu étais bon. Isaac, tu sais? Celui dont tu as guéri la fille. Il a été mon apôtre. Mais je vois que ta bonté est encore plus grande que ce qu'il m'avait dit.”
“Nous allons aussi saluer l'Adulte pour le remercier de m'avoir donné un disciple.”
On arrive à Corozaïn et c'est justement la maison d'Isaac la première que l'on rencontre. Le vieil homme qui rentre chez lui, quand il voit le groupe de Jésus avec les siens, et parmi eux le jeune homme de Corozaïn, il lève les bras, avec son bâtonnet en mains, et en a le souffle coupé, et il reste bouche bée. Jésus sourit et son sourire rend la parole au vieillard.
“Dieu te bénisse, Maître! Mais d'où me vient cet honneur?”
“C'est pour te dire "merci".”
“Mais de quoi, mon Dieu? C'est moi qui dois te dire cette parole. Entre, entre. Oh! quelle douleur que ma fille soit au loin pour assister sa belle-mère! Car elle est mariée, sais-tu? Toutes les bénédictions depuis que je t'ai rencontré! Elle guérie, et tout de suite après ce riche parent revenu de loin, veuf, avec ces petits qui ont besoin d'une mère... Oh! mais je t'ai déjà dit ces choses! Ma tête est vieille! Pardonne-moi.”
“Ta tête est sage et elle oublie aussi de se glorifier du bien qu'elle fait pour son Maître. Oublier le bien que l'on a fait c'est de la sagesse. Elle manifeste l'humilité et la confiance en Dieu.”
“Mais moi... je ne saurais ... ”
“Et ce disciple, n'est ce pas par toi que je l'ai?”
“Oh! ... mais je n'ai rien fait, sais-tu? Je lui ai seulement dit la vérité ... et je suis content qu'Élie soit avec Toi.” Il se tourne vers Élie et lui dit: “Ta mère, après le premier moment de stupeur, a essuyé ses larmes quand elle a su que tu étais auprès du Maître. Ton père a eu, malgré cela, un deuil plein de dignité. Il est depuis peu au tombeau.”
“Et mon frère?”
“Il se tait... sais-tu... cela lui a été un peu dur de te voir absent... à cause du pays... Il pense encore ainsi ... ”
Le jeune homme se tourne vers Jésus: “Tu l'as dit. Mais moi, je ne voudrais pas qu'il fût mort... Fais qu'il devienne vivant comme moi, et à ton service.”
Les autres ne comprennent pas et regardent d'un air interrogateur, mais Jésus répond: “Ne désespère pas et persévère.” Ensuite il bénit Isaac et s'en va malgré l'instance d'Isaac.
Ils restent d'abord près du tombeau fermé et ils prient. Puis, à travers un vignoble à demi-dépouillé, ils vont vers la maison d'Élie.
La rencontre entre les deux frères est plutôt réservée. L'aîné se juge offensé et veut le faire remarquer. Le cadet se sent humainement coupable et ne réagit pas. Mais la mère arrive. Sans un mot, elle se prosterne et baise le bord du vêtement de Jésus. Son arrivée rassérène l'atmosphère et les esprits au point qu'on veut faire honneur au Maître. Pourtant Jésus n'accepte rien et dit seulement: “Que vos cœurs soient justes, l'un envers l'autre, comme était juste celui que vous pleurez. Ne donnez pas un sens humain à ce qui est surhumain: la mort et l'appel à une mission. L'âme du juste ne s'est pas troublée de voir que le fils n'était pas à la sépulture de son cadavre. Mais, au contraire, elle s'est apaisée en pensant à la sécurité de l'avenir de son Élie. Que l'opinion du monde ne trouble pas la grâce de la vocation. Si le monde a pu s'étonner de ne pas le voir près du cercueil de son père, les anges ont exulté de le voir à côté du Messie. Soyez justes. Et toi, mère, que ton fils te console. Tu l'as élevé avec sagesse et ton fils a été appelé par la Sagesse. Je vous bénis tous. La paix soit avec vous, maintenant et toujours.”
Ils reviennent sur le chemin qu'ils reprennent pour aller au fleuve et de là à Bethsaïda. L'homme, Élie, ne s'est pas attardé un seul instant sur le seuil paternel. Après le baiser d'adieu à sa mère, il a suivi le Maître avec la simplicité d'un enfant qui suit son père.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 24 janvier 2016, Dimanche de la Septuagésime

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : " Le royaume des Cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au point du jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Etant convenu avec les ouvriers d'un denier par jour, il les envoya à sa vigne.
Il sortit vers la troisième heure, en vit d'autres qui se tenaient sur la place sans rien faire,
et leur dit : " Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste. "
Et ils y allèrent. Il sortit encore vers la sixième et la neuvième heure, et fit la même chose.
Etant sorti vers la onzième heure, il en trouva d'autres qui stationnaient, et il leur dit : " Pourquoi stationnez-vous ici toute la journée sans rien faire ? "
Ils lui disent : " C'est que personne ne nous a embauchés. " Il leur dit : " Allez, vous aussi, à la vigne. "
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : " Appelle les ouvriers et paie-leur le salaire, en commençant par les derniers jusqu'aux premiers. "
Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier.
Quand vinrent les premiers, ils pensèrent qu'ils recevraient davantage ; mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier.
En le recevant, ils murmuraient contre le maître de maison, disant :
" Ces derniers n'ont travaillé qu'une heure, et tu les as traités comme nous, qui avons porté le poids du jour et la chaleur. "
Mais lui, s'adressant à l'un d'eux, répondit : " Ami, je ne te fais point d'injustice : n'es-tu pas convenu avec moi d'un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi.
Ne m'est-il pas permis de faire en mes affaires ce que je veux ? Ou ton œil sera-t-il mauvais parce que, moi, je suis bon ?
Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers derniers. " 
Extrait de la traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain tridentin.
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 7, Ch 231, p 524 - CD 7 (2ème CD), piste 100 -
La synagogue des romains est exactement à l'opposé du Temple, près de l'Hippique. Il y a des gens qui attendent Jésus et quand on l'a signalé au début de la route, des femmes, les premières, iront à sa rencontre. Jésus est avec Pierre et le Thaddée.“Salut, Maître. Je te suis reconnaissante de m'avoir exaucée. Tu viens d'entrer dans la ville?” “Non. J'y suis depuis l'heure de prime. J'ai été au Temple.” “Au Temple? Ils ne t'ont pas insulté?” “Non. L'heure était matinale, et on ignorait ma venue.” “Je t'avais fait appeler pour cela… et aussi parce qu'il y a ici des gentils qui voudraient t'entendre parler. Depuis plusieurs jours ils allaient au Temple pour t'attendre, mais on se moquait d'eux et même on les menaçait. Hier j'y étais moi aussi, et j'ai compris qu'ils t'attendaient pour t'insulter. J'ai envoyé des hommes à toutes les portes. Avec l'or on obtient tout…” “Je te suis reconnaissant. Mais je ne puis pas ne pas monter au Temple, Moi, Rabbi d'Israël. Ces femmes, qui sont-elles?” “Mon affranchie Tusnilde, barbare deux fois, Seigneur, des forêts de Teutberg. Une proie de ces avances imprudentes qui ont coûté tant de sang humain. Mon père en a fait cadeau à ma mère, et elle me l'a donnée pour mes noces. De ses dieux aux nôtres et des nôtres à Toi, car elle fait ce que je fais. Elle est tellement bonne. Les autres femmes sont des épouses de gentils qui t'attendent, de toutes les régions, la plupart souffrantes, venues avec les navires de leurs maris.” “Entrons dans la synagogue…”Le chef, debout sur le seuil, s'incline et se présente: “Mathatias Sicule, Maître. À Toi louanges et bénédictions.” “La paix à toi.” “Entre. Je ferme la porte pour rester tranquilles. La haine est telle que les briques ont des yeux et les pierres des oreilles pour t'observer et te dénoncer, Maître. Peut-être valent-ils mieux ceux-ci qui, pourvu qu'on ne touche pas à leurs intérêts, nous laissent faire” dit le vieux chef qui marche à côté de Jésus pour le conduire au-delà d'une petite cour dans une Vaste pièce qui est la synagogue.“Guérissons d'abord les malades, Mathatias. Leur foi mérite d'être récompensée” dit Jésus, et il passe d'une femme à l'autre en imposant les mains.Quelques-unes sont en bonne santé, mais c'est leur petit qui est dans leurs bras, qui est souffrant, et Jésus guérit l'enfant. Il y a une fillette complètement paralysée et qui crie, une fois guérie: “Sitaré te baise les mains, Seigneur!”Jésus, qui était déjà passé, se retourne en souriant et demande: “Tu es syrienne?”La mère explique: “Phénicienne, Seigneur, d'au-delà de Sidon. Nous sommes sur les rives du Tamiri et j'ai dix autres fils et deux autres filles, une qui s'appelle Sira et l'autre Tamira. Sira est veuve bien qu'elle ne soit qu'un peu plus qu'enfant, si bien qu'étant libre, elle s'est établie auprès de son frère ici, dans la ville et elle est une de tes fidèles. C'est elle qui nous a dit que tu peux tout.” “Elle n'est pas avec toi?” “Si, Seigneur, derrière ces femmes.” “Avance” commande Jésus.La femme s'avance, craintive.“Tu ne dois pas avoir peur de Moi si tu m'aimes” dit Jésus pour la réconforter.“Je t'aime. C'est pour cela que j'ai quitté Alexandroscène, car je pensais que je t'aurais encore entendu et… que j'aurais appris à accepter ma douleur…” Elle pleure.“Quand es-tu restée veuve?” “A la fin de votre Adar… Si tu avais été là, Zéno ne serait pas mort. Il le disait… car il t'avait entendu et il croyait en Toi…” “Et alors, il n'est pas mort, ô femme, car celui qui croit en Moi vit. Ce n'est pas ce jour où vit la chair, la vraie vie. La vie est celle que l'on obtient en croyant et en suivant la Voie, la Vérité, la Vie, et en agissant conformément à sa parole. Même s'il s'est agi de croire et de suivre pendant peu de temps, et de travailler pendant peu de temps, vite interrompu par la mort du corps, même s'il s'agit d'un seul jour, d'une seule heure, je te le dis en vérité que cette créature ne connaîtra plus la mort. En effet mon Père, qui est le Père de tous les hommes, ne calculera pas le temps passé dans ma Loi et dans ma Foi, mais la volonté de l'homme de vivre jusqu'à sa mort dans cette Loi et cette Foi. Je promets la vie éternelle à celui qui croit en Moi et agit selon ce que je dis, en aimant le Sauveur, en propageant cet amour, en pratiquant mes enseignements dans le temps qui lui est accordé. Les ouvriers de ma vigne, ce sont tous ceux qui viennent et disent: "Seigneur, accueille-moi parmi tes ouvriers" et qui restent dans cette volonté, jusqu'à ce que mon Père ne juge terminée leur journée. En vérité, en vérité je vous dis qu'il y aura des ouvriers qui auront travaillé une seule heure, leur dernière heure, et qui auront une récompense plus rapide que ceux qui auront travaillé depuis la première heure, mais toujours avec tiédeur, poussés au travail uniquement par la pensée de ne pas mériter l'enfer, c'est-à-dire par la peur du châtiment. Ce n'est pas cette façon de travailler que mon Père récompense par une gloire immédiate. Au contraire, à ces calculateurs égoïstes qui ont le souci de faire le bien et seulement le peu de bien qu'il faut pour ne pas se donner une peine éternelle, le Juge éternel donnera une longue expiation. Ils devront apprendre à leurs dépens, par une longue expiation, à se donner un esprit actif en amour, et en un amour vrai, tout tourné vers la gloire de Dieu. Et je vous dis encore que dans l'avenir il y en aura beaucoup, spécialement parmi les gentils, qui seront les ouvriers d'une heure et même de moins d'une heure, qui deviendront glorieux dans mon Royaume parce que, en cette heure unique de correspondance à la Grâce qui les aura invités à entrer dans la Vigne du Seigneur, ils auront atteint la perfection héroïque de la Charité. Aie donc courage, femme. Ton mari n'est pas mort, mais il vit. Il n'est pas perdu pour toi, mais uniquement séparé de toi pour quelque temps. Toi, maintenant, comme une épouse qui n'est pas encore entrée dans la maison de l'époux, tu dois te préparer aux vraies noces immortelles avec celui que tu pleures. Oh! heureuses noces de deux esprits qui se sont sanctifiés et qui se réunissent de nouveau pour l'éternité là où il n'y a plus de séparation, ni de crainte de désaffection, ni de peine, là où les esprits jubileront dans l'amour de Dieu et dans l'amour réciproque! La mort, pour les justes, c'est la vraie vie, car rien ne peut menacer la vitalité de l'esprit, c'est-à-dire sa permanence dans la Justice. Ne pleure pas et ne regrette pas ce qui est caduque, ô Sira. Élève ton esprit, et vois, avec justice et vérité. Dieu t'a aimée en sauvant ton conjoint du danger que les œuvres du monde ruinent sa foi en Moi.” “Tu m'as consolée, ô Seigneur. Je vivrai comme tu dis. Que tu sois béni, et avec Toi ton Père, pour l'éternité.”Le chef de la synagogue dit au moment où Jésus va passer: “Puis-je te faire une objection, sans que cela te paraisse une offense?” “Parle. Je suis ici: Maître, pour donner la sagesse à ceux qui m'interrogent.” “Tu as dit que certains deviendront tout de suite glorieux au Ciel. Le Ciel n'est-il pas fermé? Est-ce que les justes ne sont pas dans les Limbes en attendant d'y entrer?” “C'est ainsi: le Ciel est fermé, et il ne sera ouvert que par le Rédempteur. Mais son heure est venue. En vérité je te dis que le jour de la Rédemption a déjà son aube à l'orient et que ce sera bientôt plein jour. En vérité, je te dis qu'il n'arrivera pas d'autre fête après celle-ci, avant ce jour. En vérité je te dis que déjà je force les portes, car je suis déjà au sommet du mont de mon sacrifice… Mon sacrifice déjà presse sur les portes du Ciel car il est déjà en action. Quand il sera accompli, rappelle-toi cela, ô homme, s'ouvriront les rideaux sacrés et les portes célestes. Car Jéhovah ne sera plus présent par sa gloire dans le Saint des Saints, et il sera inutile de mettre un voile entre l'Inconnaissable et les mortels, et l'Humanité qui nous a précédés et qui fut juste retournera à l'endroit qui lui était destiné, avec en tête le Premier-né, déjà complet en sa chair et en son esprit, et avec ses frères dans le vêtement de lumière qu'ils auront jusqu'au moment où leurs chairs aussi seront appelées à la jubilation.”Jésus prend le ton chantant particulier que prend un chef de synagogue ou un rabbi quand il répète les paroles bibliques ou les psaumes, et il dit: “Et Il m'a dit: "Prophétise à ces ossements et dis-leur: 'Os arides, écoutez la parole du Seigneur… Voici! J'infuserai en vous l'esprit et vous vivrez. Je mettrai sur vous les nerfs et Je ferai croître sur vous les chairs, J'étendrai la peau, Je vous donnerai l'esprit et vous vivrez et vous saurez que Je suis le Seigneur… Voici! J'ouvrirai vos tombeaux… Je vous en ferai sortir… Quand J'aurai infusé en vous mon esprit vous aurez la vie et Je vous ferai reposer sur la terre qui est la vôtre' ".”Il reprend sa manière de parler habituelle et abaisse ses bras qu'il avait tendus en avant, et il dit: “Deux sont ces résurrections de ce qui est aride, mort à la vie. Deux, qui se reflètent dans les paroles du prophète. La première c'est la résurrection à la Vie et dans la Vie, c'est-à-dire dans la Grâce qui est Vie, de ceux qui accueillent la Parole du Seigneur, l'esprit engendré par le Père, qui est Dieu comme le Père dont Il est le Fils, et qui s'appelle Verbe, le Verbe qui est Vie et qui donne la Vie, cette Vie dont tous ont besoin et dont Israël est privé comme les gentils. Que si, pour Israël, jusqu'à présent il suffisait pour avoir la vie éternelle d'espérer et d'attendre la Vie qui vient du Ciel, dorénavant, pour avoir la Vie, Israël devra accueillir la Vie. En vérité je vous dis que ceux de mon peuple qui ne m'accueillent pas Moi-Vie, n'auront pas la Vie, et ma venue sera pour eux une cause de mort, car ils auront repoussé la Vie qui venait à eux pour se communiquer. L'heure est venue où Israël sera partagé entre ceux qui vivent et ceux qui sont morts. C'est l'heure de choisir et de vivre ou de mourir. La Parole a parlé, elle a montré son Origine et sa Puissance, elle a guéri, enseigné, ressuscité et bientôt elle aura accompli sa mission. Il n'y a plus d'excuse pour ceux qui ne viennent pas à la Vie. Le Seigneur passe. Une fois passé, il ne revient pas. Il n'est pas revenu en Égypte pour redonner la vie aux fils premiers-nés de ceux qui l'avaient méprisé et opprimé en ses fils. Il ne reviendra pas non plus cette fois après que l'immolation de l'Agneau aura décidé les sorts. Ceux qui ne m'accueillent pas avant le passage, et qui me haïssent et me haïront, n'auront pas mon Sang sur leurs esprits pour les sanctifier, et ils ne vivront pas, et ils n'auront pas leur Dieu avec eux, pour le reste de leur pèlerinage sur la Terre. Sans la Divine Manne, sans la nuée protectrice et lumineuse, sans l'Eau qui vient du Ciel, privés de Dieu, ils iront vagabonds à travers le vaste désert qu'est la Terre, toute la Terre, tout un désert si pour ceux qui la parcourent manque l'union avec le Ciel, le voisinage du Père et Ami: Dieu. Et il y a une seconde résurrection: celle universelle, dans laquelle les os calcinés et dispersés depuis des siècles redeviendront frais et couverts de nerfs, de chair et de peau. Et ce sera le Jugement. Et la chair et le sang des justes jubileront avec l'esprit dans le Royaume éternel, et la chair et le sang des damnés souffriront avec l'esprit dans l'éternel châtiment. Je t'aime, ô Israël; je t'aime, ô Gentilité; je t'aime, ô Humanité! Et c'est pour cet amour que je vous invite à la Vie et à la Résurrection bienheureuse.”Les gens rassemblés dans la vaste salle sont comme fascinés. Il n'y a pas de différence entre l'étonnement des hébreux et celui des autres, d'autres lieux et d'autres religions. Je dirais même que ceux dont l'étonnement marque le plus de respect, ce sont les étrangers.Quelqu'un, un petit vieux très digne, murmure entre ses dents.“Qu'as-tu dit, ô homme?” demande Jésus en se retournant.“J'ai dit que… Je me répétais les paroles que pendant ma jeunesse j'avais entendues de mon maître d'enseignement: "Il est accordé à l'homme de s'élever par la vertu à une perfection divine. Il y a dans la créature un reflet du Créateur qui se révèle d'autant plus que l'homme s'ennoblit lui-même dans la vertu, quasi consommant la matière dans le feu de la vertu. Et il est accordé à l'homme de connaître l'Être qui, au moins une fois dans la vie d'un homme, avec une affection sévère ou paternelle, se montre à la créature pour qu'elle puisse dire: 'Je dois être bon. Je serais un malheureux si je ne le suis pas! Parce qu'une Puissance immense a brillé devant moi pour nie faire comprendre que la vertu est un devoir et qu'elle est signe de la noble nature de l'homme'. Vous trouverez cet éclair de la Divinité tantôt dans la beauté de la nature, tantôt dans la parole d'un mourant, ou même dans le regard d'un malheureux qui vous regarde et juge, ou dans le silence de la personne aimée qui sans rien dire réprouve une votre action déshonorante, vous le trouverez dans la frayeur d'un enfant devant un de vos actes de violence, ou dans le silence des nuits quand vous êtes seuls avec vous-mêmes et, dans la pièce la plus close et la plus solitaire, vous percevrez un autre Moi, bien plus puissant que le vôtre, qui parle avec un son sans son. Et celui-là sera le Dieu, ce Dieu qui doit exister, ce Dieu que la Création adore même sans en avoir conscience, ce Dieu qui, Unique, satisfait vraiment le sentiment des hommes vertueux, qui ne se sentent pas satisfaits et consolés par nos cérémonies et nos doctrines, ni devant les autels vides, bien vides, bien qu'une statue les surmonte". Je connais bien ces paroles, car depuis de nombreux lustres, je les répète comme ma loi et mon espérance. J'ai vécu, travaillé, et aussi souffert et pleuré. Mais j'ai tout supporté, et j'espère avec vertu, en espérant rencontrer avant de mourir ce Dieu dont Hermogène m'avait promis que je l'aurais connu. Maintenant je me disais que je l'ai vraiment vu. Et cela n'a pas été comme un éclair, ni comme un son sans son j'ai entendu la parole. Mais c'est dans une sereine et très belle forme d'homme que m'est apparu le Divin, et je l'ai entendu et je suis rempli d'un étonnement sacré. L'âme, cette chose que les hommes véritables admettent, mon âme t'accueille, ô Perfection, et elle te dit: "Enseigne-moi ton Chemin et ta Vie et ta Vérité pour qu'un jour, moi, homme solitaire, je me réunisse à Toi, Suprême Beauté.” “Nous nous réunirons. Et je te dis encore que, plus tard, tu seras réuni à Hermogène.” “Mais il est mort sans te connaître!” “Ce n'est pas la seule connaissance matérielle qui est nécessaire pour me posséder. L'homme, qui par sa vertu arrive à sentir le Dieu inconnu et à vivre vertueux pour rendre hommage à ce Dieu inconnu, peut bien se dire qu'il a connu Dieu parce que Dieu s'est révélé à lui pour récompenser sa vie vertueuse. Malheur s'il était nécessaire de me connaître personnellement! Bientôt plus personne n'aurait le moyen de se réunir à Moi. En effet, c'est Moi qui vous le dis, bientôt le Vivant quittera le royaume des morts pour retourner au Royaume de la Vie, et les hommes n'auront plus d'autre moyen de me connaître que par la foi et l'esprit. Mais, au lieu de s'arrêter, la connaissance de ma personne se propagera, et avec perfection, car elle sera exempte de tout ce qui est pesanteur des sens. Dieu parlera, Dieu opérera, Dieu vivra, Dieu se révélera aux âmes de ses fidèles avec son inconnaissable et parfaite Nature. Et les hommes aimeront le Dieu-Homme. Et le Dieu-Homme aimera les hommes avec des moyens nouveaux, avec des moyens ineffables que son amour infini aura laissés sur la Terre avant de s'en retourner auprès du Père après avoir tout accompli.” “Oh! Seigneur! Seigneur!” s'écrient plusieurs. “D's-nous donc comment nous pourrons te trouver et savoir que c'est Toi qui nous parles et où tu es, quand tu seras parti!” Et certains ajoutent: “Nous sommes des gentils et nous ne connaissons pas ta loi. Nous n'avons pas le temps de rester ici et de te suivre. Comment ferons-nous pour avoir cette vertu qui nous fait mériter de connaître Dieu?”Jésus sourit avec une lumineuse beauté dans la joie des conquêtes qu'il a faites parmi les gentils, et il explique doucement: “Ne vous préoccupez pas de connaître beaucoup de lois. Eux viendront (et il met les mains sur les épaules de Pierre et du Thaddée) pour porter ma Loi dans le monde. Mais tant qu'ils ne seront pas venus, ayez comme Loi les quelques phrases qui suivent où se trouve résumée toute ma Loi de Salut.Aimez Dieu de tout votre cœur. Aimez les autorités, les parents, les amis, les serviteurs, le peuple, et même les ennemis, comme vous aimez vous-mêmes. Et pour être sûrs de ne pas pécher, avant de faire n'importe quelle action, soit qu'elle soit commandée, soit qu'elle soit spontanée, demandez-vous: "Aimerais-je que me soit fait ce que je vais faire à celui-ci?" Et si vous voyez que vous ne l'aimeriez pas, ne le faites pas.Avec ces simples lignes, vous pourrez tracer en vous le chemin par lequel Dieu viendra à vous et par lequel vous irez à Dieu. En effet personne n'aimerait qu'un fils fût ingrat envers lui, que quelqu'un le tuât, qu'un autre le vole ou lui enlève son épouse ou déshonorât sa sœur ou sa fille ou s'emparât de sa maison, de ses champs ou de ses serviteurs fidèles. Avec cette règle, vous serez de bons fils et de bons parents, bons maris, bons frères, bons commerçants, véritables amis. Ainsi vous serez vertueux et Dieu viendra à vous.J'ai autour de Moi non seulement des hébreux et des prosélytes chez qui il n'y a pas de malice, je veux dire qui ne sont pas venus à Moi pour me prendre en défaut comme font ceux qui vous ont chassés du Temple pour vous empêcher de venir à la Vie, mais aussi des gentils de tous les pays du monde. Je vois des crétois et des phéniciens mêlés aux habitants du Pont et de la Phrygie, et il y a aussi quelqu'un des plages qui bordent la mer inconnue, chemin vers des terres inconnues où je serai aussi aimé. Et je vois des grecs avec des sicules et des habitants de la Cyrénaïque avec des asiatiques. Eh bien, je vous dis: allez! Dites dans vos pays que la Lumière est dans le monde et qu'ils viennent à la Lumière. Dites que la Sagesse a quitté les Cieux afin de se faire pain pour les hommes, eau pour les hommes qui languissent. Dites que la Vie est venue pour guérir et ressusciter ce qui est malade ou mort. Et dites… dites que le temps court rapidement comme un éclair en été. Que vienne celui qui désire Dieu. Son esprit connaîtra Dieu. Que vienne celui qui désire guérir. Ma main, tant qu'elle sera libre, donnera la guérison à ceux qui l'invoquent avec foi.Dites… Oui! Allez, et allez avec empressement et dites que le Sauveur attend ceux qui attendent et désirent une aide divine, à la Pâque, dans la Cité Sainte. Dites-le à ceux qui en ont besoin et aussi à ceux qui sont simplement curieux. Du mouvement impur de la curiosité peut jaillir pour eux l'étincelle de la foi en Moi, de la Foi qui sauve. Allez! Jésus de Nazareth, le Roi d'Israël, le Roi du monde, appelle pour les rassembler les représentants du monde afin de leur donner les trésors de ses grâces et les avoir comme témoins de son élévation qui consacrera son triomphe pour les siècles des siècles, comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Allez! Allez!A l'aube de ma vie terrestre vinrent, de divers endroits, les représentants de mon peuple pour adorer le Tout Petit dans lequel l'Immense se cachait. La volonté d'un homme, qui se croyait puissant et était un serviteur de la volonté de Dieu, avait ordonné le recensement dans l'Empire. Obéissant à un ordre inconnu et inéluctable du Très-Haut, ce païen devait se faire le héraut de Dieu qui voulait tous les hommes d'Israël, répandus dans toutes les parties de la Terre, dans la Terre de ce peuple, près de Bethléem Ephrata, pour s'étonner des signes venus du Ciel au premier vagissement d'un Nouveau-Né. Et comme cela ne suffisait pas encore, d'autres signes parlèrent aux gentils et leurs représentants vinrent adorer le Roi des rois, petit, pauvre, loin de son couronnement terrestre, mais déjà, oh! mais déjà Roi en présence des anges.Elle est venue l'heure où je serai Roi en présence des peuples avant de retourner là d'où je viens.Au couchant de ma journée terrestre, au soir de ma vie d'homme, il est juste qu'il y ait des hommes de tous peuples pour voir Celui que l'on doit adorer et en qui se cache toute la Miséricorde. Et qu'ils jouissent, les bons, les prémices de cette moisson nouvelle, de cette Miséricorde qui s'ouvrira comme les nuées de Nisan pour gonfler les fleuves des eaux salutaires, capables de faire fructifier les arbres plantés sur les rives, comme on lit dans Ézéchiel.”Et Jésus recommence à guérir les malades hommes et femmes, et prend leurs noms, car maintenant tous veulent dire le leur: “Moi Zilla… Moi Zabdi… Moi Gail… Moi André… Moi Théophane… Moi Selima… Moi Olinto… Moi Philippe… Moi Élissa… Moi Bérénice… Ma fille Gaia… Moi Argénide… Moi… Moi… Moi…”Il a fini. Il voudrait partir. Mais combien Lui demandent de rester, de parler encore!Et quelqu'un, peut-être borgne, car il a un œil couvert d'une bande dit, pour le retenir encore: “Seigneur, j'ai été frappé par quelqu'un jaloux de mon bon commerce. J'ai sauvé avec peine ma vie, mais j'ai perdu un œil, crevé par le coup. Maintenant mon rival est devenu pauvre et il est mal vu; il s'est enfui dans un pays près de Corinthe. Moi, je suis de Corinthe. Que devrais-je faire pour celui qui a failli me tuer? Ne pas faire aux autres ce qu'il ne me plairait pas de recevoir, c'est bien, mais de lui, j'ai déjà reçu… et du mal, beaucoup de mal…” et son visage est si expressif qu'on y lit sa pensée inexprimée: “et je devrais donc prendre ma revanche…”Mais Jésus le regarde avec une lueur de sourire dans son œil bleu saphir, oui, mais avec la dignité d'un Maître sur tout son visage, et il lui dit: “C'est toi, un grec qui me le demandes? Vos grands hommes n'ont-ils peut-être pas dit que les mortels deviennent semblables à Dieu quand ils correspondent à deux dons que Dieu leur accorde pour les rendre semblables à Lui et qui sont: pouvoir être dans la vérité et faire du bien au prochain?” “Ah! oui! Pythagore!” “Et n'ont-ils pas dit que l'homme se rapproche de Dieu non par la science, ou la puissance, ou autrement, mais en faisant du bien?” “Ah! oui! Démosthène! Mais, excuse-moi, Maître, si je te le demande… Tu n'es qu'un hébreux, et les hébreux n'aiment pas nos philosophes… Comment sais-tu ces choses?” “Homme, parce que j'étais la Sagesse qui inspirait aux intelligences ce qu'expriment ces paroles. Je suis là où le Bien est actif. Toi, grec, écoute les conseils des sages où c'est encore Moi qui parle. Fais du bien à qui t'a fait du mal et tu seras appelé saint par Dieu. Et maintenant laissez-moi aller. Il y en a d'autres qui m'attendent. Adieu, Valéria, et ne crains pas pour Moi. Ce n'est pas encore mon heure. Quand ce sera l'heure, toutes les armées de César seront incapables d'opposer une barrière à mes adversaires.” “Salut, Maître, et prie pour moi.” “Pour que la paix te possède. Adieu. Paix à toi, chef. Paix pour ceux qui croient et pour ceux qui tendent à la paix.”Et avec un geste qui est salut et bénédiction, il sort de la salle, traverse la cour et sort sur le chemin…
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 17 janvier 2016, Deuxième dimanche après l'Epiphanie

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 2,1-11. 
En ce temps-là, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus était là.
Jésus fut aussi convié aux noces avec ses disciples.
Le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit : "Ils n'ont plus de vin."
Jésus lui répondit : "Femme, qu'est-ce que cela pour moi et pour vous ? Mon heure n'est pas encore venue."
Sa mère dit aux serviteurs : "Faites tout ce qu'il vous dira."
Or, il y avait là six urnes de pierre destinées aux ablutions des Juifs et contenant chacune deux ou trois mesures.
Jésus leur dit : "Remplissez d'eau ces urnes." Et ils les remplirent jusqu'au haut.
Et il leur dit : "Puisez maintenant, et portez-en au maître du festin". Et ils en portèrent.
Dès que le maître du festin eut goûté l'eau changée en vin (il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient), il interpella l'époux et lui dit :
"Tout homme sert d'abord le bon vin, et après qu'on a bu abondamment, le moins bon ; mais toi, tu as gardé le bon jusqu'à ce moment."
Tel fut, à Cana de Galilée, le premier des miracles que fit Jésus, et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
Extrait de la traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain tridentin. 
Correspondance dans "l’Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 2, Ch 14, p 61 - CD 2 (1er cd), piste 21
Je vois une maison, une vraie maison orientale: un cube blanc plus large que haut, avec de rares ouvertures, surmontée d’une terrasse qui sert de toit et est entourée d’un muret de un mètre environ et ombragée par une tonnelle de vigne qui grimpe jusque là et étend ses rameaux au-delà du milieu de cette terrasse ensoleillée. Un escalier extérieur monte le long de la façade au niveau d’une porte qui s’ouvre à mi-hauteur de la façade. Au-dessous, il y a au niveau du sol des portes basses et rares, pas plus de deux de chaque côté, qui donnent accès dans des pièces basses et sombres. La maison s’élève au milieu d’une espèce de cour plutôt une pelouse, au centre de laquelle se trouve un puits. Il y a des figuiers et des pommiers. La maison donne sur la route sans être à bord de route. Elle est un peu en retrait et un sentier traverse la pelouse jusqu’à la route qui semble être une maîtresse route. On dirait que la maison est à la périphérie de Cana: maison de paysans propriétaires qui vivent au milieu de leur petit domaine. La campagne s’étend au-delà de la maison avec ses lointains de tranquille verdure. Il fait un beau soleil et l’azur du ciel est très pur. Au début, je ne vois rien d’autre. La maison est solitaire. Puis je vois deux femmes avec de longs vêtements et un manteau qui sert aussi de voile. Elles avancent sur la route et puis sur le sentier. L’une plus âgée, sur les cinquante ans, en habits foncés de couleur fauve marron, comme de laine naturelle. L’autre est en vêtements plus clairs, avec un habit d’un jaune pâle et un manteau azur. Elle semble avoir à peu près trente cinq ans. Elle est très belle, svelte et elle a une contenance pleine de dignité bien que toute gentillesse et humilité. Quand elle est plus proche, je remarque la couleur pâle du visage, les yeux azurés et les cheveux blonds qui apparaissent sur le front, sous le voile. Je reconnais Marie la Très Sainte. Qui est l’autre, brune et plus âgée, je ne sais. Elles parlent entre elle et la Madone sourit. Quand elles sont tout à côté de la maison, quelqu’un sûrement chargé de guetter les arrivées, avertit et à leur rencontre arrivent des hommes et des femmes, tous en habits de fête. Tout le monde leur fait fête et surtout à Marie la Très Sainte. L’heure semble matinale, je dirais vers les neuf heures peut-être plutôt, car la campagne a encore cet aspect de fraîcheur des premières heures du jour avec la rosée qui rend l’herbe plus verte et la pelouse qui n’est pas empoussiérée. La saison me parait printanière car l’herbe des prés n’est pas brûlée par le soleil d’été et dans les champs, les blés sont en herbe, sans épis, tout verts. Les feuilles du figuier et du pommier sont vertes et encore tendres mais je ne vois pas de fleurs sur le pommier et je ne vois pas de fruits, ni sur le pommier ni sur le figuier ni sur la vigne. C’est que le pommier a déjà fleuri depuis peu, mais les petits fruits ne se voient pas encore. Marie, très fêtée et accompagnée par un homme âgé qui doit être le propriétaire, monte l’escalier extérieur et entre dans une grande salle qui paraît occuper tout ou en grande partie, l’étage. Je crois comprendre que les pièces du rez-de-chaussée sont les vraies pièces d’habitation, les dépenses, les débarras et les celliers et que l’étage est réservé à des usages spéciaux: fêtes exceptionnelles ou à des travaux qui demandent beaucoup de place ou à l’emmagasinage des produits agricoles. Pour les fêtes on la débarrasse et on l’orne, comme aujourd’hui de branches vertes, de nattes, de tables garnies. Au centre, il y en a une très riche, avec dessus déjà des amphores et des plats garnis de fruits. Le long du mur, à ma droite une autre table garnie mais moins richement. À ma gauche une sorte de longue crédence avec dessus des plats de fromages et d’autres aliments qui me semblent des galettes couvertes de miel et de friandises. Par terre, toujours à ma gauche d’autres amphores et six grands vases en forme de brocs de cuivre, plus ou moins. Pour moi ce serait des jarres. Marie écoute avec bienveillance ce que tous lui disent puis gentiment quitte son manteau et aide à terminer les préparatifs pour la table. Je la vois aller et venir rangeant les lits de table, redressant les guirlandes de fleurs, donnant meilleur aspect aux coupes de fruits, veillant à ce que les lampes soient garnies d’huile. Elle sourit, et parle très peu et à voix très basse. Par contre, Elle écoute beaucoup et avec combien de patience. Un grand bruit d’instruments de musique (peu harmonieux, en vérité) se fait entendre sur la route. Tout le monde, à l’exception de Marie, court dehors. Je vois entrer l’épouse toute parée et heureuse, entourée des parents et des amis, à côté de l’époux qui est accouru à sa rencontre le premier. Ici il se produit un changement dans la vision. Je vois, au lieu de la maison, un pays. Je ne sais si c’est Cana ou une autre bourgade voisine. Je vois Jésus avec Jean et un autre qui pourrait être Jude Thaddée, mais pour ce second, je pourrais me tromper. Pour Jean, je ne me trompe pas. Jésus est vêtu de blanc et a un manteau azur foncé. En entendant le bruit de la musique, le compagnon de Jésus demande un renseignement à un homme du peuple et en fait part à Jésus. “Allons faire plaisir à ma Mère” dit Jésus en souriant et il se met en route à travers les champs avec ses deux compagnons dans la direction de la maison. J’ai oublié de dire mon impression que Marie est ou parente ou très amie des parents de l’époux car je les vois en grandes confidences. Quand Jésus arrive, le veilleur habituel prévient les autres. Le maître de maison, en même temps que son fils, l’époux, et que Marie, descend à la rencontre de Jésus et le salue respectueusement. Il salue aussi les deux autres et l’époux fait la même chose. Mais, ce qui me plaît, c’est le salut plein d’un amoureux respect de Marié à son Fils et réciproquement. Pas d’épanchements, mais un tel regard accompagne les paroles de la salutation: “La paix avec Toi”, et un tel sourire qui vaut cent baisers et cent embrassements. Le baiser tremble sur les lèvres de Marie, mais Elle ne le donne pas. Elle pose seulement sa petite main blanche sur l’épaule de Jésus et effleure une boucle de sa longue chevelure. Une caresse d’une pudique enamourée. Jésus monte à côté de sa Mère, suivi des deux disciples et du propriétaire et il entre dans la salle de réception où les femmes s’occupent à ajouter des sièges et des couverts pour les trois hôtes qu’on n’attendait pas, me semble-t-il. Je dirais que la venue de Jésus était incertaine et celle de ses deux compagnons absolument imprévue. J’entends distinctement la voix pleine, virile, très douce du Maître dire en entrant dans la salle: “La paix soit dans cette maison, et la bénédiction de Dieu sur vous tous.” Salut cumulatif à toutes les personnes présentes et plein de majesté. Jésus domine tout le monde par sa stature et son aspect. C’est l’hôte et inattendu, mais il semble le roi de la fête, plus que l’époux, plus que le maître de maison. Tout en restant humble et condescendant, c’est Lui qui en impose. Jésus prend place à la table centrale, avec l’époux, l’épouse, les parents des époux et les amis plus influents. Aux deux disciples, par respect pour le Maître, on donne des sièges à la même table. Jésus tourne le dos au mur où sont les jarres. Il ne les voit donc pas, ni non plus l’affairement du majordome autour des plats de rôti qu’on amène par une trappe auprès des crédences. J’observe une chose. Sauf les mères des époux et Marie, aucune femme ne siège à cette table. Toutes les femmes se trouvent, et elles font un grand bruit, à la table le long du mur. On les sert après les époux et les hôtes de marque. Jésus est près du maître de maison et a en vis-à-vis Marie qui est à côté de l’épouse. Le repas commence, et je vous assure que l’appétit ne manque pas et encore moins la soif. Deux mangent et boivent peu, ce sont Jésus et sa Mère, qui aussi parle très peu. Jésus parle un peu plus. Mais tout en parlant peu, il n’est, dans sa conversation, ni renfrogné ni dédaigneux. C’est un homme courtois, mais pas bavard. Quand on l’interroge, il répond, s’intéresse à ce qu’on Lui dit et donne son avis, mais ensuite se recueille en Lui-même comme quelqu’un habitué à la méditation. Il sourit mais ne rit jamais. S’il entend quelque plaisanterie trop aventurée, il fait celui qui n’entend pas. Marie se nourrit de la contemplation de son Jésus et aussi Jean qui est au bout de la table et reste suspendu aux lèvres de son Maître. Marie s’aperçoit que les serviteurs parlotent avec le majordome et que celui-ci est gêné et Elle comprend qu’il y a quelque chose de désagréable. “Fils” dit-elle doucement en attirant l’attention de Jésus avec cette parole. “Fils, ils n’ont plus de vin.” “Femme, qu’y a-t-il, désormais entre Moi et Toi?” Jésus en disant cette phrase sourit encore plus doucement et Marie sourit, comme deux qui savent une vérité qui est leur joyeux secret que tous les autres ignorent. Marie ordonne aux serviteurs: “Faites ce que Lui vous dira.” Marie a lu dans les yeux souriants de son Fils l’assentiment, voilé d’un grand enseignement pour tous les “appelés”. Et Jésus ordonne aux serviteurs: “Emplissez d’eau les cruches.” Je vois les serviteurs emplir les jarres de l’eau apportée du puits. (J’entends le grincement de la poulie qui monte et descend le seau qui déborde). Je vois le majordome qui se verse un peu de ce liquide avec un regard de stupeur, qui l’essaie avec une mimique d’un plus grand étonnement et le goûte. Il parle au maître de maison et à l’époux son voisin. Marie regarde encore son Fils et sourit; puis recevant un sourire de Lui, incline la tête en rougissant légèrement. Elle est heureuse. Dans la salle passe un murmure. Les têtes se tournent vers Jésus et Marie. On se lève pour mieux voir. On va vers les jarres. Un silence, puis un chœur de louanges à Jésus. Mais Lui se lève et dit une seule parole: “Remerciez Marie” et puis, il quitte le repas. Sur le seuil il répète: “La paix à cette maison et la bénédiction de Dieu sur vous” et il ajoute: “Mère, je te salue.” Jésus m’explique le sens de la phrase. “Ce "désormais", que beaucoup de traducteurs passent sous silence, est la clef de la phrase et l’explique avec son vrai sens. Je fus le Fils soumis à la Mère, jusqu’au moment où la volonté de mon Père m’indiqua que l’heure était venue d’être le Maître. À partir du moment où ma mission commença, je ne fus plus le Fils soumis à sa Mère, mais le Serviteur de Dieu. Les liens qui M’unissaient à Celle qui m’avait engendré étaient rompus. Ils s’étaient transformés en liens de plus haut caractère. Ils s’étaient tous réfugiés dans l’esprit. L’esprit appelait toujours "Maman" Marie, ma Sainte. L’amour ne connut pas d’arrêt, ne s’attiédit pas, au contraire, il ne fut jamais aussi parfait que lorsque, séparé d’Elle pour une seconde naissance, Elle me donna au monde, pour le monde, comme Messie, comme Évangélisateur. Sa troisième, sublime maternité mystique, ce fut quand, dans le déchirement du Golgotha, Elle m’enfanta à la Croix, en faisant de Moi, le Rédempteur du monde. " Qu’y a-t-il désormais entre Moi et Toi? ". J’étais d’abord tien, uniquement tien. Tu me commandais, Je t’obéissais. Je t’étais soumis ". Maintenant, j’appartiens à ma mission. Ne l’ai-je peut-être pas dit? "Celui qui met la main à la charrue et se retourne pour saluer ceux qui restent, n’est pas apte au Royaume de Dieu". J’avais mis la main à la charrue pour ouvrir avec le soc, non pas la glèbe mais les cœurs, pour y semer la parole de Dieu. Je ne l’avais enlevée cette main que quand on me l’avait arrachée de là pour la clouer à la Croix et pour ouvrir par la torture de ce clou le Cœur de mon Père en faisant sortir de la plaie le pardon pour l’humanité. Ce "désormais", oublié par plusieurs, voulait dire ceci: "Tu m’as été tout, ô Mère tant que je fus le Jésus de Marie de Nazareth et tu m’es tout en mon esprit mais, depuis que je suis le Messie attendu, j’appartiens à mon Père. Attends encore un peu et ma mission terminée, je serai de nouveau tout à toi. Tu me recevras encore dans tes bras comme quand j’étais petit et personne ne te le disputera plus, ce Fils qui est le tien que l’on regardera comme la honte de l’humanité, dont on te jettera la dépouille pour te couvrir toi aussi de l’opprobre d’être la mère d’un criminel. Et puis tu m’auras de nouveau, triomphant et puis, tu m’auras pour toujours, triomphante toi aussi, au Ciel. Mais maintenant, j’appartiens à tous ces hommes et j’appartiens au Père qui m’a envoyé vers eux". Voilà ce que veut dire ce petit "désormais", si chargé de signification.” Jésus m’a donné cette instruction: “Quand j’ai dit aux disciples: "Allons faire plaisir à ma Mère" j’avais donné à la phrase un sens plus relevé qu’il ne semblait. Ce n’était pas le plaisir de me voir, mais d’être l’Initiatrice de mon activité miraculeuse et la Première Bienfaitrice de l’humanité. Gardez-en toujours le souvenir. Mon premier miracle est arrivé par Marie. Le premier. Symbole que Marie est la clef du miracle. Je ne refuse rien à ma Mère et, à cause de sa prière, J’avance même le temps de la grâce. Je connais ma Mère, la seconde en Bonté après Dieu. Je sais que vous faire grâce, c’est la faire heureuse puisqu’Elle est la "Toute Amour". Voilà pourquoi j’ai dit, Moi qui savais: "Allons lui faire plaisir". En outre, j’ai voulu rendre manifeste au monde sa puissance en même temps que la mienne. Destinée à être unie à Moi dans la chair - car nous fûmes une seule chair: Moi en Elle, et Elle autour de Moi, comme des pétales de lis autour d’un pistil odorant et plein de vie - unie à Moi dans la douleur - car nous fûmes sur la Croix, Moi avec ma chair, Elle avec son esprit, de même que le lis exhale son parfum avec sa corolle et l’essence qu’on en tire - il était juste qu’Elle me fût unie dans la puissance qui se manifeste au monde. Je vous dis à vous ce que Je disais aux invités: "Remerciez Marie. C’est par Elle que vous avez eu le Maître du miracle et que vous avez toutes mes grâces, spécialement celles du pardon". Repose en paix. Nous sommes avec toi.”
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/

Dimanche 10 janvier 2016, Solennité de l’Épiphanie de Notre Seigneur (propre de France)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12. 
Jésus étant né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem,
disant : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile à l'orient et nous sommes venus l'adorer. "
Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et il s'enquit auprès d'eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent :
" A Bethléem de Judée, car ainsi a-t-il été écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es pas la moindre parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël, mon peuple. "
Alors Hérode, ayant fait venir secrètement les mages, s'enquit avec soin auprès d'eux du temps où l'étoile était apparue.
Et il les envoya à Bethléem en disant : " Allez, informez-vous exactement au sujet de l'enfant, et lorsque vous l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi aussi j'aille l'adorer. "
Ayant entendu les paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue à l'orient allait devant eux, jusqu'à ce que, venant au-dessus du lieu où était l'enfant, elle s'arrêtât.
A la vue de l'étoile, ils eurent une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Et ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Extrait de la traduction de l'évangile selon le missel catholique Romain tridentin.
Correspondance dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta : Tome 1, Ch 56, p 205 - CD 1, piste 91
Celui qui m’avertit intérieurement me dit: “Appelle ces contemplations que tu vas avoir et que je te présenterai: - Les Évangiles de la Foi - car, pour toi et pour les autres, ils viendront mettre en lumière la puissance de la Foi et de ses fruits, et vous assurer dans votre foi en Dieu.” Je vois Bethléem, petite et toute blanche, rassemblée comme une couvée de poussins sous la lumière des étoiles. Deux rues principales s’y coupent à angle droit, l’une venant d’au-delà du pays, c’est la route principale qui continue au-delà de la ville, et l’autre qui coupe la ville dans toute sa largeur mais ne va pas plus loin. D’autres petites rues découpent ce petit pays, sans la moindre trace d’un plan d’ensemble comme nous le concevons, mais s’adaptant au terrain qui est à plusieurs niveaux, et aux maisons qui se distribuent ça et là selon les accidents du sol et les caprices des constructeurs. Tournées les unes à droite, les autres à gauche, d’autres de biais par rapport à la rue qui les borde, elles l’obligent à se présenter comme un ruban qui se déroule avec des sinuosités au lieu d’être un chemin rectiligne qui va d’un endroit à l’autre sans déviation. De temps en temps il y a une petite place, soit pour un marché, soit pour une fontaine, soit parce que, à cause des constructions qui se dressent au hasard, elle est restée une portion de travers où l’on ne peut plus rien construire. A l’endroit où il me semble que je dois particulièrement m’arrêter, il y a précisément une de ces petites places irrégulières. Elle devrait être carrée ou au moins rectangulaire. Elle s’amène comme un trapèze si bizarre qu’on dirait un triangle acutangle dévié au sommet. Le côté le plus long, la base du triangle, est un bâtiment large et bas, le plus large du pays. Du dehors, c’est une haute muraille lisse et nue sur laquelle s’ouvrent à peine deux portes cochères maintenant bien closes. À l’intérieur, au contraire, sur toute une cour carrée il y a de nombreuses fenêtres au premier étage, pendant qu’au rez-de-chaussée on voit des portiques qui entourent des cours jonchées de paille et de détritus avec des vasques pour abreuver chevaux et autres animaux. Aux rustiques colonnes des portiques il y a des anneaux pour attacher les animaux et, sur un côté, un vaste hangar pour abriter les troupeaux et les montures. Je comprends qu’il s’agit de l’auberge de Bethléem. Sur deux autres côtés de même longueur il y a des maisons et des maisonnettes les unes précédées d’un jardinet, d’autres non, parce que parmi elles il y en a qui ont la façade sur la place et d’autres à l’arrière. Sur l’autre côté plus étroit, en face le caravansérail, il y a une unique maisonnette avec un petit escalier extérieur qui donne accès au milieu de la façade aux chambres du premier étage. Elles sont toutes fermées car il fait nuit. Il n’y a personne dans les rues à cause de l’heure. Je vois qu’augmente la clarté nocturne qui tombe d’un ciel constellé d’étoiles si belles dans le ciel d’Orient, si vivantes et si grandes qu’elles paraissent toutes proches et qu’il serait facile de les rejoindre et de les toucher, ces fleurs qui brillent sur le velours du firmament. Je lève les yeux pour me rendre compte de la source de cette croissance de lumière. Une étoile de grandeur inhabituelle, comme une petite lune, s’avance dans le ciel de Bethléem. Les autres semblent s’éclipser et lui donner passage, comme des suivantes au service de la reine, tant son éclat les surpasse et les fait disparaître. Du globe qui semble un énorme et clair saphir éclairé de l’intérieur par un soleil, part un sillage lumineux dans lequel, à la prédominance du clair saphir se fondent les blonds des topazes, les verts des émeraudes, la lueur opalescente des opales, les clartés sanguines des rubis et les doux scintillements des améthystes. Toutes les pierres précieuses de la terre sont dans ce sillage qui parcourt le ciel d’un mouvement rapide et ondulant comme s’il était vivant. Mais la couleur qui domine, c’est cette couleur qui semble pleuvoir du globe de l’étoile: la paradisiaque couleur de pâle saphir qui descend pour colorer d’argent azuré les maisons, les rues, le sol de Bethléem, berceau du Sauveur. Ce n’est plus la pauvre cité, qui pour nous ne serait qu’une agglomération rurale. C’est une fantastique cité de contes de fées où tout est d’argent. L’eau des fontaines et des vasques est comme du diamant liquide. Avec la splendeur d’un plus vif éclat, l’étoile s’arrête au-dessus de la petite maison qui se trouve sur le côté étroit de la petite place. Ni ses habitants, ni ceux de Bethléem ne la voient parce qu’ils dorment dans les maisons fermées. Cependant l’étoile accélère les palpitations de sa lumière, et sa queue vibre et se balance davantage en décrivant des demi-cercles dans le ciel qui s’éclaire tout entier par l’effet de ce filet d’astres qu’elle entraîne, de ce filet de pierres précieuses qui resplendissent de mille couleurs sur les autres étoiles comme pour leur communiquer une parole joyeuse. La petite maison est toute baignée de ce feu liquide de perles. Le toit de la petite terrasse, le petit escalier de pierre sombre, la petite porte, tout est un bloc de pur argent saupoudré d’une poussière de diamants et de perles. Nul palais de roi n’a eu, ni n’aura un perron semblable à celui-ci fait pour recevoir les pas des anges, pour servir à la Mère qui est la Mère de Dieu. Ses petits pieds de Vierge Immaculée peuvent se poser sur cette éclatante blancheur, ses petits pieds destinés à se poser sur les degrés du trône de Dieu. Mais la Vierge ne sait rien de cette féerie. Elle veille près du berceau du Fils et prie. En son âme elle possède des splendeurs qui surpassent celles dont l’étoile embellit les choses. De la rue principale s’avance un défilé: chevaux harnachés et d’autres conduits à la main, dromadaires et chameaux, les uns montés, les autres chargés. Le son des sabots fait un bruit d’eau qui ruisselle, en les heurtant, sur les pierres d’un torrent. Arrivés sur la place, tous s’arrêtent. Le défilé, sous le rayonnement de l’étoile, est d’une splendeur fantastique. Les ornements des très riches montures, les habits des cavaliers, les visages, les bagages, tout resplendit ravivant et unissant le propre éclat des métaux, des cuirs, des soies, des gemmes, des pelages, à la clarté de l’étoile. Les yeux rayonnent et les bouches sourient parce que une autre splendeur s’est allumée en leur cœur: celle d’une joie surnaturelle. Pendant que les serviteurs se dirigent vers le caravansérail avec les animaux, trois personnages de la caravane descendent de leurs respectives montures qu’un serviteur conduit ailleurs et se dirigent à pied vers la maison. Là, ils se prosternent, front contre terre, baisant la poussière. Ce sont trois personnages puissants comme l’indiquent leurs très riches habits. L’un, de peau très foncée, à peine descendu d’un chameau s’enveloppe tout entier dans un magnifique vêtement de soie blanche. Son front est ceint d’un cercle de métal précieux et il a à la taille une riche ceinture d’où pendent un poignard ou une épée dont la garde est ornée de gemmes. Les deux autres, descendus de deux magnifiques chevaux, sont vêtus l’un d’une étoffe rayée très belle où domine la couleur jaune. Cet habit est fait comme un long domino garni d’un capuchon et d’un cordon qui semblent faits tout d’une pièce en filigrane d’or tant ils sont ornés de broderie d’or. Le troisième porte une chemise de soie bouffante qui sort d’un large et long pantalon serré aux pieds. Il est enveloppé dans un châle très fin, véritable jardin fleuri tant sont vives les couleurs dont il est orné tout entier. Sur la tête un turban retenu par une chaînette ornée de chatons de diamants. Après avoir vénéré la maison où réside le Sauveur, ils se relèvent et se rendent au caravansérail où les serviteurs ont frappé et fait ouvrir. Ici s’arrête la vision. Elle reprend trois heures plus tard avec la scène de l’adoration des Mages à Jésus. Voilà le jour. Un beau soleil resplendit dans un ciel d’après-midi. Un serviteur des trois mages traverse la place et monte le petit escalier de la maisonnette. Il rentre. Il sort. Il retourne à l’auberge. Les trois Mages sortent, suivis chacun de son propre serviteur. Ils traversent la place. Les rares passants se retournent pour regarder les majestueux personnages qui passent très lentement avec solennité. Entre la venue du serviteur et celle des trois, il s’est passé un bon quart d’heure ce qui a donné aux habitants de la maisonnette le temps de se préparer à recevoir les hôtes. Ceux-ci sont encore plus richement vêtus que le soir précédent. Les soies resplendissent, les gemmes brillent, un grand panache de plumes de grand prix parsemé d’écailles encore plus précieuses étincelle sur la tête de celui qui porte le turban. L’un des serviteurs porte un coffre tout orné de marqueteries dont les garnitures métalliques sont en or buriné. Le second porte une coupe d’un travail très fin, couvert par un couvercle tout en or ciselé. Le troisième une sorte d’amphore large et basse, en or également, avec une fermeture en forme de pyramide qui à son sommet porte un brillant. Ces objets doivent être lourds, car les serviteurs ont peine à les porter, spécialement celui qui est chargé du coffre. Les trois montent l’escalier et entrent. Ils pénètrent dans une pièce qui va de la route à l’arrière de la maison. On aperçoit le jardinet par derrière à travers une fenêtre ouverte au soleil. Des portes s’ouvrent dans les deux autres murs, d’où regardent les propriétaires de la maison: un homme, une femme et trois ou quatre enfants entre deux âges. Marie est assise avec l’Enfant sur son sein et Joseph debout à côté. Mais elle se lève aussi et s’incline quand elle voit entrer les trois Mages. Elle est toute vêtue de blanc. Si belle dans son simple habit blanc qui la couvre de la base du cou aux pieds, des épaules aux poignets délicats, si belle avec la tête couronnée de tresses blondes, en son visage que l’émotion couvre d’un rose plus vif, en ses yeux qui sourient avec douceur, avec une bouche qui s’ouvre pour saluer: “Dieu soit avec vous.” Les trois Mages en restent un instant interdits. Puis ils s’avancent, se prosternent à ses pieds et la prient de s’asseoir. Eux non, ils ne s’assoient pas malgré l’invitation de Marie. Ils restent à genoux appuyés sur leurs talons. En arrière et à genoux aussi, sont les trois serviteurs. Ils sont tout de suite derrière le seuil. Ils ont posé devant eux les trois objets qu’ils portaient et ils attendent. Les trois Sages contemplent le Bébé. Il me paraît avoir de neuf mois à un an tant il est éveillé et robuste. Il repose sur le sein de sa Mère. Il sourit et jase avec une voix de petit oiseau. Il est tout vêtu de blanc, comme la Maman, avec des sandalettes minuscules aux pieds. Un petit vêtement très simple: une tunicelle d’où sortent les petits pieds remuants, les mains grassouillettes qui voudraient tout saisir, et surtout le très joli petit visage où brillent les yeux d’azur foncé, et la bouche qui fait des fossettes des deux côtés quand il rit et découvre ses premières petites dents. Les petites boucles de cheveux semblent une poussière d’or tant ils sont brillants et vaporeux. Le plus âgé des Sages parle au nom de tous. Il explique à Marie qu’ils ont vu, une nuit du mois de décembre précédent une nouvelle étoile qui s’est allumée dans le ciel avec une inhabituelle splendeur. Jamais les cartes célestes n’avaient porté cet astre ou ne l’avaient signalé. Son nom était inconnu. Elle n’avait pas de nom. Née du sein de Dieu, elle avait fleuri pour dire aux hommes une vérité bénie, un secret de Dieu. Mais les hommes n’en avaient pas fait cas, car leurs âmes étaient plongées dans la boue. Ils ne levaient pas leurs regards vers Dieu et ne savaient pas lire les paroles qu’Il trace - qu’Il en soit éternellement béni - avec les astres de feu sur la voûte des cieux. Eux l’avaient vue et s’étaient efforcés de comprendre sa voix. Renonçant de bon cœur au peu de sommeil qu’ils accordaient à leurs membres, oubliant de manger, ils s’étaient plongés dans l’étude du Zodiaque. Et les conjonctions des astres, le temps, la saison, les calculs des anciens temps et des combinaisons astronomiques leur avaient dit le nom et le secret de l’étoile. Son nom: “Messie”. Son secret: “Être le Messie venu au monde”. Et ils étaient partis pour l’adorer chacun à l’insu des autres. Traversant monts et déserts, vallées et fleuves, voyageant de nuit, ils étaient venus vers la Palestine car l’étoile allait dans cette direction. Et chacun, des trois points différents de la terre, s’en allait vers cette direction, et ils s’étaient trouvés ensuite ensemble au-delà de la Mer Morte. La volonté de Dieu les avait réunis là, et ensemble ils étaient allés de l’avant se comprenant, bien que chacun parlât sa langue propre, comprenant et pouvant parler les langues des pays traversés par un miracle de l’Éternel. Ensemble ils étaient allés à Jérusalem parce que le Messie devait être le Roi de Jérusalem, le roi des Juifs. Mais l’étoile s’était cachée sur le ciel de cette ville. Ils avaient senti leurs cœurs se briser de douleur et s’étaient examinés pour savoir s’ils avaient démérité de Dieu. Mais s’étant rassurés la conscience, ils étaient allés trouver le roi Hérode pour lui demander dans quel palais était né le Roi des Juifs qu’ils étaient venus adorer. Le roi, ayant réuni les princes des prêtres et les scribes, leur avait demandé où pouvait naître le Messie et ils avaient répondu: “A Bethléem de Juda.” Ils étaient venus vers Bethléem et l’étoile était réapparue à leurs yeux, avait quitté la Cité Sainte et le soir précédent avait augmenté de splendeurs. Le ciel était tout embrasé. Puis, l’étoile s’était arrêtée, rassemblant la lumière des autres étoiles en son rayonnement, au-dessus de cette maison. Ils avaient compris que c’était là que se trouvait le Divin Né. Maintenant ils l’adoraient, offrant leurs pauvres cadeaux et, par-dessus tout, leur cœur qui n’avait jamais cessé de bénir Dieu pour la grâce qu’Il leur avait accordée et d’aimer son Fils dont ils voyaient la sainte Humanité. Ensuite ils retourneraient rendre compte au roi Hérode parce que lui aussi désirait l’adorer. “Voici à la fois, l’or qu’il convient à un roi de posséder, voici l’encens comme il convient à un Dieu , et voici, ô Mère, voici la myrrhe parce que ton Enfant Né, qui est Dieu, est aussi un Homme et dans sa chair et sa vie d’homme il connaîtra l’amertume et la loi inévitable de la mort. Notre amour voudrait ne pas les dire, ces paroles et penser que sa chair est éternelle comme son Esprit. Mais, ô Femme, si nos cartes et surtout nos âmes ne se trompent pas, Lui, ton Fils est le Sauveur, le Christ de Dieu et pour ce motif il devra, pour sauver la terre, prendre sur Lui le mal de la terre dont un des châtiments est la mort. Cette résine est pour cette heure, pour que ses chairs saintes ne connaissent pas la pourriture de la corruption et conservent leur intégrité jusqu’à la résurrection. Qu’à cause de ces dons, Lui se souvienne de nous et sauve ses serviteurs en leur donnant son Royaume.” Pour l’instant, pour en être sanctifiés, qu’elle, sa Mère, offre son petit Enfant “à notre amour. Et en baisant ses pieds descende sur nous la bénédiction céleste.” Marie, quia surmonté l’effroi provoqué par les paroles des Sages et a caché sous un sourire la tristesse de la funèbre évocation, offre le Bébé. Elle le met sur les bras du plus ancien qui le baise et reçoit ses caresses, et puis le passe aux autres. Jésus sourit et joue avec les chaînettes et les franges des trois. Il regarde avec curiosité l’écrin ouvert plein d’une matière jaune et brillante. Il rit en voyant que le soleil fait un arc-en-ciel en touchant le brillant du couvercle de la myrrhe. Puis les trois rendent le Bébé à sa Mère et se lèvent. Marie aussi se lève. Le plus jeune des Mages donne à son serviteur l’ordre de sortir, alors on s’incline de chaque côté. Les trois parlent encore un peu. Ils ne peuvent se décider à quitter cette maison. Des larmes d’émotion se voient dans tous les yeux. À la fin ils se dirigent vers la sortie, accompagnés de Marie et de Joseph. Le Bébé a voulu descendre et donner sa petite main au plus ancien des trois. Il marche ainsi, une main dans la main de Marie, l’autre dans celle du Sage qui se penche pour le conduire. Jésus a le pas encore incertain de l’enfant et rit en frappant du pied la bande lumineuse que fait le soleil sur le pavé. Arrivés au seuil - il ne faut pas oublier que la pièce prenait toute la longueur de la maison - les trois personnages prennent congé en s’agenouillant une dernière fois et en baisant les pieds de Jésus. Marie, penchée sur le Bébé, prend sa petite main et la guide pour faire un geste de bénédiction sur la tête de chacun des Mages. C’est déjà un signe de croix tracé par les petits doigts de Jésus que guide Marie. Puis les trois descendent l’escalier. La caravane est déjà là toute prête et qui attend. Les bossettes des chevaux resplendissent au soleil couchant. Les gens se sont rassemblés sur la petite place pour voir l’insolite spectacle. Jésus rit en battant les petites mains. La Maman l’a soulevé et appuyé au large parapet qui borde le palier. Elle le tient, avec un bras sur sa poitrine pour l’empêcher de tomber. Joseph est descendu avec les trois et tient l’étrier à chacun d’eux pendant qu’ils montent à cheval ou à chameau. Maintenant, serviteurs et maîtres, tout le monde est en selle. On donne le signal du départ. Les trois se courbent jusque sur le cou de leurs montures pour un ultime salut. Joseph s’incline. Marie aussi, et elle se met à guider la petite main de Jésus en un geste d’adieu et de bénédiction.
Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie http://www.mariavaltorta.com/